M. Falorni et ses corapporteurs, dont trois députés de l’opposition, ont eu à cœur de rester au plus près de « l’équilibre » du texte proposé pour « le Droit à l’aide de mourir ».

Les députés ont approuvé en commission une proposition de loi créant un « droit à l’aide à mourir », assorti de strictes conditions

Les débats dans l’hémicycle sur les deux textes commenceront le 12 mai pour deux semaines, avec une discussion générale commune, et deux votes solennels prévus le 29 mai. 

Le Monde avec AFPPublié le 02 mai 2025 à 19h06, modifié le 02 mai 2025 à 19h47 https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/05/02/les-deputes-ont-approuve-en-commission-une-proposition-de-loi-creant-un-droit-a-l-aide-a-mourir-assorti-de-strictes-conditions_6602322_3224.html

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Le député français du groupe MoDem, Olivier Falorni, à l’Assemblée nationale à Paris, le 27 mai 2024.
Le député français du groupe MoDem, Olivier Falorni, à l’Assemblée nationale à Paris, le 27 mai 2024. STÉPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le texte permettrait aux malades souffrant d’une « affection grave et incurable » qui « engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale » et ne supportant plus leurs souffrances, de recevoir ou de s’administrer une substance létale. Il a été adopté vendredi 2 mai, par 28 députés contre 15, et une abstention ; soutenu par la majorité des représentants de la gauche et des groupes macronistes, et âprement combattu par ceux du Rassemblement national (RN) et des Républicains (LR).

La commission des affaires sociales avait déjà approuvé à l’unanimité, avant la pause parlementaire, une proposition de loi sur les soins palliatifs défendue par Annie Vidal (Renaissance).

Le texte d’Olivier Falorni (groupe MoDem), créant un « droit à l’aide à mourir », est issu du projet de loi « relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie ». Tout comme le texte sur les soins palliatifs, porté au printemps 2024 par la ministre de la santé, Catherine Vautrin, et qui n’avait pu aller à son terme en raison de la dissolution.

Les débats dans l’hémicycle sur les deux textes commenceront le 12 mai pour deux semaines, avec une discussion générale commune, et deux votes solennels prévus le 29 mai.

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Tout au long des débats en commission, M. Falorni et ses corapporteurs, dont trois députés de l’opposition, ont eu à cœur de rester au plus près de « l’équilibre » du texte proposé. In fine, seuls 68 amendements sur plus de mille en discussion ont été adoptés.

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Ainsi l’article-clé du texte définissant les critères d’éligibilité à l’aide à mourir a-t-il été à peine retouché.

Ces cinq critères cumulatifs sont : être âgé d’au moins 18 ans ; français ou résidant en France ; atteint d’une « affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale » ; cette dernière provoquant une « souffrance physique ou psychologique » réfractaire aux traitements ou insupportable ; être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.

Dans sa version initiale, le projet de loi prévoyait que les jours du demandeur soient en danger « à court ou moyen terme »– la difficulté étant de savoir ce que recouvre cette notion de « moyen terme ».

La collégialité de la décision

Les députés ont, par ailleurs, décidé de laisser aux patients le libre choix entre autoadministration du produit létal et administration par un soignant volontaire pour le faire, alors que le texte initial prévoyait que celle-ci ne soit possible que lorsque le patient « n’est pas en mesure physiquement d’y procéder ». Une évolution contestée notamment par la députée Horizons et ancienne ministre de la santé Agnès Firmin-Le Bodo.

Autre sujet qui interroge jusqu’au sein du gouvernement, celui de la collégialité de la décision. Le texte prévoit pour l’instant que le médecin sollicité par le patient décide seul s’il est éligible, après avoir recueilli l’avis d’au moins un autre médecin et un autre soignant. Le sujet devrait être retravaillé par les rapporteurs d’ici à la séance.

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En première ligne pour le groupe LR, les députés Philippe Juvin, Thibault Bazin, Patrick Hetzel et Justine Gruet ont bataillé sur la sémantique, demandant que les termes d’« euthanasie » et de « suicide assisté » soient écrits noir sur blanc, et ont tenté d’infléchir une procédure ne proposant pas assez de garde-fous selon eux (délais, possibilités de recours et de contrôle, place de l’écrit, du distanciel…).

Le RN s’est particulièrement élevé contre la création d’un délit d’entrave, qui sanctionnerait pénalement le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer le droit à mourir.

De l’autre côté du spectre, des députés de gauche se sont efforcés d’étendre ce droit, Danielle Simonnet (groupe Ecologiste et social) défendant avec constance – mais sans succès – la possibilité d’exprimer son choix concernant l’aide à mourir dans des directives anticipées.

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Le Monde avec AFP

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2025/04/30/aide-a-mourir-le-mecanisme-actuellement-preconise-sur-les-modalites-de-controle-a-posteriori-et-via-des-commissions-exclusivement-medicales-a-montre-ses-limites-dans-dautres-pays/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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