Les 5 % les plus riches peuvent espérer vivre sept à dix ans ans de plus selon leur sexe que les 5 % les plus pauvres,

Où peut-on espérer vivre le plus longtemps ?

Quentin Haroche| 19 Décembre 2025 https://click.email.jim.fr/?qs=b3d214da5e6a4d70b7436ab680038de62f627f8356696f5212469794a53fd3029f260e766712e77613029a439bf2ea42116e4110b4bc163080f67e454e2f5536

Les 5 % les plus riches peuvent espérer vivre sept à dix ans ans de plus selon leur sexe que les 5 % les plus pauvres, selon la dernière étude de l’Insee.nullLISEZ LA SUITE CI-DESSOUS 

L’argent fait-il le bonheur ? La question reste ouverte, mais ce qui semble sûr, c’est que l’argent favorise la bonne santé. Même dans un pays profondément égalitariste comme le nôtre, où chacun est censé pouvoir accéder aux soins quel que soit son niveau de vie, il existe des différences d’espérance de vie notables entre les plus riches et les plus pauvres. Des différences qui sont régulièrement mises en avant par certains politiciens, notamment à gauche, lorsqu’il s’agit de débattre de l’âge de la retraite et qui se sont légèrement accrues ces dernières années, selon les dernières données de l’Insee publiées ce lundi

Ainsi, sur la période 2020-2024, l’espérance de vie des 5 % les plus riches est de 88,7 ans pour les femmes et 85 ans pour les hommes, tandis que celle des 5 % les plus modestes est de 80 ans pour les femmes et de 72 ans pour les hommes. Une femme riche peut donc espérer vivre jusqu’à 17 ans de plus qu’un homme pauvre. Selon l’Insee, cette différence d’espérance de vie entre riches et pauvres s’explique par divers facteurs : difficultés d’accès aux soins (les 20 % les plus pauvres ont deux fois plus de risque de renoncer à des soins faute d’argent que le reste de la population), comportements à risque (21 % des personnes sans diplôme fument quotidiennement, contre 13 % des diplômés), moindre connaissance du système de santé, expositions professionnelles à des substances toxiques, etc. Sans compter que la pauvreté peut parfois être la conséquence de la maladie, par exemple lorsque la pathologie empêche de travailler.

Les femmes modestes vivent plus longtemps que les hommes riches

L’Insee note également que l’espérance de vie augmente de moins en moins avec le niveau de vie. Ainsi, un homme qui gagne 1 200 euros par mois peut espérer vivre un an de plus s’il touche 100 euros de plus. En revanche, à 2 000 euros par mois, il ne pourra espérer ne gagner que cinq mois de plus s’il augmente ses revenus de 100 euros. Si la différence d’espérance de vie entre riches et pauvres est relativement négligeable avant 20 ans et après 80 ans, elle est en revanche très forte aux âges intermédiaires : à 50 ans, un homme riche a sept fois moins de risque de mourir dans l’année qu’un homme pauvre.

A noter enfin que les inégalités de revenus ne compensent que faiblement les inégalités de genre : dès 1 500 euros par mois, une femme vit plus longtemps qu’un homme qui fait partie des 5 % les plus riches du pays.null

Par rapport à la période 2012-2016, l’espérance de vie a légèrement augmenté chez les 75 % les plus riches et les 5 % les plus pauvres tandis qu’elle a diminué pour les autres. Il en découle une légère augmentation de l’écart d’espérance de vie entre les 5 % les plus riches et les 5 % les plus modestes.

Un homme riche vit désormais 13 ans de plus qu’un homme pauvre, contre seulement 12,7 ans de plus en 2012-2016 et une femme riche 8,7 ans de plus en 2020-2024, contre 8,3 ans en 2012-2016. nullnull

« L’accroissement de l’écart d’espérance de vie entre les personnes modestes et aisées signifie que la part des causes de décès les plus inégalitaires socialement(comme les maladies chroniques ou liées au risques professionnels, ndlr) a augmenté entre 2012-2016 et 2020-2024 et/ou que certaines causes de décès sont devenues davantage marquées socialement » analyse l’Insee. « Cela pourrait s’expliquer par l’épidémie de Covid-19 ou par d’autres maladies, sans que l’on puisse déterminer lesquelles ».

Mieux vaut vivre 85 ans à Neuilly que 75 ans à Maubeuge

Cette différence d’espérance de vie selon le niveau de vie se reflète au niveau géographique. C’est ainsi logiquement dans les villes où les habitants sont les plus riches que l’on vit le plus longtemps. La durée de vie atteint ainsi son maximum dans le très chic 16èmearrondissement de Paris (89,4 ans d’espérance de vie pour les femmes, 84,7 ans pour les hommes), à Neuilly-sur-Seine (86,1 ans pour les femmes, 81 ans pour les hommes) ou à Boulogne-Billancourt (85,9 ans pour les femmes, 80,8 ans pour les hommes). On vit en revanche 10 à 15 ans de moins dans les anciennes villes minières du nord de la France comme Valenciennes (75,7 ans pour les femmes, 71,6 ans pour les hommes) ou Maubeuge (75,6 ans pour les femmes, 71,5 ans pour les hommes) (de quoi tout de même profiter de quelques clairs de lune).

Si Paris est donc désormais la ville où l’on vit le plus vieux en France, tel n’a cependant pas toujours été le cas. Comme l’expliquent des chercheurs de l’Ined dans un article publié le 11 décembre dernier sur le site The Conversation, ce n’est que depuis le tournant du XXIème siècle que l’espérance de vie parisienne est supérieure à la moyenne nationale. A la fin du XIXèmesiècle, les Parisiens vivaient même huit (pour les femmes) à dix ans (pour les hommes) de moins que le reste des Français. Un phénomène appelé « pénalité urbaine », commun à toutes les grandes villes du monde et qui s’explique notamment par le fait que la densité de population favorisait l’essor des maladies infectieuses. Le développement de la vaccination et des antibiotiques a complètement changé la donne : entre 1890 et 1950, les Parisiens ont gagné 25 ans d’espérance de vie !

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire