Des ONG dénoncent le chalutage de fond dans les parcs naturels marins à l’approche de l’Unoc
Biodiversité | 28.05.2025 | https://www.actu-environnement.com/ae/news/ong-denoncent-chalutage-de-fond-parcs-naturels-marins-unoc-oceana-greenpeace-bloom-46252.php4#xtor=EPR-50

Comme d’autres ONG, et notamment Bloom et Greenpeace, l’organisation internationale de protection des océans Oceana dénonce la persistance de techniques de pêche destructrices au sein des aires marines protégées françaises. Et ce, à quelques jours de l’ouverture de la troisième conférence des Nations unies sur l’océan que la France accueille à Nice à compter du 9 juin.
Oceana a analysé les données en libre accès de la plateforme Global Fishing Watchportant sur les six parcs naturels marins (PNM) français situés dans les eaux métropolitaines. « Plus de 17 000 heures de chalutage de fond y auraient été pratiquées en 2024, par plus de 100 navires identifiés, dont 70 % battent pavillon français », révèle l’ONG dans une étude (1) publiée ce 28 mai. En mars 2024, Bloom avait, quant à elle, estimé à 1,7 million le nombre d’heures de pêche au chalut réalisées en 2023 dans les aires marines protégées de l’Union européenne.
« En théorie, les PNM sont conçus pour concilier protection de l’environnement marin et activités humaines encadrées. Mais dans les faits, les niveaux de réglementation varient fortement d’un parc à l’autre, et nombre d’entre eux n’excluent pas les pratiques industrielles les plus néfastes pour l’environnement, comme le chalutage de fond », explique Oceana, qui pointe les parcs des Estuaires picards, de la mer d’Opale et du Golfe du Lion. Le 21 mai dernier, Greenpeace a déposé des rochers au fond de cette dernière zone pour dénoncer le « laisser-faire français » concernant la protection de ses aires marines protégées. « C’est un parc où les chaluts de fonds ne sont pas autorisés », a rétorqué la ministre de la Transition écologique, démentie par Greenpeace qui indique s’appuyer sur les données de la plateforme Marine Traffic.
Alors que la France annonce protéger 33,6 % de ses surfaces marines, Oceana estime que seulement 0,03 % bénéficient en réalité d’une protection stricte. « Autoriser le chalutage de fond dans les aires marines protégées revient à vider de sens le concept même de protection (…) Le président Macron et la France ont l’occasion de montrer la voie », exhorte Alexandra Cousteau, conseillère principale auprès d’Oceana. « Les annonces seront à la hauteur des enjeux », a promis Agnès Pannier-Runacher le 22 mai en visite sur le site de l’Unoc, tandis qu’Emmanuel Macron devrait annoncer un renforcement des mesures de protection à l’occasion de cette conférence internationale.1. Télécharger l’étude d’Oceana
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-46252-etude-oceana-parcs-marins.pdf
Laurent Radisson, journaliste
Rédacteur en Chef de Droit de l’Environnement