Municipales et santé

Accès aux soins médicaux : soigner sa ville

Dominique Delpiroux.
  • Dominique Delpiroux. DDM

   

L’édito du jour

Publié le 26/01/2026 à 08:36 https://www.ladepeche.fr/2026/01/26/acces-aux-soins-medicaux-soigner-sa-ville-13187076.php

Dominique Delpiroux

Finalement, les maires sont un peu les toubibs de leur commune. Ce sont eux qui en connaissent la température, qui savent si tel organe fonctionne mal, si tel service est congestionné, si telle artère est bouchée. À longueur d’année, ils doivent établir des diagnostics sur l’église qui se déglingue ou l’école qui grelotte. Ils prennent le pouls de leur cité, et tentent d’administrer les bons remèdes.

Pourtant, en matière de santé – celle de leurs concitoyens – les édiles n’ont que peu de moyens d’action. Et n’interviennent qu’à la marge sur le déploiement des professionnels du soin. Ainsi, on sait combien les maires des petites communes se bagarrent pour faire venir chez eux le médecin qui pourrait remplacer celui qui vient de prendre sa retraite. Partout en France, c’est la même quête des édiles pour dénicher l’oiseau rare qui accepte de faire son nid sous le clocher du village. De la même manière, ce sont les élus qui font tout pour sauver la pharmacie ici, monter un centre de soins par-là, fixer un EHPAD ou une maison d’accueil spécialisée sur le territoire. Plus la commune est éloignée de la métropole, plus les besoins sont vitaux.

Cependant, le rôle des maires dans les années à venir ne se limitera pas à la chasse au toubib. L’évolution de notre cadre de vie et le changement climatique feront que notre santé dépendra aussi de l’aménagement du territoire.

La santé, c’est aussi l’air : dans les métropoles, il faudra sans cesse veiller à la qualité de l’atmosphère : la pollution est responsable de 40 000 décès par an en France. On sait depuis longtemps qu’il faut repenser les mobilités et les équilibres entre voiture, métro, bus, vélos, piétons. L’air, c’est aussi le souci par exemple des Saint-Gaudinois vivant depuis des lustres à proximité de « la Cellulose ».

La santé, c’est aussi l’eau, sa gestion et son traitement qui sont un problème bien loin d’être réglé dans bien des agglomérations et en zone rurale où les nappes sont fragilisées. Saura-t-on à l’avenir garantir une eau toujours potable ?

La santé, c’est la terre, le sol : faut-il implanter des usines ou s’en débarrasser ? À Toulouse, le débat a été vif, après la catastrophe d’AZF. À Salsignes, la mine empoisonne toujours les environs. Et dans certaines communes rurales, c’est le trop-plein de pesticides qui met en péril les riverains des zones agricoles.

La santé enfin, c’est le bruit, qui gâche le bien-être de millions de nos contemporains.
Ainsi, au-delà de la présence ou non d’un médecin dans le village, les maires, que ce soit dans les petites communes ou les très grandes villes, seront au cœur de ces enjeux et devront faire des choix. Ils ont entre leurs mains une part de notre futur bien-être. Et le thermomètre pour mesurer l’urgence

Municipales 2026 : comment les maires peuvent améliorer la santé de ses habitants grâce à 10 mesures clés

Tarn, un village s’unit sans un clip pour trouver un médecin

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Santé : thème de la campagne des élections municipales 2026,  

Publié le 26/01/2026 à 06:35 https://www.ladepeche.fr/2026/01/26/municipales-2026-comment-les-maires-peuvent-ameliorer-la-sante-de-ses-habitants-grace-a-10-mesures-cles-13179184.php

Liza Cossard

Le Réseau français Villes-Santé propose dix leviers concrets pour que les maires placent la santé au cœur de chaque décision municipale.

Un trottoir trop étroit, une piste cyclable absente, une cour d’école sans arbre, un quartier sans médecin. Ces détails du quotidien pèsent directement sur notre santé. De plus en plus de maires l’ont compris et tentent désormais d’agir bien en amont, en intégrant la santé au cœur de leurs politiques publiques.

