Le réveil de l’énergie nucléaire

La relance mondiale de l’énergie nucléaire, une profusion de promesses

Soixante-trois réacteurs en construction, des pays qui souhaitent accéder ou revenir à l’atome, une centaine de projets de miniréacteurs… Un réveil du secteur semble en cours sur la planète, mais la marche est encore haute, lointaine et incertaine. 

Par Publié hier à 11h30 https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/11/04/la-relance-mondiale-de-l-energie-nucleaire-une-profusion-de-promesses_6651884_3234.html

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Des ouvriers surveillent la construction du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, près de Bridgwater, au Royaume-Uni, le 17 juillet 2025.
Des ouvriers surveillent la construction du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Hinkley Point C, près de Bridgwater, au Royaume-Uni, le 17 juillet 2025.  ISABEL INFANTES / REUTERS

Depuis deux ans, pas un mois sans nouvelles annonces, relayées tantôt par l’industrie nucléaire, tantôt par les gouvernements. Ici pour prolonger des réacteurs en service, comme en Belgique ou en Argentine, là pour en construire d’autres, comme en France ou en Inde. Voire pour un tout premier chantier nucléaire, comme ce serait le cas au Vietnam ou, en vue de « miniréacteurs », en Estonie. Et que dire de l’Italie : début octobre, le conseil des ministres a retenu un projet de loi à présenter au Parlement, pour le retour d’une énergie « nucléaire durable ». En 1987, un an après la catastrophe radioactive de Tchernobyl (Ukraine), un référendum avait provoqué la fermeture des quatre réacteurs de la Péninsule ; et, en 2011, cette fois après la catastrophe de Fukushima (Japon), à la suite du tsunami, un second référendum avait confirmé le premier.

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Aujourd’hui, dans bon nombre de pays en quête d’électricité bas carbone, c’est bien à un réveil du nucléaire que le monde semble assister. Sans même compter toutes ces promesses et ces intentions, 63 réacteurs sont déjà en construction sur la planète. Le parc mondial actuel comprend 416 unités en fonctionnement dans 31 pays, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après l’arrêt du dernier réacteur allemand en 2023, et de celui de Taïwan en mai.

Parce qu’elle veut maintenir ses 57 réacteurs et en bâtir au moins six autres, la France a été parmi les initiatrices d’une déclaration de 22 Etats, en décembre 2023, aux Emirats arabes unis, à l’occasion de la COP28 sur le changement climatique. Et 22 Etats « déterminés à travailler ensemble pour réaliser l’objectif ambitieux mondial consistant à tripler la capacité de production d’énergie nucléaire entre 2020 et 2050 », autrement dit pour la porter à plus de 1 100 gigawatts.

Depuis, neuf autres pays les ont rejoints. Chez les signataires, un tiers n’a pour l’instant aucune unité en fonctionnement, ni même le premier béton d’un chantier : Croatie, Ghana, Jamaïque, Kazakhstan, Kenya, Maroc, Moldavie, Mongolie, Nigeria, Pologne, Salvador ou encore un territoire au statut contesté, le Kosovo.

Regain d’intérêt

La relance du nucléaire, c’est déjà une réalité en Chine, où se trouvent plus de la moitié des chantiers en cours : 32 sur 63, début juillet, selon le décompte du World Nuclear Industry Status Report. Et,avec 20 chantiers à l’étranger, le russe Rosatom s’impose comme l’exportateur numéro un, par exemple pour trois nations en passe de connecter leurs premiers réacteurs, l’Egypte, le Bangladesh et la Turquie.

À coup sûr, cette dynamique atomique fournira du carburant aux conversations de la World Nuclear Exhibition, qui se tient du mardi 4 au jeudi 6 novembre, au Parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis). Organisatrice de l’événement, comme tous les deux ans, la filière française du secteur attend des milliers de visiteurs pour la sixième édition de ce qu’elle présente comme « le salon mondial du nucléaire civil ». Un rendez-vous créé en 2014, trois ans seulement après Fukushima.

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Mais les participants à l’événement devront bien se rendre à l’évidence : ce regain d’intérêt autour du nucléaire reste encore largement à concrétiser. En Europe, notamment, la relance est avant tout « encore une promesse », convient la Société française d’énergie nucléaire, dans son troisième rapport de veille sur le sujet, publié fin octobre. Certes, en juillet, les travaillistes au pouvoir au Royaume-Uni ont validé la décision d’investir dans deux nouveaux réacteurs, confirmant le projet des conservateurs ; la construction de Sizewell C reviendra au français EDF.

