Une maison médicale catholique taguée pour son refus de prescrire des contraceptifs : « La foi prime sur vos droits »
Plusieurs collectifs féministes ont réalisé une série de collages sur la façade de la maison médicale catholique La Présence, située dans le 3e arrondissement de Lyon. L’établissement est connu pour refuser de prescrire des contraceptifs.
16/06/2025 Par Sandy Bonin

Des affiches »Mon corps, mon choix », »À La Présence, on soigne selon l’Évangile, pas selon la loi » ou encore »À La Présence, leur foi prime sur vos droits » étaient visibles, jeudi 12 juin, sur la façade de la maison médicale catholique située dans le 3eme arrondissement de Lyon. L’action a été revendiquée par trois collectifs et associations féministes de la région, précise Lyoncapitale.fr.
Dans leur communiqué diffusé le 12 juin, les collectifs dénoncent en effet les »pratiques illégales » de la maison médicale catholique et son entrave à certains droits fondamentaux »pourtant inscrits dans la loi ». Ils rappellent également que La Présence est »étroitement liée au ‘Réseau Vie’, connu pour ses positions anti-IVG, et refuse toute prescription de contraception, s’appuyant sur ‘L’Évangile de la vie’, qui assimile l’avortement à un ‘meurtre délibéré’ et dénonce un lien indissociable entre contraception et IVG, les présentant comme des menaces conjointes contre la vie dès ses premiers stades ».
« Derrière cette morale religieuse se cache une instrumentalisation de la clause de conscience, initialement conçue pour l’IVG, la stérilisation et la recherche sur les embryons. Or, l’accès à la contraception est un droit depuis la loi Neuwirth de 1967. Pourtant, cette maison médicale contourne ce droit fondamental sous couvert de convictions religieuses, avec la bénédiction de la loi », ajoute le communiqué.
« Nous exigeons que de telles pratiques ne soient pas passées sous silence afin d’éviter tout prosélytisme et permettre aux patients, souvent jeunes ou précaires, d’effectuer un choix éclairé », demandent les collectifs.
La direction de la police nationale du Rhône a indiqué au Figaro qu’une plainte avait été déposée pour ces faits.
[Avec Lyoncapitale.fr et lefigaro.fr]

Collages féministes à la maison médicale La Présence de Lyon @NousToutesRhône
Lyon : la maison médicale catholique La Présence ciblée par des collages féministes
14 JUIN 2025 À 14:28 – MIS À JOUR LE 15 JUIN 2025 À 10:28PAR CLÉMENCE MARGALL1 Commentaire
Les Collages Féministes Lyon, les Lesbiennes contre le patriarcat et Nous Toutes Rhône ont réalisé une série de collages sur la façade de la maison médicale catholique La Présence.
Dans la nuit du 11 au 12 juin, des collages ont été apposés sur la façade de la maison médicale catholique La Présence, dans le 3e arrondissement de Lyon. Des affiches « Mon corps, mon choix », « À La Présence, on soigne selon l’Évangile, pas selon la loi » ou encore « À La Présence, leur foi prime sur vos droits » étaient visibles mercredi matin. Une action revendiquée par les collectifs et associations Les Collages Féministes Lyon, les Lesbiennes contre le patriarcat et Nous Toutes Rhône qui affirment que la maison médicale refuse de fournir des contraceptifs et a recours à une clause de conscience.
Entrave à certains droits fondamentaux
Dans leur communiqué diffusé le 12 juin, les collectifs dénoncent en effet les « pratiques illégales » de la maison médicale catholique et son entrave à certains droits fondamentaux « pourtant inscrits dans la loi » et qui « institutionnalise le recours à une clause de conscience dont nous voulons également souligner la dangerosité pour nos corps et nos libertés. » Ils rappellent également que La Présence est « étroitement liée au « Réseau Vie », connu pour ses positions anti-IVG, refuse toute prescription de contraception, s’appuyant sur « L’Évangile de la vie », qui assimile l’avortement à un « meurtre délibéré » et dénonce un lien indissociable entre contraception et IVG, les présentant comme des menaces conjointes contre la vie dès ses premiers stades. »
Ils ajoutent : « Derrière cette morale religieuse se cache une instrumentalisation de la clause de conscience, initialement conçue pour l’IVG, la stérilisation et la recherche sur les embryons. Or, l’accès à la contraception est un droit depuis la loi Neuwirth de 1967. Pourtant, cette maison médicale contourne ce droit fondamental sous couvert de convictions religieuses, avec la bénédiction de la loi. »

Les collectifs féministes appellent également à alerter si des situations similaires se répètent dans d’autres maisons médicales. « Nous exigeons que de telles pratiques ne soient pas passées sous silence afin d’éviter tout prosélytisme et permettre aux patients, souvent jeunes ou précaires, d’effectuer un choix éclairé. En effet, il est impératif que les femmes et minorités de genre disposent pleinement de la liberté de prendre des décisions éclairées et autonomes concernant leur corps, leurs soins médicaux, leur santé reproductive ou d’autres aspects de leur autonomie, en étant parfaitement informés et soutenus dans leurs démarches, sans aucune entrave ni jugement. »
« Les soignants ont une mission de service public et doivent respecter les lois, pas les dogmes. Refuser la contraception met en danger les femmes et minorités de genre, expose à des grossesses non désirées et constitue une violence supplémentaire sur des personnes parfois déjà isolées et fragilisées », concluent enfin les militantes féministes.
Commentaire Dr Jean SCHEFFER:
Cela évoque les difficultés pour se faire avorter dans certains états des Etats-Unis, en Pologne… et ce qui pourrait arriver avec l’arrivée au pouvoir en France du RN.