« Qu’il s’agisse de la qualité de l’air ou de l’accès aux soins, la santé s’immisce dans toutes les décisions municipales », explique Maude Luherne, directrice du Réseau français Villes-Santé.

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Cette association nationale regroupe plus de 120 communes et intercommunalités engagées en faveur du bien-être de leurs habitants. Accrédité par l’Organisation mondiale de la santé, le réseau accompagne les collectivités dans l’élaboration de politiques locales de santé.

Un adjoint en charge de la santé

Pour y parvenir, l’association a formulé dix grandes recommandations « pour des villes en bonne santé ». Mais avant toute action, « la santé doit figurer explicitement dans le projet de mandat, déclare Maude Luherne. L’idée n’est pas de se focaliser uniquement sur l’accès aux soins, mais d’infuser la santé dans chaque compétence obligatoire de la ville. »

La première recommandation consiste à nommer un adjoint spécifique sur ce sujet, capable de coordonner élus et professionnels autour d’une stratégie claire. Ensuite, une attention particulière est portée aux enfants et aux jeunes afin de leur offrir des cours d’école végétalisées, une restauration scolaire plus saine avec des équipes éducatives formées.

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Le cadre de vie s’impose également comme un autre levier majeur. Aménagement urbain, qualité de l’air, gestion de l’eau et des déchets, place du végétal… Le maire est invité à repenser ses choix pour créer des espaces plus respirables et plus durables.

Renforcer la prévention

Le réseau plaide aussi pour des villes qui donnent envie de bouger. En effet, l’activité physique doit pouvoir s’intégrer naturellement dans le quotidien. Mais la santé ne se limite pas au corps. Renforcer le lien social, soutenir la vie associative, encourager la culture et lutter contre l’isolement sont autant d’outils pour agir sur la santé mentale et le bien-être collectif, recommande le Réseau français Villes-Santé.

Les services municipaux de santé sont, eux, appelés à jouer un rôle central, de la prévention à la vaccination, en passant par la santé scolaire et les centres de santé, devenus indispensables dans un contexte de désertification médicale.

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Autre enjeu : impliquer davantage les habitants. Informer, former, débattre, construire les politiques locales avec eux permet d’ancrer durablement les actions et de renforcer la prévention. Les professionnels de santé ne sont pas oubliés, avec un accompagnement renforcé pour faciliter leur installation et encourager les pratiques pluridisciplinaires, au plus près des besoins du terrain.

Enfin, la santé doit irriguer tous les projets d’urbanisme : végétalisation, lutte contre les nuisances, accès aux soins, alimentation saine, mobilités douces. Sans oublier la nécessité d’un soutien financier durable pour permettre aux collectivités de tenir le cap.

Municipales 2026 : santé, accès aux soins… le défi majeur des maires

Qu’est-ce qu’ un centre de santé ?

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Santé : thème de la campagne des élections municipales 2026,  Municipales 2026,  Politique

Publié le 26/01/2026 à 06:31 , mis à jour à 08:08

Philippe Rioux

À moins de deux mois des élections municipales, la santé s’impose comme la première attente des Français. Le baromètre santé-social de l’Association des maires de France (AMF) et les enquêtes d’opinion dessinent un paysage marqué par la pénurie médicale, des inégalités territoriales fortes et des marges de manœuvre communales limitées, mais décisives.

À moins de deux mois des élections municipales de mars prochain, la santé s’impose comme un marqueur politique central du débat électoral. Longtemps perçue comme une compétence périphérique des communes, elle cristallise aujourd’hui des attentes fortes des citoyens, sur fond de pénurie médicale et de déserts médicaux en zones rurales comme en ville, de vieillissement de la population et de montée des inquiétudes environnementales.

