Réactions syndicales au plan ministériel pour « la Santé Mentale »

Communique de presse CGT

MONTREUIL, le 13 juin 2025

Le ministre de la Santé annonce un plan pour « réparer » la psychiatrie. Mais, de qui se moque-t-on ?

13 Juin 2025

Le ministre de la Santé a présenté ce mercredi 11 juin son plan « santé mentale » pour répondre aux besoins de cette grande cause nationale. Le ministre dans la droite ligne de ces prédécesseurs, et dans les pas de la Commission Nationale Psychiatrie du gouvernement Macron, poursuit, avec les 3 axes de ce plan la continuité de la destruction de la prévention de la santé mentale et du soin psychique.

Les mêmes éléments de langage servent à cacher l’indigence des propositions de ce plan :

– Repérage et intervention précoce sur les troubles psychiques,

– Favoriser une psychiatrie de proximité lisible et accessible.

Dans la lignée de mon Soutien Psy, un égrenage de gadget vient répondre aux manques de professionnels et de moyens :

– Deux adultes « repères » dans les établissements du second degré,

– Mobilisation des étudiants en santé pour former les jeunes aux compétences psychosociales,

– Formation de 300 000 secouristes en santé mentale d’ici 2027.

La psychiatrie est aujourd’hui exsangue sous les coups des politiques de restrictions budgétaires appliqués à la santé par tous les gouvernements successifs. Personne ne peut plus l’ignorer désormais.

Pendant 20 ans c’est délibérément, volontairement et méthodiquement que cette politique de destruction a été poursuivie.

Entre 2018 (avant le COVID) et 2022 10 % des lits autorisés existants avaient déjà disparu et le rapport de la DRESS démontre la perte de 5 000 lits en 12 ans.

Et la destruction s’est même accélérée ces dernières années, avec la fermeture de 1 200 lits entre 2022 et 2023.

En 2023, sur le nombre de lits autorisés pour accueillir les patients, la Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale a recensé la fermeture par manque de personnel paramédical ou médical de 16 et 20 % d’entre eux, y compris des lits d’UMD et d’UHSA ( pris dans le courrier d’avril 2023 de la fédé à la ministre Vautrin).

M. le ministre, les larmes de crocodiles et les promesses creuses ne pourront suffire à cacher les responsables de la situation actuelle !

L’urgence est :

– Le recrutement massif de professionnels,

– De réouvrir des lits pour répondre aux besoins de la population,

– De garantir l’ouverture de structures d’hospitalisation, de consultation accessible à tous, de proximité,

–   De compenser le sous-financement historique de la psychiatrie publique et de garantir un budget global par établissement, pérenne, et à la hauteur des besoins réels de la population.

Assez de paroles sans actes concrets !

D’ores et déjà la CGT se prépare à la mobilisation en direction du ministère pour aller chercher nos revendications à la rentrée, avant les discussions budgétaires.

Fédération de la Santé et de l’Action Sociale Psychiatrie publique : une « réparation » sans un sou ?

FO dénonce une nouvelle opération de communication

Fédération des Personnels des Services Publics et des Services de Santé Force Ouvrière

http://www.fo-publics-sante.orgfo.sante-sociaux@fosps.comfo.territoriaux@fosps.com

Tél. : 01 44 01 06 00 – 53 – 155 rue de Rome 75017 PARIS

La Fédération des personnels des services publics et des services de santé Force Ouvrière (FO-SPS) répond aux annonces du Ministre de la Santé, Yannick Neuder, présentées comme un « plan ambitieux » pour la psychiatrie et la santé mentale, en réaction aux récents faits divers dramatiques. Mais à bien y regarder, ce plan n’est ni une réparation, ni un tournant, ni même un début de réponse aux alertes que FO lance depuis des années. C’est une opération de communication dans l’urgence du drame survenu à Nogent pour faire passer un recyclage d’annonces déjà connues et toujours aussi sous- financées.

Une « grande cause nationale »… sans financement !

Rien, absolument rien, dans ce plan : il n’est pas à la hauteur de la crise profonde de la psychiatrie publique. Le ministère l’admet lui-même à demi- mots : aucun crédit nouveau, aucune enveloppe dédiée, aucun plan de titularisation massif, aucune hausse des effectifs soignants, aucun plan de rénovation des services hospitaliers, aucun fléchage clair dans l’ONDAM médico-social ou hospitalier.

