Sylvie Tordjman, une psy en mouvement pour les enfants en grande souffrance
Par Laure MarchandPublié aujourd’hui à 06h00 https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2025/05/04/sylvie-tordjman-une-psy-en-mouvement-pour-les-enfants-en-grande-souffrance_6602790_4500055.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=m-le-mag&lmd_send_date=20250504&lmd_email_link=m-le-mag-temps-fort_titre_3&M_BT=53496897516380
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Portrait
A bord de leur camion de consultation, la pédopsychiatre et son équipe se rendent au pied des foyers parisiens de l’aide sociale à l’enfance. Ce dispositif mobile, que Sylvie Tordjman a élaboré et auquel elle se dévoue corps et âme, permet d’aller à la rencontre de jeunes en souffrance aiguë, mais aussi d’aider les professionnels chargés de les encadrer. Une prise en charge salvatrice, au sein d’un système en grave crise.
Sylvie Tordjman enclenche la marche arrière, recule, et voilà son camion blanc garé sur les hauteurs du quartier de Ménilmontant, à Paris. Juste au pied de l’immeuble où Emma (les prénoms des enfants et des adolescents ont été modifiés), 19 ans, est hébergée en semi-autonomie dans un appartement de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Il est 9 h 45 en ce matin de mars, et la pédopsychiatre est à l’heure à leur rendez-vous.
Après quinze minutes d’attente, la jeune femme finit par arriver, un masque sur la bouche et vêtue d’un sweat ultra-large qui dissimule son corps frêle. Elle grimpe à l’arrière du véhicule aménagé en espace de consultation. « Bonjour Emma. Vous pouvez vous asseoir où vous voulez. Est-ce que ça vous va si, moi, je me mets là ? », l’accueille avec chaleur et précaution la médecin. Est-ce qu’une viennoiserie lui ferait plaisir ? Emma met de côté un pain au chocolat dont elle ferme méticuleusement le sachet.
C’est la quatrième fois depuis février que Sylvie Tordjman rencontre la jeune femme, qui ne sort quasiment plus de sa chambre et ne laisse personne y entrer. Aujourd’hui, elle lui présente Irène Chavez, art-thérapeute assise à ses côtés, qui va animer l’atelier dont elle lui avait parlé lors d’un précédent rendez-vous. « Etes-vous toujours partante pour y participer ? » Emma s’inquiète de savoir qui pourra regarder ses peintures. « Personne », si elle ne le souhaite pas. Alors, « oui », dit-elle à voix basse, elle aimerait bien venir. Mais « non », elle ne veut pas baisser son masque, même très rapidement, cela la « gêne » que l’on voie son visage.
La consultation, qui a duré une bonne heure et demie, a aussi permis d’étudier l’agenda du sommeil que Sylvie Tordjman avait demandé à Emma de remplir. Les nuits hachées et perturbées apparaissent clairement, l’absence de repas aussi. Pour la prochaine fois, Emma voudrait bien une boisson, « un Coca Cherry », précise-t-elle en souriant. Et part avec son pain au chocolat rejoindre sa chambre.
Sylvie Tordjman entre sur son navigateur GPS l’adresse d’un foyer situé derrière Montmartre et appelle pour prévenir de son retard : il faudra qu’Ibrahim patiente un peu pour qu’ils puissent déjeuner ensemble, comme prévu. Elle apporte le sandwich au thon et les chips que le jeune garçon lui a commandés. Installée au volant, Sylvie Tordjman, 64 ans, longue chevelure brune, démarre et file vers le nord de Paris.
Chaire de santé mentale
Depuis juin 2024, cette professeure de pédopsychiatrie a constitué une équipe mobile d’intervention auprès des enfants et des adolescents (l’Emifase) accueillis au sein des foyers de l’ASE, à Paris. Il s’agit d’un dispositif d’urgence destiné aux 4-21 ans traversant une crise aiguë. Il prévoit une première rencontre d’évaluation sous quarante-huit heures et un suivi de 10 rendez-vous maximum, menés par un binôme de soignants (éducateurs, infirmier, psychologues, pédopsychiatre), afin de mettre en place un accompagnement construit avec le jeune.
Cette action sur le terrain se déploie sous la houlette de la toute nouvelle chaire de santé mentale de l’université Paris Cité consacrée à la protection de l’enfance. Inaugurée en février et financée par la Mairie de Paris – la protection de l’enfance relève de la compétence des départements –, elle a été confiée et taillée sur mesure pour Sylvie Tordjman. « Je ne vois pas qui d’autre qu’elle aurait été capable de prendre en charge cette chaire, qui combine clinique et recherche »,s’enthousiasme Dominique Versini, adjointe d’Anne Hidalgo chargée de la protection de l’enfance, qui a fait venir la pédopsychiatre de Bretagne.
