« On sait enfin si le régime végétarien est meilleur pour la santé ou pas »
Date de publication : 13 mars 2025

Véronique Hunsinger se penche dans Le Parisien sur « l’avis que publie, ce jeudi 13 mars, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) sur les régimes végétariens ».
La journaliste indique en effet que l’agence « a compilé toutes les études disponibles au sujet des effets sur la santé du régime végétarien et délivre des conseils très pratiques à ceux qui s’y sont convertis ».
Perrine Nadaud, adjointe au chef d’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition de l’Anses, précise : « Nous avons procédé à une revue systématique de tous les articles publiés sur le sujet. Sur un peu plus de 10.000 papiers, nous avons gardé les meilleurs, ceux qui permettent vraiment d’observer les végétariens sur le long terme, soit une centaine ».
Véronique Hunsinger retient une « bonne nouvelle pour ceux qui ont troqué la côte de bœuf pour le tofu : une alimentation végétarienne permettrait effectivement de prévenir plusieurs maladies. C’est surtout le risque de développer un diabète de type 2, celui qui apparaît généralement après la cinquantaine et est lié au mode de vie, qui est diminué ».
La journaliste relève qu’« avec un peu moins de certitudes, les chercheurs ont également observé des réductions du risque de survenue de maladies du cœur, comme les cardiopathies ischémiques, ainsi que de troubles de l’ovulation qui ont pour conséquence une baisse de la fertilité, de maladies ophtalmiques comme la cataracte et encore de certains cancers notamment de la prostate, de l’estomac et du sang ».
Elle s’interroge : « Est-ce que cela ne pourrait pas tout simplement être corrélé au fait que les végétariens auraient globalement un mode de vie plus sain ? ». Perrine Nadaud indique : « Non. Nous avons justement fait attention de neutraliser les biais possibles comme le fait de ne pas fumer ou de faire du sport ».
Véronique Hunsinger remarque en outre que « ces études confirment que les personnes qui se privent de tout ou une partie des protéines d’origine animale sont à risque de carences potentiellement dangereuses pour leur santé. Fer, iode, vitamines B12 et D, calcium et phosphates sont effectivement observés en quantité insuffisante dans les bilans sanguins des végétariens ».
« Quant aux végétaliens, ils manquent en plus de vitamine B2. Chez les hommes, on constate également des carences en zinc. Le principal risque lié à ces déficits est celui de fractures osseuses et d’hypospadias, une malformation congénitale de l’urètre », souligne la journaliste.
Perrine Nadaud précise : « Nous avons souhaité aider les végétariens à optimiser leurs apports nutritionnels, en prenant en compte leurs habitudes alimentaires et leur donnant des repères. Il y a des produits vers lesquels les gens ne pensent pas forcément aller ».
Véronique Hunsinger note ainsi que « la levure de bière, à raison de 10 g pour jour pour les végétariens et 15 pour les végétaliens, permet de contribuer à combler des manques. Ou encore respectivement 75 et 120 g de légumes secs ainsi que 65 et 50 g de fruits secs à coque de type amandes ou noisettes sont à ajouter à leur routine quotidienne ».
Perrine Nadaud ajoute que « les analogues de produits laitiers enrichis en vitamines et minéraux, comme les yaourts au lait d’avoine ou au lait d’amande, peuvent aussi présenter un intérêt ».