Il existe des inégalités de patrimoine, bien plus fortes que les inégalités de revenus, et qui participent très clairement à l’injustice que vivent beaucoup de Français

Les inégalités de patrimoine en France 2024 Inégalités : la concentration des patrimoines exacerbe l’injustice sociale en France

Le sujet des inégalités est à raison au centre des préoccupations des citoyens. Quand on en parle, le plus souvent, ce sont les inégalités de revenus dont il est question. Pourtant, il existe également des inégalités de patrimoine, bien plus fortes, et qui participent très clairement à l’injustice que vivent beaucoup de Français. Comprendre cela est fondamental, car il se trouve que les inégalités de revenus viennent en grande partie de ces inégalités de patrimoine, peu évoquées. Les inégalités permanentes de patrimoine sont un trait historique commun des sociétés humaines, contre lequel il faut lutter pour vivre décemment, et obtenir une véritable « méritocratie ». Ce que le néolibéralisme, en dépit de ses beaux discours, ne cesse de saboter depuis les années 1980.

Graphe Société

publié le 12/12/2024 https://elucid.media/analyse-graphique/inegalites-patrimoine-capital-france/inegalites-concentration-patrimoines-decembre-2024-exacerbe-injustice-sociale-france

Par Olivier Berruyer

1- Une stagnation récente des inégalités de patrimoine
2- Une incroyable inégalité de répartition des patrimoines
3- L’immobilier et les produits financiers
4- La concentration des patrimoines et leur transmission
5- La capital, source principale des revenus des très riches
5- Le taux de rendement du capital, source des inégalités
Ce qu’il faut retenir


Après avoir analysé dans un précédent article les inégalités de revenus, nous allons nous intéresser dans cet article aux inégalités de patrimoines et à leur source. On appelle « patrimoine » la valeur de l’ensemble des biens qui appartiennent à une personne physique ou morale. Il peut par exemple s’agir de sommes d’argent, de biens immobiliers, de voitures, d’actions d’entreprises, etc.

Tout comme le revenu moyen, le patrimoine moyen par adulte a été multiplié par 6 depuis 1900, passant de 50 000 € à près de 300 000 € en 2022.

Patrimoine moyen par adulte en France, 1800-2021

Ce patrimoine a cependant connu des évolutions très brutales au XXe siècle en raison des deux Guerres mondiales et de leurs conséquences inflationnistes, qui ont causé la Grande compression des inégalités de revenus. Le siècle passé a en effet connu deux décennies où la décroissance annuelle du patrimoine a été de -6 % et -11 %, ce qui a conduit à une baisse totale du patrimoine de 50 % lors de chacune des deux Guerres mondiales. 

Croissance annuelle moyen du patrimoine par adulte et décennie en France, 1805-2022

Une stagnation récente des inégalités de patrimoine

Pour connaître l’impact que ces évolutions de patrimoine ont eu sur les inégalités, on peut prendre comme indicateur l’adaptation du ratio Piketty au patrimoine, à savoir calculer le ratio entre le montant du patrimoine des 10 % les plus riches (« Top 10 % ») et celui des 50 % les moins riches (« Bottom 50 % »). Quatre grandes périodes apparaissent en deux siècles :

  • une forte hausse des inégalités de patrimoine jusqu’en 1914 avec la Révolution industrielle. Le ratio dépasse alors les 300 : un des 10 % les plus riches possède en moyenne plus de 300 fois ce que possèdent l’un des 50 % les plus pauvres). Ce n’était vraiment pas mieux « avant » ;
  • une énorme baisse ensuite jusqu’en 1988 à cause de l’érosion monétaire et de la hausse des patrimoines des classes moyennes, grâce aux hausses de revenus des Trente Glorieuses. Le ratio tombe à 30 ;
Ratio Piketty d'inégalité de patrimoine (Top 10 / Bottom 50 %) en France, 1800-2021

  • une hausse marquée entre 1988 et 2012. Le ratio remonte à 60 ;
  • et une stagnation des inégalités de patrimoine depuis 2013, en raison d’une hausse de patrimoine identique dans la population.

La tendance est très proche si on compare le patrimoine d’un des happy few du Top 1 % (plus de 8 millions d’euros de patrimoine moyen) et celui des autres 99 % de la population.

Patrimoine moyen par adulte du Top 1 % et du Bottom 99 % en France, 1900-2021

Une incroyable inégalité de répartition des patrimoines

Avec la représentation graphique de la population en 3 groupes selon leur patrimoine (0-50 %, 50-90 % et 90-100 %), on mesure bien l’incroyable répartition du patrimoine, bien plus concentré que celui des revenus : les 50 % de la population les moins riches ne possèdent que 5 % du patrimoine contre près de 60 % du patrimoine pour les 10 % les plus riches. Le bloc central des classes moyennes (40 % de la population) obtient 35 % des revenus, ce qui est relativement équilibré.

Population et répartition du patrimoine par groupe de revenu en France, 1820-2021

Si on synthétise la situation actuelle et l’évolution récente, on constate assez facilement que le niveau des 10 % des plus hauts patrimoines est tout à fait hors norme par rapport à l’évolution des autres déciles. Et l’évolution au cours des 30 dernières années du Top 10 % est assez frappante : leur patrimoine a presque triplé, ce que rien, dans l’économie réelle du pays, ne peut justifier.

Patrimoine moyen réel par décile en France en 2021

Comme on parle ici de patrimoine moyen, il faut préciser que celui-ci augmente naturellement avec l’âge, et que le patrimoine est donc très faible avant 40 ans.

Patrimoine net médian par âge en France en 2021

Un rebond des inégalités de patrimoine dans les années 200

Une observation un peu plus fine permet de bien percevoir le net rebond des inégalités dans les années 1990-2000, quand le néolibéralisme a mis l’État au service des plus riches. Depuis 10 ans, les parts de chaque groupe ont peu bougé.

Répartition du patrimoine en France, 1820-2021

Le travail de Thomas Piketty et de ses disciples permet d’analyser en détail les patrimoines jusqu’au groupe des 500 happy fews qui possèdent plus de 200 millions d’euros (soit l’équivalent moderne des « 200 familles »).

Seuils et patrimoines moyens dans les groupes de patrimoine en France en 2022

On peut donc bien percevoir le poids écrasant du Top 10 %, et surtout celui de ses composantes. Ainsi, près de 10 % du patrimoine national est possédé par le seul top 0,1 %, soit le millième de la population.

Répartition de la population et du patrimoine mensuel moyen par décile en France en 2022

Ce sont les très hauts-patrimoines (du Top 1 %) qui ont le plus été impactés par la Grande compression des inégalités de la première moitié du XXe siècle.

Part du patrimoine captée par chaque groupe en France, 1900-2021

L’immobilier et les produits financiers expliquent la remontée des années 2000

La forte hausse des patrimoines est, sans surprise, due à la bulle immobilière. Mais on constate également une très forte hausse du poids de l’assurance vie et des actions, conséquence de la forte financiarisation de notre économie néo-libéralisée depuis les années 1980.

Patrimoine total réel par adulte en France, 1970-2022

Exprimé en proportion du revenu national, le patrimoine national a rompu à la fin des années 1990 avec trois décennies de stabilité, et a fini par doubler, passant en 30 ans de 300 % à 600 % du revenu.

Patrimoine total en proportion du revenu national par adulte en France, 1970-2022

Dans le détail, la composition des patrimoines varie énormément en fonction de la richesse. Là où les plus pauvres ne possèdent pratiquement que l’argent sur leur compte en banque, le patrimoine des classes moyennes est essentiellement constitué de leur résidence principale, et celui des classes les plus riches (Top 1 %) d’actifs financiers.

Composition du patrimoine en fonction du niveau de patrimoine en France en 2012

Les 50 % les moins riches ont vu leur part de patrimoine diminuer par la baisse du poids de leurs dépôts. Les classes moyennes et supérieures ont vu fortement diminuer la part de leur patrimoine composé d’actifs professionnels, en raison de forte baisse du nombre d’indépendants. Ils ont aussi bénéficié de la hausse de l’immobilier. Enfin, les plus riches ont vu leur patrimoine nettement augmenter grâce aux produits financiers.