Envolée des investissements

Pour que tout futur projet aboutisse sur le sol européen, il faudra raisonnablement attendre la décennie 2030, au plus tôt. Avec le concours de l’américain Westinghouse, la Pologne entend à présent lancer le chantier de son tout premier réacteur pour 2028, et non plus 2026. Date prévue pour la mise en service ? Au mieux, en 2036, et non plus 2033. L’idée étant surtout d’éviter les douze ans de retard observés jusqu’à la mise en route du réacteur pressurisé européen (EPR) de la centrale de Flamanville (Manche), en France, fin 2024.

Dans son scénario le plus optimiste, l’AIEA table maintenant sur un peu plus de 990 gigawatts à l’horizon 2050. Soit 2,6 fois les capacités de 2024, qui ont généré près de 9 % de la production mondiale d’électricité. Révisé à la hausse en septembre, pour la cinquième année de suite, ce scénario se veut « plausible et techniquement faisable ». Mais il est toujours en deçà d’un éventuel triplement.

« Cette phase de promesses est fortement alimentée à la fois par les gouvernements et par l’industrie nucléaire, qui en a besoin pour continuer à vivre », nuance Teva Meyer, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques. Dans les années 2000, de précédentes annonces n’avaient pas forcément débouché sur des constructions.

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Il n’empêche que la croissance de l’atome a désormais des moteurs neufs et puissants. En tant que source d’électricité bas carbone, donc utile pour lutter contre le dérèglement climatique, « l’énergie nucléaire est un élément de la solution et nous lui faisons de nouveau une place dans les options que le groupe de la Banque mondiale peut offrir aux pays en développement pour les aider à concrétiser leurs ambitions », affirmait, en juin, le président de l’institution, Ajay Banga. Les investissements ont déjà crû de 50 % en cinq ans pour s’apprêter à dépasser 70 milliards de dollars (61 milliards d’euros) en 2025, selon une autre organisation, l’Agence internationale de l’énergie. Soit pour de nouvelles installations, soit pour entretenir le parc existant.

Comme tous les industriels de la filière, EDF vante cette énergie comme un gage d’« indépendance énergétique ». Un argument souvent entendu depuis 2022, la guerre en Ukraine ayant remis en lumière la dépendance de l’Union européenne au gaz russe. Réponse du mouvement antinucléaire : à lui seul, le russe Rosatom détient encore plus de 40 % des capacités mondiales d’enrichissement de l’uranium, le combustible des centrales nucléaires.

Dans l’opinion publique, l’atome regagne du terrain. Très loin, cependant, du plébiscite. Un peu moins de la moitié des personnes sondées en 2024 par l’institut de sondage Ipsos pour EDF se disent favorables (« plutôt » ou « très ») à la production de courant grâce au nucléaire : 46 %, c’est-à-dire sept points de plus qu’en 2021, d’après la vaste étude annuelle « Obs’COP », menée auprès de 23 000 personnes issues de 30 pays.

Espoirs et doutes

Autre facteur à même de tirer la demande en énergie nucléaire, en particulier aux Etats-Unis : l’intelligence artificielle. Si les centres de données se multiplient comme prévu, ils seront très gourmands en électricité – et particulièrement en électricité stable et pilotable. C’est dans cette optique que l’administration Trump a communiqué, le 2  octobre, sur un contrat de quelque 80 milliards de dollars avec Westinghouse pour dix réacteurs. La veille, c’est Google qui officialisait un accord avec l’électricien NextEra Energy ; objectif, pour 2029 : la remise en service de la centrale de Duane Arnold, dans l’Iowa, fermée en 2020.

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Finalement, c’est peut-être le cas des petits réacteurs modulaires (small modular reactors, SMR) qui illustre le mieux les espoirs et les doutes de la période actuelle. En soi, un projet de ce type, susceptible d’être de trois à 30 fois plus petit qu’un réacteur classique, est très prometteur pour générer de l’électricité ou de la chaleur, voire les deux. Notamment dans des pays dont le réseau électrique serait sous-dimensionné pour un réacteur classique. Mais tout reste à prouver, car ni la Chine, ni la Russie, ni les Etats-Unis ne sont encore parvenus à un effet de série.

Dans ce domaine hautement spéculatif, où des entreprises privées tentent de se faire une place, l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques recense 127 concepts à divers degrés de maturité. D’après l’AIEA, les SMR pourraient couvrir près d’un quart des capacités additionnelles en 2050 pour le parc nucléaire dans le monde. Sous réserve, bien sûr, que toutes les promesses se confirment. Un préalable encore très loin d’être acquis.

