Une quarantaine de députés, dont Guillaume Garot, relancent dans une tribune le débat de la régulation à l’installation

Régulation à l’installation : des députés reviennent à la charge

Après la manifestation qui a réuni des milliers de praticiens et d’étudiants en médecine, une quarantaine de députés, dont Guillaume Garot, relancent dans une tribune le débat de la régulation à l’installation. 

12/01/2026 https://www.egora.fr/actus-pro/acces-aux-soins/regulation-linstallation-des-deputes-reviennent-la-charge?utm_source=ownpage&utm_medium=email&utm_campaign=20260118&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

Par Chloé Subileau

garot

« Balayer d’un revers de mains les revendications des soignants mobilisés ces derniers jours serait […] une faute, au moins autant que de prétendre qu’on aurait déjà tout essayé pour faire reculer la désertification médicale », écrivent Guillaume Garot et une quarantaine de députés*, dans une tribune publiée samedi sur le site de La Tribune dimanche.

Quelques heures après la manifestation qui a réuni plusieurs milliers de praticiens, d’étudiants en médecine et d’internes à Paris, les élus affirment être « prêts à la discussion » pour « refonder le contrat entre la Nation et ses médecins ». « Mais qui dit contrat, dit aussi contreparties », insistent-ils. « Jeter de nouvelles bases pour notre système de santé, c’est accepter de toute remettre à plat. »

Lire aussi : Egora décrypte la proposition de loi Garot

Pour les signataires de cette tribune, initiée par Guillaume Garot, seule une « concertation large sur la réforme de nos politiques de santé » peut permettre d’envisager « les mesures de rupture » souhaitées par les médecins grévistes. Une telle concertation doit toutefois n’exclure aucune solution « par principe ou par corporatisme – y compris la régulation de l’installation et la permanence des soins », pensent les députés.

A l’origine de la proposition de loi transpartisane – adoptée en mai à l’Assemblée, ils rappellent que ce texte doit encore être discuté au Sénat. Il « est au premier rang des propositions que l’Assemblée nationale met sur la table ; nous y attendons les médecins pour poursuivre un débat sans totems ni tabous, et faire avancer des mesures qui permettront de relever le système de santé qui fonde notre République. »

*Les députés signataires – principalement socialistes, écologistes et insoumis – de la tribune sont également co-auteurs de la proposition de loi transpartisane, portée par le député PS Guillaume Garot. 

Auteur de l’article

Chloé Subileau

OPINION. « Accès aux soins : mettre toutes les solutions sur la table pour refonder le contrat entre la Nation et ses médecins », par un collectif de parlementaires

Une quarantaine de députés issus des groupes du socle commun, du PS, des écologistes, du PCF et des LFI cosigne une tribune, initiée par l’ancien ministre Guillaume Garot, appelant à mettre sur la table les solutions pour refonder le contrat entre la Nation et ses médecins.

par Guillaume Garot, ancien ministre et député PS de la Mayenne et un collectif de parlementaires transpartisan*

Publié le 10/01/26 à 18:14  https://www.latribune.fr/article/la-tribune-dimanche/opinions/1771204221244315/opinion-acces-aux-soins-mettre-toutes-les-solutions-sur-la-table-pour-refonder-le-contrat-entre-la-nation-et-ses-medecins-par-un-collectif-de-parlementaires

Guillaume Garot, le 8 septembre à Paris.

Guillaume Garot, le 8 septembre à Paris.

Depuis ce lundi, des médecins libéraux sont en grève. Symptomatique de la crise plus globale que traverse notre système de santé, ce mouvement l’est aussi du malaise, voire d’une profonde fatigue de la profession médicale face à des mutations qui l’interrogent sur son rôle et ses missions.

Qui douterait pourtant aujourd’hui que la médecine de ville est – et doit rester – un pilier de l’offre de soins en France ? C’est bien pour cette raison que nous députés de gauche, de droite et du centre, travaillons collectivement depuis plus de trois ans à trouver des réponses efficaces et transpartisanes face à l’urgence dans les déserts médicaux.

Beaucoup a été dit, promis et fait sur cette question depuis des décennies. Mais sans beaucoup de résultats. Cette année encore, les installations de généralistes libéraux ont augmenté de 3,1% sur l’ensemble du territoire, mais diminué de 1,7% dans les zones les moins bien dotées. 

