Interdiction des signes religieux dans le sport : le rapport qui démonte les arguments du gouvernement
Mediapart révèle le contenu d’un rapport réalisé par les services du ministère de l’intérieur qui démontre qu’il n’y a pas de phénomène de radicalisation dans le sport. Ce travail d’ampleur a été soigneusement enterré.
Le gouvernement de François Bayrou se dit prêt à marcher dans les pas des sénateurs et sénatrices et à mettre à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale l’interdiction du port de signes religieux et politiques dans le sport français, au nom de la lutte contre les risques de radicalisation islamiste.
Pourtant, il n’existe aucune donnée chiffrée qui montrerait l’existence d’un lien entre sport et radicalisation. Le seul rapport exhaustif sur la question, commandé à l’institut de recherche du ministère de l’intérieur, dit tout l’inverse. Mediapart a découvert qu’il a été soigneusement enterré en 2022.
Ce rapport, surnommé « SPORAD », a été rédigé à partir de 123 entretiens réalisés, 32 fédérations consultées et des données fournies par les services de renseignement à propos de 153 auteurs de terrorisme. Il conclut qu’il n’y a pas de « phénomène structurel, ni même significatif de radicalisation ou de communautarisme dans le sport ».
Interrogé sur l’existence de ce document, le sénateur Michel Savin a balayé son importance, assurant que « le rapport dit ce qu’il veut ». Contacté par Mediapart, le rapporteur de la loi Stéphane Piednoir (Les Républicains) a quant à lui concédé qu’il n’avait pas pris connaissance de ce rapport en préparant la loi.
Cette loi aurait pour conséquence de bannir les Françaises qui portent le voile de toutes les compétitions sportives en France.