Déserts médicaux : quatre intercommunalités du Tarn basculent en zone rouge face à la pénurie de médecins
Publié le 16/11/2025 à 13:01 https://www.ladepeche.fr/2025/11/16/deserts-medicaux-quatre-intercommunalites-du-tarn-basculent-en-zone-rouge-face-a-la-penurie-de-medecins-13035365.php#=
Pour faire face à la pénurie de soignants, quatre zones du Tarn ont été classées en « zone rouge ». Un classement qui donne droit à des dispositifs de volontariat rémunéré pour attirer de nouveaux praticiens.
Quatre intercommunalités du Tarn – Sidobre Vals et Plateaux, Centre Tarn, Monts de Lacaune et le plateau cordais – viennent d’être classées en « zone rouge » par l’État. Une décision qui souligne la gravité de la pénurie médicale dans ces territoires, où les habitants doivent souvent parcourir de longs kilomètres pour accéder à un médecin généraliste. L’enjeu est désormais d’obtenir rapidement des renforts, alors que le département ne compte que 77 médecins pour 100 000 habitants et que 40 % des praticiens ont plus de 60 ans. La moitié d’entre eux devrait partir à la retraite d’ici 2035.
La sélection de ces zones résulte d’un travail mené par la préfecture avec les élus et les professionnels de santé. Elle ouvre la voie à des « missions de solidarité obligatoire », un dispositif pensé pour orienter des médecins vers les territoires les plus fragiles selon plusieurs critères : distance au premier centre de soins, nombre de soignants disponibles, charge de patientèle et gravité des pathologies. Dans les faits, cette solidarité repose surtout sur du volontariat rémunéré.
Une indemnité de 200 euros par jour
Les praticiens volontaires – jeunes médecins comme retraités – exerceront dans des cabinets existants, maisons de santé ou locaux de l’Agence régionale de santé. Ils percevront une indemnité de 200 euros par jour en plus de leurs consultations. L’objectif est clair : compenser l’attractivité plus faible de ces secteurs et assurer une présence médicale minimale.
Reste à savoir si ces zones rouges permettront un changement durable. Plusieurs programmes similaires ont déjà été expérimentés sans résorber totalement les déserts médicaux. Le Tarn mise aussi sur le développement de cabinets de proximité et sur des médecins salariés, déjà en place à Mazamet, Lacaune et Arthès. La rénovation de l’internat de l’hôpital d’Albi doit également attirer de jeunes praticiens sur le long terme. Dans un contexte de concurrence entre territoires, le département joue sa capacité à redevenir attractif
Cendrine Blazy, directrice départementale de l’ARS. – © Alexandre Renault / Tl
TARN. Déserts médicaux : « nous avons quatre zones rouges dans le Tarn »
Santé. Cendrine Blazy, directrice départementale de l’Agence régionale de santé Occitanie dans le Tarn, détaille les mesures que contient le Pacte pour la santé, lancé au niveau régional pour lutter contre la désertification médicale.
Publié le 25/07/2025 à 14h00 – https://www.letarnlibre.com/actualite-9309-tarn-deserts-medicaux-nous-avons-quatre-zones-rouges-dans-le-tarn
Dans le Tarn, un habitant sur dix n’a pas de médecin traitant, et la situation risque d’empirer : 40 % des généralistes ont plus de 60 ans, et près de la moitié partiront à la retraite d’ici 2035. Avec seulement 302 médecins pour l’ensemble du territoire – soit 77 praticiens pour 100 000 habitants, un taux inférieur à la moyenne régionale –, le département fait partie des zones les plus fragiles d’Occitanie. Cendrine Blazy, la directrice départementale de l’ARS Occitanie dans le Tarn a répondu au Tarn libre.
Quelles sont les initiatives mises en place sur le territoire pour répondre aux déséquilibres entre les besoins et l’offre de santé ?
On travaille depuis plusieurs années sur ce sujet. Il y a une forte dynamique dans le Tarn. Nous avons six CPTS (1)qui couvrent 100% du Tarn. Des…
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Autres nouvelles du Tarn
Le médicobus visite villes et villages du Carmausin-Ségala

Le médicobus sillonne le Ségala. DDM – JEAN LOUIS PRADELS
Publié le 10/11/2025 à 14:39 https://www.ladepeche.fr/2025/11/10/le-medicobus-visite-villes-et-villages-du-carmausin-segala-13044207.php
Depuis octobre, un véritable cabinet médical mobile parcourt les Communautés de Communes Carmausin-Ségala, Monts d’Alban et Villefranchois et Val81.À son bord, des chirurgiens-dentistes et des médecins généralistes se relaient
Depuis octobre, le médicobus se déploie dans les villes et villages de chaque intercommunalité (1 semaine par commune) à raison de 4 cycles de 3 semaines par an en proposant chaque semaine 3 journées de consultations en chirurgie-dentaire (lundi, mardi, jeudi) et une journée de médecine générale (mercredi).
Au niveau des soins dentaires, le Médicobus s’adresse aux patients qui n’ont pas consulté de dentiste depuis plus de 2 ans et qui ont des difficultés à trouver un rendez-vous.
En médecine générale, les personnes n’ayant pas de médecin traitant sont reçues.
Les médecins n’ont pas vocation à devenir médecin traitant.
Les personnes concernées sont contactées par l’Assurance Maladie et la MSA.
Les consultations se font sur rendez-vous : medicobus.tarn@vyv3.fr ou 05 36 88 00 99.
Les prochaines tournées :
Novembre :
Faussergues 10, 12 et 13, Assac 17 au 20, Ambialet 24 au 27,
Décembre :
Paulinet 1er au 4, Bellegarde Marsal 8 au 11, Monestiés 15 au 18,
Janvier :
Moularès 5 au 8, Tanus 12 au 15.
L’accès au soin est un enjeu fort dans le département, identifié par les Communautés de Communes en lien avec l’ARS et la Préfecture du Tarn.
Le Médicobus est une des mesures déployées pour améliorer l’accès aux soins dans le cadre du plan « France ruralités ».
L’initiative du projet, la Préfecture du Tarn et l’ARS ont sollicité les Communautés de Communes Carmausin-Ségala, Monts d’Alban et du Villefranchois et Val81 afin de mettre en place un médicobus partagé sur ces territoires.
La mise en œuvre a été travaillée par le groupe VYV 3 Terres d’Oc, les Conseils Départementaux de l’Ordre des Médecins et de l’Ordre des Chirurgiens-Dentistes, l’Assurance Maladie du Tarn, la MSA du Tarn et les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé du Grand Albigeois et du Carmausin-Ségala.
Le Médicobus du Tarn bénéficie d’un financement de l’État, du Département du Tarn et des Communautés de Communes. Il est porté en partenariat avec le groupe VYV 3 Terres d’Oc (Source 3CS).
Carmaux. Six dentistes à la nouvelle Maison de santé

Publié le 11/10/2025 à 05:12 https://www.ladepeche.fr/2025/10/11/six-dentistes-a-la-nouvelle-maison-de-sante-12985578.php#=
Six dentistes se sont installés début juillet au 22 rue Raspail.
Ce sont les premiers occupants de la toute nouvelle Maison de santé voulue par la commune de Carmaux et la 3CS. Ce projet est né du même constat fait par les praticiens et les élus carmausins en 2022 : « De nombreux professionnels de santé vont partir prochainement en retraite et il sera difficile de leur trouver des remplaçants ». Il s’agissait, pour attirer de jeunes praticiens, de créer les conditions les plus favorables à leur installation, avec des locaux neufs et accessibles, un loyer modéré et un plateau technique mutualisé.
Si la mairie de Carmaux a dans un premier temps été sollicitée par l’un des professionnels inquiets pour l’avenir de la prise en charge dentaire sur le territoire, elle a par la suite passé la main, tout en demeurant fortement impliquée, à la 3CS, compétente en politique sociale et pilote du Contrat Local de Santé. En 2023, la 3CS a donc racheté les anciens locaux de la SICAE, afin de les transformer en une Maison de santé dont pourra bénéficier l’ensemble de son territoire. Leur réaménagement s’est fait en concertation avec les praticiens intéressés par le projet dont l’ambition et la qualité ont su attirer trois nouveaux dentistes qui se sont joints à l’équipe déjà existante. À terme, la Maison de santé a pour vocation d’abriter non seulement des dentistes dans le cabinet dentaire situé au rez-de-chaussée, mais aussi, dans les quatre cabinets disponibles au 1er étage du bâtiment, d’autres professionnels de santé, qu’ils soient médecins ou professionnel paramédicaux (sage-femme, psychologues, orthophoniste, psychomotricien, etc).
Le premier étage accueille la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé.
Il ne s’agit là que d’une étape sur le chemin de la lutte contre la désertification médicale, des projets sont en discussion avec Filiéris pour augmenter le nombre de chambres de la polyclinique, pour créer de nouveaux locaux à destination des médecins salariés et pour installer une IRM, en plus du scanner déjà fonctionnel.
Le Pôle Santé de Laboutarié accueille une esthéticienne et une kinésithérapeute

Le maire et les deux professionnelles. Photo JB
Publié le 16/11/2025 à 11:01 ´´´´´´´´´´´
Une esthéticienne et une kinésithérapeute viennent renforcer l’offre de soins du Pôle Santé du village.
