Frères musulmans: un emballement médiatique, une mise en scène gouvernementale, une version moins expurgée, un discours identitaire de Bruno Retailleau…Macron qui recadre et aucune décision !

« Entrisme » des Frères musulmans en France : ce que contient le rapport controversé

Le texte présenté, mercredi, en conseil de défense se révèle plus mesuré que les discours qui en accompagnent la mise en scène. Il pointe principalement un risque politique, avec l’émergence d’un « islamisme municipal ». 

Par  et Publié aujourd’hui à 05h00, modifié à 09h42 https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/22/entrisme-des-freres-musulmans-en-france-ce-que-contient-le-rapport-controverse_6607694_3224.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20250522&lmd_link=tempsforts-title&M_BT=53496897516380&random=1487366537

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Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours pour présenter sa stratégie de lutte contre le séparatisme, aux Mureaux (Yvelines), le 2 octobre 2020.
Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son discours pour présenter sa stratégie de lutte contre le séparatisme, aux Mureaux (Yvelines), le 2 octobre 2020.  LUDOVIC MARIN / AFP

Controversé avant même d’avoir été publié, le rapport commandé, au printemps 2024, par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, sur l’influence en France des Frères musulmans a été présenté, mercredi 21 mai, dans le cadre d’un conseil de défense et de sécurité nationale. Une réunion qui s’est tenue à l’Elysée à la mi-journée.

Alors que ce document devait être rendu public dans la foulée, sa publication a été remise à « d’ici à la fin de la semaine » dans une version moins expurgée que celle circulant aujourd’hui, selon les vœux d’Emmanuel Macron. Par ailleurs, signe de désaccords au plus haut niveau, le conseil de défense n’a accouché d’aucune annonce ni mesure. « Compte tenu de l’importance du sujet et de la gravité des faits établis, le président de la République a demandé au gouvernement de formuler de nouvelles propositions qui seront examinées lors d’un prochain conseil de défense au début du mois de juin », indique l’Elysée.

Le texte provisoire de 75 pages, que Le Monde a pu consulter, a été soigneusement nettoyé de la plupart des noms des personnes interviewées pour des raisons de sécurité, mais aussi pour ménager les services de renseignement étrangers qui y ont contribué. Même les noms des deux auteurs – un diplomate, ex-ambassadeur en Algérie, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, en Libye et en Tunisie, et un préfet ayant exercé dans l’Aube et les Yvelines –, qui avaient pourtant été rendus publics par le ministère de l’intérieur au moment de la commande, ont été gommés à l’heure de la publication.

Lecture très alarmiste

Ce rapport est largement inspiré par les Emirats arabes unis, qui mènent une guerre obsessionnelle contre la confrérie partout dans le monde. Il rejoint également les thèses controversées de la chercheuse Florence Bergeaud-Blackler, devenue la nouvelle coqueluche de la Place Beauvau à la suite de Bernard Rougier, qui a popularisé le « séparatisme islamiste », et de Gilles Kepel, le concepteur du « djihadisme d’atmosphère ».

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Ce rapport, dont l’Elysée estime que la paternité lui revient, a fait l’objet ces derniers jours d’un sourd bras de fer et d’une surenchère entre la Place Beauvau et la présidence de la République. Alors que le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, comptait en faire un élément-clé de sa stratégie de communication ciblant l’islam et l’islamisme, l’Elysée a préempté le rapport et les annonces qui en découlent en décrétant un conseil de défense sur le sujet. Le rapport a alors opportunément fuité dans Le Figaro, mardi, qui en a donné une lecture très alarmiste, renforcée par les commentaires effectués par M. Retailleau le même jour et selon lequel « les Frères musulmans veulent imposer la charia sur l’ensemble du territoire français ». Une assertion largement exagérée et ne reflétant pas le rapport, dans la version que Le Monde a pu consulter.

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Le texte, sobrement intitulé « Frères musulmans et islamisme politique en France » – bien que ce titre soit redondant, l’islamisme étant la déclinaison politique de la religion musulmane –, est plus nuancé qu’il n’y paraît. « Si un “risque frériste” existe bel et bien, il doit être évalué à sa juste mesure, notamment au niveau national », assurent les auteurs. Pour eux, « le danger d’un islamisme municipal, composite au plan idéologique mais très militant, avec des effets croissants dans l’espace public et le jeu politique local, apparaît bien réel ». C’est, à l’approche des élections municipales de 2026, l’enseignement principal de cette étude, qui, par ailleurs, n’apporte pas de révélation majeure.