Part du patrimoine total possédé par groupe en France, 1970-2014

C’est cette concentration différenciée qui explique que les inégalités croissent selon le type de patrimoine.

Les inégalités de patrimoine et de revenus en France en 2021

À la racine des inégalités : la concentration des patrimoines et leur transmission

Les inégalités, bien qu’en nette baisse au XXe siècle, persistent toujours. C’est un phénomène intemporel et universel, quasiment « naturel », et qui a des causes assez simples que nous allons explorer.

Sans remonter aux causes originelles, les patrimoines sont donc très concentrés. Lors des successions, ils sont transmis moyennant une relativement faible imposition, et se transmettent donc à la génération suivante, ce qui maintient en bonne partie la concentration des hauts-patrimoines.

Lors de la Grande compression des inégalités après les deux Guerres mondiales, le patrimoine national a fondu avant de se reconstituer dans les années 2000. On observe donc une « courbe en U » du montant des patrimoines, entre 1900 et 2020.

Patrimoine national de la France, 1700-2020

Fort logiquement, on constate la même « courbe en U » sur les montants transmis chaque année lors des successions. Ils approchent même leur niveau du XIXe siècle : les plus riches perçoivent des montants d’héritage de plus en plus importants.

Montant annuel des successions en proportion du revenu disponible, 1820-2010

Cette « courbe en U » s’observe, avec un décalage, sur la proportion des patrimoines qui ont été hérités. Au XIXe siècle, en l’absence d’impôt sur les successions, environ 90 % des patrimoines étaient hérités. Dans les années 1970, phénomène probablement inédit à cette échelle dans l’Histoire, une majorité des patrimoines avaient été constitués par leurs propriétaires. Ceci était lié à la destruction des patrimoines pendant la guerre, et à la croissance des Trente Glorieuses.

Part des patrimoines hérités dans le patrimoine total en France, 1850-2010-2100

Aujourd’hui, environ 70 % du patrimoine a été hérité, et le chiffre devrait monter à 80 %, voire 90 %, dans les décennies à venir. On est donc bien loin de la fameuse « méritocratie » des « premiers de cordée » qui « prennent des risques » – un discours que tente de nous vendre à longueur de temps la propagande néolibérale dans ses médias.

C’est aussi ce qui explique la forte différence entre les individus ayant de hauts revenus et ceux ayant de hauts patrimoines. Ainsi, il n’y a qu’environ 15 % de probabilité qu’une personne appartenant au Top 1 % des revenus appartienne aussi au Top 1 % des patrimoines.

Thomas Piketty a même observé dans son remarquable ouvrage Le Capital au XXe siècle(dont plusieurs graphiques ont été reproduits dans cette partie) que notre société a largement battu le record historique de la proportion d’individus qui ont reçu en héritage l’équivalent d’une vie de travail des classes populaires : près de 15 %.

Part d'une génération recevant en héritage l'équivalent de revenu d'une vie de travail

Bien sûr, tout ceci pose bon nombre de questions sur la fiscalité des successions, mais ceci fera l’objet d’une future analyse. Notre propos ici est simplement de montrer comment les patrimoines se concentrent fortement et restent historiquement concentrés au fil du temps.

Le capital, source principale des revenus des très riches

Nous employons depuis le début de cet article le mot « patrimoine », mais il s’agit bien ici d’un synonyme à la notion plus pertinente de capital.

Une petite minorité des citoyens possèdent donc une grande partie du capital : 60 % du capital est détenu par le Top 10 % de la population, dont 25 % par le seul Top 1 %.

Or, une des caractéristiques du capital est « de faire des petits » en générant des revenus : loyers, intérêts, profits, dividendes, etc. Au niveau national, les revenus du capital représentent environ 20 % de l’ensemble des revenus.

Répartition du revenu national en France, 1900-2022

Comme une petite minorité de personnes détient beaucoup de capital, elles vont donc percevoir beaucoup de revenus du capital ; ils représentent même la majorité des revenus à partir du Top 0,5 %.

