Les sociétés pétrolières tentent de bloquer l’action des ONG protectrices de l’environnement avec des poursuites judiciaires bâillons.

Poursuites-bâillons : Greenpeace est condamnée à payer 660 millions de dollars à Energy Transfer

Gouvernance  |  20.03.2025 https://www.actu-environnement.com/ae/news/greenpeace-international-condamnee-poursuites-baillons-45824.php4

 |  C. Girardin Lang

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Poursuites-bâillons : Greenpeace est condamnée à payer 660 millions de dollars à Energy Transfer

© Peg Hunter (via Flickr)Les peuples autochtones avaient manifesté, en 2016, contre l’oléoduc Dakota Access.

Ce mercredi 19 mars 2025, le tribunal de Dakota du Nord (États-Unis) a rendu son verdict dans le procès qui opposait l’entreprise pétrolière Energy Transfer (ET) à l’ONG Greenpeace International (GPI). Coup de massue pour cette dernière, elle est condamnée à payer plus de 660 millions de dollars américains de dommages et intérêts à Energy Transfer.

L’entreprise accusait Greenpeace d’avoir organisé des manifestations de peuples autochtones contre l’oléoduc Dakota Access, en 2016, et avait réclamé près de 300 millions de dollars à l’ONG devant les tribunaux.

En juillet 2024, l’ONG avait transmis à l’entreprise une lettre la mettant en demeure de retirer son action en justice engagée contre elle, sous peine de poursuites judiciaires, ce qu’Energy Transfer a refusé de faire.

En février 2025, Greenpeace avait déposé un recours devant un tribunal néerlandais, à l’encontre de l’entreprise, en se fondant sur la directive européenne Antipoursuites-bâillons.

« Energy Transfer n’a pas fini d’entendre parler de nous dans ce combat, a affirmé Kristin Casper, conseillère générale de Greenpeace International. Notre procès anti-Slapp est une première étape dans notre réponse aux attaques d’Energy Transfer contre la liberté d’expression et les manifestations pacifiques. Nous verrons Energy Transfer au tribunal en juillet prochain, aux Pays-Bas. Nous ne reculerons pas. Nous ne nous laisserons pas réduire au silence. »

L’ONG ne se démonte donc pas contre cette première condamnation. Elle rappelle d’ailleurs que les compagnies pétrolières Shell, TotalEnergies et ENI avaient déjà intenté des poursuites-bâillons contre des entités de Greenpeace ces dernières années. Greenpeace France avait réussi à faire échouer celle de TotalEnergies, le 28 mars 2024, et Greenpeace UK et Greenpeace International avaient forcé Shell à renoncer à sa procédure-bâillon, le 10 décembre 2024.

La procédure ne s’arrêtera donc pas là.

Camille Girardin Lang, journaliste
Éditrice – rédactrice juridique

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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