Le gouvernement a confirmé ce mercredi la vente du groupe français LMB Aerospace

Corrèze : LMB Aerospace passe sous pavillon américain 

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LMB Aerospace fabrique des ventilateurs pour les Rafale et les sous-marins nucléaires (illustration) © Maxppp – Isabelle Demangeat

Valérie Mosnier

Publié le mercredi 28 janvier 2026 à 19:07 https://l.ici.fr/iCUY

Le gouvernement a confirmé ce mercredi la vente du groupe français LMB Aerospace, dont le siège social est en Corrèze, et qui fabrique des ventilateurs pour les Rafale et les sous-marins nucléaires, à la société américaine Loar Group, tout en promettant de protéger ses contrats stratégiques. 

LMB Aerospace cédée à une société américaine. L’entreprise dont le siège social est en Corrèze, à Malemort, et qui emploie 75 personnes, fabrique des ventilateurs pour les Rafale, les sous-marins nucléaires, les hélicoptères Tigre d’Airbus, le char Leclerc ou encore le porte-avions Charles de Gaulle.

« Des conditions strictes »

Selon La Lettre, le ministre de l’Economie Roland Lescure a validé le passage de l’équipementier sous pavillon américain, à la société Loar Group. Une cession contre l’avis de la Direction générale de l’armement, qui demandait l’implication de la Banque publique d’investissement. Mais, face aux protestations politiques à droite comme à gauche, « le gouvernement a imposé à l’investisseur des conditions strictes de maintien en France et de modernisation des capacités industrielles, indispensables à la poursuite des activités stratégiques de LMB », a réagi Bercy.

« Toute décision stratégique pourra être bloquée par l’État français »

Le ministre a également précisé que l’Etat français aurait « une golden share », c’est à dire une action préférentielle, au capital de LMB, ce qui veut dire que « toute décision stratégique pourra être bloquée par l’Etat » français. L’accord prévoit que « l’entreprise continue à produire en France » et que « les contrats stratégiques soient protégés ».

La vente de LMB, entreprise française de défense, au groupe américain Loar : une polémique que le gouvernement tente d’éteindre

Vivement critiqué pour avoir donné son accord, le ministère de l’économie détiendra une action de préférence au capital de la société spécialisée dans les ventilateurs pour les industriels de la défense. 

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hier à 19h49, modifié à 08h01 https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/28/le-gouvernement-tente-d-eteindre-la-polemique-sur-la-vente-de-l-entreprise-de-defense-lmb-a-l-americain-loar_6664513_3234.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20260129&lmd_link&&M_BT=53496897516380#x3D;autrestitres-title-_titre_1

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Le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le 27 janvier 2026.
Le ministre de l’économie et des finances, Roland Lescure, lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le 27 janvier 2026.  DIMITAR DILKOFF/AFP

De Jean-Luc Mélenchon à Jordan Bardella, la cession à l’américain Loar Group de LMB Aerospace, une société française qui fabrique des ventilateurs utilisés notamment dans le Rafale, les sous-marins nucléaires ou le porte-avions Charles-de-Gaulle, enflamme la classe politique, dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis.

Selon le média en ligne La Lettre du 28 janvier, Loar Group a acquis la totalité du capital de l’équipementier sans que le ministère de l’économie n’impose la présence de la banque publique d’investissement Bpifrance au capital, contrairement aux recommandations de la direction générale de l’armement (DGA) au début du processus d’examen.

« Alors que le réarmement de la France est une nécessité vitale, alors que le monde qui vient remet en cause toutes nos certitudes, les macronistes approuvent la vente d’un actif stratégique au cœur de l’industrie de défense française, sans aucune contrepartie et malgré les réticences de la direction générale de l’armement », s’est insurgé, mercredi 28 janvier, sur X, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national.

« Un gouvernement “insoumis” vérifiera toutes les autorisations de cette nature et saisira autant que nécessaire la Cour de justice de la République pour ce genre de cession plus que discutable à l’adversaire américain », a menacé, sur le même réseau social, Jean-Luc Mélenchon, le fondateur de La France insoumise.

