Les médecins libéraux refusent tout: « tant que ce texte n’est pas retiré, on se mobilisera ».

Libre installation des médecins : malgré les annonces de Bayrou, la fièvre ne retombe pas »

Date de publication : 29 avril 2025 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=0ae545b54f04f034b7454eb20f3b8283&id_newsletter=21891&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=21891&from=newsletter

Libération

Apolline Le Romanser note dans Libération que « la quasi-totalité de la France (87%) est un désert médical, soit 6 millions de personnes sans médecin traitant ».


La journaliste rappelle que « la proposition de loi Garot, transpartisane et signée par plus de 250 députés, entend apporter des solutions à ce constat. Mais parmi elles se trouve un vieux chiffon rouge : la régulation de l’installation des médecins – il ne serait plus possible d’ouvrir un cabinet dans une zone surdotée, à moins de remplacer le départ d’un médecin d’une même spécialité ».


Apolline Le Romanser indique ainsi que « l’article prévoyant cette mesure a été adopté début avril. Et a suscité une levée de boucliers des blouses blanches, en particulier des étudiants et jeunes diplômés, qui se traduit par une grève illimitée entamée ce lundi 28 avril ainsi que des manifestations prévues mardi partout en France ».


La journaliste observe toutefois que « le Premier ministre a décliné, vendredi 25 avril, un «plan de lutte contre les déserts médicaux». Avec, parmi les mesures dévoilées, ce qui ressemble à une contre-proposition : pas de régulation à l’installation, mais une «mission de solidarité» ».
« L’idée est que des médecins venus de territoires mieux dotés se relaient dans des zones jugées prioritaires, en y consacrant chacun jusqu’à 2 jours par mois – tout en pouvant se faire remplacer dans leur cabinet principal. […] Cette mesure pourrait permettre d’assurer 30 millions de consultations supplémentaires par an », 
indique Apolline Le Romanser.


Le député Guillaume Garot (PS) réagit : « C’est largement insuffisant. Je ne vois pas comment ça pourrait fonctionner : les territoires les mieux dotés et les moins bien dotés sont éloignés parfois de plusieurs centaines de kilomètres ! ».
Anna Boctor, présidente du syndicat Jeunes Médecins, déclare que « c’est bien sur le papier, on va travailler avec le gouvernement, mais comment le mettre en œuvre en si peu de temps ? ».


Agnès Gianotti, présidente de MG France, observe de son côté : « On n’est pas opposés sur le fond, il faut réfléchir à quels médecins seront concernés. Mais pas avec le couteau sous la gorge ».
Apolline Le Romanser relève que « la ligne rouge est toujours la même pour les syndicats : pas de coercition ».


Yannick Neuder, ministre de la Santé et de l’Accès aux soins, indique ainsi : « Pour l’instant, on mise beaucoup sur l’engagement, sur la solidarité, avec une incitation financière […] Si certains ne le font pas, on verra si effectivement il y aura des pénalités ou autres ».


La journaliste continue : « Alors, envolée, la régulation de l’installation prévue dans la proposition de loi Garot, tant décriée par les blouses blanches ? Pas vraiment ». Guillaume Garot indique en effet qu’« elle ne peut pas être remplacée par les annonces du gouvernement, elles ne peuvent pas effacer le travail parlementaire ».
Les syndicats de médecins remarquent pour leur part : « Pour nous, les annonces ne changent rien à notre mobilisation. Tant que ce texte n’est pas retiré, on se mobilisera ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire