Les téléconsultations plutôt que de réguler les installations !

Santé : coup de pouce en vue pour les téléconsultations

L’exécutif compte notamment faciliter les consultations à distance pour les médecins remplaçants, jeunes parents ou retraités.

Santé et hôpitaux

Protection sociale


L’exécutif mise notamment sur les téléconsultations réalisées avec l’aide de professionnels de santé. (Photo Syspeo/Sipa)

Par Solenn Poullennec

Publié le 27 janv. 2026 à 13:28 https://www.lesechos.fr/economie-france/social/sante-coup-de-pouce-en-vue-pour-les-teleconsultations-2212094

A l’heure où les Français peinent souvent à trouver un médecin, le gouvernement dit vouloir miser sur la téléconsultation. Lundi, il a annoncé vouloir permettre, dans certains cas, à des médecins de réaliser une plus grande part de leurs consultations à distance pour aider les Français à se faire soigner.

S’il a fait un bond pendant la crise du Covid, le recours à la téléconsultation reste limité en France, avec un peu plus de 3 % des consultations réalisées en « visio » en 2024. Sachant que les médecins ne peuvent pas réaliser plus de 20 % de leur volume d’activité annuel à distance (en mettant de côté les consultations réalisées avec leur patientèle habituelle).

Dérogations pour les jeunes parents et les retraités

L’examen de visu d’un patient étant souvent préférable à un entretien à distance, ce plafond est « gage de qualité », a souligné lundi la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à l’occasion de la conclusion des Assises nationales de la télémédecine lancées à l’été dernier.

Dans certains cas cependant, ce seuil (porté à 40 % pour les psychiatres) peut constituer « un frein, au point d’empêcher certains médecins de continuer à exercer », a fait valoir celle qui est elle-même médecin.

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D’où la volonté de l’exécutif de créer des « dérogations » de « façon ciblée ». L’idée est notamment de permettre aux médecins retraités, en situation de handicap ou encore aux remplaçants d’exercer plus facilement à distance. Les médecins ayant récemment accueilli un enfant pourraient aussi bénéficier d’un cadre réglementaire assoupli.

« Dans un contexte de pénurie médicale, il est cohérent de permettre à des médecins volontaires de contribuer à l’accès aux soins », réagit Jordan Cohen, fondateur de l’entreprise Tessan proposant des cabines de téléconsultations.

Le gouvernement compte aussi permettre de déroger au seuil de 20 %, dans les cas où le système de soins connaîtrait des « tensions », comme en hiver où fleurissent les épidémies, a précisé Stéphanie Rist.

Des consultations assistées plus faciles

L’exécutif souhaite encore que les téléconsultations assistées par un professionnel de santé ne soient plus comptabilisées dans le seuil. Une bonne nouvelle pour les acteurs proposant par exemple d’installer des cabines en pharmacie, ce qui permet au pharmacien de guider leurs utilisateurs ou qui s’appuient sur des infirmières pour aider les malades à répondre au médecin à distance.

« Le signe qu’envoie la ministre, c’est d’encourager la téléconsultation pour les patients qui en ont le plus besoin », assure Nathaniel Bern, cofondateur de la société de téléconsultation Medadom, soulignant que les téléconsultations assistées peuvent être particulièrement utiles pour les personnes âgées à la peine avec des outils digitaux.

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Le gouvernement considère en effet que la télémédecine doit permettre « d’aller vers » ceux qui sont « les plus éloignés » du système de santé, personnes isolées, détenus mais aussi personnes handicapées ou dépendantes.

Dans cette veine, la téléconsultation assistée « sera aussi développée » dans les Ehpad. « Tout le monde connaît en particulier l’enjeu très fort d’éviter des passages inutiles aux urgences », a souligné Stéphanie Rist, qui vient de regagner son poste de députée à l’issue d’une législative partielle.

