Conférence de Nice, un tournant politique en faveur de la protection des océans ?
La 3e Conférence des Nations unies sur l’océan débouche sur une déclaration politique peu opérationnelle. Mais elle aura accéléré la ratification du Traité sur la haute mer et remobilisé l’opposition à une exploitation des grands fonds marins.
Gouvernance | Aujourd’hui à 19h16 https://www.actu-environnement.com/ae/news/conference-de-nice-protection-des-ocean-unoc-tournant-politique-46334.php4#xtor=EPR-50

« Nice aura été pour l’océan ce que Rio a été pour les conventions sur la biodiversité, la désertification et le climat : un acte fondateur », estime Olivier Poivre d’Arvor, envoyé spécial du président de la République à la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc). Ce « plus grand sommet jamais organisé sur la question de l’océan », selon les termes employés par les organisateurs, s’est achevé, ce vendredi 13 juin, après une semaine de débats à Nice, précédée par trois événements spéciaux consacrés respectivement à la science, à l’économie et la finance, et aux villes et régions côtières.
La mobilisation a en effet été à la hauteur, selon les chiffres communiqués par le gouvernement français : 175 États représentés, 64 chefs d’État et de gouvernement présents (en-deçà toutefois des 85 annoncés et en l’absence remarquée des États-Unis), 12 000 délégués et plus de 100 000 visiteurs. N’étant pas une COP mais « une réunion qui permet de faire un bilan sur la trajectoire prise par les États au regard de l’ODD 14 », comme le rappelait Julien Rochette, directeur du programme océan à l’Iddri, la conférence s’achève, comme attendu, sur une déclaration non contraignante (1) . Mais cette réunion a permis de faire avancer de grands dossiers avec, en tête, la probable entrée en vigueur du Traité sur la haute mer début 2026, une mobilisation contre l’exploitation des grands fonds marins, ou encore plusieurs initiatives scientifiques importantes. Un ensemble d’avancées que le gouvernement français a synthétisé dans un document intitulé « Les engagements de Nice pour l’océan (2) », qui n’ont toutefois pas convaincu toutes les ONG.
Vers une première COP Océan
Concernant le Traité sur la haute mer, dit « BBNJ », qui offre un cadre juridique pour les deux tiers des océans qui ne se trouvent pas sous souveraineté nationale, « 56 pays l’ont ratifié et 14 s’apprêtent à le faire avant le 23 septembre, date d’une cérémonie officielle à New York », s’est félicité Olivier Poivre d’Arvor. Ce qui laisse augurer une entrée en vigueur du traité en janvier 2026 et la convocation d’une première COP Océan à l’automne 2026 à New York. Celle-ci déterminera le secrétariat de la convention, pour lequel Bruxelles mais aussi Valparaiso (Chili) se sont portées candidates.
En ce qui concerne l’exploitation des grands fonds marins, dont la menace pèse depuis la signature en avril dernier d’un décret par Donald Trump malgré l’absence de finalisation d’un code minier international, 37 États ont pris position en faveur d’un moratoire et 23 d’entre eux ont signé une déclaration conjointe en vue de mobiliser la communauté internationale en ce sens, mais avec une très faible représentation des pays en développement. Vingt États, qui ont à la fois ratifié le traité BBNJ et soutenu le moratoire sur l’exploitation des grand fonds marins, vont constituer le groupe dit « des pionniers de l’océan ». « Nous espérons 40 engagements », indique Olivier Poivre d’Arvor.“ C’est aussi une grande victoire de la science ”Olivier Poivre d’Arvor, envoyé spécial du président de la République à l’Unoc
L’Unoc a également permis la signature d’une déclaration commune par 96 États en faveur d’un traité ambitieux sur les plastiques, à l’approche du nouveau round de négociations, qui doit se tenir en août prochain à Genève. « Un signal encourageant de coopération internationale, mais qui reste le strict minimum en vue des négociations à venir », selon le WWF. « Après l’échec du cycle précédent en décembre, les États doivent en priorité réduire la production de plastique, le recyclage ne suffisant pas », ajoute l’ONG. Les représentants des États membres de la Convention de Barcelone sur la protection de la Méditerranée ont également signé une déclaration par laquelle ils soutiennent l’adoption du traité et sa mise en œuvre à l’échelle du bassin méditerranéen.
