Pendant ce temps là, dans la vraie vie, loin des tapis rouges foulés par les officiels promouvant le label « Grande cause nationale 2025 » pour la santé mentale… [5/ 6/…]

Édité par Genevieve Hénault Psychiatre

Pendant ce temps là, dans la vraie vie, loin des tapis rouges foulés par les officiels promouvant le label « Grande cause nationale 2025 » pour la santé mentale… [5/…]

Un hôpital psychiatrique situé à Auch, dans le Gers :

❌ des mois de mobilisation du personnel contre la dégradation des soins
❌ 15 lits bientôt fermés

Et… l’ARS décline l’invitation de venir rencontrer direction et soignants❗
Et… la Préfecture s’étonne auprès de la direction…

Et sinon, quand est-ce que l’on s’y met, à essayer d’enrayer la destruction systémique des soins psychiques en France, tant du côté psychiatrie publique que de celui du médico-social ?

pédopsychiatrie #psychiatrie #SantéMentale

GrandeCause #GrosseBlague

[Oui c’est déjà le 5ème épisode de « Pendant ce temps-là…
Avant, il y a eu le 1er à Laval : https://lnkd.in/eiFU_tfm
Le second en Seine-Saint-Denis : https://lnkd.in/eg6AnAxf
Le troisième dans l’Aveyron : https://lnkd.in/e22qDCg6 
Et le quatrième à Nantes : https://lnkd.in/eh2Wpvt8
On continue le tour de France ?]

Crise à l’hôpital psychiatrique d’Auch : des matelas et des flûtes pour dénoncer les « pipeaux » de la direction

Une cinquantaine de militants étaient présents pour l’action de ce jeudi.
  • Une cinquantaine de militants étaient présents pour l’action de ce jeudi. DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

   

Social,  Santé,  Gers

Publié le 15/05/2025 à 19:01 https://www.ladepeche.fr/2025/05/15/crise-a-lhopital-psychiatrique-dauch-des-matelas-et-des-flutes-pour-denoncer-les-pipeaux-de-la-direction-12698606.php

La réduction de lits en psychiatrie et le manque constant de moyens humains alarme le personnel de l’hôpital psychiatrique d’Auch. Face à des besoins en santé mentale croissants, les agents continuent de dénoncer l’inaction de la direction.

Sans réponse aux revendications, la mobilisation continue à l’hôpital psychiatrique d’Auch, dans le Gers. Ce jeudi 15 mai à 14 heures, une action surprise a été menée sur le site. À l’initiative de la CGT Santé et Action Sociale, soutenue par des agents mobilisés et des militants de la CGT, le personnel a symboliquement investi les locaux de la direction.

Des matelas ont été installés dans le bâtiment, une manière forte de dénoncer la réduction annoncée de 15 lits d’hospitalisation. Ce, alors que les besoins en psychiatrie explosent dans la région.

Le personnel est en grève depuis le lundi 12 mai.

Le personnel est en grève depuis le lundi 12 mai. DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

Et, pour donner une dimension encore plus parlante à leur action, les militants ont également joué de la flûte, en référence directe aux « pipeaux » que, selon eux, la direction ne cesse de leur raconter pour justifier ses décisions.

« Ça fait des mois qu’ils nous répondent la même chose. On voit la situation se dégrader. Au sein de la pédopsychiatrie, je vois la souffrance qui explose chez les enfants, souffrance à laquelle on ne peut pas répondre », témoigne Stéphanie.

Des matelas ont été disposés dans la salle de réunion dans les locaux de la direction pour dénoncer la suppression de lits.

Des matelas ont été disposés dans la salle de réunion dans les locaux de la direction pour dénoncer la suppression de lits. DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

Malgré la présence de la direction lors de cette mobilisation, aucun engagement concret n’a été pris. Les revendications du personnel, qui réclame le maintien des capacités d’accueil et davantage de moyens humains pour répondre aux besoins croissants en santé mentale, sont restées sans véritable réponse.

Une mobilisation qui devrait se poursuivre

Réunies dans la salle de réunion, les négociations n’ont pas vraiment abouti. À l’invitation de l’assemblée, la direction a proposé au directeur de l’ARS du Gers, Didier-Pier Florentin, de se joindre à la réunion. Il a décliné.

Des discussions se sont ouvertes entre la direction et le personnel.

Des discussions se sont ouvertes entre la direction et le personnel. DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

« On se mobilise car la direction nous a envoyé un mail suite à notre action de lundi pour démobiliser, on pense, l’ensemble du personnel. Ça été très mal pris et il y avait beaucoup de contre-vérités dans leur mail », souligne Angèle Léger, de la CGT Santé.

Alors que la santé mentale est pourtant déclarée grande cause nationale, la perspective de cette réduction de lits continue de susciter l’incompréhension au sein des rangs de l’établissement auscitain. Le préfet du Gers, informé de la situation, a lui-même relayé son étonnement auprès de l’Agence Régionale de Santé.

En attendant, le personnel reste mobilisé et déterminé à faire entendre sa voix. « On en a marre du pipeau ! », clament les agents, bien décidés à poursuivre leur lutte pour défendre une psychiatrie « digne et accessible à tous. »

A quelques dizaines de kilomètres de Toulouse, au centre hospitalier de Lavaur :

septembre 2024 fermeture de l’unité de réhabilitation (1)
décembre 2024 arrêt du chantier de l’EHPAD (2)
2025 : fermeture de la ferme thérapeutique de Ramel (3)

Et aujourd’hui, l’hypothèse de la transformation d’un projet d’unité de soins « long séjour » conçue pour les patient·es les plus en besoin d’accompagnement sur le moyen-long terme ‼️
Il s’agit encore une fois d’invisibiliser les plus malades en mettant en lumière les dispositifs innovants « sexy » et modernes qui abandonnent concrètement les plus vulnérables, les plus fragiles.

Ce communiqué ressemble à un texte syndical.
C’est un manifeste.
C’est un cri de défense de la psychiatrie publique.
C’est un appel à l’aide pour sauver les soins adressés aux plus concerné·es.

(1) https://lnkd.in/eBzp2QN5
(2) https://lnkd.in/ePz-Q-tA.
(3) https://lnkd.in/eiWQG4eC

Lavaur. Structures psychiatriques : une association se mobilise

Lavaur. Structures psychiatriques : une association se mobilise

Santé. L’association « La Voix des Patients », fondée en mars 2025, prend position face à la fermeture de plusieurs structures essentielles pour les personnes souffrant de troubles psychiques. 

Publié le 28/04/2025 à 11h00 1) https://lnkd.in/eBzp2QN5

– Par G.BL’association La Voix des Patients a été créée par les patients et pour les patients du Pôle Psychiatrie du Centre hospitalier de Lavaur. – 

© DR

Ad

Face à une situation que ses membres considèrent comme  » préoccupante « , l’association  » La Voix des Patients « , créée en mars dernier sous le statut de loi 1901, s’engage dans la défense des droits et du bien-être des personnes souffrant de troubles psychiques.

La récente fermeture de l’unité de réhabilitation de Fiac en septembre 2024, suivie par celle imminente de la ferme thérapeutique  » Le Ramel  » à la fin du mois d’avril, suscite une vive inquiétude parmi les usagers et les professionnels du secteur.

Ces établissements représentaient pour de nombreux patients bien plus qu’un simple cadre de soins : de véritables lieux de soutien et de ressourcement, favorisant une approche thérapeutique à la fois humaine et bienveillante. Leur disparition met en lumière une problématique majeure : la nécessité d’accorder une plus grande place à la parole des patients, tout en luttant contre les préjugés liés aux maladies mentales.

Créer un espace d’écoute et de dialogue

L’association entend pallier ce manque en créant un espace de dialogue et d’écoute, où patients, professionnels de santé, institutions et grand public pourront échanger librement. À travers rencontres, ateliers et conférences,  » La Voix des Patients  » souhaite sensibiliser à la réalité des troubles psychiques et combattre la stigmatisation persistante.

Son ambition est claire : transformer les perceptions et œuvrer pour une société où chaque individu, quel que soit son parcours, puisse vivre dans la dignité et la sérénité.

Contact : lavoixdespatients@proton.me

Lavaur : le chantier de l’Ehpad à l’arrêt

Le chantier est aujourd’hui désert.

ABONNÉS

  • Le chantier est aujourd’hui désert.  – J.C.C

   

Santé,  Grands chantiers,  Tarn

Publié le 16/12/2024 à 14:31 ) https://lnkd.in/ePz-Q-tA

Correspondant

Grues et autres engins de chantier ont disparu du chantier du nouvel Ehpad, jouxtant le centre Philippe Pinel.

Afin de permettre une amélioration de la qualité d’accueil des résidents l’établissement s’est engagé dans ce projet de reconstruction d’un bâtiment neuf de 85 lits qui devait ouvrir ses portes en 2025 (voir notre édition du 5 avril 2022)
Le Centre hospitalier de Lavaur a pris la décision le 2 décembre dernier de suspendre temporairement ces travaux dont la construction avait débuté en mai dernier.

Tensions financières

« Cette décision transitoire intervient dans un contexte de tensions financières et de difficultés de trésorerie rencontrées par le centre hospitalier de Lavaur » confie l’établissement dans un communiqué.
De « tensions financières » il est bien question puisque cette mesure vise directement à permettre à l’établissement de payer l’ensemble de ses charges courantes et de préserver des marges de manœuvre financières.
Bien entendu l’accueil des patients se poursuit dans les locaux actuels de l’Ehpad du Vaurais situé dans le centre hospitalier situé en cœur de ville.
Le 4 novembre dernier le centre hospitalier de Lavaur a ouvert seize lits de court séjour gériatrique à orientation cardiologique à destination des patients de 75 ans et plus.
Ce service comprend également un hôpital de jour gériatrique ainsi qu’une « consultation mémoire » qui permet de diagnostiquer un trouble cognitif. Ce service sera inauguré la 20 décembre prochain.
Par ailleurs le centre hospitalier de Lavaur a ouvert en juin dernier un nouveau plateau de consultations médicales permettant d’accéder à des médecins spécialistes tels que la cardiologie, la neurologie ou encore la diabétologie. « Les équipes du centre hospitalier travaillent actuellement au futur projet d’établissement qui définira la feuille de route afin de répondre aux besoins de la population pour les années à venir » promet le centre hospitalier dans un communiqué qui se veut rassurant.

Oui c’est déjà le 6ème épisode de « Pendant ce temps-là…


Avant, il y a eu le 1er à Laval : https://lnkd.in/eiFU_tfm
Le second en Seine-Saint-Denis : https://lnkd.in/eg6AnAxf
Le troisième dans l’Aveyron : https://lnkd.in/e22qDCg6
Le quatrième à Nantes : https://lnkd.in/eh2Wpvt8
Et le cinquième à Auch : https://lnkd.in/e2DUts6q
On continue le tour de France ?]

Les journaux titrent habituellement sur les fermetures de lits, ce que l’on entend comme places d’hospitalisation complète. Moins médiatisées certainement, moins spectaculaires immédiatement, les fermetures de structures de soins extra-hospitalières. Ici, c’est un hôpital de jour qui est menacé de fermeture. Un lieu de soins qui, écrivent les douze médecins qui s’opposent à sa fermeture « incarne une psychiatrie humaniste et émancipatrice. A travers le travail à la ferme, le soins aux animaux et le jardinage, il permet aux patients de renouer avec le monde vivant et de reconstruire leur rapport à l’autre ».

Moins spectaculaire mais désastreuse, cette rachitisation de l’offre de soins extra-hospitalière. Les soins qui permettent de (re)trouver un lien avec un ou des autres, de prendre le temps de (re)tisser en sécurité, patiemment, sans exigence de résultat, sans attente de réalisation d’objectif, le soin qui s’appuie sur la relation avec quelques supports simples – ici les animaux, le travail du jardin, ces soins-là, difficiles à objectiver, à excelliser, sont pourtant ceux qui préviennent la rechute, qui soulagent le sujet souffrant, qui allègent sa peine et celle de son entourage.

Lorsque l’on détruit tous les outils du soin psychique, que reste-t-il ? Des psychotropes ? Des bilans neuropsychologues suivis de 10 séances de rééducation cognitive ? Des soins ambulatoires contraints à raison d’une consultation médicale de 10 minutes tous les mois ? Et après ? C’est tout ?

Court texte de Monsieur J., accompagné par la ferme du Ramel :

« La ferme aux âmes »
C’était un coin de ciel ouvert, un bout de terre un doux repère,
Un havre ou l’on pouvait enfin souffler.
Parmi les ânesses et les moutons
Dans le silence ou en chanson
On réapprenait juste à exister
Les mains dans la terre
Le coeur un peu moins en enfer.
Ici, on guérissait sans bruit..
Mais ils ferment les portes, balayent nos espoirs
Un trait de budget et s’efface l’histoire.
Les poules picorent dans l’oubli, les ânesses pleurent sous la pluie
Comme nous elles ne comprennent pas
Des chiffres sur du papier froid
Quand l’état calcule et qu’on nous oublie.
C’était un coin de ciel ouvert, un bout de terre, un doux repère
Dis-moi, où irons-nous maintenant ? 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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