Il y a une quinzaine d’années, quand elle était Défenseure des enfants (de 2006 à 2011), Dominique Versini était à la recherche d’innovations qui viendraient soulager la souffrance psychique des plus jeunes. Elle avait alors repéré la cheffe du pôle hospitalo-universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’université de Rennes. En 2004, Sylvie Tordjman y avait créé la première équipe mobile pédopsychiatrique en France avec un bureau de consultation dans un camion. « Elle se donne à fond pour les enfants, ne lâche rien. Ce qui, étant donné les carences des pouvoirs publics à la fois dans le domaine de la pédopsychiatrie et de l’ASE, est essentiel », poursuit Dominique Versini.
Les rapports sur les défaillances du système de prise en charge des mineurs en danger en France se succèdent depuis des années. Le dernier, sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance rendu le 8 avril par une commission d’enquête parlementaire, dénonce un « écosystème qui hier était à bout de souffle et aujourd’hui [est] dans le gouffre ». C’est dans ce contexte alarmant, où les placements d’enfants aboutissent « trop souvent » à des violences, que Sylvie Tordjman intervient, avec une équipe pluridisciplinaire, auprès de jeunes en grande souffrance. A Paris, 4 800 enfants sont placés et, en France, 30 % des enfants placés souffrent de troubles psychiatriques ou d’un handicap reconnu.
« Même les plus robustes craquent »
Pour la pédopsychiatre, le principe de la consultation mobile est au cœur de la prise en charge : « Beaucoup de ces jeunes et leur entourage ont des représentations figées de la situation. En allant vers l’enfant, le camion et l’équipe à son bord renvoient au mouvement : du mouvement physique au mouvement psychique. Cela va permettre aux patients de s’inscrire dans un processus de changement. » Le premier rendez-vous se déroule dans le foyer, lieu de la crise, les suivants dans le camion et les derniers, symbolisant l’ouverture, à l’extérieur.
Restaurant, café, parc… C’est le jeune qui choisit. « Les cohortes étudiées à Rennes ont montré qu’un changement de lieu est significativement associé à l’engagement thérapeutique », poursuit Sylvie Tordjman, quand le téléphone commun à l’équipe sonne. La psychiatre s’interrompt aussitôt pour répondre. Une jeune fille suivie est en fugue depuis plusieurs jours.
« Les professionnels qui nous contactent ont besoin de sentir que nous sommes à leur disposition, explique-t-elle. Quand on est au bout du rouleau, tomber sur un répondeur équivaut à une fin de non-recevoir. Cela peut être perçu comme une violence institutionnelle. » Les dysfonctionnements de l’ASE fragilisent les professionnels qui accompagnent les mineurs. Usure, burn-out, perte de sens, turnover… « Même les plus robustes craquent. » Le dispositif d’urgence s’adresse aussi à eux.
Directeur de quatre foyers d’hébergement de la fondation La vie au grand air, Toufik Taaleb, 48 ans, se voit confier les enfants placés les plus cabossés. Dernièrement, Lara, 16 ans, mettait à mal les éducateurs avec des crises continuelles, fuguait, se prostituait… Impuissant, avec un personnel en sous-effectif, ce professionnel aguerri en était réduit à signaler chaque « événement indésirable » à l’ASE, ainsi que le prévoit la procédure, sans pouvoir rien faire d’autre. Toufik Taaleb a alors contacté l’équipe mobile.
« Débarquer en conquérant, c’est l’échec assuré »
Quelle ne fut pas sa surprise de constater que « Sylvie Tordjman se déplaçait sur site. Sa venue montrait sa considération pour notre travail, on l’a tout de suite senti. Avec son équipe, elle venait pour nous aider, pas pour nous juger, et pour trouver, avec nous, des solutions pour l’enfant ». Lara fugue toujours, mais en journée seulement. Elle s’est apaisée. Le suivi élaboré depuis un an a remobilisé autour d’elle l’équipe, qui était épuisée. Sa mère, en grande difficulté, a accepté de se faire accompagner psychologiquement. Il s’agissait d’une demande de Lara.
