Santé mentale : le gouvernement dévoile son plan, sans budget associé
Le ministère de la Santé priorise la détection précoce et la gestion des crises. Un peu juste pour une Grande cause nationale.
Publié le 11/06/2025 à 20h00 https://www.ouest-france.fr/sante/un-plan-sante-mentale-presente-sans-budget-associe-37371afc-46ab-11f0-be2d-492a352fc811
Le ministère de la Santé avait précisé en amont : pas d’annonces financières dans le Plan santé mentale que le ministre Yannick Neuder a annoncé ce mercredi soir. Un plan bien entendu prévu avant le drame de Nogent, mais qui arrive tard dans une année censée en faire la Grande cause nationale.
Pas de sous donc. Le sujet sera éventuellement évoqué dans une « mission sur les conditions de travail dans le secteur de la psychiatrie », qui va prochainement être lancée et aboutira sur « un plan d’action en 2026 ». Qui lui aussi invoquera probablement davantage de réorganisations que de moyens.
Lire aussi : Sécurité à l’école : « le vrai problème ? La santé mentale des élèves », d’après cette principale
Détection précoce des signes de fragilité
En attendant, il est question de prioriser les efforts, notamment en direction de la détection précoce. Comme l’avait récemment évoqué Élisabeth Borne, des personnels seront formés dans chaque établissement d’enseignement primaire et secondaire. Deux par établissement, précise le plan (a priori par autoformation avec des modules en ligne), alors que des « kits de repérage et d’intervention » seront remis à chaque personnel d’éducation. « L’enjeu est de mettre en place un dispositif national de repérage et de vigilance collectif », assure le ministère de la Santé. Les étudiants, qui doivent donner des jours de service sanitaire, seront principalement orientés sur des missions de « développement des compétences psychosociales ».
Créneaux non programmés
Sur un deuxième axe, « Soigner », pas davantage de financements globaux pour les centres médico-psychologiques saturés, mais davantage de budget pour ceux qui proposeraient des « créneaux non programmés » et des suivis intensifs » en ville (hors hôpital).
Faut-il imposer des zones sans pesticides à proximité des habitations, même en milieu rural ?
Parallèlement un « infirmier référent en santé mentale » devrait être désigné dans chaque maison de santé… Les SAS de psychiatrie (service d’orientation téléphonique en amont des urgences), qui n’existent pas partout, seront renforcés. Des mesures piochées dans le rapport d’information parlementaire sur la prise en charge des urgences psychiatriques, remis en décembre 2024.
Troisième axe annoncé : la reconstruction d’un secteur mal aimé. Beaucoup de flou et d’incantations, et quelques bonnes initiatives. Comme pousser les facs de médecine à muscler leur enseignement en psychiatrie, adossé à un stage pratique obligatoire, pour susciter davantage de vocations. Objectif affiché : 600 internes par an en 2027. En 2024, 13 % des postes ouverts sont restés vacants. Mais l’objectif de doubler en deux ans le nombre de psychologues (12 000 contre 6 000) engagés dans le dispositif « Mon soutien psy » semble aléatoire.
Lavaur : la psychiatrie en lutte contre les fermetures
L’hôpital a connu un mouvement de grève d’avril à octobre 2024. DDM
Publié le 23/06/2025 à 11:31 https://www.ladepeche.fr/2025/06/23/lavaur-la-psychiatrie-en-lutte-contre-les-fermetures-12780226.php
Correspondant
l’essentiel
L’intersyndicale dépose un préavis de grève illimité et appelle à un rassemblement le 27 juin à 9 h 30.
Au Centre hospitalier, la tension est à son comble. La CGT dénonce une « hécatombe à la chaîne en psychiatrie », pointant du doigt la fermeture de plusieurs unités, la diminution des effectifs et la suppression de lits dans différents services. Après Fiac et le Ramel, c’est désormais la Gravette, une autre unité de soins psychiatriques, qui est en passe de fermer.
Dans un tract diffusé il y a quelques jours le syndicat accuse la direction d’avoir « littéralement défiguré » ce service, évoquant une politique managériale brutale et un mépris pour les soignants. « Brûlé vif au vitriol administratif ! », peut-on lire. Selon la CGT, les suppressions envisagées entraîneraient une perte totale des cinq aides-soignantes et aides médico-psychologiques et de la moitié de l’équipe infirmière. En parallèle, l’activité serait artificiellement baissée pour justifier la fermeture des lits.