« Suivi rapproché »

Quelques heures plus tard, le ministère de l’économie cherchait à faire retomber la polémique. S’il confirme avoir autorisé cette cession à la suite d’un examen interministériel réalisé dans le cadre du contrôle des investissements étrangers, il dément que cette autorisation ait été accordée sans aucune condition.

Afin de « protéger les intérêts nationaux et garantir la pérennité des activités de LMB en France (…), l’Etat fera l’acquisition d’une action de préférence lui donnant un important pouvoir de contrôle sur les actifs de [la société] », explique Bercy. Cette action sera détenue par l’Agence des participations de l’Etat (APE).

L’Etat pourra « également être représenté dans tout organe de délibération de la société qui pourra être mis en place, à sa demande ». L’APE pourrait ainsi avoir un siège au conseil d’administration de LMB Aerospace, explique une source ministérielle.

« La DGA était coordonnée avec le Trésor tout au long du processus d’examen », assure une source ministérielle selon laquelle Bercy et les armées sont en phase avec l’autorisation et les conditions imposées. « Les services de l’Etat assureront un suivi rapproché et dans la durée du respect de l’ensemble de ces conditions par le groupe Loar », précise le ministère de l’économie. Il rappelle, qu’en cas de manquement, le régime de contrôle des investissements étrangers en France prévoit des sanctions.

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Prévues par la loi Pacte de 2019, ces sanctions vont de mesures conservatoires à une amende dont le montant peut s’élever jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires annuel hors taxes de la cible, le double du montant de l’investissement irrégulier ou encore 5 millions d’euros pour les personnes morales et 1 million d’euros pour les personnes physiques. Elles peuvent être assorties de sanctions pénales (cinq ans d’emprisonnement maximum).

Equilibre complexe

Ce dispositif de l’action de préférence est régulièrement utilisé par l’Etat. L’APE en détient au capital de plusieurs entreprises impliquées dans la défense, comme l’ADIT, Airbus Defence and Space, ArianeGroup, la Compagnie industrielle des lasers ou encore le fabricant de composants électroniques Exxelia. Au début de 2023, la vente de cette dernière société à l’américain Heico avait déjà créé la polémique.

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Selon son dernier rapport annuel, 182 investissements étrangers ont été autorisés par les services de Bercy en 2024, dont 54 % étaient assortis de conditions, soit dix points de plus qu’en 2023.

Pour le ministère de l’économie et celui des armées, l’équilibre est complexe. Au moment où ils poussent pour que banques, assureurs et fonds d’investissement s’engagent plus dans le financement de la défense pour accélérer le réarmement de la France, interdire tout mouvement au capital d’entreprises du secteur pourrait être perçu comme un repoussoir pour ces investisseurs.

L’acquisition de LMB Aerospace par Loar Group a été conclue à la fin de décembre 2025 pour un montant de 367 millions d’euros. Il s’agit pour elle d’un retour sous pavillon américain. La société était, jusqu’en 2012, une ancienne division de l’industriel américain Honeywell, avant de faire l’objet d’une série de rachats par des fonds d’investissement français. Elle appartenait, depuis 2022, à Tikehau Ace Capital, Amundi Private Equity Funds et IDIA Capital Investissement.

LMB a été créé il y a plus de soixante ans. Son siège et son usine sont situés à Malemort-sur-Corrèze, dans la banlieue de Brive-la-Gaillarde. Selon son nouveau propriétaire américain, elle devrait réaliser 60 millions de dollars (50 millions d’euros) de chiffre d’affaires en 2026 et un Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de 30 millions de dollars. Son PDG, Thomas Bernard, avait fait des Etats-Unis l’une de ses priorités stratégiques. Il s’est installé sur place en 2016 avec l’objectif de doubler le chiffre d’affaires américain entre 2021 et 2025, pour approcher 13 millions d’euros.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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