4,1 décès pour 1 000 naissances, en constante augmentation depuis 2020

DITORIAL. Maternités : nouveau cri d’alarme

Publié le 08/03/2025 à 06:31

Philippe Rioux

Philippe Rioux

00:00 / 03:04 https://www.ladepeche.fr/2025/03/08/editorial-maternites-nouveau-cri-dalarme-12555189.php

Le livre d’Anthony Cortes et Sébastien Leurquin, « 4,1. Le scandale des accouchements en France » sonne comme une nouvelle alerte concernant les maternités dont 75 % ont fermé en 50 ans. Fermeture des petites structures, surcharge et cadences infernales dans les CHU, restriction du recours aux césariennes… : leur enquête au long cours devrait tous nous interpeller avec en point d’orgue ce chiffre terrible de 4,1 décès pour 1 000 naissances, en constante augmentation depuis 2020. Leur cri d’alarme doit d’autant plus être entendu qu’il fait suite à d’autres alertes qui ont été émises ces dernières années pour appeler à une refonte du système, sans que celle-ci ne voie le jour…

Ainsi, il y a deux ans, un rapport du Pr Yves Ville, chef de la maternité de l’hôpital Necker à Paris, préconisait la « planification d’une politique en matière de périnatalité en France » qui devait passer à l’époque par la fermeture de 111 maternités (sur 452) qui assuraient moins de 1 000 accouchements par an. Le spécialiste conseillait alors de regrouper ces petites maternités « dont les contraintes structurelles et de ressources humaines doivent garantir à la fois la sécurité et la satisfaction des usagers tout en offrant des conditions de travail acceptables et pérennes. »

Au même moment, la société française de médecine périnatale (SFMP), plusieurs sociétés savantes et une association appelaient à « repenser le système de soin périnatal », réclamant aux pouvoirs publics de mettre fin à leur « inertie ». Dans une tribune, elles estimaient alors que sans réforme – et notamment sans regroupement des petites structures – notre système allait vers un « naufrage », appuyant leur raisonnement sur la hausse inquiétante de la mortalité infantile en France qui a fait passer notre pays de la 2e place en 2012 à la 25e dix ans plus tard… Ce que soulignent Anthony Cortes et Sébastien Leurquin dans leur livre.

Depuis, rien n’a vraiment été fait hormis des « Assises de la Pédiatrie et de la santé de l’Enfant » lancées par le ministre de la Santé François Braun, qui ont débouché en mai 2024 sur un rapport « Investir dans la santé de l’enfant : une urgence nationale ». Celui-ci a proposé 20 mesures pour améliorer la prise en charge de l’enfant, mais sans lancer une véritable action ciblée sur les maternités. Le problème reste donc entier…

Un problème qui ne saurait être traité que part des spécialistes. Ce qu’ils disent est médicalement fondé, c’est incontestable… mais leur expertise se heurte à la réalité vécue. Fermer des maternités, particulièrement en zones rurales isolées, c’est mécaniquement allonger le temps de trajet des parturientes et de leurs proches. « Le totem du temps de trajet pour aller à la maternité est un totem qui doit tomber » assurait le Pr Ville ; un argument difficilement audible par les futures mamans vivant à plus de 45 minutes de voiture de la maternité la plus proche.

Cette réalité-là est vécue douloureusement dans notre région aux routes parfois difficiles et où de nombreuses maternités ont fermé en dépit de la mobilisation des habitants. Car leur fermeture, ressentie comme une injustice, intervient souvent dans le sillage de la fermeture d’autres services publics…

Il y a un an, Emmanuel Macron plaidait pour un « réarmement démographique », promettant de repenser et renforcer l’ensemble des politiques de soutien à la natalité en France. Une réflexion visiblement insuffisante : en 2024, 663 000 bébés sont nés soit 15 000 naissances de moins qu’en 2023…

ENTRETIEN. « Scandale des accouchements » : les maternités ferment, la mortalité infantile augmente… « Une réalité glaçante » dévoilée

Grossesse / Bébé,  Santé,  Société

Publié le 07/03/2025 à 06:49 , mis à jour à 07:48 https://www.ladepeche.fr/2025/03/07/entretien-scandale-des-accouchements-les-maternites-ferment-la-mortalite-infantile-augmente-une-realite-glacante-devoilee-12548504.php

Recueilli par Lucas Serdic

l’essentiel

Les journalistes Anthony Cortes et Sébastien Leurquin ont mené une enquête approfondie sur la fermeture des maternités en France et ses conséquences dramatiques sur la santé publique, notamment dans le domaine de la mortalité infantile. Dans leur livre « 4,1 : le Scandale des accouchements en France », ils dressent un constat implacable et appellent à un sursaut.