Les agents dénoncent aussi une atteinte à la qualité des soins. « En psychiatrie, de nombreux patients ont besoin de temps pour se rétablir », rappellent-ils, déplorant une logique de rentabilité incompatible avec les besoins des malades chroniques. « Vous semblez n’avoir aucun doute… que des certitudes. Forteresse vide », s’insurgent-ils à l’adresse de la direction.
La contestation ne porte pas uniquement sur l’avenir d’un service, mais aussi sur l’offre de soin avec une « diminution sévère du nombre de lit d’hospitalisation passant de 25 à 15 lits ».
Face à ce qu’ils considèrent comme un passage en force, les professionnels de santé annoncent qu’ils ne baisseront pas les bras. « Comptez sur nous pour réagir, vous n’aurez pas notre résignation. » Ils demandent l’arrêt immédiat des suppressions de postes et la suspension du processus de fermeture.
Un rapport parlementaire publié en décembre 2024 alertait déjà sur l’état de la psychiatrie française et réclamait un moratoire sur la fermeture des lits. À Lavaur, les soignants s’en emparent comme d’un nouvel argument pour « commencer ici » la résistance avec un premier rassemblement vendredi prochain à 9 h 30 dans la cour d’honneur de l’hôpital.
Lavaur. Structures psychiatriques : une association se mobilise
Santé. L’association « La Voix des Patients », fondée en mars 2025, prend position face à la fermeture de plusieurs structures essentielles pour les personnes souffrant de troubles psychiques.
Publié le 28/04/2025 à 11h00 https://www.letarnlibre.com/actualite-8371-lavaur-structures-psychiatriques-une-association-se-mobilise
– Par G.B
Face à une situation que ses membres considèrent comme » préoccupante « , l’association » La Voix des Patients « , créée en mars dernier sous le statut de loi 1901, s’engage dans la défense des droits et du bien-être des personnes souffrant de troubles psychiques.
La récente fermeture de l’unité de réhabilitation de Fiac en septembre 2024, suivie par celle imminente de la ferme thérapeutique » Le Ramel » à la fin du mois d’avril, suscite une vive inquiétude parmi les usagers et les professionnels du secteur.
Ces établissements représentaient pour de nombreux patients bien plus qu’un simple cadre de soins : de véritables lieux de soutien et de ressourcement, favorisant une approche thérapeutique à la fois humaine et bienveillante. Leur disparition met en lumière une problématique majeure : la nécessité d’accorder une plus grande place à la parole des patients, tout en luttant contre les préjugés liés aux maladies mentales.
Créer un espace d’écoute et de dialogue
L’association entend pallier ce manque en créant un espace de dialogue et d’écoute, où patients, professionnels de santé, institutions et grand public pourront échanger librement. À travers rencontres, ateliers et conférences, » La Voix des Patients » souhaite sensibiliser à la réalité des troubles psychiques et combattre la stigmatisation persistante.
Son ambition est claire : transformer les perceptions et œuvrer pour une société où chaque individu, quel que soit son parcours, puisse vivre dans la dignité et la sérénité.
Contact : lavoixdespatients@proton.me
L’unité de soins psychiatriques de Lavaur en détresse
La situation de l’équipe est sous tension. DDM – J.C.C
Publié le 25/04/2025 à 14:01 https://www.ladepeche.fr/2025/04/25/lunite-de-soins-psychiatriques-de-lavaur-en-detresse-12657697.php
Correspondant
l’essentiel
Dans une lettre adressée, entre autres, à leur direction, les professionnels de l’unité de soins psychiatriques tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme.
Quelques jours après l’échéance fixée par le protocole de sortie de grève signé avec la direction, les salariés affirment que certains engagements pris n’étaient toujours pas tenus. Pire encore, dans ce texte, ils dénoncent une situation qui se dégrade.