*La lente relance du nucléaire en France, trois ans après discours de Belfort d’Emmanuel Macron

Le président de la République a réuni pour la quatrième fois un conseil de politique nucléaire. 

Par Publié le 18 mars 2025 à 09h16, modifié le 18 mars 2025 à 16h43 https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/03/18/trois-ans-apres-le-discours-de-belfort-le-nucleaire-poursuit-sa-lente-relance_6583183_3234.html

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Le générateur du réacteur nucléaire EPR de troisième génération de Flamanville (Manche), le 14 juin 2022.
Le générateur du réacteur nucléaire EPR de troisième génération de Flamanville (Manche), le 14 juin 2022. SAMEER AL-DOUMY/AFP

Qu’en est-il depuis le discours de Belfort ? Le 10 février 2022, dans l’usine de fabrication des imposantes turbines Arabelle, en fin de premier quinquennat, Emmanuel Macron affichait son intention de « reprendre le fil de la grande aventure du nucléaire civil en France » – l’atome constitue déjà la principale source d’électricité dans le pays. Trois ans plus tard, lundi 17 mars, à l’Elysée, le président de la République a réuni pour la quatrième fois un conseil de politique nucléaire. Ce type de format comprend notamment le premier ministre, les ministres de l’économie, des comptes publics, de la défense, des affaires étrangères, outre le ministre chargé de l’énergie. L’occasion d’un nouveau point d’étape sur la relance, encore très théorique, du nucléaire.

Financer de futurs grands chantiers

Lundi après-midi, par communiqué, la présidence de la République a annoncé « les grands principes du schéma de financement et de régulation » pour la construction par EDF de six futurs réacteurs de grande puissance, dits « EPR 2 ». Sans entrer dans le détail des taux d’emprunt, le financement du groupe public reposera en principe sur un prêt « bonifié » de l’Etat « couvrant au moins la moitié des coûts de construction ». Aux conditions de 2023, EDF estimait déjà ces coûts à 79,9 milliards d’euros, selon un rapport de la Cour des comptes publié en janvier.

L’électricité sera ensuite commercialisée sur la base d’un « contrat pour différence », selon le communiqué. Ce qui signifie que, si les prix de marché sont inférieurs à un montant ciblé, l’Etat s’engage à compenser le manque auprès d’EDF. Inversement, si les prix de marché sont supérieurs à ce montant, l’exploitant du parc nucléaire français doit reverser le surplus à l’Etat. Le prix cible est encore à déterminer, mais il s’agira au maximum de 100 euros par mégawattheure, d’après la présidence de la République.

Qu’il s’agisse du prêt ou du contrat pour différence, ces deux mécanismes s’inspirent du schéma présenté par la République tchèque pour de futurs réacteurs à Dukovany. Un schéma dont la Commission européenne, très regardante sur les aides publiques aux entreprises, a déjà approuvé les modalités, en avril 2024.

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Emmanuel Macron demande par ailleurs à EDF, dont l’Etat est l’actionnaire unique, de « présenter d’ici la fin de l’année un chiffrage engageant, en coûts et en délais ». L’idée étant que l’exploitant du parc nucléaire français soit en mesure de prendre une décision finale d’investissement en 2026Depuis février, Luc Rémont, le PDG d’EDF, prévoit ce moment pour le « second semestre 2026 ». Auparavant, il évoquait plutôt, tout au plus, le « début » de 2026.

L’Elysée espère désormais une première mise en service « d’ici à 2038 ». Un calendrier sur lequel vient de s’aligner EDF. Jusqu’à l’annonce élyséenne de lundi, l’électricien évoquait officiellement un échéancier plus optimiste, avec une première paire de réacteurs entre 2035 et 2037 dans la centrale existante de Penly (Seine-Maritime), avant celles de Gravelines (Nord) et du Bugey (Ain). EDF compte déjà 57 unités en fonctionnement dans le pays, dont l’EPR de Flamanville (Manche), raccordé depuis décembre 2024… après douze ans de retard et de surcoûts.

Sécuriser l’approvisionnement en uranium

Les nouveaux réacteurs nécessiteront d’importer du combustible. Lundi, le conseil de politique nucléaire a « validé le plan d’action » d’Orano (ex-Areva) visant à sécuriser l’approvisionnement de la France en uranium naturel « à moyen et long terme », sans mentionner les sources possibles. Pour l’heure, le groupe minier, dont l’Etat est actionnaire majoritaire (90,33 %), n’extrait le minerai que dans trois pays (Kazakhstan, Canada et Niger).

