La MGEN, par la voix de son Président Matthias Savignac exprime des positions très radicales en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie

Suicide assisté, euthanasie : Attention, la MGEN, « quand on monte à l’arbre, il faut avoir le cul propre » !

Frédéric Bizard

La MGEN, par la voix de son Président Matthias Savignac exprime des positions très radicales en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie dans #LeFigaro le 11/4/2025. 

Il suggère, entre autres, de supprimer le critère de « phase avancée ou terminale » (une dépression chronique sévère pourrait alors suffire) pour l’accès à l’aide à mourir, et de favoriser l’accès à l’euthanasie même quand le suicide assisté est possible….

Tout cela, bien sûr, au nom de valeurs humanistes et de progrès social.

S’il est tout à fait légitime que le citoyen Matthias Savignac expose son point de vue sur le sujet, la question est de savoir s’il est pertinent qu’il le fasse au nom d’une des plus influentes mutuelles de notre pays, la MGEN, engageant ainsi tout un secteur dans cette prise de position.

Sur un sujet aussi sensible, il est indispensable de clarifier d’où l’on parle et de savoir si c’est une position partagée par le monde mutualiste dans son ensemble.

La socialisation des dépenses de santé est menacée, y compris pour la fin de vie

La crise financière de la sécurité sociale met en péril la solidarité qui garantit notre protection sociale de la naissance à la mort.

S’il y a bien encore la sécurité sociale qui assure le fonctionnement solidaire de la gestion de nos risques sociaux, elle le fait largement à crédit, ce qui pose la question morale de l’équité intergénérationnelle et de sa survie à moyen terme.

Les mutuelles jouent un rôle d’acteurs complémentaires dans un système de financement dont la crise n’est pas moins profonde , sur le plan :

  • des inégalités sociales qu’elle génère (surtout dans la classe moyenne des retraités);
  • de la faible efficacité de la couverture du risque santé;
  • de son niveau faramineux en coûts administratifs (20% des cotisations, >8 Mrds €/an).

La cause du mal ne vient pas de la présence des mutuelles, per se, mais de l’architecture du financement de la santé à deux étages (assureur public + assureur privé pour la même prestation), qui est inopérante pour relever les défis contemporains.

Est-ce bien raisonnable, de la part d’un patron de mutuelles, d’ignorer ce contexte dans une position sur l’aide à mourir.

De quoi parle-t-on ?

Du risque de ne plus être capable de socialiser nos dépenses de santé, dont celles très élevées de la fin de vie (de l’ordre de 35 000 € pour la dernière année).

Si la sécu en prend encore en charge 90%, les 10% restants pèsent lourdement sur la classe moyenne de notre pays.

Que propose la MGEN pour financer la fin de vie, les soins palliatifs, la dépendance, et la prévention qui garantirait une plus grande égalité face au vieillissement en bonne santé ?

Si Matthias Savignac veut œuvrer utilement pour le progrès social, il a de quoi faire. Il faut largement restructurer le système. Dommage qu’il n’ait pas dit un mot sur le sujet !

Une position extrémiste à clarifier

Sa position est celle d’ un ultra libéralisme social, défendant un accès le moins encadré possible à l’euthanasie.

Ce serait un grand aggiornamento des valeurs mutualistes si ce point de vue était confirmé par la @Mutualitéfrançaise.

Avant toute décision politique sur l’aide à mourir, il faut impérativement garantir que la question de la soutenabilité financière de cette fin de vie pour les classes populaires et moyennes soit garantie à court et à long terme.

MatthiasSavignac devrait savoir que ce n’est pas le cas.

Cette prise de position extrémiste, de nature libertarienne,  exprimée sans retenue au nom de la MGEN (et de ses valeurs sociales),  dans un grand quotidien national, est une maladresse qu’il est urgent de clarifier.

La Mutualité française devrait s’exprimer : s’agit-il d’un dérapage personnel ou d’une position politique partagée par le monde mutualiste ?

Enfin, cette position révèle l’ignorance délétère de la crise profonde que traverse notre système de santé, chez certains de ses dirigeants.

Leur déconnexion avec la réalité est vraiment un obstacle majeur à toute réforme !

Catégories : le blog santé

« Aide à mourir » : une mutuelle propose des amendements aux députés

12 AVR, 2025 https://www.genethique.org/aide-a-mourir-une-mutuelle-propose-des-amendements-aux-deputes/

Alors que les députés s’apprêtaient à examiner la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) a envoyé à des parlementaires des propositions d’amendements. L’organisme « préconise d’élargir les conditions d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie au travers de quinze amendements prêts à l’emploi ».