Le gouvernement assure encore vouloir créer davantage de transparence sur l’installation des cabines de téléconsultations pour éviter qu’elles se développent de manière « déconnectée des besoins ». Les opérateurs seront soumis à une « obligation de déclaration préalable » aux agences régionales de santé.

Calendrier flou

Si une régulation est « légitime », il  faut « éviter une procédure lourde qui ralentirait l’installation de dispositifs utiles dans les territoires sous-dotés [en médecins] », prévient Jordan Cohen, chez Tessan.

Le calendrier de mise en musique de ces annonces reste assez flou. Le gouvernement évoque une mise en oeuvre « sur 2026-2028 », par la loi, des textes réglementaires ou encore alors à l’occasion de négociations entre les médecins et l’Assurance Maladie.

Solenn Poullennec

Télémédecine : le gouvernement prêt à déverrouiller (un peu) les consultations à distance

PAR 

LOAN TRANTHIMY – 

PUBLIÉ LE 26/01/2026

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Six mois après leur lancement, les assises de la télémédecine aboutissent aujourd’hui à une feuille de route nationale 2026-2028. Principales informations : des dérogations au plafond de 20 % de téléconsultations seront accordées, notamment pour les médecins retraités et les remplaçants, et l’exécutif vise un déploiement massif de la télé-expertise.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Le gouvernement accélère sur les consultations à distance, tout en protégeant le système de santé des dérives possibles. « La télémédecine ne doit pas être vue comme un outil ponctuel mais bien comme un outil puissant et structurant, intégré aux parcours de soins », a résumé ce lundi la ministre de la Santé Stéphanie Rist, lors du discours de clôture des assises de la télémédecine.

Lancée il y a six mois, cette vaste concertation nationale – organisée conjointement par la Cnam et la DGOS avec tous les acteurs du terrain – visait à consolider le déploiement encore fragile de la télémédecine post-Covid et donc à transformer l’essai, si possible en allant vers les patients les plus éloignés du soin.

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Le contexte est en effet au tassement de cette pratique, mais à un niveau qui reste élevé. En 2025, 14 millions de téléconsultations ont été facturées contre 17 millions en 2020, au pic de la crise sanitaire. Chaque mois, plus de 17 000 médecins généralistes utilisent les consultations en visio (soit environ un sur trois). Plus modestement, quelque 270 000 actes de télé-expertises ont été réalisés en 2025, partagés entre libéraux (60 %) et établissements (40 %). Et comme l’Allemagne, l’Hexagone s’illustre par un recours encore relativement faible à la téléconsultation, qui ne représente que 3,3 % du… (suite abonnés).

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   Déserts médicaux,  Santé,  Tarn

Publié le 05/01/2026 à 08:56 , mis à jour à 09:14 https://www.ladepeche.fr/2026/01/05/il-suffit-dinserer-sa-carte-vitale-pour-etre-mis-en-relation-avec-un-medecin-cest-quoi-ces-nouvelles-cabines-connectees-pour-repondre-a-lurgence-13119396.php

Thibault de Surville

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by ETX Majelan

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Pour pallier la pénurie de médecins, des cabines de téléconsultation d’un nouveau genre sont déployées dans le Tarn : elles donnent accès à certains spécialistes et permettent des examens plus précis, grâce à des appareils connectés. Un dispositif innovant déployé sur 17 sites : des pharmacies, mais aussi des mairies volontaires.

Face à la pénurie persistante de médecins et à la saturation des cabinets, notamment en période hivernale, 17 dispositifs de téléconsultation médicale augmentée sont aujourd’hui installés dans le Tarn, au sein de pharmacies et de mairies. Ces équipements visent à améliorer l’accès aux soins de proximité, en particulier pour les patients sans médecin traitant ou confrontés à des délais de rendez-vous incompatibles avec leur état de santé.

Dans un contexte marqué par la circulation des virus hivernaux, le recours à ces solutions s’intensifie. « Ça marche très bien. En ce moment, un patient qui arrive devant la borne peut avoir plus de 40 minutes d’attente, tant les médecins sont débordés », témoigne la gérante de la pharmacie Gambetta, à Albi, où l’un de ces dispositifs est installé.

