Suppression du numerus apertus: les doyens des facultés de médecine alertent sur des mesures qui , »sans moyens supplémentaires », pourraient s’écarter de l’effet escompté.

Suppression du numerus apertus : les doyens des facultés de médecine craignent une dégradation de la formation

Alors que les sénateurs doivent examiner, ce mardi 17 juin, la proposition de loi Neuder visant à augmenter substantiellement le nombre de carabins, les doyens des facultés de médecine alertent sur des mesures qui, « sans moyens supplémentaires », pourraient s’écarter de l’effet escompté et aggraver la situation. 

17/06/2025  https://www.egora.fr/etudiants/etudes-de-medecine/suppression-du-numerus-apertus-les-doyens-des-facultes-de-medecine?utm_source=Newsletter&utm_medium=gms_egora&utm_campaign=En_bref___Mardi_17_juin_2025&utm_medium=gms_egora&utm_source=email&utm_campaign=En%20bref%202025-06-17%2018:16%20hors%20etudiants20250617&sc_src=email_4576695&sc_lid=174740707&sc_uid=XYBlorZBtz&sc_llid=7353&sc_eh=5d463c22601bc0401

Par Louise Claereboudt

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« Aujourd’hui, force est de constater que nos facultés de médecine manquent cruellement d’enseignants, de personnels de scolarité, de locaux. Beaucoup de lieux de stage sont également arrivés à saturation », rappelle la Conférence des doyennes et des doyens, ce mardi 17 juin, dans un communiqué de presse.

Alors que doit être examinée, ce mardi après-midi, au Sénat, la proposition de loi Neuder qui vise à augmenter de façon substantielle le nombre d’étudiants en médecine, l’institution craint que les mesures contenues dans le texte ne viennent compromettre l’objectif affiché, qui est d’améliorer l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.

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La PPL déposée par le ministre chargé de la Santé lorsqu’il était député prévoit notamment de supprimer le numerus apertus, qui a remplacé le numerus clausus instauré au début des années 1970, jugé encore trop restrictif. Le texte entend faire en sorte que les capacités d’accueil en 2e et 3e années de premier cycle des études de médecine prennent mieux en compte les besoins de santé des territoires.

Les agences régionales de santé et conseils territoriaux de santé (CTS) pourront appeler une université à accroître ses capacités d’accueil, « lorsque celles-ci ne correspondent pas aux objectifs pluriannuels qu’elle a arrêtés », lit-on dans la PPL.

Afin d’éviter la « fuite des cerveaux », Yannick Neuder veut également faciliter la réintégration des jeunes partis suivre des études de médecine dans d’autres pays européens (Roumanie, Belgique…) au cursus de formation français. Un autre article de cette proposition de loi propose, en outre, de « consolider le dispositif des passerelles pour favoriser une reconversion réussie des professionnels paramédicaux désireux de s’engager dans les études de médecine.

Une stratégie « graduée » pour répondre aux besoins de santé

Si la Conférence des doyennes et des doyens se dit « très préoccupée par le sujet des déserts médicaux et par l’inégalité d’accès aux soins », l’augmentation du nombre d’étudiants en médecine voulue par le ministre chargé de la Santé lui paraît, pour l’heure, difficilement applicable. « Sans moyens supplémentaires, continuer à augmenter le nombre d’étudiants en médecine aggraverait encore cette situation et dégraderait la formation de nos futurs médecins », met-elle en garde.

La Conférence rappelle en effet l’augmentation « rapide » du nombre d’étudiants admis en 2e année depuis dix ans : « Il est passé de 8 000 à 12 000 par an entre 2014 et 2024, soit une augmentation de 50% en 10 ans. » Il a même « triplé entre 1995 et 2024 ». « Cette augmentation rapide du nombre d’étudiants s’est faite à moyens constants et s’est nettement accélérée depuis 2010 », souligne la CDD.