Le 12 mars, il annonçait la signature d’un accord avec l’Ouzbékistan afin d’y développer un gisement, deux mois après une précédente signature avec la Mongolie. Autre annonce, le 10 mars : le spécialiste français du cycle de l’uranium officialisait l’obtention d’un prêt de 400 millions d’euros, sur une durée de vingt-cinq ans, auprès de la Banque européenne d’investissement, pour financer un quart de l’extension de son usine d’enrichissement d’uranium, sur le site du Tricastin (Drôme).

Préparer le terrain à d’autres types de réacteurs

Le conseil de politique nucléaire a aussi eu un mot pour les projets de petits réacteurs modulaires, principalement portés par des start-up et soutenus par la puissance publique dans le cadre du plan France 2030. L’émergence de tels réacteurs pourrait alimenter des sites industriels en chaleur plutôt qu’en électricité. A ce stade, l’Elysée envisage l’« implantation » de démonstrateurs à Marcoule (Gard) ou à Cadarache (Bouches-du-Rhône), pour une mise en service au début de la décennie 2030. Ces sites sont déjà nucléarisés, puisqu’ils servent aux recherches d’un établissement public, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Le projet de chauffage urbain Calogena, développé par le groupe Gorgé, précise au Monde avoir déjà formulé une demande pour l’emplacement de Cadarache.

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Sur un autre registre, le conseil de politique nucléaire demande aux industriels de la filière (EDF, Framatome, Orano) et au CEA de remettre à l’Etat, d’ici à la fin de l’année 2025, « un programme de travail et une proposition d’organisation industrielle » en vue de « relancer la recherche » sur des projets de réacteurs à neutrons rapides – sans mention d’une relance ou non du programme Astrid, abandonné par la France en 2019. Ces réacteurs de quatrième génération permettraient, à terme, de « se passer des importations d’uranium naturel ».

**La relance du nucléaire, un défi à haut risque pour la filière industrielle

Les dérives passées, notamment autour du chantier du réacteur EPR de Flamanville, instillent le doute sur la capacité du secteur à construire les nouveaux réacteurs annoncés jeudi par le président de la République. 

Par Publié le 11 février 2022 à 10h56, modifié le 11 février 2022 à 14h53 https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/02/11/relance-du-nucleaire-un-defi-a-haut-risque-pour-la-filiere-industrielle_6113261_3234.html

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Sur le site du réacteur EPR de la centrale de Flamanville (Manche), le 18 janvier 2022. (Photo de Sameer Al-DOUMY / AFP)
Sur le site du réacteur EPR de la centrale de Flamanville (Manche), le 18 janvier 2022. (Photo de Sameer Al-DOUMY / AFP)  SAMEER AL-DOUMY / AFP

Quand le premier ministre Pierre Messmer a lancé le programme électronucléaire, en mars 1974, peu après le premier choc pétrolier, la France partait d’une feuille presque blanche. Elle avait renoncé à sa filière « graphite-gaz » au profit de la technologie américaine des réacteurs à eau pressurisée et débutait juste la construction de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Entre 1977 et 2000, EDF mettra 58 réacteurs en service, à raison de quatre « tranches » certaines années, pour un coût estimé par la Cour des comptes à 96 milliards d’euros.

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La filière traîne désormais un passif. EDF n’a lancé qu’un réacteur de troisième génération, en 2007, l’EPR de Flamanville (Manche), qui a accumulé retards, malfaçons et surcoûts faramineux pour atteindre 19 milliards d’euros (coût du capital inclus). De nombreuses pièces critiques du réacteur et des soudures se sont révélées défectueuses. Sur le parc en exploitation, des problèmes sont apparus sur les générateurs de vapeur et, en 2016, des manipulations sur les dossiers de pièces forgées par Areva NP (rebaptisé Framatome en 2018) dans ses usines de Châlon-sur-Saône (Saône-et-Loire) et Jeumont (Nord).

« La filière sera prête »

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, avaient demandé à Jean-Martin Folz, ex-patron de PSA, un audit approfondi des ratés de Flamanville. Celui-ci concluait, fin 2019, à « une perte de compétences généralisée » chez l’opérateur historique et ses sous-traitants, notamment Framatome, fabricant des grands composants de l’îlot nucléaire (cuves, générateurs de vapeur…). Il recommandait à EDF de « mettre en place une équipe puissante pour renouveler une véritable culture de la qualité ».