Le dernier baromètre santé-social de l’Association des maires de France (AMF), publié en novembre dernier avec la Mutualité Française, avait déjà montré que l’accès aux soins, la santé mentale et l’action sociale se dégradent, tandis que les communes deviennent, par défaut, des acteurs de première ligne.

https://www.mutualite.fr/ressources/barometre-sante-social-2025/

87 % de la population vit dans un désert médical

Selon ce baromètre, 65 % des Français déclarent avoir renoncé à des soins au cours des douze derniers mois. Près de 6 millions de personnes sont toujours sans médecin traitant et 87 % de la population vit dans un territoire qualifié de désert médical. Ces chiffres, qui traduisent une crise structurelle, s’accompagnent d’inégalités territoriales marquées, particulièrement dans les zones rurales. À cela s’ajoutent les tensions sur le médico-social : le vieillissement accentue les écarts d’équipement en établissements pour personnes âgées, notamment en Ehpad, tant en nombre de places qu’en reste à charge pour les familles.

Les priorités des Français en santé

Les priorités des Français en santé DDM

Ce diagnostic entre en résonance directe avec les attentes exprimées par les Français dans l’enquête CSA réalisée en novembre pour France Assos Santé. La santé arrive, en effet, en tête des priorités assignées à leur futur maire par 70 % des répondants, devant la sécurité ou la gestion financière.

Plus précisément, 37 % citent le maintien et le développement de l’accès aux soins comme la priorité absolue, une proportion qui grimpe chez les plus de 50 ans. Car l’insatisfaction demeure élevée : seuls 53 % des Français jugent satisfaisantes les actions menées dans leur commune pour améliorer la santé, avec un regard particulièrement critique dans les territoires ruraux.

Les maisons de santé plébiscitées

Les attentes sont néanmoins très concrètes. L’installation de centres ou de maisons de santé pluriprofessionnelles recueille 93 % d’avis favorables. La protection de la qualité de l’eau, la restauration collective saine et durable ou encore la limitation de certaines expositions environnementales figurent également parmi les priorités.

Signe d’une demande de démocratie sanitaire renforcée, 92 % des Français souhaitent être associés aux décisions locales en matière de santé, et 65 % se disent prêts à s’engager pour défendre les droits des patients.

Marges de manœuvre limitées

Face à ces attentes, les marges de manœuvre des maires restent toutefois très contraintes. Comme le souligne l’universitaire Igor Martinache, maître de conférences à l’université Paris-Nanterre, la santé ne constitue pas une compétence obligatoire des communes : leur rôle se situe principalement dans la prévention, la salubrité et l’animation territoriale, avec des leviers facultatifs et dépendants des moyens disponibles. Cette limite structurelle n’empêche pas les initiatives, mais elle en conditionne forcément l’ampleur et la pérennité.

C’est précisément sur ce terrain que France Assos Santé entend peser avec son manifeste « La santé : une priorité pour les habitants, un levier d’action pour les maires », rendu public mardi dernier. Décliné en 17 propositions, le document met en avant des solutions déjà éprouvées : centres de santé intégrés dans des réseaux coordonnés, actions de prévention renforcées, amélioration des environnements de vie, ou encore mobilisation citoyenne. L’objectif est d’outiller les élus locaux avec des mesures opérationnelles, sans promesses irréalistes.

Santé de proximité

Le baromètre de l’AMF convergeait d’ailleurs vers la même conclusion : malgré l’absence de compétence formelle, les communes sont devenues – notamment depuis la crise sanitaire du Covid – des actrices incontournables de la santé de proximité. Centres de santé municipaux, dispositifs itinérants, contrats locaux de santé ou partenariats avec les mutuelles : l’action locale pallie, partiellement, les défaillances du système national.

Mais cette montée en puissance pose une question politique centrale à la veille du scrutin : comment répondre à des attentes sanitaires massives avec des responsabilités limitées et des ressources sous tension ?

REPORTAGE. Municipales 2026 : « On est prêts à tous les sacrifices »… Le combat de ce maire pour sauver son village du désert médical   

Publié le 26/01/2026 à 06:34 https://www.ladepeche.fr/2026/01/26/reportage-municipales-2026-on-est-prets-a-tous-les-sacrifices-le-combat-de-ce-maire-pour-sauver-son-village-du-desert-medical-13179180.php

Liza Cossard

Privée de généraliste depuis 2021, cette commune du Tarn-et-Garonne a tout prévu pour accueillir un nouveau praticien. Le cabinet médical est prêt mais désespérément vide. Le maire Mathieu Pierasco se démène pour sauver l’accès aux soins de ses administrés.

Dans le village de Labastide-du-Temple (Tarn-et-Garonne), la boulangerie et la boucherie locale font encore battre le cœur de cette commune de 1 200 habitants. Mais derrière les façades propres et le calme apparent, une absence pèse plus que les autres : celle d’un médecin généraliste.

La mairie de Labastide-du-Temple.

La mairie de Labastide-du-Temple. DDM – Liza Cossard

« Ici, on a tout. Mais si vous tombez malade le lundi, n’espérez pas un rendez-vous avant la semaine suivante », soupire une retraitée, installée ici depuis plus de cinquante ans. Pour ses soins, elle doit désormais s’armer de patience et prendre la route, loin de son village. « C’est la débrouille. »

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Au cœur du village, un local d’une cinquantaine de mètres carrés attend ses premiers patients. Murs repeints, électricité aux normes, sol impeccable. La municipalité a tout prévu. « S’il faut offrir le loyer pendant un an ou deux, on le fera. On est prêts à tous les sacrifices », lance Mathieu Pierasco, le maire de la commune.

« C’est tout le système qui déraille »

Pendant quarante ans, l’ancien docteur a été la figure tutélaire du village, celui qui passait encore après 21 heures pour honorer sa dernière visite. En 2021, il a tiré sa révérence, laissant plus de 800 patients sur le carreau. « On ne retrouvera plus des médecins comme ça », glisse le maire, enfant du pays devenu édile en 2022. Depuis, il a communiqué partout et même écrit aux facultés de médecine. Sans succès. « L’ARS nous a répondu qu’ils n’avaient personne sous le coude », déplore Mathieu Pierasco.

Mathieu Pierasco, maire de Labastide-du-Temple.

Mathieu Pierasco, maire de Labastide-du-Temple. DDM – Liza Cossard

Pour les habitants, le quotidien est devenu une course d’obstacles. Les communes voisines, elles aussi saturées, ne prennent plus de nouveaux patients. Alors, le moindre virus finit par engorger les urgences de Montauban ou de Moissac, bien que cette dernière ne ferme pas la nuit faute de personnel.

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« On voit les gens attendre trois ou quatre heures avec des enfants qui pleurent. C’est frustrant, c’est affligeant », s’agace l’élu. Pour une simple gastro-entérite, les patients finissent par saturer des services hospitaliers déjà à bout de souffle. Un non-sens pour le maire : « C’est tout le système qui déraille. »

Un enjeu de campagne

Le constat est d’autant plus exaspérant que le village est dynamique. Ici, on refuse l’étiquette de bourgade déserte. Avec sa boucherie, sa boulangerie qui vient de rouvrir et ses quinze associations, Labastide-du-Temple a des arguments. « On est à 15 minutes de Montauban, 50 de Toulouse. On offre le calme sans l’isolement », vante le maire.

L’affiche créée et partagée par le maire sur les réseaux sociaux pour trouver un médecin généraliste.

L’affiche créée et partagée par le maire sur les réseaux sociaux pour trouver un médecin généraliste. DDM – Liza Cossard

L’édile ne se résigne pas. Aidé par une jeune infirmière installée récemment, il a élargi sa quête à toute l’Occitanie, utilisant des réseaux médicaux privés et la communication numérique. Car pour Mathieu Pierasco, qui confirme sa candidature aux prochaines élections municipales, la santé n’est pas une option, c’est une promesse de campagne : « Les gens attendent de nous qu’on se démêle. C’est certes un enjeu d’attractivité, mais surtout de dignité pour nos anciens. »

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En attendant le « Graal », le maire continue de veiller sur sa commune. « La santé, c’est la base, comme la sécurité ou l’école. On a l’impression que le gouvernement a laissé tomber cette partie-là des Français. » Le rideau du nouveau cabinet reste baissé, mais à Labastide, on veut encore croire qu’un jour, une plaque de médecin viendra enfin s’y visser.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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