De véritables examens médicaux à distance

Développées par la société française Tessan, spécialisée dans la téléconsultation médicale augmentée, ces cabines se distinguent des dispositifs classiques par leur niveau d’équipement. Chaque installation comprend six appareils médicaux connectés – stéthoscope, otoscope, dermatoscope, oxymètre, tensiomètre et thermomètre – permettant au médecin, en visioconférence, d’analyser en temps réel les constantes vitales et les images médicales du patient.

L’accès est simple : sans rendez-vous pour la médecine générale, il suffit d’insérer sa carte Vitale pour être mis en relation avec un médecin en quelques minutes. Les consultations sont accessibles aux patients à partir de 3 ans, avec une prise en charge possible jusqu’à 100 % grâce au tiers payant.

Si le praticien l’estime nécessaire, une ordonnance ou un arrêt de travail de courte durée (trois jours maximum) peut être délivré à l’issue de la consultation. En revanche, les certificats médicaux ou les demandes de bons de transport ne sont pas pris en charge par le dispositif.

Des spécialistes accessibles depuis la cabine

Autre atout majeur de ces installations : l’accès à certains spécialistes, encore rare en téléconsultation. Depuis ces cabines, il est possible de consulter, sur rendez-vous, des dermatologues ou des pédiatres, avec des délais annoncés en moyenne inférieurs à sept jours.

En dermatologie, le dispositif permet également une téléexpertise : un médecin généraliste peut collecter des images de lésions cutanées à l’aide d’un dermatoscope connecté, puis solliciter l’avis d’un dermatologue, rendu sous 48 heures ouvrées.

Les rendez-vous peuvent être pris en amont sur Doctolib. Le patient n’a ensuite plus qu’à se présenter, à l’heure indiquée, dans la pharmacie équipée.

Un outil déjà largement utilisé dans le Tarn

Dans le département, 9 200 téléconsultations ont été réalisées l’an dernier grâce à ces dispositifs. Pour l’hiver, Tessan anticipe une hausse d’au moins 25 % de l’activité, afin d’absorber l’augmentation saisonnière des besoins de santé et de contribuer à désengorger les cabinets médicaux et les services d’urgence.

Les pharmacies et mairies accueillant ces équipements sont volontaires et prennent en charge les frais d’abonnement, qui peuvent dépasser 300 euros par mois, incluant l’accès au service et aux plateformes de prise de rendez-vous

« Rien ne vaut un docteur » : pourquoi les téléconsultations en pharmacie ne répondent qu’en partie à la pénurie de médecins

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Santé,  Industrie pharmaceutique,  Société

Publié le 05/12/2025 à 19:03 , mis à jour le 06/12/2025 à 17:03 https://www.ladepeche.fr/2025/12/05/rien-ne-vaut-un-docteur-pourquoi-les-teleconsultations-en-pharmacie-ne-repondent-quen-partie-a-la-penurie-de-medecins-13090850.php

Laurine Méaulle

Dans un Lot frappé de plein fouet par la pénurie médicale, les pharmacies deviennent des portes d’entrée vers un médecin grâce aux téléconsultations. Une solution indispensable pour les entreprises qui les déploient, mais les pharmaciens s’interrogent sur l’efficacité de ces dispositifs.

Au comptoir de la pharmacie Lafayette à Cahors, Nicolas, un jeune étudiant n’a pas hésité devant la borne de téléconsultation pour soigner ses maux de ventre. Sans médecin traitant il évoque « une facilité pour moi qui vient d’arriver dans le Lot, je peux me soigner rapidement ». Pour un représentant du syndicat FSPF de pharmaciens lotois, « Le mieux, c’est de voir un vrai médecin. La téléconsultation, pour nous, ça reste du dépannage », prévient-il. Dans un département où l’on ne compte que 153 médecins généralistes pour environ 170 000 habitants, l’accès aux soins est devenu un casse-tête. Et les pharmacies, malgré elles, se retrouvent en première ligne.