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M. Lévy a créé un poste ddélégué général à la qualité industrielle et aux compétences nucléaires, confié à Alain Tranzer, responsable du plan Excell, destiné à refaire d’EDF le grand architecte-ensemblier des centrales qu’il a été dans les années 1970-1980. Les dérives passées n’en ont pas moins instillé le doute sur les capacités industrielles et humaines de la filière française – naguère synonyme d’excellence dans le monde – à construire six EPR 2 d’ici à 2040, et huit autres à l’horizon 2050, comme annoncé par le président de la République, Emmanuel Macron, jeudi 10 février, à Belfort.

EDF a créé un poste de délégué général à la qualité industrielle et aux compétences nucléaires, confié à Alain Tranzer

M. Tranzer estimait, en novembre 2021, que « la filière se transforme et sera prête » à construire les six premiers EPR, un programme à plus de 50 milliards d’euros, dans le budget et le calendrier impartis. Il assurait qu’il y aura « suffisamment de marges en termes de coûts et de planning sur le premier réacteur pour être certains qu’on ne se raconte pas la bonne aventure », confiant dans la « courbe d’apprentissage sur les réacteurs suivants ». D’autant que l’EPR 2, « premier réacteur à être totalement conçu de façon numérisée », selon EDF, doit être « plus simple à construire », et moins coûteux, grâce à un effet de série (construction par paires) et de fabrication en usine de certains modules.

Il y va, d’abord, du fonctionnement des réacteurs en toute sécurité. « Nous insistons sur ce point parce que la qualité de la conception, de la fabrication et du contrôle des installations constitue le premier niveau de sûreté », souligne Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dans un entretien au Monde publié le 19 janvier. Les sociétés de la filière évaluent leurs besoins, selon lui, à environ 4 000 ingénieurs par an sur plusieurs années pour démanteler de vieilles centrales, mettre à niveau les réacteurs en service et en construire de nouveaux.

« Surveiller les sous-traitants »

Or, la filière devra attirer les jeunes vers un secteur à l’image mitigée, alors que la France souffre d’une pénurie d’ingénieurs. Le gouvernement, les régions, les entreprises et tout l’appareil de formation vont devoir se mobiliser pour fournir ouvriers, techniciens et ingénieurs en nombre suffisant. « Il va falloir faire un gros effort d’embauche dans le domaine industriel », souligne Jacques Percebois, professeur émérite d’économie à l’université de Montpellier.

La filière devra attirer les jeunes vers un secteur à l’image mitigée, alors que la France souffre d’une pénurie d’ingénieurs

Autre urgence, selon ce spécialiste de l’énergie : « Regarder de très près le comportement des sous-traitants », trop nombreux à ses yeux, ce qui empêche le maître d’œuvre, EDF, de bien contrôler l’ensemble du processus. « Quand une entreprise publique embauche des gens compétents avec des contrats à durée indéterminée, ça marche, poursuit-il. Souvent, les sous-traitants ont des contrats à durée déterminée, et EDF n’a pas toujours les moyens de les surveiller de près. »

EDF n’est plus seulement un architecte-ensemblier des centrales qu’il exploite, mais un manufacturier fabriquant une partie des équipements lourds : le réacteur lui-même avec Framatome ; et bientôt le groupe turbo-alternateur générant l’électricité avec l’activité des turbines Arabelle (initialement fabriquées par Alstom) en passe d’être racheté à General Electric. M. Lévy veut croire que cette intégration « va permettre à EDF de renforcer sa maîtrise des technologies et compétences clés pour le parc en exploitation et pour les projets de nouveaux réacteurs nucléaires en France et au-delà ».

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La filière n’a plus de droit à l’erreur. La rigueur de l’ASN, plus exigeante que bien d’autres autorités de sûreté dans le monde, est « une force » qui le rend « confiant », notamment à l’exportation, a confié M. Macron aux salariés de Belfort. Au-delà, ce sont les plus de 200 000 employés de la filière, la plus importante après l’aéronautique, l’automobile et l’agroalimentaire, qui attendaient ce programme depuis des années.

***Le « nouveau nucléaire », confronté aux difficultés techniques et incertitudes économiques

L’appétit des Gafam et le contexte géopolitique ont relancé les recherches sur les centrales nucléaires dans le monde, avec l’espoir de produire en série des petits réacteurs à coût réduit et sécurité renforcée. 