Création d’aires marines protégées
Alors que 8,4 % de l’océan étaient protégés à la veille de l’Unoc, les engagements de 14 États d’étendre leur réseau d’aires marines protégées (AMP) devraient porter cette proportion à 11 %. C’est le cas de la France à travers l’annonce par le gouvernement de la Polynésie française de l’AMP de Tainui Atea, comprenant environ un million de kilomètres carrés en protection forte. Une initiative appréciée par les ONG, dont le WWF qui salue « la plus grande AMP au monde », dont 20 % sont en protection stricte. Anticipant la mise en œuvre du Traité BBNJ, la création d’une première AMP transnationale en haute mer a par ailleurs été annoncée par le Costa Rica, coorganisateur de l’Unoc 3, l’Équateur et la Colombie. Mais la création de nouvelles AMP reste très insuffisante par rapport à l’objectif de protéger 30 % des mers du globe.
Plusieurs États ont annoncé des mesures concernant les méthodes de pêche destructrices, tels que le Danemark, qui a annoncé l’interdiction du chalutage de fonds dans l’ensemble de sa zone économique exclusive (ZEE). La France a également présenté une Stratégie de protection des fonds marins, qui prévoit l’interdiction du chalutage de fond et des activités minières « dans certains zones cartographiées sur une base scientifique, concertée avec les pêcheurs ». Le Comité français de l’UICN salue cet effort de l’Hexagone. « Cet effort de protection doit être complété par des mesures sur l’ensemble de la colonne d’eau, selon une approche écosystémique, et en adéquation avec les lignes directrices de l’UICN sur les aires protégées », indique-t-il. La réaction de l’association Bloom est loin d’être la même. Estimant que le chalutage de fonds était déjà interdit dans les zones annoncées, elle n’hésite pas à qualifier la conférence de « fiasco diplomatique et de tromperie écologique » et annonce attaquer l’État français en justice.
La question de la pêche illégale, illicite et non déclarée (INN) n’a pas fait l’objet de grandes annonces durant l’Unoc. Mais certains États ont toutefois annoncé ratifier l’un ou plusieurs des quatre accords internationaux qui permettent de la combattre. C’est le cas de l’Indonésie, avec l’Accord du Cap de l’OMI relatif à la sécurité à bord des navires de pêche, qui devrait permettre une entrée en vigueur d’ici à la fin de l’année 2025. C’est le cas également de la Chine, qui a annoncé la ratification de l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’État du port (PSMA) de la FAO. La Côte d’Ivoire et la Belgique se sont, quant à elles, engagées à signer la Convention sur le travail dans la pêche de l’Organisation internationale du travail (OIT), tandis que le Royaume-Uni, la France et l’OIT ont lancé, le 8 juin, une campagne de ratification de cette convention. Quant à l’Accord Fish 1 de l’OMC, destiné à mettre fin aux subventions à la pêche illégale, 103 États l’ont aujourd’hui ratifié.
Des mesures ont été prises en faveur des espèces. C’est le cas du lancement d’une coalition mondiale pour enrayer l’extinction des requins et des raies à l’initiative du WWF, de l’UICN, de la Convention sur la conservation des espèces migratrices, soutenues par plusieurs États, dont la France.
Des initiatives scientifiques
« C’est aussi une grande victoire de la science », estime Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur chargé des pôles, indiquant que plus de 2 500 scientifiques avaient participé au One Ocean Science Congress (OOSC). Parmi les avancées scientifiques, a été annoncée la mission Neptune, un grand programme d’exploration scientifique de l’océan qui agrègera des expertises océaniques mais aussi spatiales, et qui a reçu le soutien d’États comme la Chine et l’Inde.