Terreau favorable

Les deux auteurs ont mené des entretiens avec 45 universitaires français et étrangers, une dizaine de déplacements en France et quatre en Europe, des rencontres avec des responsables musulmans nationaux et locaux. Ils commencent leur rapport par un rappel historique et idéologique qui remonte à la fondation de la confrérie par Hassan Al-Banna (1906-1949) en 1928. Ils exposent sa vision intégraliste de l’islam, qui ne distingue pas vie privée et vie politique, son fonctionnement pyramidal et son obsession pour la prédication à tous les niveaux de la société. Mais tout cela était valable jusqu’aux « printemps arabes », qui ont porté les Frères au pouvoir, ou du moins au gouvernement, notamment en Egypte, en Tunisie et au Maroc.

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Après l’apogée de 2012 est venu le retour de bâton, la contre-révolution menée par le général Fattah Al-Sissi en Egypte, soutenu activement par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, déterminés à contrecarrer l’influence du Qatar sur la confrérie. Depuis, le panorama frériste est un champ de ruines : éradiqués en Egypte, dans l’opposition en Tunisie, chassés du pouvoir au Maroc, divisés en Libye et interdits en Jordanie, dépassés par les salafo-djihadistes en Syrie, les Frères sont en recul partout au Moyen-Orient. Sauf dans la Turquie du président Recep Tayyip Erdogan, qui est aujourd’hui « l’épicentre moyen-oriental de la confrérie » et où elle peut s’appuyer sur les moyens de l’Etat, en particulier dans sa stratégie de développement en Europe, où l’islam frériste turc est très actif, y compris en France, mais peine à sortir du public turcophone.

En Europe, l’implantation des Frères, notamment en Allemagne, en Autriche et en Suisse, remonte aux années 1950-1960. Ils y ont trouvé un terreau favorable dans les pays où le fait communautaire est accepté, voire encouragé, comme le Royaume-Uni et la Belgique, et où les religions sont reconnues par l’Etat et même financées par un impôt volontaire, comme en Allemagne. Mais jamais les Frères égyptiens n’ont réussi à affermir leur contrôle hiérarchique sur les branches européennes de la confrérie malgré l’ambition, le talent oratoire et la lignée généalogique de l’islamologue Tariq Ramadan, petit-fils d’Hassan Al-Banna, qui s’est toujours défendu d’appartenir à la confrérie, sans convaincre.

« Manque persistant de structuration »

Aujourd’hui, le rapport désigne le Conseil des musulmans européens (CEM) comme « la structure faîtière » de la confrérie en Europe. Mais son budget annuel de 300 000 euros dit les limites de son action et de son influence. Selon le rapport, il cible principalement les institutions européennes, comme le Parlement européen et le Conseil de l’Europe, qu’il cherche à convaincre de sa centralité et de sa « modération » sur les questions islamiques – quitte à recourir au « double discours » –, de sa disposition à un semblant de dialogue interreligieux et de l’existence d’une « islamophobie d’Etat »dans nombre de pays, à commencer par la France en raison de sa conception de la laïcité.

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En France, le rapport dénonce tout particulièrement l’association Musulmans de France, héritière de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF), à laquelle sont affiliés 139 lieux de culte, soit 7 % du total. Mais le rapport souligne qu’« un fidèle fréquentant une mosquée de la mouvance n’en est pas, loin s’en faut, membre ». Par ailleurs, le rapport chiffre à entre 400 et 1 000 personnes seulement le nombre de Frères musulmans susceptibles d’être assermentés en bonne et due forme. Globalement, Musulmans de France est en perte de vitesse par rapport aux années 2000, lorsque l’UOIF organisait des rassemblements annuels de 100 000 personnes en un week-end au Bourget (Seine-Saint-Denis). Par ailleurs, 21 établissements scolaires (sur 74) sont identifiés par le rapport comme liés à la mouvance frériste. Tout comme les deux établissements de formation à la prédication de l’Institut européen des sciences humaines.

