L’augmentation de la température de la Loire pèse sur les écosystèmes
Eau | 15.04.2025 https://www.actu-environnement.com/ae/news/etude-temperature-estuaire-loire-groupement-interet-public-loire-estuaire-changement-climatique-45998.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8Mzc1NA%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

Comment évolue la température de l’eau du plus long fleuve français, la Loire ? Pour y répondre, le groupement d’intérêt public Loire Estuaire (1) (Giple) s’est appuyé sur les données du réseau de mesure haute fréquence déployé depuis 2007 dans l’estuaire. Les résultats de l’étude (2) montrent un système dynamique influencé à la fois par des facteurs climatiques, hydrologiques et océaniques. « L’analyse des données de 2007 à 2023 révèle une tendance au réchauffement des températures de l’air et de l’eau, avec une hausse plus marquée en été, souligne le document. Le réchauffement est plus important à l’amont, tandis que l’aval, soumis à l’influence océanique, montre une inertie thermique plus grande. Ce réchauffement dépasse l’évolution de la température de l’air, suggérant des facteurs additionnels influençant les cours d’eau. »
Ces modifications ne sont pas sans conséquences pour les écosystèmes : l’augmentation des températures peut en effet affecter la répartition des espèces et la disponibilité en oxygène dans l’eau, perturbe les cycles biogéochimiques des nutriments, mais également favorise la prolifération de cyanobactéries et micro-organismes. Avec une migration des poissons limitée quand le seuil de 20 °C est dépassé et des mortalités au-delà de 25°C. « L’analyse des seuils critiques (20°C et 25°C) met en évidence un allongement de la période durant laquelle ces températures sont atteintes, en particulier dans les stations situées en amont, constate le Giple. Cela peut avoir des conséquences sur la faune aquatique, notamment sur les espèces migratrices comme le saumon et l’alose, dont les migrations et la survie sont limitées par des températures élevées. »
Le Giple souligne l’importance d’un suivi continu des paramètres thermiques et hydrologiques pour anticiper et adapter la gestion de l’estuaire. Dans le même temps, les scénarios du Giec envisagent une réduction des débits de la Loire de 20 à 50 % à l’horizon 2070 par rapport à la période 1971-2000. « Les impacts soulignent l’urgence d’établir des stratégies d’adaptation et de mitigation prenant en compte les interactions complexes entre température, paramètres physico-chimiques et réponses biologiques au sein de cet écosystème estuarien particulièrement vulnérable », interpelle-t-il.1. L’objectif du Giple est d’améliorer la compréhension du fonctionnement de la Loire. Créée en 1998, la Cellule de mesures et de bilans (CMB) de la Loire estuarienne a évolué pour devenir le groupement d’intérêt public (GIP) Loire Estuaire en 2004. Celui-ci rassemble les différents acteurs de la Loire, de la Maine à la mer : État, collectivités, établissements publics, armateurs, industriels.2. Télécharger « Étude de la température de l’eau dans l’estuaire de la Loire »
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-45998-etude-temperature-loire-groupement-interet-public-loire-estuaire.pdf
Dorothée Laperche, journaliste
Cheffe de rubrique eau / santé environnement