La réintégration « précoce » des jeunes Français partis étudier en Roumanie, en Belgique ou en Espagne, « aura pour effet le dépassement des capacités de formation de nos facultés », alerte également l’institution, « sans parler de l’iniquité (y compris financière) qu’engendrerait la réintégration d’étudiants partis dans des pays où il n’existe souvent pas de sélection à l’entrée des études de médecine ».

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Pour la Conférence, ces mesures ne tiennent, par ailleurs, pas compte de la durée des études de médecine. « Il faut au moins 10 ans pour former un médecin et les décisions d’aujourd’hui n’auront d’effet qu’en 2035 », rappelle-t-elle.

Conscients de l’urgence, les doyens suggèrent une « stratégie graduée et rapidement opérationnelle » pour répondre aux besoins actuels des Français qui serait fondée sur la création, « dès 2025 », de postes d’assistants territoriaux, « accompagnée de mesures d’attractivité » ; sur l’accélération de la territorialisation des stages des internes et étudiants en deuxième cycle « pour les inciter à découvrir les territoires et à s’installer en dehors des grandes métropoles » ; ou encore, la promotion de la pratique avancée des paramédicaux. 

Auteur de l’article

Louise Claereboudt

Universités saturées, la formation des étudiants en médecine en danger (Communiqué)

19/06/2025 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/234709/universites-saturees-la-formation-des-etudiants-en-medecine-en-danger-communique/

Émis par : ANEMF

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Le 18 juin 2025, le Sénat a adopté en première lecture la proposition de loi visant à améliorer l’accès aux soins par la territorialisation et la formation. Ce texte, déposé puis soutenu par le ministre de la Santé et de l’Accès aux soins Yannick Neuder, prévoit plusieurs dispositions permettant d’augmenter le nombre d’étudiants en médecine. Parmi celles-ci figure la création d’une voie de réintégration des étudiants français poursuivant leurs études de médecine à l’étranger. L’examen de cette proposition de loi s’est accompagné de déclarations ministérielles, promettant une “suppression du Numerus Apertus” et une augmentation du nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine.

Alors que le manque de médecins se fait ressentir partout sur le territoire, l’ANEMF réaffirme que la formation est un levier prioritaire pour rétablir un équilibre démographique médical. Toutefois, les annonces du Ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, dévoilées sans concertation préalable, interrogent.

Depuis la réforme d’entrée dans les études de santé et l’instauration du Numérus Apertus en 2019, les universités ont enregistré une augmentation brutale du nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine (+18 % en moyenne à l’échelle nationale). Dans un contexte de sous-financement chronique des universités, cette augmentation, insuffisamment anticipée, s’est rapidement faite ressentir : locaux sous-dimensionnés, taux d’encadrement en constante diminution, terrains de stage saturés et services universitaires dans l’incapacité de répondre aux besoins des étudiants.

L’ANEMF alerte ainsi les pouvoirs publics sur les conséquences néfastes d’une augmentation du nombre d’étudiants en médecine sans un accompagnement financier et logistique des universités dans la réorganisation de leurs capacités de formation. Une telle décision impacterait indéniablement les enseignements théoriques et pratiques des étudiants. Finalement, c’est la qualité de la formation des futurs médecins qui s’en retrouverait dégradée.

Face aux enjeux liés à l’accès aux soins, la méthode doit rester la suivante : établir méthodiquement les besoins en santé de chaque territoire puis accompagner les universités à former selon les besoins préétablis. C’est pourquoi l’ANEMF demande une ouverture rapide de la Conférence nationale de santé, chargée d’établir les objectifs pluriannuels d’admission des étudiants en filière médecine, et un accompagnement tant logistique que financier des universités par l’État, permettant de former un nombre de médecins conforme aux besoins exprimés par la Conférence.

Contact presse :

Lucas POITTEVIN
Président
presidence@anemf.org

Julien BESCH-CARRIÈRE
1er Vice-Président général
julien.besch-carriere@anemf.org

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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