Par  (infographie) et  (inf… 

Publié le 23 mars 2025 à 17h00, modifié le 24 mars 2025 à 06h50 https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/03/23/le-nouveau-nucleaire-confronte-aux-difficultes-techniques-et-incertitudes-economiques_6585162_3234.html

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Chantier de construction de Linglong One, premier petit réacteur modulaire au monde, dans le district autonome de Changjiang (Chine), le 6 février 2024. 
Chantier de construction de Linglong One, premier petit réacteur modulaire au monde, dans le district autonome de Changjiang (Chine), le 6 février 2024.   LUO YUNFEI/CHINA NEWS SERVICE/VCG VIA GETTY IMAGES

L’annonce de Microsoft a lancé la tendance. En Pennsylvanie (Etats-Unis), le réacteur numéro 1 de la centrale de Three Mile Island était hors service depuis 2019 – faute de rentabilité. A son passif également, le plus grave accident nucléaire de l’histoire des Etats-Unis, quarante ans plus tôt, en 1979, qui avait frappé le réacteur numéro 2. Pourtant, en septembre 2024, son propriétaire, Constellation Energy, a reçu une commande massive du géant informatique pour la totalité de l’électricité du réacteur 1 resté intact et a prévu sa remise en marche dès 2028.

A l’origine de la décision de la firme de Redmond, son anticipation des besoins en électricité des centres de données nécessaires au développement de l’intelligence artificielle (IA). Elle a rapidement fait des émules : d’autres multinationales du numérique ont depuis opéré des incursions fracassantes dans le domaine du nucléaire. N’ayant pas toutes à disposition une vieille centrale à ressusciter, elles choisissent l’innovation. A savoir la création de petits réacteurs modulaires à puissance réduite (entre 10 et 300 MW contre 900 à 1 600 pour les réacteurs en service) – en anglais « small modular reactor » (SMR).

En octobre 2024, Google a ainsi passé un contrat avec Kairos Power pour l’énergie de multiples réacteurs de nouvelle génération, au déploiement prévu à partir de 2030. Quand, deux jours plus tard, Amazon s’engageait, lui, auprès du consortium Energy Northwest pour mettre au point quatre réacteurs à fission.

A l’heure où, en France, EDF traverse une turbulence avec le débarquement surprise, vendredi 21 mars, de son PDG, Luc Rémont, le nucléaire retrouve grâce aux Etats-Unis, avec l’injection de milliards de dollars dans des projets de SMR. Un domaine sur lequel, dès les années 2010, la Chine, le Canada, le Royaume-Uni et l’Europe se sont positionnés. Avec un objectif : être les premiers à industrialiser en série ces petits réacteurs en vue de produire de l’électricité, de la chaleur, de l’hydrogène ou même de dessaliniser de l’eau de mer.

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Ce défi a fait surgir près de 70 concepts et une kyrielle de start-up. « Il y a de l’émulation comme dans les années 1950-1960, rappelle Valérie Faudon, vice-présidente de la Société nucléaire européenne. A l’époque, au début cela partait dans tous les sens puis, pour des raisons économiques, les choix se sont portés sur les grands réacteurs à eau pressurisée. »

Mobiliser les acteurs historiques

La Commission européenne a lancé en février 2024 une « alliance » industrielle pour les SMR. En France, Emmanuel Macron, tout en prônant la construction de nouveaux EPR2, avait appelé, dès 2022, à la compétition de start-up dans ce nouveau nucléaire, avec un investissement de 1 milliard d’euros. Trois ans plus tard, douze porteurs de projets de maturités très différentes sont sur la ligne de départ – même si tous savent que l’écrémage sera sévère et que seul un ou deux voire trois resteront en lice d’ici aux deux prochaines années lors de la dernière étape.

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Classées parmi les plus matures, selon l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), certaines entreprises comme Nuward (filiale d’EDF) et Calogena (filiale du Groupe Gorgé) ont repris des technologies existantes proches des réacteurs à eau légère, ce qui diminue fortement leurs risques dans la disponibilité du combustible ou concernant la sécurité. D’autres ont opté pour des concepts plus innovants, comme les réacteurs à haute température (Jimmy, Blue Capsule) ou à neutrons rapides utilisant pour leur refroidissement du sodium (Hexana et Otrera), du plomb (Newcleo) ou des sels fondus (Naarea, Thorizon, Stellaria). Mais elles n’en maîtrisent pas forcément toutes les compétences industrielles.

« Les réacteurs à neutrons rapides permettraient de régler le problème de la fermeture du cycle du combustible en recyclant de manière plus complète le combustible usé, détaille David Corchia, cofondateur d’EREN, un groupe industriel qui a investi dans les start-up Jimmy, Blue Capsule, Hexana et Naarea. C’est un élément-clé de notre souveraineté énergétique, d’une moindre dépendance à l’uranium naturel et finalement une solution à trois problématiques : l’énergie, la gestion des déchets à durée de vie longue et la valorisation des combustibles usés du nucléaire. » Même si, il en convient, les temps de développement ne sont pas les mêmes que dans le domaine des réacteurs à eau légère qui bénéficient d’une longue expérience opérationnelle.

