A69: les opposants restent déterminés à lutter sur le terrain et a faire annuler l’autoroute devant le Conseil d’État.

Du chantier au Conseil d’État, les opposants à l’A69 ne baissent pas les bras

Par Justin Carrette

20 janvier 2026 à 07h30Mis à jour le 21 janvier 2026 à 08h42

Durée de lecture : 4 minutes

  

Que va devenir la lutte contre l’autoroute A69? Malgré la décision de justice validant la poursuite du chantier, les opposants restent déterminés à lutter sur le terrain et a faire annuler l’autoroute devant le Conseil d’État.

Toulouse (Haute-Garonne), correspondance

En dépit de la répression policière, de l’absence de prise en compte des consultations publiques et des avis scientifiques, et malgré une décision de justice favorable à la poursuite du chantier fin décembre, les opposants à l’autoroute A69 poursuivent la lutte et croient toujours en une victoire finale.

«On ne lâche rien, on est très mobilisés mais aussi très fatigués par ces années de lutte, dit Geoffrey Tarroux, membre du collectif d’opposants La Voie est libre et habitant de Montcabrier, le long du tracé de l’A69. Malgré la décision de justice du 30 décembre autorisant la poursuite du chantier, on est très confiants quant à une victoire devant le Conseil d’État.»

Des dizaines d’hectares utilisés illégalement pour le chantier

Une bataille juridique loin d’être terminée selon les opposants, dont les espoirs sont largement nourris par une décision pénale du juge des libertés du 12 janvier, qui ordonne au concessionnaire Atosca de libérer les 46 sites qu’il occupait illégalement pour installer ses bases de vie, garer ses machines et entreposer des matériaux.

Selon le collectif La Voie est libre, qui s’est basé sur des documents édités par le concessionnaire lui-même, 88 hectares de parcelles seraient actuellement utilisés par le concessionnaire illégalement, hors de l’emprise initiale du chantier de l’autoroute.

«Cette décision remet en cause l’ensemble du dossier»

«Le fait que la justice pénale reconnaisse la gravité des faits est très important pour nous. Cette décision remet en cause l’ensemble du dossier et les conditions d’obtention de l’autorisation environnementale», défend Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées.

«Atosca a présenté un dossier trompeur pour obtenir l’autorisation environnementale et donc le droit de débuter le chantier en 2023. La reconnaissance de cette fraude par la justice pénale peut complètement faire basculer le dossier, selon moi», insiste le docteur en écologie, qui se dit également très confiant quant à une annulation de l’autorisation du chantier devant le Conseil d’État.

Les opposants espèrent que la plus haute juridiction administrative traitera ce dossier rapidement afin de suspendre les travaux avant la mise en service de l’autoroute. «Le concessionnaire annonce une mise en service en octobre 2026, mais tout le monde sait que c’est une vaste blague et que la récente décision pénale va accentuer un retard déjà énorme», assure l’opposant Geoffrey Tarroux.

«Une culture de la lutte qui s’est infusée partout sur le territoire»

Ces dépassements d’emprise du concessionnaire avaient été relevés par des habitants le long du tracé, avant d’être confirmés par le collectif La Voie est libre et la cellule de vérification de Radio France. Cette vigilance citoyenne est un véritable outil pour lutter sur le terrain, selon Marie-Odile Marché, membre du collectif d’opposants.

«Il y a une culture de la lutte qui s’est infusée partout sur le territoire. Quand je vais dans les commerces à côté de chez moi, tout le monde est au courant des dernières décisions juridiques, des illégalités sur le chantier, etc. Il y a un partage d’informations continu, et tout le monde est révulsé par cette autoroute», affirme-t-elle.

Elle insiste : «Nous avons encore beaucoup de cartouches juridiques et un dossier pénal bien fourni, notamment grâce à tous les signalements des personnes qui vivent près du tracé et qui documentent des travaux illégaux qui se poursuivent la nuit, des bassins de rétention creusés au mauvais endroit et un tas d’autres manquements administratifs sur le chantier.»

Vigilance quotidienne

Les collectifs sans-bitume le long du tracé restent également mobilisés sur le terrain pour surveiller les centrales à enrobés qui sont entrées en fonctionnement fin 2025. «C’est une horreur pour le territoire», dénonce Geoffrey Tarroux.

Là aussi, des citoyens se sont auto-organiséspour développer un système de mesure de la qualité de l’air et alerter la population et les pouvoirs publics en cas de dépassement des seuils de certains polluants.

Cette vigilance quotidienne, le long des 53 kilomètres de tracé, «demande énormément d’énergie», poursuit le membre du collectif La Voie est libre, qui assure que la lutte devant les tribunaux «est loin d’être terminée» et n’écarte pas de futures actions sur le terrain dans les prochains mois.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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