Tout cela ne décrit pas une menace imminente ni massive d’autant que, avec l’expulsion de l’imam Hassan Iquioussen et du théologien Ahmed Jaballah, la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France, qui s’est implanté en Belgique sous l’appellation européenne de Collectif contre l’islamophobie en Europe – dont plusieurs membres français ont été placés en garde à vue puis relâchés la semaine dernière, comme l’a révélé Politis, dans le cadre d’une enquête pour reconstitution d’organisation dissoute –, les actions de l’Etat visant à entraver le lycée musulman Averroès, à Lille, et le groupe scolaire Al-Kindi, près de Lyon, ces dernières années, les principaux foyers du frérisme en France ont déjà été visés par l’Etat.

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Enfin, le rapport souligne, à son corps défendant, un échec patent et récurrent de la politique de l’Etat, à savoir « le manque persistant de structuration de l’organisation du culte musulman » sans cesse promis par l’Etat et toujours remis aux calendes grecques.

Après la diffusion du rapport sur l’« entrisme » des Frères musulmans, des spécialistes dénoncent une instrumentalisation politique

Le document, qui a fuité dans la presse, alimente depuis un débat médiatique. Selon plusieurs experts, pourtant auditionnés, la diffusion de l’islam radical en France se fait par d’autres biais que celui de cette confrérie jugée déclinante. 

Par Christophe Ayad et Louise Couvelaire

Publié hier à 12h55, modifié hier à 15h19

https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/22/rapport-sur-les-freres-musulmans-plusieurs-specialistes-auditionnes-denoncent-une-instrumentalisation-politique_6607760_3224.html

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Emmanuel Macron, lors de la commémoration du centenaire de l’ouverture de la Grande Mosquée, à Paris, le 19 octobre 2022.
Emmanuel Macron, lors de la commémoration du centenaire de l’ouverture de la Grande Mosquée, à Paris, le 19 octobre 2022.  LUDOVIC MARIN/POOL VIA REUTERS

Le rapport intitulé « Frères musulmans et islamisme politique en France », débattu lors d’un conseil de défense et de sécurité nationale, mercredi 21 mai, est présenté par l’Elysée comme le troisième volet de la lutte contre l’islam radical, lancée par le président de la République depuis sa première élection, en 2017.

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Après le vote de la loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, en 2017, puis l’adoption, en 2021, de la loi confortant le respect des principes de la République (dite « loi contre le séparatisme »), le temps est à la lutte contre l’« entrisme islamiste » mené par les Frères musulmans. Ce mouvement, né en Egypte, en 1928, adopterait des tactiques de « dissimulation », visant à « conquérir les instances de pouvoir » de la République « par le bas » – « les associations et les municipalités » – pour mieux imposer à la France, de l’intérieur, les règles de vie édictée par la charia (loi islamique), expliquait-on à l’Elysée, la veille de la publication du document de 75 pages. Et d’ajouter : « Ce rapport vise à faire connaître la menace au grand public et aux élus locaux avec l’échéance des élections municipales de 2026 (…). Et à mieux l’identifier et à la documenter pour mieux l’entraver. »

Le document, qui a fait l’objet de fuites dans la presse, alimente depuis quarante-huit heures un vif débat. Si, par exemple, l’anthropologue Florence Bergeaud-Blacker, chargée de recherche au CNRS, se félicite d’une « prise de conscience » salutaire, beaucoup d’autres spécialistes dénoncent un usage politique du rapport.

« Ton alarmiste »

C’est une « mécanique médiatique implacable », estime ainsi Franck Frégosi, directeur de recherche au CNRS, auditionné lors de l’élaboration de ce rapport et auteur de Gouverner l’islam en France (Seuil, 384 pages, 23 euros). Il souligne également la dimension « diplomatique » de ces travaux : « Il est bien plus facile de s’en prendre aux Frères musulmans et à la Turquie de [Recep Tayyip] Erdogan que de faire du tort à nos “amis” saoudiens et émiratis. » « Le ton général est alarmiste et, pourtant, dans le détail, à la lecture, on se demande un peu de quoi on s’alarme », commente-t-il. Les auteurs ciblent un « mouvement de quelques centaines de personnes, qui existe certes, et sur lequel il faut maintenir une vigilance, mais un mouvement vieillissant, en phase d’essoufflement, qui n’a plus du tout la même force d’influence que dans les années 1980 et 1990 », poursuit le chercheur.

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La plupart des experts décrivent un mouvement en déclin, aussi bien à l’extérieur de nos frontières – comme en Egypte, aux Emirats arabes unis ou en Arabie saoudite, où ils ont été violemment réprimés – qu’à l’intérieur, où leur influence s’est considérablement réduite. L’un des grands rendez-vous des musulmans européens, organisé chaque année par l’association Musulmans de France, héritière de l’Union des organisations islamiques de France et d’obédience frériste, au parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis), pouvant attirer jusqu’à 150 000 visiteurs, n’a plus lieu depuis 2019, faute de public.