Le ministre parle de « dette collective envers la psychiatrie publique ». Mais c’est un discours vain, sans le moindre acte budgétaire à l’appui. Une reconnaissance sans moyens, c’est du mépris voire de la provocation.

Des mesures à la limite du gadget, des dispositifs déjà existants repeints à neuf.

Le plan repose principalement sur des mesures déjà annoncées ou en cours depuis la dernière « feuille de route » ministérielle :

• Le programme « Mon soutien psy », déjà fortement critiqué pour sa précarité et son efficacité toute relative, serait « doublé », sans revoir les modalités de rémunération ou d’accès. En revanche, le ministère refuse toujours de revaloriser les psychologues de la fonction publique dont les salaires n’ont pas été réévalués depuis 30 ans !

• Les Services d’Accès aux Soins (SAS) psychiatriques ? Présentés comme une nouveauté, ils figurent déjà dans les dispositifs existants. Le plan ministériel promet des « filières psychiatriques », la désignation d’ »infirmiers référents », des « dispositifs post-urgence ». Mais dans les faits, ce sont les services d’urgence qui encaissent la montée des crises, sans moyens, sans coordination, sans reconnaissance. Les projets territoriaux de santé mentale (PTSM) sont encore trop souvent des coquilles vides. Et pendant que les équipes s’épuisent à « tenir », les personnels fuient : manque de reconnaissance, épuisement moral, agressions, pression hiérarchique et absence de perspectives. Résultat : on assiste à une crise majeure d’attractivité avec des postes vacants partout.

SANTÉ MENTALE : un plan com de plus

Par la Coordination Nationale des Comités de Défense 

des Hôpitaux et Maternités de Proximité

Le Ministre Délégué à la Santé, M. NEUDER, a annoncé à grand renfort de communication un « plan pour la santé mentale ».

Dans sa communication laborieuse, le Ministre a été incapable de donner le moindre chiffrage de ce plan, ni la moindre programmation. Ce plan dit de « sursaut » part de la reconnaissance d’une « dette envers la psychiatrie publique ».

La lecture des 26 mesures laisse dubitatif sur le « sursaut » proposé. La mesure phare semble être la création de personnels repères dans les établissements scolaires. Le énième référent pour repérer les élèves qui vont mal. Les personnels de l’éducation qui dénoncent depuis des années la situation d’abandon de la médecine et psychologie scolaire apprécieront cette mesure qui consiste à transférer à des personnes peu ou mal formées le travail de professionnels qui n’existent quasiment plus. La deuxième annonce « phare » est le renforcement des CMP (Centres Médico-psychologiques). Là, on frise l’indécence car depuis huit ans les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de tronçonner les moyens de ces établissements. Seront « renfloués » ceux qui mettront en place des dispositifs « coupe file ». La liste de mesures sur le soin est une longue liste de mesurettes ou de vœux pieux comme « outiller les médecins généralistes pour prendre en charge la santé mentale ». La petite augmentation de postes en spécialité est tout aussi indécente lorsque l’on connaît le manque de psychiatre et notoirement de pédo psychiatre.

Le Ministre a aussi annoncé son intention de supprimer le numérus apertus. Nous avions dénoncé ce dispositif qui ne résolvait rien en matière de recrutement et cachait le refus du gouvernement de donner à l’Université les moyens de former davantage de médecins. Cette avancée administrative sans budget restera probablement comme les autres : une mesure cosmétique de communication politique.

De trop nombreux enfants, adolescents, adultes vont mal dans notre pays.

La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de proximité exige de vrais moyens pour la prévention, en particulier dans le cadre de la médecine scolaire, et pour la psychiatrie de secteur avec des recrutements massifs de personnels. Elle s’inquiète d’une standardisation nocive aux soins psychiques. Elle refuse de déléguer à des personnes non formées des missions de dépistage et de soins, délétères pour elles-mêmes et le public concerné.

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/15/refonder-la-psychiatrie-sans-moyens/

https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/16/mon-soutien-psy-reste-percu-comme-un-levier-de-retrait-progressif-de-letat-dans-la-prise-en-charge-du-soin-psychique/

https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/14/les-autorites-souhaitent-que-lecole-repere-mieux-les-eleves-en-souffrance-psychologique-mais-les-syndicats-demandent-des-moyens-supplementaires-pour-remplir-cette-mission/

https://environnementsantepolitique.fr/2025/06/13/un-plan-pour-la-sante-mentale-sans-moyens/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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