Gestion de la Vilaine : les agriculteurs pro-pesticides perturbent une nouvelle réunion

Il faudra attendre au moins la fin du moratoire pour l’adoption du Sage de la Vilaine. – Wikimedia Commons/CC BY-SA 3.0/Silex
16 janvier 2026 à 16h32 https://lnkd.in/eHCDzFwa
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La saga se poursuit pour l’adoption du Sage de la Vilaine, le schéma d’aménagement et de gestion de l’eau du bassin versant de ce fleuve, entre la Bretagne et les Pays de la Loire, le plus grand Sage de France. Ce document propose notamment de réduire l’utilisation de certains pesticides près des aires de captage d’eau potable. Une mesure qui passe mal auprès d’une partie du monde agricole, à tel point que la FNSEA — le syndicat majoritaire productiviste —, les Jeunes agriculteurs et la Coordination rurale — un syndicat proche de l’extrême droite — ont tenté le 16 janvier de freiner les délibérations d’une réunion de la Commission locale de l’eau (la CLE, l’instance décisionnaire du Sage) à Sainte-Marie, en Ille-et-Vilaine.
Une trentaine de tracteurs était sur place dès 9 heures, et la réunion a dû être temporairement suspendue. En dehors de la salle, la Confédération paysanne et plusieurs associations environnementales étaient présentes pour soutenir le Sage.
Ont été présentées à cette réunion les mesures de financement pour accompagner les agriculteurs vers la sortie des pesticides : 26 millions d’euros alloués aux exploitants des 26 000 hectares concernés par l’interdiction des herbicides de maïs.
Politique de la chaise vide
Un nouvel obstacle est venu s’ajouter à la mobilisation des syndicats agricoles : le moratoire sur les décisions locales liées à l’eau, annoncé par Sébastien Lecornu le 13 janvier.
Avec ce moratoire, les 11 représentants des services de l’État qui siègent habituellement à la CLE ont reçu l’ordre de ne pas siéger, y compris l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. « La gouvernance de l’eau est souveraine et légitime, et elle a pu travailler avec tout le monde, pourtant, l’État nous met des bâtons dans les roues », regrette Ludovic Brossard, vice-président de la collectivité eau du bassin rennais et membre de la CLE.
La chambre d’agriculture a également opté pour la politique de la chaise vide, ainsi que plusieurs élus locaux de droite — dont certains sont agriculteurs —, avançant que les conditions n’étaient pas réunies pour le bon déroulement des débats. Au total, seule une trentaine de membres de la CLE ont pu participer à la réunion.
Quant à l’adoption du Sage, elle est malheureusement repoussée. Si la prochaine date de réunion de la CLE — le 12 février — est maintenue, il faudra attendre au moins la fin du moratoire pour l’adoption du Sage. « On fera tout pour l’adopter », promet Ludovic Brossard.