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Quant au porte-voix le plus médiatique de la confrérie en Europe, malgré ses dénégations, le prédicateur Tariq Ramadan, il n’a pas trouvé de remplaçant depuis sa « chute », à la suite de sa condamnation pour viol en Suisse et de son renvoi devant la justice française pour le même motif« On lit la réalité d’aujourd’hui avec les lunettes d’hier, résume Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique à Sciences Po Lyon, également auditionné. On a tendance à confondre les Frères d’aujourd’hui avec ceux d’hier. » Dans son introduction, le rapport fait d’ailleurs montre d’une certaine prudence : « Si un “risque frériste” existe bel et bien, il doit être évalué à sa juste mesure. »

« Fantasme »

Autre sujet de circonspection de la plupart des spécialistes, les objectifs politiques prêtés aux Frères musulmans par le gouvernement : « Il n’y a jamais eu de plan précis et à long terme d’islamisation de la France, affirme Bernard Godard, ancien fonctionnaire des renseignements généraux et ancien chargé de mission au bureau central des cultes du ministère de l’intérieur (2002-2015). L’idée selon laquelle ils veulent convertir la France à la charia relève du fantasme. » « On fait dire aux musulmans d’ici ce que d’autres ont dit ailleurs en d’autres temps, souligne M. Seniguer. Ce que veulent les Frères musulmans, c’est transmettre l’islam aux jeunes générations de musulmans, transmettre un conservatisme moral et ritualiste au sein des musulmans culturels. »

« Désigner ainsi les Frères musulmans comme l’ennemi intérieur à qui on fait tout porter, c’est de la folie », s’inquiète M. Godard. Cibler un acteur déclinant et se concentrer sur son volet organisationnel (mosquées, associations, etc.) sans se pencher sur les mouvements les plus radicaux, sous prétexte qu’ils n’ont pas d’ambitions politiques, « c’est passer à côté d’une grande partie de la réalité et des dangers du terrain », met en garde, lui aussi, Michaël Privot, islamologue belge, auditionné par les auteurs du rapport.

Aujourd’hui, l’essentiel de l’offre rigoriste et piétiste se trouve sur Internet, chez des influenceurs et prédicateurs qui se moquent des frontières et des grandes organisations historiques pyramidales. Tout comme leurs followers. « On a affaire à une forme d’hyperindividualisation et d’autonomisation des nouvelles générations dans leur façon de vivre leur rapport à l’islam », explique M. Seniguer.

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En insistant sur le côté légaliste des Frères musulmans et en brandissant le « risque de sabotage des principes républicains », comme le soulignait l’Elysée, la veille du conseil de défense, les pouvoirs publics tentent-ils de masquer leur impuissance à contrer le phénomène sur le terrain des idées ? En tout cas, il porte le débat à l’écart du champ social.

Christophe Ayad et  Louise Couvelaire

*La « haine antimusulmane », « menace majeure pour notre République »

Par Publié le 30 avril 2025 à 05h15, modifié le 30 avril 2025 à 12h55 https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/04/30/une-plateforme-de-signalement-contre-la-haine-antimusulmane-menace-majeure-pour-notre-republique_6601860_3224.html

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Lors du défilé en hommage à Aboubakar Cissé, à La Grand-Combe (Gard), le 27 avril 2025.
Lors du défilé en hommage à Aboubakar Cissé, à La Grand-Combe (Gard), le 27 avril 2025.  MIGUEL MEDINA/AFP

Partageant le constat d’une sous-estimation du nombre d’actes et de propos hostiles aux musulmans, l’Etat et une association lancent une plateforme destiné à mieux les recenser.

C’est un drame que la communauté musulmane redoutait. Vendredi 25 avril, Olivier H., un Français d’origine bosnienne, âgé de 21 ans, larde de plusieurs dizaines de coups de couteau Aboubakar Cissé, un Malien de 22 ans, alors qu’il se trouvait dans la mosquée Khadidja de la petite commune gardoise de La Grand-Combe. Le suspect filme alors avec son téléphone sa victime en train d’agoniser et prononce ces quelques mots : « Ton Allah de merde, ton Allah de merde ! » Un juge d’instruction du pôle criminel de Nîmes a été saisi, lundi 28 avril. Une information judiciaire a été ouverte pour « meurtre avec préméditation et à raison de la race ou de la religion ».

