Médecins libéraux : Pour un pacte de confiance de deux ans en attendant la refonte indispensable de notre système de santé !
Frédéric Bizard
il y a 7 heures

J’ai donné hier une conférence à Bruxelles auprès des très nombreux médecins français exilés. Cette rencontre avait un objectif simple : être utile à la fois aux médecins, au système de santé et au bien commun.
Pendant plus de deux heures, j’ai exposé les solutions d’avenir à court et moyen terme pour redresser durablement notre système de santé et notre sécurité sociale, en distinguant clairement les causes apparentes de la crise de ses causes structurelles réelles.
L’une de ces réalités, trop souvent occultée dans le débat public, est la menace directe qui pèse sur la viabilité financière de la Sécurité sociale.
En l’état actuel, la LFSS 2026 ne permet pas un redressement des comptes avant 2029. Cette trajectoire menace simultanément :
- La viabilité économique du secteur libéral,
- La capacité du service public hospitalier à délivrer une médecine de qualité,
- Et l’accès aux soins pour la population.
Tous dans le même bateau.
Cette affaire concerne l’avenir de chaque citoyen de notre pays.
Dance ce contexte, le rapport parlementaire Monnet-Jousset sur les compléments d’honoraires est un brulot idéologique pavlovien anti-libéral, et surtout nuisible au bien commun. Son essence est de supprimer les compléments d’honoraires sans proposer un modèle alternatif de financement de l’exercice libéral du secteur 2.
Son application ne conduirait pas seulement à la disparition de l’exercice libéral de secteur 2, mais à la mort du modèle universel solidaire et à la scission définitive entre un secteur public financé par l’État et un secteur privé libéral financé par les ménages et les assureurs privés (modèle anglais).
La sécurité sociale ne survivrait évidemment pas à un tel modèle.
Tuer l’exercice libéral c’est tuer la liberté de choix, l’égalité des chances…et in fine la sécurité sociale elle-même.
Il s’agit donc d’ un choix politique majeur, qui doit être assumer par le gouvernement, par le politique ET NON par les médecins.
Il est inutile et contre-productif de monter sur des échasses pour stigmatiser, mépriser et jeter en pâture celles et ceux qui font concrètement la santé dans ce pays.
Seule une réforme structurelle profonde permettra de sortir durablement les secteurs publics et privés de la torpeur actuelle.
Nous avons montré hier comment une telle réforme peut rebâtir un modèle universel et solidaire à la française.
Mais soyons lucides : ce chantier ne pourra aboutir qu’après les élections Présidentielles de 2027.
D’ici là, une responsabilité s’impose : bâtir un Pacte de confiance solide de deux ans entre les médecins libéraux et les pouvoirs publics.
Nous avons détaillé le contenu et démontré en quoi ce pacte serait gagnant-gagnant pour toutes les parties gagnantes (Patients, Professionnels, État, Sécu).
Au vu des réactions, je crois que la réflexion et la pédagogie ont été utiles et appréciées.
Une chose est certaine.
Je mènerai le même exercice, avec la même exigence, la même force et la même conviction, pour l’hôpital public, si cela devait s’avérer nécessaire.
Parce qu’il n’y a pas deux combats, ni deux médecines.
Il n’y a qu’un seul enjeu : sauver un système de santé à bout de souffle, dans l’intérêt des soignants, des patients et du bien commun.
Pr Frédéric Bizard