Dans la pharmacie Lafayette, le service de téléconsultation a été installé il y a un an. Pour David Lewi le titulaire de l’officine depuis 10 ans « c’est un moyen de rendre service à des patients qui ne peuvent pas prendre rendez-vous avec leur médecin habituel, par faute de temps ou de rendez-vous ». L’établissement comptait environ 5 consultations par semaine en octobre 2024, contre une vingtaine par semaine aujourd’hui.

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L’Agence régionale de santé recense près de 12 000 actes de téléconsultation dans le Lot l’an dernier.

L’Agence régionale de santé recense près de 12 000 actes de téléconsultation dans le Lot l’an dernier. DDM – DDM MANUEL MASSIP

L’Agence régionale de santé recense près de 12 000 actes de téléconsultation dans le Lot l’an dernier. Une activité qui augmente depuis le covid, mais reste peu élevée : 2 % de l’ensemble des consultations, contre 3,9 % en Occitanie et 4,5 % en France. Particularité locale : 7 % sont assurées par des centres hospitaliers.

« Rien ne vaut l’humain »

Pour le représentant syndical, l’usage est clair, « Certaines pathologies comme la cystite ou l’angine, on peut les prendre en charge. Mais pour le reste… rien ne vaut l’humain, et un docteur qui vous ausculte. Et puis c’est trop cher : une cabine, c’est autour de 100 euros par mois pour une officine, il faut rentabiliser. »

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C’est précisément ce que contestent les entreprises spécialisées, comme Tessan, qui équipe des pharmacies en cabines ultra-connectées. Antoine Ducrocq, son directeur marketing, assume le modèle, « Dans des territoires sous-dotés comme le Lot, nos dispositifs répondent à une demande réelle. Ils offrent un accès rapide à un généraliste sans rendez-vous et même à des spécialistes sous sept jours. » Tessan a implanté deux dispositifs récents dans le département, à Aynac en 2024 et Prayssac en 2025, pour répondre à un besoin qu’il juge « massif », en effet 6 millions de Français n’ont pas de médecin traitant et 87 % du territoire est classé en désert médical.

« Ces machines sauvent des vies »

Au cœur de ces bornes : stéthoscope, tensiomètre, thermomètre connectés. « Cela permet de se rapprocher des conditions d’un cabinet », assure Antoine Ducrocq. Et il balaie l’idée d’un outil réservé à la bobologie : « Nous avons eu des cas où la cabine a permis de détecter un mélanome ou une maladie rare. Parfois, ces machines sauvent des vies. »

Certaines cabines proposent des rendez-vous avec des spécialistes comme des dermatologues ou des pédiatres.

Certaines cabines proposent des rendez-vous avec des spécialistes comme des dermatologues ou des pédiatres. DDM – FREDERIC CHARMEUX

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Dans sa pharmacie de Saint-Géry, Olivier, conseiller ordinal du Lot et membre du bureau de l’Ordre des pharmaciens d’Occitanie, n’est pas convaincu. Sans médecin dans son village depuis deux ans, il a longuement envisagé une cabine… avant d’y renoncer. « J’ai réussi à répondre aux demandes croissantes cet été, avec les centres de santé de Cahors ou je renvoyais les gens vers l’application Qare pour des rendez-vous en visio. Et puis une cabine, c’est un abonnement : certains confrères sont tentés de la surutiliser pour rentabiliser. » Il constate néanmoins une hausse des demandes, surtout l’été, période touristique, « Les jeunes adultes ont déjà le réflexe de la visio. Mais pour les personnes âgées, ce n’est pas adapté. » L’année dernière 16 % des médecins libéraux ont pratiqué la téléconsultation, c’est 30 % à l’échelle régionale.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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