Municipales 2026 : la santé, au premier rang des attentes des Français
A quatre mois des élections municipales, une enquête CSA pour France Assos Santé nous éclaire sur les attentes des Français vis-à-vis de leurs élus locaux. Première d’entre elles, la santé qui s’impose devant la sécurité des biens et des personnes. Et en santé, la priorité, c’est l’accès aux soins. Constante, cette préoccupation s’invitera-t-elle au Salon des maires et des collectivités locales qui s’ouvre ce 18 novembre à Paris ? Les résultats de ce sondage, publiés ce jour, donnent en tout cas matière à réflexion, voire inflexions.
L’infographie: https://www.france-assos-sante.org/wp-content/uploads/2025/11/France-Assos-Sante_Infographie-A4_vDef-1411.pdf
Alors que l’édition 2025 du Salon des maires et des collectivités locales s’ouvre ce 18 novembre, à Paris, avec, dans le viseur, les prochaines élections municipales, France Assos Santé s’est associée à l’institut de sondages CSA pour tenter de cerner les enjeux locaux qui devraient animer les débats autour du scrutin de mars 2026.
Clairement, la proximité a encore du sens et, surtout, suscite de fortes attentes. Selon notre enquête, Connaissance et attentes des Français sur les compétences des maires en matière de santé, publiée ce jour, les Français cernent plutôt bien les domaines d’intervention de leurs élus locaux : 85 % d’entre eux citent en premier lieu la responsabilité de garantir l’hygiène, la sécurité sanitaire et d’agir sur la salubrité – dont 45 % de manière très affirmative. Derrière cette mission historique de protection de la santé publique, les sondés désignent successivement la possibilité de favoriser la création d’environnements bénéfiques à la santé et de soutenir et développer l’accès aux soins.1
Mais quand ils jugent les actions menées dans leur commune pour améliorer la santé de ses habitants, le compte n’y est pas : seuls 53 % se déclarent satisfaits. Les plus critiques se recrutant parmi les plus de 50 ans et/ou dans les communes rurales.
La santé pour tous partout
Le fait est que la santé constitue l’attente n°1 des Français (70 %) vis-à-vis de leur prochain maire, devant la sécurité des biens et des personnes (68 %), la lutte contre les incivilités (62 %) et la gestion des finances et de la dette de la commune (57 %).
La santé s’impose quelles que soient la région (17 sur 18) et la taille de l’agglomération. Et même si des différences se font jour, quand on analyse les résultats à la lumière de la sensibilité politique des répondants, la santé demeure dans le peloton de tête.
Quand on les interroge sur ce que devrait être la priorité des priorités de leur maire, 37 % des Français indiquent en premier le maintien et le développement de l’accès aux soins – tout particulièrement chez les 50-64 ans (43 %) et les inactifs (41 %), contre 27 % pour les moins de 35 ans qui le citent toutefois. Une préoccupation majeure, conforme à la réalité du terrain, avec 7 millions de personnes sans médecin traitant.
Concrètement, les Français attendent de leur prochain maire de prendre des initiatives visant à promouvoir aussi bien l’accès aux soins qu’un environnement favorable à leur santé. Sur un total de 14 mesures proposées, ces deux thématiques se partagent les 8 premières places !
Pour ce qui est des actions souhaitées en faveur de l’accès aux soins, l’installation de centres et/ou maisons de santé pluriprofessionnelles s’impose avec 93 % d’avis favorables.
En matière de protection de leur environnement de vie, les Français désignent comme importantissime la protection de la qualité de l’eau (96 % d’avis favorables), devant le choix d’une restauration collective saine et durable et la protection des enfants durant leurs 1 000 premiers jours contre les expositions aux substances chimiques néfastes et, résultat notable, l’adoption d’un règlement local pour restreindre la publicité pour les produits qui nuisent à la santé (80 % d’avis favorables).
Prêts à s’engager dans la vie municipale
Considérant que leur quotidien est directement impacté par les projets mis en œuvre dans le domaine de la santé, les Français jugent, pour 55 % d’entre eux, insuffisante l’information sur ce qui est entrepris dans leur commune. A telle enseigne que 92 % de Français estimeraient utile d’être associés aux décisions et aux projets des municipalités en matière de santé.
Les deux tiers des répondants (65 %) se déclarent, de surcroît, prêts à s’impliquer pour défendre les droits des patients dans les établissements de santé de leur commune – les moins de 35 ans (77 %) et les plus de 65 ans (56 %) faisant cause commune pour faire vivre la démocratie en santé. Un engagement citoyen dont se félicite France Assos Santé, à l’heure où de nombreuses associations connaissent des difficultés, en raison du gel ou des coupes dans leurs subventions.
Ce panorama des attentes des Français en matière de santé est en phase avec les positions de France Assos Santé qui publiera prochainement ses propositions pour améliorer en proximité l’offre de soins et réduire l’impact de certains facteurs environnementaux sur la santé. Rendez-vous début 2026 !
Contact presse
Service communication – 07 56 34 10 86 – communication@france-assos-sante.org
1 L’enquête CSA a été réalisée en ligne, entre le 24 septembre et le 8 octobre, auprès d’un échantillon de 1 638 répondants, représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus.
La santé serait la priorité des Français pour les municipales
Quentin Haroche| 24 Novembre 2025 https://www.jim.fr/viewarticle/santé-serait-priorité-des-français-2025a1000wqp?ecd=wnl_all_251130_jim_jim-pro_etid7911077&uac=368069PV&impID=7911077&sso=true
Selon un sondage réalisé pour l’association France Assos Santé, les Français sont mitigés sur l’action de leur maire en matière de santé et demandent à être plus impliqués dans la prise de décision dans ce domaine.
Pouvoir d’achat, finances publiques, insécurité, immigration, politique internationale : tels sont les sujets qui sont généralement les plus abordés par les responsables politiques nationaux et qui sont repris dans les médias. Des sujets d’importante certes, mais qui ne semblent pas totalement en phase avec les préoccupations des Français, à quatre mois des élections municipales. Selon un sondage réalisé par l’institut de sondage CSA pour le compte de l’association France Assos Santé et publié lundi dernier, c’est bien la santé qui serait la priorité des Français en vu de ces prochaines échéances électorales.
Ce sont ainsi 70 % des Français qui citent l’offre de soins et les services de santé parmi les attentes prioritaires qu’ils ont vis-à-vis de leur maire, devant la sécurité (68 %), la lutte contre les incivilités (62 %) et la gestion des finances de la commune (57 %). Sans surprise, c’est dans les villes de moins de 100 000 habitants, souvent situées dans ce qu’il est convenu d’appeler déserts médicaux, que les enjeux de santé sont considérés comme primordiaux, alors qu’ils passent au second plan derrière la sécurité dans les grandes villes. Les électeurs de gauche sont ceux qui se sentiraient le plus concernés par la santé alors que, là encore sans surprise, ceux de droite et d’extrême-droite considèrent que l’insécurité est la mère des batailles.
Si dans un pays très centralisé comme le nôtre, les maires ont une marge de manœuvre limitée en matière de santé, les Français ont globalement une bonne connaissance des prérogatives des édiles, puisqu’ils sont 85 % à savoir qu’ils sont en charge de garantir l’hygiène et la salubrité, 79 % à avoir identifier le fait que les maires peuvent faciliter l’accès aux soins et 75 % à comprendre que les élus sont chargés de coordonner les acteurs locaux de santé. Ils sont pourtant 55 % à s’estimer insuffisamment informés des actions des municipalités en matière de santé.
Les Français veulent être plus impliqués dans less décisions sanitaires
Garantir l’accès aux soins (cité comme priorité par 67 % des sondés) et assurer un environnement favorable à la santé (51 %) devraient être, selon les Français, les deux priorités des maires en matière de santé. Concrètement, s’agissant de l’accès aux soins, les sondés défendent la mise en place de centres ou de maisons de santé sur le territoire de leur commune (84 % favorables), la mise à disposition de locaux pour les professionnels de santé (66 %) ou l’adoption de mesures incitatives pour faire venir des étudiants en médecine dans la commune (56 %).
En matière de santé publique, les Français sont très attachés à la préservation de la qualité de l’eau : 94 % d’entre eux veulent que leur maire s’implique dans ce domaine. Les administrés souhaitent également que des repas sains soient servis dans les services de restauration collective (86 % d’opinion favorable), que l’interdiction de la vente d’alcool aux mineurs soit mieux appliquée, si nécessaire via la prise de sanctions contre les commerces contrevenants (65 %) et que des mesures soient prises contre l’implantation de fast-food dans leurs communes (61 %).
De façon moins consensuelle, les Français sont mitigés sur l’action de leurs élus locaux en matière de santé : ils sont 53 % seulement à être satisfaits de l’action de leur maire dans ce domaine. S’agissant de la gouvernance, les administrés aimeraient d’ailleurs être davantage impliqués dans la prise de décision pour faire vivre la « démocratie sanitaire ». Ils sont ainsi 92 % à juger « utile d’être associés aux décisions et aux projets des municipalités en matière de santé » et 65 % à se dire prêts à s’investir personnellement pour « représenter et défendre les intérêts des patients » auprès des élus.
Le Dr Stéphanie Rist fait le service après-vente du réseau France Santé
Parmi les réponses au sondage, on notera que 50 % des Français se disent favorables à la création de maisons « France Santé » dans leur commune. Le projet du Premier Ministre Sébastien Lecornu, qui consiste à créer d’ici 2027 un réseau de 5 000 maisons de santé à travers la France pour que chaque Français se trouve à moins de 30 minutes d’un tel centre, gagne donc en notoriété, sans pour le moment susciter un vif enthousiasme.
Au Salon des maires et des collectivités locales, qui s’est tenu à Paris la semaine dernière, les ministres de la Santé Stéphanie Rist et de l’Aménagement du Territoire Françoise Gatel ont ainsi été chargés de faire le service après-vente des annonces du chef du gouvernement sur ce nouveau dispositif de lutte contre les déserts médicaux.
Que deviendront les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ? Quels rôles auront les maires dans ce dispositif ? Qui arbitrera l’utilisation des 50 000 euros de subvention qui seront versés par l’Etat à chaque maison France Santé labelisée ? Voici quelques-unes des nombreuses questions que les élus locaux ont posé aux deux ministres sur ce projet qui restent encore floues. Sans répondre à toute ces questions, le Dr Rist a défendu l’idée que le programme France Santé allait donner un nouvel élan à une politique d’accès aux soins qui, ces dernières décennies, n’a jamais réussi à endiguer le problème de la désertification médicale. « La concurrence entre communespourrait être résolue avec le réseau France Santé, l’offre sera plus lisible sur l’ensemble du territoire » a ainsi lancé la ministre, devant une assistance circonspecte.