Loi transpartisane, soutenue par 250 députés

Un échec collectif, donc, qui doit appeler à l’humilité collective et au courage politique. Balayer d’un revers de mains les revendications des soignants mobilisés ces derniers jours serait en ce sens une faute, au moins autant que de prétendre qu’on aurait déjà tout essayé pour faire reculer la désertification médicale. En auditionnant à plusieurs reprises depuis 2022 les organisations de médecins, nous avons d’ailleurs trouvé avec eux autant de sujets de convergences que de désaccords sur les réponses à apporter.

Tarification des actes, relations conventionnelles, secteur 2, conditions de travail des internes, incitations à l’installation, rôle des complémentaires, durée des études, moyens financiers pour la santé… : nous avons été et restons prêts à la discussion sur ces sujets pour, en définitive, refonder le contrat entre la Nation et ses médecins.

Mais qui dit contrat, dit aussi contreparties. Jeter de nouvelles bases pour notre système de santé, c’est accepter de tout remettre à plat. 

Élus de la Nation, en charge de l’intérêt général, il nous revient de trouver les voies et moyens de garantir à tous l’accès aux soins. Les mesures de rupture que les médecins grévistes appellent de leurs vœux ne peuvent s’envisager que dans le cadre d’une concertation large sur la réforme de nos politiques de santé. Une concertation qui n’oublie, ni n’occulte aucune solution par principe ou par corporatisme – y compris la régulation de l’installation et la permanence des soins, pour que les médecins puissent, comme ils le revendiquent eux-mêmes, « soigner selon les besoins ». 

Mieux répartir, mieux former, mieux accompagner et protéger ceux qui nous soignent. C’est ce que défend notre proposition de loi transpartisane, soutenue par 250 députés et largement adoptée en mai dernier. Elle devra poursuivre son cheminement au Sénat. Ce texte est au premier rang des propositions que l’Assemblée nationale met sur la table ; nous y attendons les médecins pour poursuivre un débat sans totems ni tabous, et faire avancer des mesures qui permettront de relever le système de santé qui fonde notre République.

Députés signataires :

  1. – Guillaume GAROT (Socialistes et apparentés)
  2. – Christophe MARION (Renaissance)
  3. – Delphine BATHO (Écologiste et social)
  4. – Jérôme NURY (DR)
  5. – Jérémie PATRIER-LEITUS (Horizons)
  6. – Yannick FAVENNEC-BECOT (LIOT)
  7. – Hadrien CLOUET (LFI)
  8. – Mickaël COSSON (Les Démocrates)
  9. – Stella DUPONT (NI)
  10. – Chantal JOURDAN (Socialistes et apparentés)
  11. – Xavier BRETON (DR)
  12. – Jean-Claude RAUX (Écologiste et social)
  13. – David TAUPIAC (LIOT)
  14. – Mathilde HIGNET (LFI)
  15. – Pascal LECAMP (Les Démocrates)
  16. – Paul MOLAC (LIOT)
  17. – Alix FRUCHON (DR)
  18. – Éric MARTINEAU (Les Démocrates)
  19. – Muriel LEPVRAUD (LFI)
  20. – Joël AVIRAGNET (Socialistes et apparentés)
  21. – Benoit BITEAU (Écologiste et social)
  22. – Pierrick COURBON (Socialistes et apparentés)
  23. – Arthur DELAPORTE (Socialistes et apparentés)
  24. – Stéphane DELAUTRETTE (Socialistes et apparentés)
  25. – Océane GODARD (Socialistes et apparentés)
  26. – Pascale GOT (Socialistes et apparentés)
  27. – Jérôme GUEDJ (Socialistes et apparentés)
  28. – Catherine HERVIEU (Écologiste et social)
  29. – Marietta KARAMANLI (Socialistes et apparentés)
  30. – Élise LEBOUCHER (LFI)
  31. – Damien MAUDET (LFI)
  32. – Sophie PANTEL (Socialistes et apparentés)
  33. – Sébastien PEYTAVIE (Écologiste et social)
  34. – Christine PIRES-BEAUNE (Socialistes et apparentés)
  35. – Marie POCHON (Écologiste et social)
  36. – Pierre PRIBETICH (Socialistes et apparentés)
  37. – Valérie ROSSI (Socialistes et apparentés)
  38. – Fabrice ROUSSEL (Socialistes et apparentés)
  39. – Hervé SAULIGNAC (Socialistes et apparentés)
  40. – Céline THIEBAULT-MARTINEZ (Socialistes et apparentés)
  41. – Mélanie THOMIN (Socialistes et apparentés)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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