On peut également noter la publication de la première édition du baromètre Starfish, un bulletin de santé annuel de l’océan ; le lancement de la plateforme internationale pour la durabilité de l’océan (Ipos), qui fournira aux gouvernements des options d’actions politiques fondées sur la science ; la création de l’organisation intergouvernementale Mercator Intenational Center for the Ocean, spécialisée dans l’océanographie numérique. Cette organisation sera notamment chargée de codévelopper le jumeau numérique de l’océan, qui figure parmi les priorités du Pacte européen pour les océans présenté par Ursula von der Leyen le premier jour de l’Unoc.
« Beaucoup de problèmes en suspens »
Sur les questions d’économie, le Blue Economy & Finance Forum a permis de réunir 8,7 milliards d’euros pour les cinq prochaines années par des philanthropes, des investisseurs privés et des banques publiques, en soutien à « une économie bleue durable et régénératrice ». Une vingtaine de banques publiques de développement, représentant 7,5 milliards de dollars par an d’investissement sur la finance bleue durable ont, quant à elles, créé la coalition Finance in Common. Enfin, 80 organisations ont lancé Business in Ocean, un appel à l’action destiné aux entreprises.
Durant cet événement spécial préUnoc, a également été lancé un Pacte pour un tourisme bleu durable par des grands entreprises, des acteurs du tourisme et du transport maritime. Les armateurs ont également confirmé l’accord sur la tarification du carbone négocié au sein de l’OMI, qui doit permettre d’atteindre l’objectif de la décarbonation totale du secteur à l’horizon 2050.
« Dix ans après l’Accord de Paris, la France a de nouveau impulsé une dynamique décisive pour la sauvegarde de notre planète. Des avancées du Traité sur la haute mer à l’aire marine protégée de Polynésie française, l’Unoc a apporté la dernière preuve qu’en travaillant ensemble, de véritables progrès sont possibles. Mais soyons clairs : il reste un travail considérable à accomplir et beaucoup de problèmes restent en suspens », juge John Kerry, ancien secrétaire d’État américain et envoyé spécial pour le climat, qui pointe le chalutage de fond et la pollution due aux combustibles fossiles.
Pour Greenpeace, l’Unoc s’achève sur un bilan mitigé, avec « des progrès significatifs » liés à la ratification du Traité sur la haute mer et une « déclaration forte » en faveur d’un traité sur les plastiques. Mais « la stagnation des ambitions françaises sur ses propres aires marines protégées » laisse « un goût amer » à l’ONG, de même que la mobilisation insuffisante contre l’exploitation des grands fonds marins. « Nous avons entendu beaucoup de belles paroles ici à Nice, mais elles doivent maintenant se traduire par des actions concrètes », résume François Chartier, chargé de campagne océans chez Greenpeace France.1. Télécharger la déclaration finale
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-46334-unoc-nice-declaration-finale.pdf2. Télécharger les Engagements de Nice pour l’océan
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-46334-engagements-nice-ocean-unoc.pdf
Laurent Radisson, journaliste
Rédacteur en Chef de Droit de l’Environnement
Le sommet de Nice accouche d’engagements pour les océans en deçà de l’urgence écologique
La troisième conférence onusienne sur l’océan s’est achevée le 13 juin avec des ambitions en demi-teinte. En pleine crise du multilatéralisme, des étapes ont néanmoins été franchies en matière de défense des écosystèmes en haute mer ou de lutte contre la pollution plastique.
13 juin 2025 à 20h07 https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/130625/le-sommet-de-nice-accouche-d-engagements-pour-les-oceans-en-deca-de-l-urgence-ecologique
Nice (Alpes-Maritimes).– Après cinq jours de pourparlers, la troisième conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc 3) touche à sa fin. Une soixantaine de chefs d’État et de gouvernement étaient à Nice depuis le 9 juin à l’invitation de la France et du Costa Rica pour s’engager en faveur de la protection des océans, de plus en plus menacés par le chaos climatique et l’effondrement de la biodiversité.