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A l’occasion du conseil de politique nucléaire qui s’est tenu lundi 17 mars, l’Elysée a cependant affiché sa volonté d’atteindre cette fermeture du cycle du combustible dans la « deuxième moitié du siècle » en mobilisant tous les acteurs historiques de la filière. S’agissant des seules start-up, la priorité sera donnée aux projets « les plus à même d’aboutir à la mise en service d’un démonstrateur au début de la décennie 2030 ».

En d’autres termes, pour les investisseurs, le message est le suivant : « Il faudra regarder certains paramètres-clés comme la disponibilité du combustible, et ce en fonction du calendrier. Ce n’est pas la même chose si ces acteurs veulent huit réacteurs en 2032 ou trois en 2050 », décrypte un proche du dossier. Au même titre que « la sûreté et le classement de l’ASNR, le type de matériaux utilisés, sachant que tous ces enjeux se traduisent par du temps supplémentaire ».

En soi, les petits réacteurs ne sont pas si nouveaux. En France, Naval Group et TechnicAtome en ont réalisé un certain nombre depuis les années 1960. Pour le président de la Société d’études et de prospective énergétique, Jean-Jacques Nieuviaert, ce n’est pas la technicité qui est en jeu. « On sait assez facilement faire les SMR, car ils ressemblent aux réacteurs nucléaires utilisés dans la propulsion nucléaire navale. C’est même plus simple car on ne demande pas aux SMR civils les mêmes performances de flexibilité », explique-t-il, persuadé qu’ils se diffuseront massivement avant la prochaine mise en service des EPR2. D’ailleurs, souligne-t-il, « la Russie et la Chine en ont déjà développé deux, chacune à des fins civiles ».

Cependant, aucune flotte de SMR n’a jusqu’à présent été déployée à grande échelle dans le monde. Faire naître une nouvelle filière industrielle n’est jamais simple. Il faut faire une première tête de série, estimer les coûts dans un secteur où les dépassements financiers et les peurs sont légion, avant de passer à une plus grande échelle. Saura-t-on y parvenir ? « Pour le moment, cela reste des promesses d’ordre économétrique, confirme Teva Meyer, maître de conférences en géopolitique au Cresat, de l’université de Haute-Alsace, à Mulhouse. Ce n’est aucunement démontré industriellement. »

Lenteur de l’Etat français

Certains ont d’ailleurs essuyé les plâtres. Aux Etats-Unis, la start-up NuScale, pourtant financée par l’Etat fédéral, a dû abandonner son premier projet de SMR faute d’avoir pu maîtriser ses coûts et le prix de son électricité. En France, le design de Nuward, pourtant fondé sur une technologie de réacteur à eau pressurisée déjà éprouvée, s’est lui aussi heurté à des impasses de rentabilité l’obligeant à repartir sur de nouvelles bases.

« Ces blocages seraient solubles, mais à quel prix et dans quels délais ? C’est la question », interpelle Hervé Machenaud. En 2015, cet ancien directeur en Asie-Pacifique d’EDF a fait faire une étude pour savoir quelle était la taille optimale pour un réacteur économique, et la réponse était « plus c’est gros, moins c’est cher ». Dans le cas de ces modèles réduits : « Il va falloir en fabriquer plusieurs par mois pour avoir un coût économique de production d’électricité au kilowatt installé comparable avec ce qui est sur les réseaux, assure-t-il. On ne sait pas si on va y arriver. »

« Des start-up peuvent-elles vraiment faire mieux qu’EDF ? », s’interroge Mycle Schneider. Coordinateur d’un rapport annuel qui dresse un état des lieux du parc nucléaire mondial, il estime que rien dans l’histoire du nucléaire ne laisse à penser que ces chercheurs feront des avancées dans les temps indispensables : « L’EPR n’était pas en rupture technologique mais en développement évolutif, et il a commencé en 1989 pour une première connexion au réseau en Europe, en 2023, en Finlande. » En Chine et en Russie, les échéances ne seraient pas non plus si raccourcies. « On a passé au crible chaque réacteur dans ces pays. En Chine, ce sont les deux SMR qui devaient être les plus faciles et rapides à construire qui ont mis le plus de temps : on est à environ dix ans de durée de construction et à 12,7 ans pour les Russes. »

Dans ce contexte, les investisseurs auront-ils la patience d’attendre au minimum une dizaine d’années ? Certains critiquent déjà la lenteur de l’Etat français à désigner les start-up les plus solides. « On nous avait promis une sélection en entonnoir, en trois phases, rapide et efficace. Et résultat, on attend depuis décembre 2023 la deuxième phase, se plaint l’un d’eux, qui souhaite garder l’anonymat. Ces start-up vont finir par mourir faute d’argent. » D’autres craignent, en ces temps de budgets contraints, de voir l’argent public dispersé sur des projets qui n’aboutiront pas. D’autant qu’un grand nombre d’obstacles restent à surmonter.