Pourquoi avoir voulu écrire un livre sur les fermetures de maternités en France ?

Anthony Cortes : Nous sommes partis d’un chiffre qui nous a frappés : la France, qui était autrefois dans le top 3 des pays européens en matière de mortalité infantile, est aujourd’hui tombée au 23ᵉ rang, un déclassement qui en dit long sur l’état de notre pays et de son système de santé. En creusant, nous avons découvert que la mortalité infantile est un révélateur puissant des inégalités sociales et territoriales, mais aussi du manque criant de moyens alloués aux hôpitaux.

Sébastien Leurquin : Nous avons voulu mettre en lumière les drames humains derrière ces statistiques. Ce ne sont pas que des chiffres froids : ce sont des familles brisées, des parents qui vivent des tragédies. Il nous semblait essentiel de leur apporter des explications, non seulement à échelle humaine, mais aussi sur le plan structurel. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi notre système de santé s’effondre-t-il sur cette question ? Et surtout, comment éviter que la situation ne s’aggrave ?

« 75 % des maternités ont fermé en 50 ans »

Vous parlez d’un véritable effondrement des structures de naissance en France. Quels sont les chiffres ?

Sébastien Leurquin : Depuis les années 1970, la France a perdu 75 % de ses maternités. En 1975, il y en avait 1 300 ; aujourd’hui, il en reste 457. Ce sont essentiellement les petites maternités qui ont disparu, sous prétexte de rationalisation et d’amélioration des soins. Au départ, cette stratégie portait ses fruits : en renforçant les critères de sécurité et en fermant les établissements ne répondant pas aux nouvelles normes, la mortalité infantile a diminué de manière continue jusqu’au début des années 2000. Mais à force de « serrer la vis », comme on nous l’a souvent dit au fil de notre enquête, on a fini par basculer dans l’excès inverse : les maternités restantes, notamment celles des grands hôpitaux, sont devenues des « usines à bébés », débordées, sous-dotées et incapables d’absorber le flux de naissances dans de bonnes conditions.

« Les distances pour accoucher ont explosé »

Quels sont les impacts concrets de ces fermetures sur les femmes enceintes ?

Anthony Cortes : D’abord, il y a une explosion des distances à parcourir pour accoucher. La moyenne entre le domicile d’une femme en âge de procréer et une maternité n’a cessé d’augmenter depuis vingt ans. Dans certains territoires ruraux, c’est devenu un vrai parcours du combattant. Ensuite, il y a la surcharge des grands hôpitaux. Les services de maternité sont débordés, les séjours post-accouchement sont de plus en plus courts, les sages-femmes et les obstétriciens dénoncent des conditions de travail intenables. Tout cela entraîne une prise en charge moins personnalisée et donc, potentiellement, un accroissement des risques pour les mères et les nouveau-nés.

Anthony Cortes et Sébastien Leurquin.
Anthony Cortes et Sébastien Leurquin. Crédit Olivier Roller

À quel moment a-t-on cessé de fermer des maternités pour de bonnes raisons et commencé à mettre en danger le système ?

Sébastien Leurquin : Jusqu’au début des années 2000, la France était une référence en Europe. Mais ensuite, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, un tournant majeur s’est opéré. Sous l’impulsion de Xavier Bertrand et de Roselyne Bachelot, ministres de la Santé successifs, des logiques entrepreneuriales ont été introduites à l’hôpital. L’objectif était d’optimiser les coûts, de rendre l’hôpital « plus productif ». Cela s’est traduit par des fermetures supplémentaires, une réduction de la durée des séjours en maternité et une gestion toujours plus comptable des services de santé. Entre 2010 et 2020, le taux de mortalité infantile a cessé de baisser et a commencé à se stabiliser. Puis, à partir de 2020, il s’est mis à réaugmenter. Aujourd’hui, il atteint 4,1 décès pour 1 000 naissances, et les chiffres de 2024 confirment une accélération de cette tendance inquiétante.

« Nous sommes dans un moment de bascule »

Y a-t-il encore une possibilité d’inverser cette courbe ?

