En 10 ans, une augmentation de l’attente aux urgences de 45 minutes en moyenne

Temps d’attente aux urgences : revoir sa Normandie !

Juliette Seblon| 30 Mai 2025 https://www.jim.fr/viewarticle/temps-dattente-aux-urgences-revoir-sa-normandie-2025a1000ep8

En 2013, les services de la Drees (le service des statistiques du ministère de la Santé) avaient réalisé une enquête flash dans les services d’urgences de toute la France. Il s’agit pendant 24 heures, de 8h du matin à 8h le lendemain de collecter des informations sur les quelques 58 000 patients pris en charge dans 719 points d’accueil des urgences en France, soit l’intégralité des services d’urgences adultes et pédiatriques, à l’exception des urgences spécialisées (SOS Mains, urgences dentaires etc.). Dix ans plus tard, cette enquête a été reconduite et le JIM avait ici évoqué ses principaux résultats. Inquiétants : ils révélaient une augmentation de l’attente de 45 minutes en moyenne. Mais comme toujours, on constate des disparités régionales importantes. 

L’adressage bien plus fréquent en Bretagne qu’en Ile-de-France 

Ainsi, les patients de 75 ans ou plus représentent 14 % des passages en moyenne, avec des extrêmes allant de 9 % en Île-de-France à 17 % en Bourgogne-Franche-Comté, ce qui est sans doute un reflet des spécificités démographiques de ces régions. Davantage lié à des cultures et pratiques différentes : l’adressage par un médecin ou un véhicule de secours est également très variable : 41 % en Île-de-France contre 59 % dans les Pays de la Loire et en Bretagne. 

Ces régions affichent également les durées de passage les plus longues (jusqu’à 3 h 50 en médiane) en métropole, tandis que les DROM (hors Mayotte) détiennent le triste record de 4 heures. Sur ce critère de la durée de passage, c’est en Normandie que la patience des patients est le moins souvent mise à rude épreuve, avec 2h30 de durée médiane. La région fait également figure de bonne élève en ce qui concerne le temps d’attente qui atteint chez les Normands 4h50 (contre 7h30 dans les DROM et 5h30 à l’échelle nationale). 

On notera encore qu’en Île-de-France, seuls 11 % des patients sont hospitalisés à l’issue de leur passage contre 20 % en Corse ou en Bourgogne-Franche-Comté. Enfin la proportion de patients expliquant leur recours aux urgences par la difficulté d’obtenir un rendez-vous médical ne connaît pas beaucoup de variations en fonction des régions (elle est en moyenne de 21 %), même si elle culmine en Corse et en Ile-de-France (25 %), ce qui est probablement en partie la conséquence de déserts médicaux et d’une organisation spécifique de la permanence de soins. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire