Aires marines protégées : Greenpeace propose un scénario pour atteindre 10 % de protection stricte
Biodiversité | Aujourd’hui à 06h00 https://www.actu-environnement.com/ae/news/aires-marines-protegees-protection-stricte-forte-dix-pour-cent-scenario-greenpeace-cnrs-45947.php4#xtor=EPR-50

« Alors que la France déclare plus de 33 % de ses espaces maritimes (ZEE + mer territoriale) sous différents statuts de protection, seuls environ 4 % des espaces maritimes français disposent de régulations (sic) vraiment à même de fournir des bénéfices pour les écosystèmes et les usagers », rappelle Greenpeace dans un rapport (1) publié ce mercredi 9 avril. L’ONG, dans le cadre d’un travail collaboratif avec le CNRS, propose un scénario pour atteindre l’objectif de 10 % en protection forte, inscrit dans la Stratégie nationale pour les aires protégées 2030, publiée en janvier 2021.
Proposition de localisation des zones de protection stricte (scénario B).© Greenpeace – CNRS
Dans la perspective de la Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc), qui doit se tenir à Nice en juin prochain, elle recommande tout d’abord d’aligner la définition française de la protection « forte », résultant d’un décret du 12 avril 2022, avec celle de la protection « stricte » correspondant aux catégories I à IV des aires protégées (2) au sens de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN). Elle suggère également de réserver la bande côtière à la pêche artisanale par une interdiction des navires de plus de 12 mètres et d’appliquer les recommandations de l’UICN en matière de techniques de pêche autorisées dans ces zones. Ce qui doit conduire à y interdire « la pêche industrielle et les techniques de pêche les plus destructrices telles que le chalutage pélagique, le chalutage de fond ou encore la senne danoise », tout en excluant une mise sous cloche totale de ces espaces. « Aujourd’hui, seul 1,58 % du domaine maritime est protégé par une aire marine protégée (AMP) correspondant à ces critères », rappelle l’ONG.
Greenpeace préconise également de décliner l’objectif global des 10 % pour chaque façade maritime de métropole et bassin des territoires d’Outre-mer. Aujourd’hui, plus de 80 % des zones en protection forte sont situées dans le sud de l’océan Indien, dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), pointe en effet l’ONG. « Bien que 59,1 % de la Méditerranée française sont couverts par des AMP, les niveaux de protection intégrale et haute ne représentent respectivement que 0,09 % et 0,01 % du bassin », illustre le rapport.
Parmi les deux scénarios produits par le CNRS, Greenpeace propose le scénario B, le plus ambitieux, qui préconise « une protection plus étendue des habitats marins critiques, mais implique des restrictions plus strictes sur les activités de pêche et d’exploitation maritime ». Avec une surface totale de 37 200 km2, les zones de protection stricte seraient situées dans les aires marines protégées les plus étendues : secteurs du talus du golfe de Gascogne (environ 11 400 km2), de la mer d’Iroise (environ 9 000 km2), et sanctuaire Pelagos (environ 4 700 km2).1. Télécharger le rapport de Greenpeace
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-45947-rapport-greenpeace-aires-marines-protegees.pdf2. Télécharger les Lignes directrices pour l’application des catégories de gestion des aires protégées de l’UICN aux aires marines protégées
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-45947-lignes-directrices-amp-uicn.pdf
Laurent Radisson, journaliste
Rédacteur en Chef de Droit de l’Environnemen