Moustique-tigre: la riposte des communes tarnaises avant l’été.

Ce fléau pollue la vie de nos concitoyens »… Comment plusieurs communes du Tarn luttent contre la prolifération des moustiques-tigres avant l’été

Santé,  Environnement,  Moustique tigre

Publié le 26/05/2025 à 12:01 https://www.ladepeche.fr/2025/05/26/ce-fleau-pollue-la-vie-de-nos-concitoyens-comment-plusieurs-communes-du-tarn-luttent-contre-la-proliferation-des-moustiques-tigres-avant-lete-12690547.php#=

Samuel Cadène

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Alors que l’été approche à grands pas, plusieurs communes du Tarn sont déjà entrées en lutte contre le moustique-tigre, véritable ennemi public. Certaines investissent même plusieurs milliers d’euros pour éviter que la dengue ne revienne en force dans le département.null

C’est à coup sûr le sifflement le plus pénible à entendre alors qu’on vient de se poser sur sa terrasse en une fin de journée d’été, avec des amis ou la famille, paré à déboucher une bouteille de vin et couper une tranche de saucisson. Si vous avez déjà les chevilles qui grattent, alors vous avez bien reconnu le sifflement du moustique tigre.

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Depuis plus d’une décennie, l’Aedes albopictus (son nom latin) s’est progressivement implanté dans le Tarn. Aujourd’hui, il est présent dans la majorité des communes du département, notamment à Albi, Castres, Gaillac ou Mazamet. Classé en vigilance rouge, le Tarn fait même désormais partie des zones les plus touchées de France. Et au-delà de la nuisance causée par ses piqûres, l’insecte constitue une véritable menace sanitaire. Il est en effet vecteur potentiel de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le virus Zika. Si ces virus ne circulent pas naturellement en métropole, des cas importés sont régulièrement recensés.

Dans le Tarn l’an dernier, huit cas de dengue ont été confirmés entre le 1er mai et le 30 novembre 2024, selon les données de l’Agence régionale de santé Occitanie. Ce chiffre faisait du 81 le quatrième département d’Occitanie le plus touché, derrière la Haute-Garonne, l’Hérault et le Gard. Au mois de mai de cette année, un cas de chikungunya a aussi été signalé dans le département du Tarn.

Les communes mettent les bouchées doubles avant l’été

David Donnez est le maire de Saint-Juéry. Dans sa commune, depuis maintenant cinq ans, l’édile a décidé « de prendre le taureau par les cornes » en installant 13 bornes municipales anti-moustiques, dont deux nouvelles ces dernières semaines. Il raconte : « Nous investissons cette année encore 3 200 euros pour les deux bornes. C’est un vrai coût pour la municipalité, mais on ne veut pas transiger avec ce fléau qui pollue la vie de nos concitoyens, j’en veux pour preuve les dizaines de milliers de moustiques que l’on capture pendant l’été. Il n’y a qu’en étant tous proactifs qu’on s’en sortira. »

Le maire David Donnez devant une borne anti-moustiques.

Le maire David Donnez devant une borne anti-moustiques. DDM Archives

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Plus à l’ouest, à Saint-Sulpice-la-Pointe, une conférence publique sur le sujet a attiré près de 150 personnes dans la salle du conseil municipal. Olivier Fernandez, responsable des espaces verts de la commune et organisateur de ce temps d’échange, en a profité pour rappeler les bonnes pratiques pour lutter efficacement. « La lutte contre le moustique tigre repose avant tout sur de simples gestes quotidiens. Chacun peut agir en supprimant les eaux stagnantes autour de son domicile, en couvrant les réservoirs d’eau, ou encore en entretenant les extérieurs. »

Dans cette commune où des opérations de démoustications annuelles sont organisées depuis trois ans, les habitants sont repartis avec des bons de réduction pour acheter des pièges à la RAGT. Il faut dire qu’à 170 euros le piège (efficace pour environ 300 m2 de jardin), une petite ristourne n’était pas de trop.

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Quant à Albi, en plus des trois passages annuels des agents de l’Agglo pour traiter les eaux stagnantes, on essaie de jouer la carte de la nature à fond. Bruno Lailheugue, l’adjoint à la biodiversité, explique : « Depuis deux ans, nous avons misé sur l’installation de 80 nichoirs à martinets, hirondelles et chauves-souris, des prédateurs des moustiques-tigres. Nous allons en installer d’autres. Après, on sait que ce n’est pas suffisant. On ne se leurre pas, mais nous luttons.  On ne pourra jamais éradiquer totalement le moustique-tigre. Cette invasion, on la prévient et on l’accompagne, mais on devra vivre avec.

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2025/05/23/dengue-et-chikungunya-les-autorites-sanitaires-craignent-le-developpement-dune-epidemie-autochtone/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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