Les humiliations répétées de l’Europe par les américains en 2025

« Daddy » Trump, von der Leyen au golf… Toutes ces fois où les Européens se sont fait humilier par les Américains en 2025

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Par  Jeanne Auberger

Publié le 24/12/2025 à 10:00

Jeanne Auberger, journaliste à Marianne.

Discours méprisant à Munich, règlement de comptes à la Maison-Blanche ou encore flatteries embarrassantes à l’Otan. Cette année, l’Europe a essuyé à de nombreuses reprises les humiliations face à une Amérique redevenue brutale. Best of de cinq moments où les Européens se sont fait moucher.

LE DISCOURS DE J.-D. VANCE À MUNICH

« Pire que Trump pour l’Europe », « Un discours qui a sidéré l’Europe », « J.-D. Vance assomme les Européens ». Voilà le florilège de commentaires peu amènes que l’on pouvait lire dans la presse au lendemain du discours du vice-président américain J.-D. Vance à Munich en Allemagne en février dernier. Pendant vingt longues et douloureuses minutes, les Vingt-Sept se sont fait passer un sacré savon : « La menace qui m’inquiète le plus vis-à-vis de l’Europe n’est pas la Russie, n’est pas la Chine, n’est pas un acteur externe. Ce qui m’inquiète, c’est la menace de l’intérieur », tance-t-il d’emblée.

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Le ton est donné. Après une série d’uppercuts contre la gestion de l’immigration, c’est au tour de la démocratie d’en prendre pour son grade : « Si votre démocratie peut être détruite avec quelques centaines de milliers de dollars de publicité numérique d’un pays étranger, alors elle n’était pas très solide au départ. »

Faut-il lui rappeler que quelques spécimens de son propre camp ont tenté de renverser la démocratie américaine en envahissant le Capitole en janvier 2021 ? Quoi qu’il en soit, les Européens ont réellement compris ce jour-là que la lune de miel transatlantique était bel et bien terminée.

VOLODYMYR ZELENSKY DANS LE BUREAU OVALE

Le 28 février dernier, les caméras du monde entier ont enregistré un moment d’anthologie dans le Bureau ovale. Volodymyr Zelensky en difficulté dans la guerre contre la Russie se rend à la Maison-Blanche afin de rencontrer Donald Trump pour la première fois depuis son retour au pouvoir. Mais très vite, la tension entre les deux présidents monte et les journalistes présents assistent – médusés – à une joute verbale d’une rare violence.

« Vous vous êtes mis dans une mauvaise posture et vous n’avez pas les cartes en main », lance Donald Trump à son homologue, avant de l’accuser de « jouer avec la vie de millions de personnes » et de « flirter avec la Troisième Guerre mondiale ». « Je ne joue pas aux cartes. (…) Je suis très sérieux, monsieur le président, tente alors de se défendre un Zelensky ouvertement infantilisé. Je suis un président en guerre. » C’est alors que le vice-président J.-D. Vance entre en scène pour en remettre une couche : « Avez-vous dit « merci » une seule fois ? ».

Résultat, le président ukrainien se fait virer comme un malpropre sans même avoir négocié quoi que ce soit. Il a donc fait 8 000 bornes pour se faire engueuler comme un gosse de quatre ans. Ambiance. Heureusement, les Européens se sont empressés de soutenir leur allié, chaque dirigeant y allant de son petit message de câlinothérapie. Et on l’imagine aisément : recevoir de la part de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, un tweet qui dit « Soyez fort, soyez courageux, soyez intrépide. Vous n’êtes jamais seul, cher président Zelensky », ça doit mettre du baume au cœur.

« DADDY » TRUMP ET SES ENFANTS

Attention, la séquence qui va suivre est tout aussi humiliante que gênante. Fin juin, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, nous a offert le plus gros léchage de pompes de l’histoire des relations transatlantiques. Juste avant de rencontrer Donald Trump, le Néerlandais commence ses courbettes en lui envoyant ce message : « Bravo et merci pour votre action décisive en Iran, c’était vraiment extraordinaire. Donald, vous nous avez menés à un moment vraiment vraiment important pour l’Amérique, l’Europe, et le monde. »

Message que le milliardaire s’est empressé de poster sur son réseau Truth Social (pourquoi s’en priver ?). Pas vexé pour un sou, le Néerlandais en a remis une couche le lendemain. Quand Donald Trump compare l’Iran et Israël à « des enfants qui se battent comme des fous dans la cour de récréation », le boute-en-train du jour ne peut s’empêcher de lâcher – visiblement fier de lui – « Papa [Daddy] doit parfois hausser le ton ». Malaise instantané dans la salle.

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Évidemment, il n’en fallait pas plus pour titiller le narcissisme du président qui déclare un peu plus tard : « Je crois qu’il m’aime bien. » Avant de rajouter : « Si ce n’est pas le cas, je vais faire demi-tour et lui donner une bonne correction, d’accord ?», sous le regard hilare du secrétaire aux Affaires étrangères, Marco Rubio. Ou comment provoquer une humiliation sur la place publique en bonne et due forme.

LA DIPLOMATIE DU GOLF

Fin juillet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a fait la drôle d’expérience de « la diplomatie du golf » de Donald Trump. Les deux dirigeants ont paraphé le « plus grand accord commercial jamais signé », un tarif douanier de 15 % sur toutes les exportations européennes vers les États-Unis. La rencontre a eu lieu en Écosse, à Turnberry, là où le milliardaire américain a fait construire la « Donald J. Trump Ballroom », une modeste salle de bal qui porte son nom dans un complexe de golf dont il est le propriétaire depuis dix ans. Tout un symbole qui montre que le président de la première puissance mondiale est partout chez lui et les Européens, toujours invités.

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Durant leur échange, Ursula von der Leyen a essuyé les critiques du président américain sur l’immigration ou l’écologie. Les éoliennes, qualifiées d’« arnaque » n’ont pas été épargnées. « Pour le dire franchement, l’Allemagne a essayé et le vent, ça ne marche pas », a-t-il déclaré à son interlocutrice qui est… allemande. Peu inspirée ce jour-là, la présidente de la Commission a assisté à l’acte final de la vassalisation de l’Europe.

LA RENCONTRE AVORTÉE À BUDAPEST

Mi-octobre, le président américain Donald Trump annonce qu’il va rencontrer Vladimir Poutine à Budapest « dans les deux prochaines semaines ». L’objectif ? Mettre fin à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Choisir Budapest comme lieu de rencontre est tout sauf anodin ; Viktor Orbán, le Premier ministre nationaliste hongrois, étant le plus proche allié de Donald Trump et de Vladimir Poutine au sein de l’Union européenne et un fervent critique du soutien de l’UE à l’Ukraine. Premier camouflet pour les Européens qui comprennent que leur rôle de spectateur dans la résolution du conflit est désormais acté. Bien que relégués au second plan, il faut faire bonne figure. Les Vingt-Sept saluent (en grinçant des dents ?) cette initiative pour la paix.

Pas de chance pour Viktor Orbán cependant. Lui qui voulait se servir de cette rencontre pour prendre sa revanche sur l’UE, voit cette dernière lui filer entre les doigts. Le 21 octobre, Donald Trump annonce le report sine die de la réunion (on attend toujours qu’elle ait lieu). Conclusion : même sur leur propre sol, les Européens apparaissent impuissants, condamnés à se voir dicter la loi par Washington. Quand bien même certains leur déploient le tapis rouge.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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