Le gouvernement a enchaîné les annonces sur la santé mentale des enfants et des adolescents.

« Santé mentale en milieu scolaire : « Ce dont on manque, ce sont des moyens humains pour épauler les jeunes » »

 Date de publication : 23 juin 2025 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=960a9d7fdea5dab9f85845ad4bbc5320&id_newsletter=22144&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=22144&from=newsletter

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Cassandre Leray remarque dans Libération que « ces derniers jours, le gouvernement a enchaîné les annonces sur la santé mentale des enfants et des adolescents.

Un enjeu brutalement remis en lumière par le drame de Nogent : le 10 juin, une surveillante de collège est morte après avoir été poignardée par un collégien de 14 ans.

Depuis, un mot d’ordre revient : «repérer» le mal-être chez les jeunes doit être la priorité au sein de la communauté éducative, en première ligne ».
La journaliste note que « dans le «plan d’action» santé mentale et psychiatrie, dévoilé le 11 juin par le ministre de la Santé, Yannick Neuder, dans le chapitre sur les jeunes, l’accent est mis sur la détection du mal-être. Un «kit» à cet effet doit être distribué à la communauté éducative à compter de 2026 ».


« Le 13 juin, la ministre de l’Education, Elisabeth Borne, enfonce le clou et déclare à la presse que chaque établissement scolaire devra se doter, d’ici à la fin de l’année, d’un «protocole» de repérage et de prise en charge des «situations de souffrance psychologique», sans plus de précisions. Il doit contenir des «fiches réflexes, annuaires de référence, supports de dialogue et outils pédagogiques adaptés» », 
explique Cassandre Leray.
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, déclare cependant : « La plupart du temps, on remarque déjà les élèves qui ne vont pas bien. Ce dont on manque, ce sont des moyens humains pour les épauler ensuite. Pour ça, il faut des recrutements ».


Olivier Bonnot, psychiatre des enfants et des adolescents et chef de service à l’hôpital Barthélemy-Durand (Essonne), souligne pour sa part que « le repérage, ce n’est pas si facile que ça. [Il faut] savoir faire la différence entre un problème ponctuel et quelque chose de plus grave. Il ne s’agit donc pas seulement de repérer, mais de savoir interpréter. Une expertise est nécessaire. Mais pour y avoir accès, il faut des professionnels formés, ce dont on manque cruellement ».


Cassandre Leray note que « le plan du gouvernement évoque bien la formation au repérage précoce des troubles de la santé mentale de 100% des personnels de santé scolaire. Problème : l’Education nationale fait face à une pénurie de ces professionnels de longue date. En France, 900 médecins scolaires seulement s’occupent des plus de 12 millions d’élèves du premier et second degré. Un problème «d’attractivité» reconnu par Elisabeth Borne. […] Avant de certifier qu’elle plaiderait pour le renforcement des effectifs pour les psychologues et infirmiers scolaires, ainsi que les personnels sociaux, dans le cadre du budget 2026 ».

La journaliste indique en outre que « le problème de la prise en charge de ces jeunes atteints de troubles psy est lui aussi de taille. […] Les délais d’attente dans les centres médico-psychologiques sont interminables et les services de pédopsychiatrie saturés… L’état des lieux est à pleurer ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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