Anthony Cortes : Oui, mais il y a urgence. Nous sommes dans un moment de bascule. Si rien n’est fait, la situation pourrait devenir incontrôlable avec des effets en cascade. Il faut absolument prendre ce problème à bras-le-corps, revaloriser les maternités de proximité et donner aux soignants les moyens de travailler dans des conditions dignes.

Sébastien Leurquin : À travers cette enquête, nous avons voulu alerter, mais aussi proposer des solutions. Il est encore possible de reconstruire un système plus équilibré, où la qualité des soins passe avant la logique comptable. Mais pour cela, il faut un vrai sursaut politique et une prise de conscience collective.

Y a-t-il des régions particulièrement concernées par la fermeture des maternités et l’augmentation de la mortalité infantile ?

Anthony Cortes : Oui, ce phénomène touche principalement deux types de territoires : les banlieues populaires et les zones rurales. Un exemple frappant, c’est le département du Lot. Il y a 15 ans, seulement 6 % des femmes en âge de procréer y vivaient à plus de 45 minutes d’une maternité. Aujourd’hui, c’est 24 %, parce que trois des quatre maternités du département ont fermé, il n’en reste plus qu’une. Or, une étude montre qu’un trajet supérieur à 45 minutes double le taux de mortalité infantile. Résultat : il a grimpé à 6,2 pour 1 000 naissances, bien au-dessus de la moyenne nationale de 4,1.

Sébastien Leurquin : Sur le terrain, nous avons constaté un véritable déni de la situation. Le personnel soignant est souvent désarmé et, parfois, pour ne pas remettre en cause le système, certains rejettent la faute sur les femmes elles-mêmes : leur mode de vie, leur niveau social, leurs comportements à risque… Mais en réalité, les raisons sont avant tout structurelles et politiques.

« En France, on ne sait même pas pourquoi les bébés meurent »

Quelles sont les principales causes de mortalité infantile liées à l’éloignement des maternités ?

Sébastien Leurquin : C’est une question essentielle… et à laquelle nous ne pouvons pas répondre précisément. Tout simplement parce qu’en France, il n’existe pas de registre des naissances détaillant les causes de décès des bébés. Contrairement à de nombreux pays européens, nous ne collectons pas de données précises sur les décès d’enfants de moins d’un an : leur origine médicale, le niveau social des parents, leur lieu de résidence, leurs éventuels comportements à risque, etc.

Anthony Cortes : Pourtant, ce registre serait un outil essentiel pour comprendre et agir. Nous avons interrogé plusieurs parlementaires de tous bords, et il y a un consensus pour sa création. Le député LR Philippe Juvin a même estimé son coût à seulement 3 millions d’euros. C’est dérisoire ! À titre de comparaison, la généralisation de l’uniforme à l’école est estimée à 3 milliards. En pleine ère du big data et de l’intelligence artificielle, il est aberrant qu’un pays comme la France ne dispose pas d’une base de données fiable sur un enjeu de santé publique aussi crucial.

« D’autres pays ont fait mieux… et plus vite »

Comment se compare la France aux autres pays européens ? Y a-t-il des modèles à suivre ?

Anthony Cortes : Nous sommes largement dépassés par les pays nordiques, qui sont les leaders en matière de santé périnatale. En Suède, par exemple, une sage-femme ne s’occupe que d’une seule femme à la fois. En France, c’est souvent quatre patientes simultanément ! Forcément, les conditions d’accouchement sont bien meilleures là-bas. Mais ce qui est encore plus frappant, c’est l’Italie. Elle a suivi une trajectoire inverse de la nôtre : au début des années 2000, elle avait un taux de mortalité infantile supérieur à celui de la France. Aujourd’hui, elle est troisième en Europe, grâce à des réformes bien ciblées. L’Italie a notamment drastiquement réduit le recours aux forceps et aux ventouses, qui augmentaient les risques de complications graves.

Sébastien Leurquin : Et c’est là où on voit que l’excuse du « mode de vie des femmes » avancée par certains responsables politiques ne tient pas. Partout en Europe, les femmes ont des enfants plus tard, ont des conditions de vie parfois difficiles… Pourtant, certains pays s’en sortent beaucoup mieux que nous.

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La Suède est souvent citée en exemple, pourtant, ses maternités sont éloignées les unes des autres. Qu’est-ce qui fait la différence ?