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A commencer par l’épineuse question du combustible. Certains SMR ont besoin pour fonctionner d’un approvisionnement en uranium enrichi pour lequel à ce stade la chaîne de production n’existe pas. « Cela prendra autant de temps pour construire la ligne de fabrication de ces nouveaux combustibles que d’aller commencer à déployer les premières centrales », estime David Corchia. La mise sur pied d’une telle filière ne pourra se faire sans la volonté politique de l’Union européenne alors que les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont en train de la relancer. « Orano a évidemment toutes les compétences pour faire une ligne dans l’intervalle, mais va-t-elle la faire, oui ou non ? »

Enjeux de sécurité et d’acceptabilité

Pour nombre d’experts, le manque de visibilité sur les débouchés fige les prises de décision. « C’est le problème de l’œuf et de la poule, car ces acteurs ne peuvent fonctionner que s’ils ont derrière eux une chaîne d’approvisionnement qui tient. Or, pour que les financements aillent vers elle, il faut avoir une demande existante qui soit future et espérée », insiste Teva Meyer. A ce stade, les industries consommatrices d’énergie en France ne se bousculent pas au portillon pour se doter en SMR. « Elles n’ont pas d’intérêt économique à le faire, elles y voient des contraintes réglementaires, techniques, normatives, plus que des opportunités économiques », analyse-t-il.

L’incitation viendra de la demande et a fortiori de la rentabilité. « Il faut les penser en termes de compétitivité », insiste Stefano Buono, le fondateur de Newcleo, en avançant que son entreprise sera en mesure de produire une électricité autour de 60 euros par mégawattheure, environ la moitié du prix moyen actuel en Italie. Pour l’heure, le gouvernement de Giorgia Meloni et la Confindustria, le Medef italien, se sont montrés solidaires d’une relance du nucléaire. Celle-ci reste cependant étroitement dépendante de la priorité que les gouvernements donneront à la décarbonation de l’économie.

Et c’est sans compter l’enjeu majeur de la sûreté et de l’acceptabilité sociale. Serons-nous prêts à voir ces modules installés près des usines, au cœur de nos villes pour nous chauffer ? Alors que certains acteurs cherchent des lieux pour construire des prototypes, l’Elysée vient de décider que l’un d’entre eux pourrait bénéficier du site nucléarisé de Marcoule (Gard). Calogena pourra pour sa part installer le sien dans celui de Cadarache (Bouches-du-Rhône).

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Concernant les interactions avec la population environnante, Newcleo est le seul groupe à avoir saisi en début d’année la Commission nationale du débat public. Et ce, en vue d’installer, d’ici à 2031, son démonstrateur non loin de la centrale de Chinon (Indre-et-Loire). « On est au tout début de l’histoire, il n’y a encore aucune concertation de grande ampleur avec la population ou enquête publique sur les sujets », précise Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASNR. Mais, prévient-il, « ce n’est pas parce que ces réacteurs sont plus petits qu’ils seront regardés avec moins de sérieux ».

Toutes ces incertitudes font-elles de ce nouveau nucléaire un mirage, comme le désignent ses détracteurs ? L’engagement à long terme des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) pour financer le secteur est parfois mis en doute, compte tenu de leur empressement jugé peu compatible avec les temps longs de l’atome et des recherches sur l’IA frugale. « Leur arrivée pourrait contribuer à renforcer la faisabilité des projets en accélérant la recherche et le développement et en raccourcissant les délais sans que l’on y voie pour autant une forme de garantie », insiste Hervé Machenaud.

Source : AIE
Infographie : Le Monde

Face à ces inconnues, ces réacteurs miniaturisés peuvent toutefois compter sur leur promoteur le plus fidèle, le secteur de la défense. Par le passé, lors de la guerre en Irak, par exemple, c’est lui qui a insufflé aux Etats-Unis le développement des SMR pour autonomiser au maximum en électricité les bases militaires. Aujourd’hui encore, les projets de ce type ne manquent pas et les débouchés non plus.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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