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« Avec ces jeunes, qui ont un vécu fait de ruptures et de traumatismes, il faut bien comprendre que travailler en réseau est indispensable, insiste Sylvie Tordjman. Débarquer en conquérant, en s’imaginant que l’on va être meilleur que les autres, c’est l’échec assuré. Les jeunes doivent sentir un maillage qui les entoure et tient, quoi qu’ils fassent pour le mettre à l’épreuve. C’est aussi une façon de leur représenter les liens qui leur ont fondamentalement manqué. Et pour nous, professionnels, l’équipe mobile et ses partenaires permettent de nous adosser les uns aux autres, de remettre en route la machine à penser. C’est la seule façon d’y arriver. »
Pour l’instant, 33 jeunes sont suivis. L’objectif est de parvenir à une centaine d’accompagnements par an. La pédopsychiatre est également en train de mettre sur pied un dispositif d’intervention d’urgence dans les familles d’accueil parisiennes, elles aussi en grande difficulté.
Aller vers les jeunes
Sylvie Tordjman ne dort que six heures par nuit et consacre tout son temps à l’ASE. Maximilien Accolas, directeur d’une école primaire dans le 20e arrondissement de Paris, se souvient d’un coup de fil qu’elle lui a passé pendant les vacances de Noël, pour lui parler de Paul, placé en foyer. Scolarisé en CM1, le garçon était incapable de tenir en classe, enchaînant plusieurs crises par jour. « Entre le turnover des éducateurs du foyer et les intérimaires jamais à l’heure à la sortie de l’école, qui pourrait aller bien ? », soupire le chef d’établissement.
Pour lui, à part appeler les pompiers ou le foyer, c’était l’impasse totale. « L’œil d’experte de Sylvie Tordjman nous a permis de changer de regard, de voir Paul autrement que comme un élément perturbateur. Elle se nourrissait énormément de ce que nous lui disions. Elle n’était pas avare de compliments pour les deux jeunes en service civique, Lina et Yasmina, à qui elle avait confié un rôle important dans l’accompagnement de Paul. Elle leur disait : “Ce que vous faites est très très bien, c’est exactement la posture qu’il faut, c’est formidable.” C’était très motivant ! »
Pendant deux décennies, au centre hospitalier Guillaume-Régnier, à Rennes, Sylvie Tordjman a étudié les effets des dispositifs mobiles – elle en a créé cinq différents – sur les jeunes patients, réajustant et affinant ses théories. « Son approche inversait complètement la demande, se souvient Matthias Wiss, pédopsychiatre à Rennes. En pédopsychiatrie classique, on part du principe que le travail thérapeutique ne peut s’instaurer que s’il y a une demande. Elle proposait l’inverse : aller vers un jeune qui fait du bruit pour manifester son problème, même s’il ne veut voir personne. L’intervention professionnelle s’effectuait toujours en binôme tournant, pour bénéficier de différents points de vue, et la famille était toujours au courant. Cela a très bien fonctionné. »
« Elle était l’Annapurna, nous étions le Massif central »
Ses innovations n’ont pourtant pas été du goût de tous. « Elle avait un spectre clinique beaucoup plus large que celui qui était pratiqué par les équipes en place à l’époque, explique Henri Fagon, cadre infirmier à la retraite, qui a travaillé à ses côtés pendant vingt ans. Elle est arrivée comme un chien dans un jeu de quilles. » Son caractère parfois éruptif n’a pas toujours aidé.
Son affranchissement des convenances du milieu médical non plus, explique-t-il : « Pour elle, la parole d’une assistante sociale concernant un enfant est aussi valable que celle d’un médecin. » Bref, pour user d’une métaphore, « elle était l’Annapurna, nous étions le Massif central », raconte celui qui estime qu’il lui doit « des années professionnelles exceptionnelles ».
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Sans surprise, Sylvie Tordjman, dont les travaux sur les jeunes à haut potentiel intellectuel (HPI) en difficulté font référence (elle a étudié l’expression d’un haut potentiel chez les enfants défavorisés, des favelas brésiliennes à Pékin), a une réputation de surdouée. « Je ne suis pas haut potentiel intellectuel », balaye l’intéressée, qui s’« observe comme un rat de laboratoire ».
Elle était « nulle » en maths, a eu zéro au bac et redoublé sa première année de médecine. En revanche, cette fille de médecin qui a grandi à Paris a « toujours eu en tête » qu’en « travaillant énormément », « en faisant un petit pas chaque jour », on pouvait parvenir à un résultat. Enfant, sa méthode avait fonctionné pour la corde à sauter, puis pour la physique, matière à laquelle était « hermétique ».
La rapidité de son élocution témoigne d’un cerveau qui mouline à toute vitesse. Elle reconnaît avoir des dispositions particulières dans « le domaine de la créativité ». Chez elle, les associations d’idées surgissent en continu. En février, elle s’est rendue au Salon de l’agriculture avec le compagnon d’une de ses filles, qui est agriculteur. A la fin de la visite, elle avait élaboré une méthodologie pour étudier l’impact de la musique sur la production laitière, en quantité et en qualité.
Elle a « baigné là-dedans »
Par curiosité, elle a regardé sur Internet ce qui avait déjà été fait en la matière. Très insuffisant, selon elle, d’autant que « les études ont porté principalement sur la musique classique ou rock », alors que la techno, « avec ses invariants »,serait particulièrement intéressante à tester. De l’amélioration de la production de lait de vaches, la pédopsychiatre est passée au lait maternel. Elle va en toucher deux mots à un chercheur qui travaille sur le sujet.
« J’aime réfléchir et produire des idées », dit simplement la scientifique. Cela l’amuse. « La capacité de penser est essentielle : elle me maintient en vie. » Face aux coups durs, cette aptitude est même « une résistance » sans laquelle elle aurait « pu s’effondrer ». Sylvie Tordjman reste discrète sur sa vie familiale, marquée par plusieurs blessures. Elle doit à son père d’avoir appris à tenir « contre vents et marées ». Son frère aîné, mort à 63 ans, souffrait « de troubles psychiatriques importants ».
Dès 12 ans, elle a « baigné là-dedans », les crises, les hurlements, les refus de soins, l’angoisse des parents pendant les fugues. L’importance qu’elle accorde, dans sa pratique, à l’approche familiale vient « peut-être » de là : « J’ai été sensibilisée tôt au fait qu’une problématique ne peut pas se réduire à un individu, qu’une famille peut se trouver embarquée et enfermée dans du pathologique. » Des déboires de son grand-père paternel, qui a perdu au poker le commerce de verrerie qu’il tenait à Oran, en Algérie, elle a retenu que « rien n’est jamais acquis ».
Sollicitée par Boris Cyrulnik
Une thèse de doctorat sur l’autisme infantile, un passage par l’université de Yale… Elle envoie un document de 24 pages en petits caractères quand on lui demande son CV pour s’y retrouver dans son parcours. Reconnaissant travailler « comme une dingue » depuis toujours, elle a choisi médecine pour faire psychiatrie.
Dans une discipline qui souffre souvent d’être divisée en chapelles, son parcours de scientifique et de pédopsychiatre lui a appris au contraire « qu’en ce qui concerne le développement de l’enfant, il n’est pas possible de dissocier les facteurs biologiques et génétiques des facteurs psychologiques et affectifs ».
Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik a sollicité sa consœur pour participer à l’ouvrage collectif Pour une nouvelle psychiatrie. Propositions (éd. Odile Jacob, 2023). S’il était encore sur le terrain – Boris Cyrulnik est aujourd’hui âgé de 87 ans –, il lui demanderait de venir travailler avec lui. « Son attitude épistémologique est totalement ouverte et globale, elle n’excommunie aucun courant, observe-t-il. Cela exige beaucoup de travail, alors qu’en psychiatrie, on peut faire une carrière avec un savoir fragmenté et quelques revues. »
Qualité du repas et dépression
La chaire de santé mentale dédiée à la protection de l’enfance est rattachée à l’unité de recherche Integrative Neuroscience and Cognition Center du CNRS, dont elle dépend. Au sixième étage du campus Saint-Germain-des-Prés de l’université Paris Cité, depuis son minuscule bureau partagé, Sylvie Tordjman dispose d’une vue magnifique sur Notre-Dame. Elle a hâte de lancer ses recherches afin d’identifier des ressources sur lesquelles les enfants pourront s’appuyer pour grandir et « développer leurs potentiels, malgré les ruptures et les troubles de l’attachement qu’ils ont vécus ».
Elle a déjà prévu de nombreux axes de travail. Elle va commencer par des études autour du goût. Ce sens est un outil précieux pour accéder à l’altérité et aux émotions. Le moment du repas retient toute son attention. Dans le foyer Didot, dans le 14e arrondissement, « on voit la cuisinière aux fourneaux dès l’entrée ; l’odeur crée une ambiance tout à fait différente, familiale. Dire que les repas sont importants ne suffit pas, il faut avoir des billes pour convaincre de l’intérêt de changer le process, l’avoir objectivé par des recherches ».
Elle va animer un atelier avec Laurent Aron, spécialiste du goût et chercheur associé à l’université Paris Cité, et prévoit aussi de mesurer l’effet d’un repas sur la dépression lorsqu’il est pris dans un cadre élégant, au sein de l’école de gastronomie Ferrandi. Pour bien préciser que ce volet est important, elle nous a laissé un message à… 23 heures. Sylvie Tordjman sait que son « côté acharné » paye souvent. « Quand les parkings affichent complet, mon mari ne s’y engage pas. Moi si, parce qu’en appuyant sur le bouton, j’ai constaté qu’une fois sur deux, la barrière s’ouvre quand même. »