Des élargissements tous azimuts

La mutuelle voudrait tout d’abord voir supprimer la notion de « phase avancée ou terminale » de la maladie des conditions à remplir pour avoir recours au suicide assisté (cf. La Commission spéciale adopte l’« aide à mourir », sans la conditionner à un pronostic vital engagé). « Cette notion est médicalement très complexe à déterminer et a pour conséquence d’exclure certaines personnes atteintes de maladies dégénératives voire neurodégénératives », argumente la MGEN.

L’organisme recommande aussi de prévoir la possibilité de demander l’euthanasie via les directives anticipées, « notamment “dans un état de mort cérébrale” (sic), de “coma” ou d’”état végétatif irréversible” ». D’autres amendements visent à laisser le « choix» entre suicide assisté et euthanasie ou encore à supprimer le critère de nationalité (cf. Fin de vie : « disposer d’un choix n’est pas bénéfique par nature »).

Des euthanasies pour faire des économies ?

« Est-ce un calcul économique ou de l’idéologie ? Difficile à dire », s’interroge le député LR Philippe Juvin. « Mais je ne suis pas sûr que ce soit le rôle d’un organisme chargé de rembourser des soins de faire la promotion de l’euthanasie alors que l’on sait bien qu’abréger des vies fait faire des économies à la société dans les pays où elle est autorisée », relève-t-il (cf. Canada : 1200 euthanasies en plus, 149 millions de dollars de frais de santé en moins). En effet, « les périodes de fin de vie coûtent très cher, particulièrement la dernière année » (cf. Euthanasie : la question économique que personne ne soulève).

Le président de la MGEN, Matthias Savignac, se défend de tout calcul, dénonçant un « procès d’intention ». La mutuelle « a mené dès son origine des combats de convictions en faveur de la contraception, de l’IVG ou, plus récemment, de la laïcité. La défense de droits sociaux est inscrite dans notre ADN », affirme-t-il. En 2023, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) s’était alliée à la MGEN et à plusieurs autres organisations dans un « pacte progressiste fin de vie » en faveur de l’évolution de la loi (cf. Fin de vie : des mutuelles et fédérations professionnelles pour « l’aide active à mourir »).

Source : Le Figaro, Agnès Leclair (11/04/2025)

«Nous accompagnons nos assurés de leur premier à leur dernier souffle»: ces amendements proposés par une mutuelle pour élargir l’accès à l’aide à mourir

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Mis à jour le 12 avril 2025 à 09h54


Le président de la MGEN, Matthias Savignac, réfute fermement tout calcul dans l’engagement de la mutuelle en faveur de l’aide à mourir.Chinnapong / stock.adobe.com

DÉCRYPTAGE – L’organisme a envoyé des propositions clé en main aux députés pour assouplir le texte sur l’euthanasie et le suicide assisté. Un « mélange des genres » malvenu alors l’organisme rembourse des frais de santé ? Son président, Matthias Savignac, invoque une tradition de défense de droits sociaux.

La Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) démarche les députés pour repousser les limites de loi sur l’aide à mourir. En avril, la mutuelle a envoyé à des parlementaires des propositions d’amendements par mails, juste avant l’examen du texte en commission des affaires sociales. Dans son courrier, que Le Figaro a consulté, elle préconise d’élargir les conditions d’accès au suicide assisté et à l’euthanasie au travers de quinze amendements prêts à l’emploi.

À découvrir

Le premier changement réclamé par la MGEN est la suppression de la notion de « phase avancée ou terminale » de la maladie pour avoir recours au suicide assisté« Cette notion est médicalement très complexe à déterminer et a pour conséquence d’exclure certaines personnes atteintes de maladies dégénératives voire neurodégénératives », critique l’organisme mutualiste.

Ce dernier souhaiterait également que l’euthanasie puisse être réalisée à partir d’une demande inscrite dans les directives anticipées pour prendre en compte…

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Voir aussi:

Fin de vie, lettre ouverte à Monsieur le Premier Ministre, François Bayrou

23 JANVIER 2025

ENGAGEMENT

SOIN

Nous, membres du Pacte progressiste Fin de vie, réagissons à l’annonce du projet de scission du texte législatif qui reviendrait à porter devant le Parlement non pas une mais deux propositions : une portant sur les soins palliatifs et l’autre sur l’aide à mourir.

Jusqu’alors, le sujet d’évolution de la loi fin de vie, porté par le Président de la République, après une Convention citoyenne organisée par le CESE, après un long temps de réflexion, était pensé comme englobant les soins palliatifs et l’aide à mourir. Les ministres Agnès Firmin Le Bodo, puis Catherine Vautrin ont chacune porté et défendu ce projet de loi global sur la fin de vie visant à remettre le patient au centre des décisions, d’optimiser l’articulation entre soins curatifs et palliatifs, et de permettre, dans des conditions strictement encadrées, d’avoir accès à l’aide à mourir. A son tour, l’ancien Premier Ministre M. Michel Barnier s’apprêtait également à porter devant l’Assemblée un projet de loi complet début février.

Pourquoi ce texte législatif ne peut qu’être un texte global ? Parce que d’une part, les soins palliatifs et l’aide à mourir sont complémentaires et non antinomiques comme on aimerait parfois nous le faire croire. Une personne en situation de fin de vie doit pouvoir avoir accès aux soins palliatifs, elle doit pouvoir aussi avoir accès, si les conditions sont réunies et qu’elle en fait la demande, à l’aide à mourir. Les deux accompagnements sont complémentaires. Cette complémentarité s’observe dans tous les pays du monde qui ont légalisé une forme d’aide active à mourir, où elle se pratique très souvent au sortir des soins palliatifs (95% des cas en Oregon), en coordination avec les soins palliatifs (50% des cas en Belgique) voire même dans les unités de soins palliatifs (5,5% des cas en Belgique). Il n’y a donc qu’en France, aux dires d’une poignée de palliativistes, qu’il y aurait une incompatibilité entre ces deux soins de fin de vie ?

D’autre part, les soins palliatifs font l’unanimité. Tout le monde est favorable à leur développement, au fait que chaque personne dont l’état de santé le nécessite, dans tous les territoires, doit pouvoir y avoir accès pour voir ses souffrances prises en charge lorsque cela est possible. Personne, dans le débat public n’a dit le contraire.  Les soins palliatifs ont besoin de moyens financiers pérennes ! C’est là qu’on attend l’engagement du gouvernement.

Enfin, la Convention citoyenne sur la fin de vie a rendu ses conclusions en avril 2023. Le projet de loi avait alors été annoncé « avant l’été » puis « avant Noël », c’est finalement le 27 mai 2024 qu’il a été présenté en séance publique devant l’Assemblée nationale… dont les travaux ont finalement été interrompus par la dissolution du mois de juin alors que la partie du projet de loi portant sur les soins palliatifs et l’article définissant l’aide à mourir avaient été discutés et votés.

Après les sondages, la Convention citoyenne, les travaux engagés par les parlementaires, les 235 députés signataires de la proposition de loi de M. Falorni reprenant le texte législatif stoppé en juin… tout montre que la grande majorité de la société est prête et attend ce nouveau droit cadré par les élus de la République. Scinder artificiellement le texte législatif se ferait donc en dépit des travaux engagés et serait encore chronophage alors que certains de nos concitoyens se trouvent en souffrance et sans solution en France.

Nous, membres du Pacte, souhaitons et demandons la reprise des travaux au plus vite, et l’examen d’un projet de loi unique qui permette enfin à nos députés et sénateurs de pouvoir poursuivre les travaux entamés et voter la nécessaire évolution de la loi.

Jonathan Denis, président de l’ADMD et Matthias Savignac, président MGEN

Porte-parole du Pacte Progressiste Fin de vie

A propos du Pacte progressiste sur la fin de vie 

30 organisations de la société civile ont décidé de s’allier pour constituer une force progressiste et républicaine afin de faire évoluer le cadre légal sur la fin de vie, avec une ambition forte : que chaque personne soit effectivement égale en droit et libre de ses choix. De par l’hétérogénéité des organisations qu’il fédère et sa position, le Pacte progressiste sur la fin de vie entend dépasser les oppositions souvent montrées du doigt : les soins palliatifs et l’aide active à mourir sont complémentaires et non antagonistes. Pour les organisations membres du Pacte progressiste, il est nécessaire que la capacité des patients à exercer leur liberté de choix soit enfin reconnue. Ces organisations, de composition et d’horizons très divers, se retrouvent sur la base de valeurs et de convictions communes. Elles représentent au total plusieurs millions de Français : membres, adhérents, militants ou clients de ces différentes structures.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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