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Cela fait des mois, des années même, que représentants religieux, fidèles, associatifs et chercheurs tentent d’alerter les pouvoirs publics sur la détérioration du climat en France vis-à-vis des citoyens de confession musulmane ; sur les dangers d’une « stigmatisation croissante », comme le dénonce Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon ; et sur la multiplication des actes antimusulmans, « dont un très petit nombre seulement font l’objet d’un signalement », déplore-t-il.

« La rhétorique du soupçon s’aggrave chaque année davantage. Le stigmate ne se porte plus seulement sur les acteurs engagés, mais sur toutes les personnes lambda perçues comme musulmanes », souligne Haoues Seniguer, maître de conférences à Sciences Po Lyon. Le tout, « dans l’indifférence générale », ajoutent les deux hommes.

La direction nationale du renseignement territorial a recensé 79 actes antimusulmans en France entre les mois de janvier et de mars (26 en janvier, 17 en février et 36 en mars), soit 72 % de plus qu’au cours de la même période en 2024, selon le ministère de l’intérieur, des chiffres révélés par Le Parisien, mardi 29 avril. « Avec une majorité de faits liés à des atteintes aux personnes, cette hausse du premier trimestre est inédite depuis dix ans et préoccupante », commente une source de la Place Beauvau. En 2024, 173 faits antimusulmans avaient été dénombrés, contre 242 en 2023, ce qui représentait une baisse de 29 %.

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« Ces données sont largement sous-estimées et ne reflètent pas la réalité de ce que subissent les musulmans au quotidien », insiste Bassirou Camara, responsable des musulmans du Tarn et président de l’Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (Addam), créée en février 2024 dans le cadre du Forum pour l’islam de France, en partenariat avec l’Etat. Ce projet est « né d’un constat de sous-signalement des actes antimusulmans », acquiesce Mathias Ott, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT, qui soutient l’initiative à hauteur de 30 000 euros par an. Il est le signe d’une « volonté politique claire du gouvernement », poursuit le délégué. « Nous luttons avec la même fermeté contre toutes les haines », espère-t-il convaincre.

Phénomène largement « invisibilisé »

D’ici à quelques jours, l’association devrait lancer une plateforme de signalement en ligne des actes antimusulmans, « afin de les dénombrer le plus précisément possible, et donc de lutter plus efficacement », explique le président de l’Addam. Ce travail de recensement était effectué jusqu’en 2020 par le Collectif contre l’islamophobie en France. Accusé de liens avec les Frères musulmans, il avait été dissous cette année-là.

A l’image du Service de protection de la communauté juive – « que nous avons rencontré à plusieurs reprises pour nous inspirer de leurs bonnes pratiques », indique M. Camara –, l’Addam permettra aux victimes d’être accompagnées par un réseau d’avocats bénévoles dans leurs démarches juridiques.

« Non seulement les familles n’osent pas faire de signalement, convaincues que cela ne sert à rien, que personne ne les entendra, mais lorsqu’elles se décident à le faire, elles ne bénéficient d’aucun suivi. Désormais, elles ne seront plus seules, poursuit-il, tout en soulignant l’aggravation des faits rapportés. Avant, on parlait surtout de tags sur des mosquées, de réflexions aux femmes voilées, puis parfois de voiles arrachés, puis il y a eu des tentatives d’incendie de mosquées… » Et désormais un « acte barbare ». Dans un communiqué, daté mardi 29 avril, il demande que la « haine antimusulmane »soit reconnue comme une « menace majeure pour notre République ».

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Car, jusqu’à présent, le phénomène reste largement « invisibilisé », regrette M. Camara. De fait, les actes de haine se résument le plus souvent à quelques lignes dans la presse locale. Mi-mars, des tags – des cercles barrés d’une croix, une référence celte utilisée par certains mouvements d’extrême droite – sur le centre culturel islamique de Moulins ; fin février, un incendie à la mosquée de Jargeau (Loiret), près d’Orléans ; quelques mois plus tôt, un début de feu à la mosquée Ulu Camii de Haguenau (Bas-Rhin), provoqué par un homme de 22 ans se disant « antimusulmans » ; une intrusion et un vol dans une mosquée de Rennes ; des images d’étudiants de Grenoble EM se moquant des musulmans, relayées sur le réseau social X.