Sujet phare de cet Unoc, le traité international pour la protection de la biodiversité en haute mer a manqué de peu d’être ratifié, au grand dam d’Emmanuel Macron qui voulait ériger cet accord en victoire diplomatique pour la France. Adopté par cent seize États en 2023, le texte a pour but de réguler les eaux situées au-delà des juridictions nationales et qui représentent les deux tiers de la surface océanique mondiale. Le 13 juin, 51 pays ont ratifié le traité mais il en fallait soixante pour qu’il entre en vigueur.
Olivier Poivre d’Arvor, envoyé spécial de la France pour ce sommet, s’est toutefois félicité ce matin en soulignant que quinze pays se sont formellement engagés à ratifier le traité dès septembre. « En janvier prochain, le traité sur la haute mer sera mis en œuvre et enclenchera l’organisation d’une première COP de l’océan à l’automne 2026 », a-t-il insisté. La rapidité du processus d’application de cet accord datant de deux ans est à saluer : la convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1994 avait mis douze ans à entrer en vigueur.

Mais comme l’explique à Mediapart Pascale Ricard, chercheuse à Aix-Marseille Université, spécialiste en droit international de la mer : « Tout reste à faire pour cet accord. Nous ne sommes pas du tout encore dans sa mise en œuvre et son champ d’application reste limité. » Le traité devra en effet s’enchâsser dans le paysage complexe déjà préexistant de la gouvernance mondiale de la haute mer. À titre d’exemple, des dizaines d’organisations régionales de gestion des pêches administrent actuellement à travers tout un maillage mondial des zones de pêche réservées ou interdites.
François Chartier, chargé de campagne océans à Greenpeace France, indique : « L’Unoc a clairement accéléré les ratifications, mais cet accord ne restera pas dans l’histoire comme “le traité de Nice”, tel que le voulait Macron. Qu’importe ! Désormais, ce qui compte, c’est comment les États vont se l’approprier pour protéger les océans. »
Deux volets de ce traité seront à l’avenir l’objet de longs pourparlers diplomatiques : la question du partage équitable des ressources génétiques marines, objet de dissensions entre pays du Nord et du Sud, et la nécessité ou non d’effectuer des études d’impact dès qu’une activité industrielle se développera en haute mer.
Politique du chiffre
Premier chef d’État en 2022 à s’être prononcé pour l’interdiction de l’exploitation minière des fonds marins, Emmanuel Macron n’est parvenu à Nice qu’à convaincre quatre pays supplémentaires – la République de Chypre, la Lettonie, la Slovénie et les îles Marshall – de le rejoindre dans son alliance contre cet extractivisme. Au total, trente-sept États se sont donc prononcés pour un moratoire sur l’exploitation des ressources sous-marines.
Cette coalition reste minoritaire face aux 169 États membres de l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM), et ce, d’autant plus qu’en avril, le président états-unien, Donald Trump, a unilatéralement signé un décret afin d’ouvrir l’extraction minière, notamment dans les eaux internationales. Les pays de l’AIFM se réuniront en juillet à Kingston (Jamaïque) pour avancer sur la rédaction d’un Code minier afin de réglementer l’accès à ces ressources très convoitées par le secteur privé.
Nice a été une occasion ratée pour la France de prendre le leadership pour la transition écologique du secteur de la pêche et pour la préservation des océans.
Sara Labrousse, chercheuse au CNRS en écologie marine
Autre enjeu diplomatique majeur du sommet de Nice : les aires marines protégées (AMP). Elles désignent des espaces en mer créés pour « assurer une conservation pérenne des écosystèmes marins et des services qu’ils rendent aux sociétés humaines ». Avant l’Unoc, 8,4 % des eaux mondiales bénéficiaient de cette qualification. À l’issue du sommet, à la suite de l’engagement d’une dizaine d’États à étendre leurs AMP, ce sont plus de 10 % des mers sur le globe qui sont désormais protégées. Ce chiffre reste néanmoins encore loin de l’objectif d’avoir 30 % des océans préservés d’ici à 2030, comme fixé lors de la 15e conférence onusienne sur la biodiversité de Montréal, en 2022.
Deuxième domaine maritime mondial, l’exécutif français s’est vanté à Nice d’avoir contribué à cet effort avec la création en Polynésie française d’une énorme AMP de près de 5 millions de kilomètres carrés où les activités humaines seront très restreintes. Pour la scientifique Pascale Ricard, il s’agissait avant tout avec cette annonce de « faire gonfler les chiffres », les eaux polynésiennes étant « très éloignées de la pression humaine et donc préservées de fait ».
Occasion ratée pour la France
De même, la ministre de la transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a annoncé le 9 juin vouloir placer d’ici à fin 2026 4 % des eaux françaises métropolitaines sous un statut dit de « protection forte » contre 0,1 % aujourd’hui. Le gouvernement assure que, dans ces zones, sera strictement banni le chalutage de fond – une pratique de pêche industrielle intensive qui détruit les fonds marins.
Mais l’ONG de défense des océans Bloom a révélé le jour suivant que ces nouveaux espaces mieux protégés recoupent, à peu d’exceptions près, des zones où le chalutage de fond est déjà prohibé en vertu d’un règlement européen en vigueur depuis janvier 2017.
Le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher a rétorqué que ces affirmations étaient des « mensonges », avançant entre autres que « les zones retenues dans les 4 % ne sont pas constituées entièrement de zones déjà interdites au chalutage de fond. Elles les recoupent en partie en Atlantique, c’est moins le cas en Méditerranée ».
« D’un côté, le gouvernement français veut exclure le chalutage de fond dans des zones qui ne sont même pas chalutées ou pas chalutables. De l’autre, le Royaume-Uni vient d’annoncer l’interdiction du chalutage de fond dans la moitié de ses AMP. C’est vraiment dommage », réagit François Chartier de Greenpeace France.
Chercheuse au CNRS en écologie marine à l’institut Pierre-Simon-Laplace, Sara Labrousse se désole auprès de Mediapart : « Nice a été une occasion ratée pour la France de prendre le leadership pour la transition écologique du secteur de la pêche et pour la préservation des océans. Les zones sous protection forte annoncée par notre gouvernement ne répondent même pas aux critères de protection stricte définis par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). »
Dans Le Télégramme, le puissant Comité national des pêches, représentant les intérêts de la pêche industrielle, s’est pour sa part dit « plutôt satisfait » des annonces gouvernementales.
Vision à court terme
Dernière avancée notable à mettre au compteur du sommet de Nice : celui de la pollution plastique.
Aujourd’hui, l’équivalent d’un camion-benne rempli de plastiques est déversé chaque minute dans l’océan. Ce matériau est désormais absolument partout dans les mers, en surface comme dans les fonds marins, et ce, jusque dans les organismes vivants. 90 % des oiseaux marins ont déjà ingéré du plastique.
À LIRE AUSSISommet des océans : derrière les annonces de Macron, la dure réalité des faits
11 juin 2025
Les Nations unies ont lancé en 2022 un cycle de négociations afin de rédiger un traité international destiné à enrayer la pollution plastique pour 2025. Mais la cinquième et dernière session de discussions en Corée du Sud, fin 2024, n’a abouti à aucun consensus diplomatique.
Dans la capitale azuréenne, et à l’initiative de la France, 96 pays ont officiellement appelé à « une obligation juridiquement contraignante d’éliminer progressivement les produits en plastique les plus problématiques ». De quoi instituer un rapport de force diplomatique en août 2025, à l’occasion d’un nouveau rendez-vous qui se tiendra à Genève (Suisse) pour tenter d’adopter enfin un accord sur la pollution plastique.
« Pour sûr, l’Unoc a eu un rôle de catalyseur diplomatique et a permis d’avoir des engagements internationaux absolument nécessaires, résume la chercheuse Pascale Ricard. Toutefois, quand on lit la Déclaration politique finale de Nice, cela reste une liste de bonnes intentions. »
Et l’océanographe Sara Labrousse de conclure : « On pensait sortir de ce sommet avec un cap clair pour la sauvegarde de nos océans. Mais on est resté sur une vision court-termiste. On doit aller jusqu’où pour que la situation critique des océans soit enfin prise au sérieux ? »