Le manque de personnel est au cœur de leurs préoccupations : trois équivalents temps plein d’infirmiers manquent actuellement pour atteindre le seuil prévu de 12,8 équivalents temps pleins. Soit un quart des effectifs. Cette absence, malgré de nombreuses relances, pousse les soignants à alerter sur « un danger pour la sécurité des patients comme des soignants ». Depuis janvier près de 80 situations de sous-effectif ont été recensées dans le service, en particulier depuis le départ non remplacé de deux infirmières.
Ce courrier, rédigé collectivement souligne également l’incompréhension face à l’absence de publication prolongée des postes vacants : « Depuis le 1er avril, ces annonces ne figurent plus sur les sites dédiés à la vacance. Quelles en sont les raisons ? », interrogent-ils. On notera que depuis ce courrier les propositions de poste sont réapparues.
Conséquence directe de cette tension : la quasi-totalité des ateliers thérapeutiques, pourtant « socle fondamental d’une pratique de soins relationnels en psychiatrie » est aujourd’hui suspendue. Les soignants rappellent que ces activités font partie intégrante de leur projet de service, validé et salué en interne. Cette décision semble d’autant plus incompréhensible que la révision récente du projet d’unité devait, selon les assurances de la cadre supérieure de santé, entraîner le retour des effectifs nécessaires.
Le ton de cette lettre devient plus ferme à la lecture de propos prêtés à cette même cadre supérieure, selon lesquels les ateliers seraient devenus « une variable d’ajustement ». Une phrase jugée profondément choquante par les professionnels : « Dirait-on la même chose en médecine d’un traitement antidouleur ou de séances de kinésithérapie ? »
Par cette démarche, les soignants espèrent une prise de conscience rapide de la direction rappellant leur attachement à une psychiatrie de qualité, humaine et soignante, rendue possible par des moyens humains à la hauteur des besoins.
Geneviève Henault • Psychiatre à l’hôpital public
Fermeture de lits en psychiatrie : pas toujours du fait de la pénurie !
Yannick NEUDER, le 16 mai sur X :
« Ce ne sont pas les contraintes budgétaires qui ferment les lits à l’hôpital.
La réalité est plus simple. On ferme des lits quand il n’y a pas assez de soignants pour prendre en charge les patients.
Sans infirmiers, sans aides-soignants, sans médecins, un lit ne peut pas accueillir un patient. Il reste fermé, inactif, malgré tous les efforts et toutes les urgences. »
J’aimerais attirer l’attention du ministre de la santé sur la situation de l’hôpital psychiatrique de Lavaur (1) qui permet d’illustrer que la fermeture de lits ou de places n’est pas toujours liée à la pénurie médicale ou paramédicale.
En effet dans cet établissement, à en croire les soignant·es qui s’expriment là, mais aussi les syndicats (cf tract en commentaire sous ce post), il est d’abord décidé de fermer des lits tout en supprimant des postes d’aide-soignantes (5 !) avant de supprimer des postes infirmiers.
Tout ceci pour arriver à la fermeture de 15 lits sur 27. On le répète : pas du fait de la pénurie médicale ou paramédicale.
Cela me paraît important de le souligner, pour que les discours politiques puissent *aussi* parfois partir de la réalité de terrain et non seulement d’objectifs économico-politiciens.
Décidément, « repérer, soigner, reconstruire » (slogan du pseudo-plan psychiatrie présenté le 11 juin (2)), ce ne sera pas pour cette année de Grande causerie !
En attendant, on peut écouter ces soignant·es parler de leur métier auprès des patient·es ou personnes concernées et dire que « les soins relationnels, ça demande du temps (…) ce que l’on traverse aujourd’hui, c’est l’arrêt du temps qu’il faut »
(1) dont on a déjà parlé plusieurs fois et notamment là : https://lnkd.in/eyErJRYA
(2) https://lnkd.in/eitTeP4N
hashtag#psychiatrie hashtag#hôpital hashtag#Lavaur
hashtag#GrandeCause hashtag#GrosseBlague
Voir aussi:
https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/15/refonder-la-psychiatrie-sans-moyens/
https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/13/un-plan-pour-la-sante-mentale-sans-moyens/
Comme dans toutes les autres spécialités, la psychiatrie a ses déserts médicaux. https://environnementsantepolitique.fr/2025/03/25/60166/