Mais aussi un marcassin mort devant l’association franco-turque de Saint-Usage (Côte-d’Or) ; la porte d’entrée d’une mosquée incendiée à Amiens, des tags racistes et islamophobes – « Fck Islam »« Israël vaincra » et un « Bleu Blanc Rouge » accompagné d’une croix celtique – sur le mur de la maison d’un habitant de Corbas (Rhône). Sans oublier des tags antimusulmans retrouvés à trois reprises en l’espace de quelques mois sur la mosquée Koba de la Croix-Rousse, à Lyon ; d’autres encore sur les murs de celle de Pessac, en Gironde ; des incendies de véhicules en face de la mosquée de Cherbourg (Manche), en mai 2024, quelques mois seulement après que ce lieu de culte a été la cible d’un tir de fusil de chasse et de tags islamophobes…

« Une approche non militante »

« L’inquiétude des musulmans est permanente. Le sentiment de solitude face à la méfiance, aux insultes, aux actes de plus en plus graves, aussi », se désole Kamel Kabtane. Dans un communiqué publié deux jours après l’assassinat du jeune fidèle de la mosquée de La Grand-Combe, le recteur de la grande mosquée de Lyon a dénoncé, au nom du Conseil des institutions musulmanes Auvergne-Rhône-Alpes, un « acte barbare (…) aboutissement direct d’une parole politique et médiatique de plus en plus décomplexée, qui, depuis des mois, désigne les musulmans comme une menace, dans une indifférence générale devenue insupportable ». « Quand l’islamophobie est banalisée et relayée sans complexe par les hommes politiques, les passages à l’acte meurtrier deviennent une tragique fatalité », a-t-il poursuivi. Avant d’exiger des « autorités politiques une réaction ferme, immédiate et sans ambiguïté ».

Elle n’est, pour l’heure, pas à la hauteur de la gravité des événements, selon nombre de responsables de la communauté musulmane et de l’opposition. « Que M. Retailleau [ministre de l’intérieur] ait attendu deux jours pour se rendre sur place n’est pas le message qu’il faut envoyer », a estimé, sur la chaîne Public Sénat, le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, avant de dénoncer la « manière [que M. Retailleau] a d’alimenter en permanence (…) une forme d’obsession contre les musulmans en France ».

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Le ministre de l’intérieur, également chargé des cultes, concentre le plus de critiques. Accusé d’entretenir un climat hostile aux musulmans, il a notamment, le 26 mars, alors qu’il était l’invité d’honneur du rassemblement « Pour la République, contre l’islamisme », organisé au Dôme de Paris par le collectif Agir ensemble, appelé à « ne rien céder et ne pas être dupes » sur l’islamisme. A cet égard, il a mis en garde contre un phénomène « à bas bruit, rampant », avant de déclarer en conclusion de son intervention : « Vive le sport, et donc à bas le voile. »

Il a par ailleurs refusé de qualifier le meurtre d’Aboubakar Cissé d’acte « islamophobe », alors que le premier ministre, François Bayrou, a dénoncé dès le lendemain, sur X, une « ignominie islamophobe » – un terme qui soulève un débat sémantique houleux. Ses contempteurs y perçoivent une façon d’interdire toute critique de l’islam imposée par les islamistes ; ses défenseurs, eux, parlent d’une « haine de l’islam en tant que religion ».

« Nous avons choisi pour l’Addam une approche non militante, et nous ne parlons donc pas d’islamophobie afin de pouvoir avancer sans perdre d’énergie dans ce débat : c’est un choix stratégique », explique M. Camara. M. Seniguer y voit une « concession faite à un environnement politique hostile, qui met au ban toute une partie de la population française » et juge ce choix « rationnel, mais pas forcément raisonnable ». Pour M. Kabtane, « le fait que certains politiques refusent d’employer ce mot est une façon de nier la souffrance des musulmans et une partie de la réalité de ce qu’ils vivent ».

L’ascension de Bruno Retailleau met sous pression le camp présidentiel

Emmanuel Macron s’est agacé de voir le ministre de l’intérieur instrumentaliser le rapport sur « l’entrisme » des Frères musulmans. Mais le nouveau président du parti Les Républicains poursuit son offensive, convaincu qu’il peut être membre du gouvernement et défendre une ligne de rupture. 