Initié par la pharmacie Beaucourt-Malou, le Pôle Santé de Laboutarié comprend deux médecins généralistes, des infirmières, une psychologue pour enfants et adultes, une orthophoniste et, bien entendu, une pharmacie.
D’un accès facile, il est doté d’un grand parking. Le Pôle Santé a le plaisir d’accueillir deux nouvelles professionnelles : Déborah Lacroix, esthéticienne, et Juliette Merrand Lapauw, masseur-kinésithérapeute. Déborah, esthéticienne pour femmes, est diplômée d’un CAP, d’un Bac professionnel esthétique, d’une formation SPA praticienne et d’une formation prothésiste ongulaire. Forte de dix ans d’expérience à domicile, Déborah a ouvert son institut le 1er juillet 2025. Cabinet ouvert trois jours par semaine (jeudi, vendredi et samedi), les débuts de semaine (lundi, mardi et mercredi) sont réservés aux soins à domicile.
Juliette, masseur-kinésithérapeute, a ouvert son cabinet début octobre 2025. Sa pratique couvre un large éventail, de la thérapie manuelle analytique à l’Exercise Therapy. Elle est également formée en thérapie manuelle viscérale, dry needling, rééducation périnéale féminine et technique des ventouses. Elle accorde également une attention particulière au drainage lymphatique, qu’il soit manuel ou via pressothérapie.
Jusqu’à six mois d’attente pour un rendez-vous : les cardiologues en voie de disparition dans le Tarn ?
L’image de cette foule amassée devant la clinique Claude-Bernard d’Albi pour obtenir un rendez-vous chez un cardiologue a marqué le Tarn. Existe-t-il une réelle pénurie de spécialistes dans le département ? On fait le point.
Et si une consultation chez un cardiologue dans le Tarn devenait plus prisée qu’un billet pour la finale de la Coupe du monde de football ? La semaine dernière, plus d’une centaine de personnes ont patienté près de deux heures devant la clinique Claude-Bernard d’Albi pour obtenir un rendez-vous. Une file d’attente record « qui ne reflète pas la réelle situation que l’on a dans le Tarn », affirme Étienne Moulin.
Le département compte en tout, selon Doctolib, 30 spécialistes – dix-neuf à Albi, quatre à Castres, deux à Carmaux, deux à Mazamet, deux à Lavaur et un à Gaillac. Un nombre « relativement important par rapport à d’autres domaines, constate Étienne Moulin. C’est sûr que la situation en cardiologie est tendue, mais ce n’est pas catastrophique. D’autres spécialités sont bien plus en difficulté aujourd’hui. Dans le Tarn, on a tout simplement plus d’ORL, et les psychiatres se font également de plus en plus rares. »
Jusqu’à six mois d’attente pour un rendez-vous
Les délais pour obtenir une consultation sont pourtant « trop longs et lamentables » selon une octogénaire présente dans la queue à la clinique Claude-Bernard la semaine dernière. En attente d’un rendez-vous d’urgence, cette dernière cherche depuis six mois un créneau disponible. « Et là, je vais repartir avec une consultation pour janvier ou février. Je ne sais pas si ça va le faire, sinon j’irai directement aux urgences de l’hôpital », se désole-t-elle.
La plupart des personnes présentes dans la file d’attente la semaine dernière expliquaient attendre une consultation depuis au moins cinq mois. Une situation que n’arrive pas à comprendre un nonagénaire présent sur place. « Mais pourquoi c’est si compliqué aujourd’hui de trouver un cardiologue ? On n’a plus personne ici ? »
« C’est vrai qu’il y a moins de cardiologues en exercice aujourd’hui dans le Tarn, reconnaît Étienne Moulin. Mais pour l’instant, il reste encore des créneaux disponibles. Si un rendez-vous est urgent, l’hôpital est aussi fait pour ça. On n’est pas dans une situation catastrophique ou de grosse pénurie ». Dans le cas précis de Claude-Bernard, ces délais sont également la conséquence du mode d’organisation de la clinique. « Chacun sa méthode, mais vu qu’ils ouvrent leur carnet de consultation seulement deux fois par an, ça peut créer des délais importants. »
La raison principale vient-elle des patients eux-mêmes ?
Si l’offre de soins reste perfectible, c’est surtout du côté de la demande qu’il faut chercher les causes de cet engorgement. Vieillissement oblige, les patients sont tout simplement plus nombreux. « Nos aînés sont plus nombreux. Ils sont donc plus nombreux à demander un suivi », rappelle le président de l’Ordre.
Il y a encore quelques années, on guérissait rarement d’un infarctus. Aujourd’hui, les traitements sont beaucoup plus performants. Et mieux on soigne les patients, plus ils sont nombreux.