Composition des revenus selon le niveau de revenus en France en 2012

On voit bien comment les très hauts-revenus ont largement bénéficié des effets du néolibéralisme à partir des années 1980. Et sans grande surprise, aucun « ruissellement » n’a eu lieu vers les plus pauvres (ce qui était la promesse néolibérale originelle).

Part et type des revenus perçus par chaque groupe en France, 1970-2022

Les revenus des très riches à l’origine de nouveau capital (la boucle est bouclée)

Tous ces revenus du capital dirigés vers les plus riches leur permettent de bénéficier d’un haut train de vie. Ces plus riches gagnent à l’évidence beaucoup trop d’argent (pour mémoire, 120 000 € par mois en moyenne pour le Top 0,1 %) par rapport à leurs besoins, même superfétatoires. Comme ces personnes ne peuvent pas dépenser toutes les sommes qu’elles reçoivent, elles sont donc conduites à épargner cet argent excédentaire, qui représente de 20 % à 35 % des revenus pour le Top 1 %. Ces excédents de revenus créent ainsi du nouveau capital, qui va lui-même créer de nouveaux revenus du capital. La boucle est bouclée.

Fort logiquement, plus on est riche, plus on épargne.

Taux d'épargne selon le groupe de revenus en France, 1970-2012

On observe également une forte baisse du taux d’épargne des classes moyennes et populaires entre 1970 et 1985. Ceci est dû en partie au développement de la protection sociale rendant l’épargne moins nécessaire (pour la retraite par exemple), mais surtout à un effet de « formation des habitudes » : les plus pauvres et les classes moyennes ont dû réduire leur épargne pour maintenir leurs habitudes de consommation acquises durant les Trente Glorieuses, alors que les conditions économiques favorables avaient disparu.

Le taux élevé de rendement du capital explique les inégalités

Un point important est à prendre en considération : le taux de rendement du capital, à savoir combien rapportent en 1 an 100 € de capital (inflation déduite). Les fluctuations ont été très fortes au XXe siècle et ce taux n’a eu de cesse de diminuer au XXIe siècle avec la baisse des taux (voir notre article sur les taux d’intérêt en France). Depuis quelques années, le taux de rendement du capital en France est d’environ 1 % (en plus de l’inflation).

Taux moyen de rendement annuel réel du capital privé en France, 1900-2022

Sur très longue période, c’est le passage à des rendements fortement négatifs des hauts-patrimoines qui a permis la Grande compression des inégalités.

Part du revenu national perçue par le Top 1 % en France, 1900-2022

Les revenus du capital des hauts-patrimoines n’ont heureusement jamais retrouvé leurs niveaux d’il y a un siècle.

Parts des revenus et du patrimoine des Top 10 % et Top 1 % en France, 1900-2022

Cependant, ce taux de rendement n’est qu’une moyenne ; il va évidemment dépendre du type de capital, qui rapporte plus ou moins selon les époques (inflation déduite). L’immobilier a beaucoup rapporté depuis 1995, mais il atteint des sommets et une telle progression ne sera clairement pas reproductible à l’avenir. Ce sont les actions puis les actifs professionnels qui rapportent le plus.

Taux de rendement annuel moyen réel de différents actifs en France, 1970-2009

Comme l’allocation de capital dépend elle-même du niveau de richesse, on en arrive à avoir des taux de rendement du capital qui sont croissants avec le niveau de richesse : plus on est riche, plus son capital rapporte. Le système est auto-entraînant, et pousse « naturellement » à enrichir toujours plus les plus riches. Ces derniers voient leur capital augmenter annuellement d’environ 5 %, quand 90 % de la population se contente de 2 % (en plus de l’inflation).