Par  et Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 09h13 https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/05/22/l-ascension-de-bruno-retailleau-met-sous-pression-le-camp-presidentiel_6607710_823448.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=undefined&lmd_link=tempsforts-title&random=1767823283

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Bruno Retailleau, ministre de l'intérieur, lors de la cérémonie d’hommage à la policière Aurélie Fouquet, à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), le 20 mai 2025.
Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur, lors de la cérémonie d’hommage à la policière Aurélie Fouquet, à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), le 20 mai 2025.  LAURENCE GEAI/MYOP POUR «LE MONDE »

Les conséquences de la victoire de Bruno Retailleau à la tête du parti Les Républicains (LR) se font sentir jusqu’au sommet de l’Etat. Mercredi 21 mai, à l’Elysée, le conseil de défense sur « l’entrisme » des Frères musulmans a tourné court. Alors que cette réunion aurait dû déboucher sur des mesures pour lutter contre l’islamisme, elle s’est soldée par un recadrage en bonne et due forme du gouvernement par un Emmanuel Macron excédé.

Furieux de découvrir dans la presse des extraits du rapport sur la mouvance islamiste, qu’il avait lui-même lancé au printemps 2024, le chef de l’Etat a renvoyé la publication dudit document « d’ici à la fin de la semaine ». En présence du premier ministre, François Bayrou, et des représentants, notamment, des ministères de l’intérieur, de l’éducation, des affaires étrangères et des sports, le président de la République a demandé aux ministres de revoir leur copie, jugeant peu sérieuses les propositions mises sur la table. « Compte tenu de l’importance du sujet et de la gravité des faits établis, le président de la République a demandé au gouvernement de formuler de nouvelles propositions qui seront examinées lors d’un prochain conseil de défense au début du mois de juin », a résumé l’Elysée dans un communiqué laconique.

Trois jours après le scrutin pour la présidence de LR, le triomphalisme de la droite crispe l’Elysée, marginalise Matignon et ébranle les partenaires du bloc central. Emmanuel Macron s’est agacé de voir le locataire de la Place Beauvau instrumentaliser ce rapport très attendu. Sans attendre le conseil de défense présidé par le chef de l’Etat, Bruno Retailleau, galvanisé par ses troupes au lendemain de sa victoire face à Laurent Wauquiez, dénonçait dès mardi un « islamisme à bas bruit »« une menace très claire vis-à-vis de la République », dont « l’objectif ultime est de faire basculer toute la société française dans la charia ».

Une thèse largement exagérée et ne reflétant pas le rapport, rédigé par deux hauts fonctionnaires, que Le Monde a pu consulter. Face au discours identitaire de son ministre de l’intérieur, Emmanuel Macron veut éviter la stigmatisation des musulmans de France, comme sur le dossier algérien, où il avait dû recadrer Bruno Retailleau.

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Ignorant la colère présidentielle, le ministre de l’intérieur présentait quelques-unes de ses pistes, mercredi après-midi, au Sénat, et minorait les divergences avec le chef de l’Etat. Il ne s’agissait, mercredi à l’Elysée, explique-t-il dans un entretien au Parisien, que d’un « premier conseil de défense » qui sera « suivi d’autres réunions au plan ministériel ».

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La prise de pouvoir de Bruno Retailleau sur la famille LR a désinhibé ses plus fidèles soutiens au sein du gouvernement.Ainsi Sophie Primas, porte-parole du gouvernement, s’autorisait-elle à affirmer, mardi matin, sur Europe 1/CNews, que « le macronisme, probablement, trouvera une fin dans les mois qui viennent, avec la fin du deuxième quinquennat du président Macron ». Des propos qui ont, là aussi, ulcéré le chef de l’Etat. « La faiblesse de Matignon et de l’Elysée donne aux LR un sentiment d’impunité, observe le député (divers centre) d’Eure-et-Loir Harold Huwart. Ils testent les limites. »

« Une pièce maîtresse dans le dispositif Bayrou »

Avec l’élection de Bruno Retailleau à la tête de LR, les équilibres au sein de l’exécutif se trouvent modifiés. Sa victoire « renforce Bruno Retailleau dans son rôle de vice-premier ministre » du gouvernement Bayrou, analyse Bernard Sananès, président de l’institut de sondages Elabe. Après avoir réussi à s’imposer dans l’équipe de Michel Barnier à l’automne 2024, le ministre de l’intérieur est devenu « une pièce maîtresse dans le dispositif Bayrou », abonde le député (Renaissance) de la Manche Stéphane Travert, issu de l’aile gauche de la Macronie.

Après des mois d’errements, « Les Républicains ont retrouvé un chef qui a des convictions, une ligne politique. Ça change de ce qu’on a pu connaître par le passé, donc forcément ça leur donne des ailes », constate la députée (Renaissance) des Yvelines Marie Lebec. Un aspect sur lequel Bruno Retailleau entend prospérer. « J’essaye, par des prises de position très claires, très tranchées, de gagner le combat d’idées, a exposé l’ex-chef de file des sénateurs LR, sur la chaîne CNews, lundi 19 mai. J’observe que sur l’immigration, le narcotrafic, et sur tant d’autres sujets, les lignes bougent. On prépare le terrain pour demain. »

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Matignon fait mine de ne pas s’inquiéter de la montée en puissance du Vendéen. Certes, le ministre de l’intérieur, qui n’exclut pas de concourir à la prochaine présidentielle, « essaiera d’engranger le plus de victoires possible » Place Beauvau, admet un proche de François Bayrou. Mais dans les limites que lui opposeront le chef de l’Etat et celui du gouvernement. « Si Macron ou Bayrou lui disent non, ce sera non », croit-on Rue de Varenne, rappelant le recadrage de Bruno Retailleau par le premier sur l’Algérie, ou par le second sur le voile dans le sport.

Mais « la victoire de Bruno Retailleau modifiera probablement les choses sur la question migratoire, souligne le président (Renaissance) de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Florent Boudié. Il est probable, par exemple, qu’il pousse pour trouver plus d’espace dans l’ordre du jour de l’Assemblée pour la proposition de loi sur le soutien juridique dans les centres de rétention », qui entend restreindre les interventions des associations indépendantes auprès des migrants.

Visibilité et crédibilité

L’offensive du Vendéen contraint déjà les macronistes à la surenchère. Quelques heures après les déclarations tonitruantes de Bruno Retailleau sur la « menace islamiste », l’ancien premier ministre Gabriel Attal (janvier-septembre 2024) répliquait avec l’interdiction du voile pour les moins de 15 ans dans l’espace public, à l’efficacité contestée. « Quand on édicte une règle, il faut être sûr de pouvoir la faire appliquer », a cinglé Bruno Retailleau dans Le Parisien.

Dépeint comme un homme « loyal », le ministre de l’intérieur ne serait pas du style à « faire des coups bas », veut-on croire à Matignon, qui reste à l’écart de ces passes d’armes. Bruno Retailleau est d’autant plus « confortable » pour François Bayrou, qu’il n’entend pas, contrairement à ce que prédisait Laurent Wauquiez, quitter le gouvernement, qui lui assure visibilité et crédibilité dans l’opinion.

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« Retailleau doit pouvoir afficher des résultats, souligne-t-on dans l’entourage du premier ministre. S’il sort du gouvernement deux ans avant la présidentielle, ça fait pschitt. » Ainsi la stabilité de François Bayrou est-elle pour l’instant assurée. « Bayrou peut-il se passer de Retailleau ? C’est compliqué pour lui », estime le député (LR) de la Loire Antoine Vermorel-Marques, qui souligne l’impopularité du chef du gouvernement, la faiblesse de son assise parlementaire et l’échéance cruciale des municipales de mars 2026, où de « nombreux élus MoDem sortants ont été élus grâce à des maires LR ».

Mardi, lors de la réunion de groupe des députés LR, le ministre de l’intérieur a défendu sa stratégie et promis que son parti ne resterait pas jusqu’à « perpétuité » au sein du gouvernement. « Il ne faut pas qu’on parte sur un coup politicien. Notre départ doit être évident pour les Français », a-t-il lancé, conscient que ses sympathisants aspirent à la stabilité gouvernementale.

Poids lourd d’un gouvernement en sursis, Bruno Retailleau défend cependant une ligne en rupture avec celle du camp présidentiel. Aussi sa position sera-t-elle vite intenable, parie Harold Huwart. « Il est pris dans un triangle d’incompatibilités, juge l’élu, à la fois ministre d’un gouvernement macroniste, chef des Républicains et candidat potentiel à la présidentielleOr il ne peut pas être en même temps un supplétif, un adversaire et le fossoyeur du macronisme. » Un dilemme shakespearien qui pourrait bien se résoudre par une sortie théâtrale.

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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