Les rencontres de Saint-Alban: un formidable tremplin de la psychothérapie institutionnelle axées sur « Le temps qu’il faut »

Psychiatrie : les 40e Rencontres de Saint-Alban victimes de leur succès

Un public nombreux est venu assister aux Rencontres de Saint-Alban.
  • nullUn public nombreux est venu assister aux Rencontres de Saint-Alban. MIDI LIBRE – CORRESPONDANT

Santé,  Mende,  Saint-Alban-sur-Limagnole

Publié le 22/06/2025 à 10:31

CORRESPONDANT MIDI LIBRE

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by ETX Majelan

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Engouement pour le sujet proposé cette année, anniversaire des 40 ans ? Les Rencontres de Saint-Alban des 20 et 21 juin 2025 ont en tout cas dû refuser des inscriptions.

En 1986 a eu lieu la 1re Rencontre de Saint-Alban. L’idée est venue en 1983 de Lucien Bonafé, acteur de la révolution psychiatrique et du mouvement désaliéniste qui, avec le centre culturel de Saint-Chély honorait, 40 ans après, la présence de Paul Eluard réfugié à Saint-Alban en 1943. Le Dr Paul Marciano avec le centre hospitalier, l’association culturelle et d’autres organismes mettront alors en place ces rencontres. Un formidable tremplin de la psychothérapie institutionnelle créée par François Tosquelles, médecin catalan réfugié à Saint-Alban en 1940.

Depuis 40 ans, ces rencontres rassemblent le monde psy pour traiter divers sujets venus irriguer pratiques et théories, au travers d’une actualité sans cesse en mutation. Les grands psychiatres Tosquelles, Oury, Bonafé, Gentis s’y sont illustrés, apportant aura et notoriété, et au fil de ces rencontres le succès ne s’est jamais démenti. La présidente de l’association culturelle, Stéphanie Sartre, note que : « 40 années, c’est une histoire longue, mais il y a toujours la même motivation« . Le directeur du CHFT, Christophe Verduzier, complète : « Ces 40e journées représentent l’installation durable de ces rencontres dans le paysage de la psychiatrie à Saint-Alban, mais aussi au niveau national. C’est une manifestation qui a une audience large et on peut s’en féliciter.« 

Un secteur en crise

Les rencontres ont été suivies, ces 20 et 21 juin 2025, par 600 participants venus de l’Hexagone dans ce lieu de Résistance. Le sujet cette année était “Le temps qu’il faut”. Pierre Delion, professeur émérite de pédopsychiatrie, précise : « Le temps qu’il faut, en psychiatrie, cela veut dire qu’il faut s’occuper des patients qui ont une maladie chronique avec des soignants qui doivent s’en charger toute leur vie. Le problème, c’est qu’on voit la psychiatrie de secteur se déconstruire sous l’influence d’un certain nombre de lobbies qui ont intérêt à mettre les gens sous médicaments plutôt que de les faire parler. Et les politiques, au lieu de soutenir les services de psychiatrie, ont plutôt tendance à les déconstruire. Les soignants qui soutiennent les patients tout au long de la chronicité de leur maladie se retrouvent en difficulté et c’est un vrai scandale démocratique.« 

« Un point de greffe précieux en ce qui concerne le travail en psychiatrie »

Le docteur Paul Marciano conclut : « C’est touchant que, 40 ans après, il y ait autant de monde et de ferveur et il faut espérer qu’elles vont continuer avec cette vivacité. Ces rencontres constituent un point d’échange précieux en ce qui concerne le travail en psychiatrie. De très nombreux professionnels viennent ici, lieu de ralliement, chercher force et engagement pour travailler en psychiatrie malgré les nombreuses difficultés. Ils sont heureux de constater qu’ici, quelque chose se passe dans un processus de création et d’innovation. »

Commentaire Geneviève Hénault Psychiatre publique

Il y avait 600 participants aux 40èmes rencontres de Saint-Alban ces 20 et 21 juin 2025.

Le fil conducteur : “Le temps qu’il faut”.

« Le temps qu’il faut, en psychiatrie, cela veut dire qu’il faut s’occuper des patients qui ont une maladie chronique avec des soignants qui doivent s’en charger toute leur vie. Le problème, c’est qu’on voit la psychiatrie de secteur se déconstruire sous l’influence d’un certain nombre de lobbies qui ont intérêt à mettre les gens sous médicaments plutôt que de les faire parler. Et les politiques, au lieu de soutenir les services de psychiatrie, ont plutôt tendance à les déconstruire. Les soignants qui soutiennent les patients tout au long de la chronicité de leur maladie se retrouvent en difficulté et c’est un vrai scandale démocratique. » (Pierre Delion, professeur émérite de pédopsychiatrie)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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