Rendement annuel net des patrimoines par groupe de richesse en France, 1970-2014

Comme la croissance économique réelle est de l’ordre de 2 %, les patrimoines des riches (Top 10 %) augmentent nettement plus vite que la croissance, souvent de 2 à 4 points de plus. C’est généralement la norme dans l’Histoire économique. Mais cela veut dire qu’il suffit d’épargner une partie limitée des revenus du capital pour que le capital progresse plus vite que l’économie, et donc que les inégalités de patrimoine s’accroissent. C’est ce mécanisme qui a conduit aux énormes inégalités du début du XXesiècle, et que synthétise Thomas Piketty dans son ouvrage de référence, Le Capital au XXIe siècle :

« Lorsque le taux de rendement du capital dépasse significativement le taux de croissance – et nous verrons que cela a presque toujours été le cas dans l’Histoire, tout du moins jusqu’au XIXe siècle, et que cela a de grandes chances de redevenir la norme au XXIe siècle –, cela implique mécaniquement que les patrimoines issus du passé se recapitalisent plus vite que le rythme de progression de la production et des revenus.

Il suffit donc aux héritiers d’épargner une part limitée des revenus de leur capital pour que ce dernier s’accroisse plus vite que l’économie dans son ensemble. Dans ces conditions, il est presque inévitable que les patrimoines hérités dominent largement les patrimoines constitués au cours d’une vie de travail, et que la concentration du capital atteigne des niveaux extrêmement élevés. »

Il propose également un graphique très parlant montrant ce mécanisme au cours des siècles, et qui n’a été fortement contrarié au milieu du siècle passé que par les Guerres mondiales, les Trente Glorieuses et les très fortes impositions du capital (qui appartiennent désormais au passé).

Si rien n’est fait, et a fortiori si les politiques néolibérales à la Macron qui ont ce but se poursuivent, les inégalités de patrimoine finiront par fortement augmenter, ce qui augmentera donc par ricochet les inégalités de revenu.

Rendement du capital et taux de croissance mondial depuis l'Antiquité jusqu'en 2100

En guise de conclusion, citons une étude de deux économistes italiens, qui ont analysé les familles les plus riches de la ville de Florence en 1427 et en 2011. Ils ont montré l’existence de « dynasties dans certaines professions (d’élite) – la probabilité d’appartenir à de telles professions (avocats, banquiers, médecins ou pharmaciens, orfèvres) est aujourd’hui d’autant plus élevée que les pseudo-ancêtres ont exercé intensément les mêmes professions ».

Bilan de ceci : « Les revenus les plus élevés parmi les contribuables actuels étaient déjà au sommet de l’échelle socioéconomique il y a six siècles ». Et en effet, sur les 5 familles ayant les plus hauts revenus en 2011, 3 faisaient déjà partie des 7 % gagnant le plus en 1427, et les deux autres appartenaient au Top 50 %.

La lutte contre les inégalités est donc un enjeu majeur de justice sociale pour notre société démocratique. Elle devrait être au cœur du débat politique, mais l’absence de volonté publique de créer des bases de données des hauts revenus et des hauts patrimoines et d’en diffuser les résultats l’en empêche. Nous espérons que cette étude aidera à faire avancer ce sujet.

Ce qu’il faut retenir

Les inégalités de patrimoine étaient massives jusqu’au début du XXe siècle. Elles ont été fortement réduites lors de la Grande compression des inégalités. L’arrivée du néolibéralisme les a fait rebondir durant les années 1990-2000. Aujourd’hui, les 50 % de la population des moins riches ne possèdent que 5 % du patrimoine contre près de 60 % du patrimoine pour les 10 % les plus riches. En outre, près de 10 % du patrimoine national est possédé par le top 0,1 %, soit le millième de la population. Ces inégalités stagnent depuis quelques années.

Enfin, il existe un lien très fort entre les inégalités de revenus et de patrimoine. Il y a une forte concentration du patrimoine qui perdure à cause des héritages relativement peu taxés. Cette situation induit une grande concentration des revenus du capital chez les plus riches.

Ces personnes qui gagnent à l’évidence bien trop d’argent sont conduites à en épargner une grande partie, qu’elles placent à des taux d’intérêt élevés, bien supérieur au taux de croissance. Ceci génère donc du nouveau capital, qui produira de nouveaux revenus, à un rythme supérieur à la progression moyenne des revenus. Ce qui concentre donc encore plus les patrimoines s’il n’y a pas une fiscalité adaptée. Ce point devrait être au cœur des débats politiques actuels.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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