Anthony Cortes : Oui, en Suède, les distances à parcourir sont grandes, mais il y a une énorme différence avec la France : les routes sont sûres, les axes bien dégagés et les ambulances adaptées. Une femme qui accouche en Suède sera transportée en toute sécurité, avec du personnel médical qualifié. En France, c’est une autre histoire. Dans un département comme le Lot, il n’y a pas d’axes rapides. En hiver, les routes de montagne sont verglacées, sinueuses… et il est fréquent que les ambulances ne disposent pas d’un personnel formé aux accouchements. On a même rencontré des sages-femmes qui se sont organisées en pompières volontaires pour pallier ce manque ! Donc oui, en chiffres bruts, la Suède a des maternités éloignées, mais elle a surtout une organisation qui compense ces distances. Ce qui n’est pas le cas chez nous.

« Il faut un sursaut politique »

Quelles seraient les solutions pour inverser la tendance ?

Sébastien Leurquin : Il y a trois priorités. La première, c’est de rétablir un dialogue entre les médecins et les élus. Aujourd’hui, les premiers veulent fermer les petites maternités pour des raisons de sécurité, tandis que les seconds veulent les rouvrir sous la pression des habitants. Mais aucun des deux camps n’a de données précises pour argumenter, d’où l’urgence de créer un registre de naissances fiable.

Anthony Cortes : Ensuite, il faut massivement réinvestir dans la prévention. Nous avons enquêté en Seine-Saint-Denis sur les services de Protection Maternelle et Infantile (PMI), qui sont censés accompagner les femmes les plus vulnérables. Elles manquent de moyens à un point dramatique : des sages-femmes nous ont confié qu’elles « ratent des femmes », c’est-à-dire qu’elles découvrent certaines grossesses beaucoup trop tard, sans pouvoir offrir le suivi nécessaire. Enfin, il faut un encadrement plus strict des groupes privés. Aujourd’hui, les maternités privées ferment en masse parce qu’elles ne sont pas jugées rentables par rapport à d’autres services hospitaliers, comme la chirurgie. L’État doit reprendre la main et empêcher que la santé des femmes soit dictée par la logique du profit.

Si rien n’est fait, que peut-on prévoir pour les années à venir ?

Sébastien Leurquin : Très clairement, la situation va continuer à se dégrader. Nous nous dirigeons vers un taux de mortalité infantile encore plus élevé. Il pourrait dépasser les 5, voire les 6 pour 1 000 naissances si aucune action n’est prise.

Anthony Cortes : Ce qui est inquiétant, c’est que la question est totalement absente du débat public. Aucun sursaut politique n’a eu lieu. François Braun, l’ancien ministre de la Santé, avait lancé les « Assises de la Pédiatrie et de la santé de l’Enfant » pour mettre en place des solutions… mais il a été débarqué avant même qu’elles aient lieu. Tant qu’il n’y aura pas une véritable prise de conscience, tant que les décisions seront prises uniquement sous l’angle budgétaire, nous continuerons à voir des bébés mourir faute d’un système de santé adapté. »

4,1 : le Scandale des accouchements en France », aux éditions Buchet Chastel

DECRYPTAGE. Les nouveaux-nés et leurs mères en danger ? Comment la fermeture des maternités alimente la hausse de la mortalité infantile

La crise des maternités : Alerte sur la mortalité infantile en France (1)

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Publié le 08/03/2025 à 06:37 https://www.ladepeche.fr/2025/03/08/decryptage-les-nouveaux-nes-et-leurs-meres-en-danger-comment-la-fermeture-des-maternites-alimente-la-hausse-de-la-mortalite-infantile-12553492.php#:~:text=La%20fermeture%20des%20petites%20maternités,de%20plus%20en%20plus%20difficile.

Lucas Serdic

l’essentiel

Longtemps citée en exemple pour la qualité de son système de santé, la France connaît aujourd’hui une détérioration inquiétante de ses indicateurs en matière de périnatalité. La mortalité infantile, qui avait chuté durant des décennies, repart à la hausse depuis une dizaine d’années. En cause, selon certains, la fermeture massive des maternités sur le territoire national. Une politique de rationalisation qui, à force d’être poussée à l’extrême, semble aujourd’hui atteindre ses limites.

En 2000, la France figurait encore parmi les trois pays européens affichant le plus faible taux de mortalité infantile. Plus de vingt ans plus tard, elle se situe au 23ᵉ rang, entre la Pologne et la Bulgarie. Aujourd’hui, 4,1 bébés sur 1 000 naissances ne survivent pas à leur première année de vie. Une tendance qui inquiète, d’autant que le phénomène s’accélère.

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Ce chiffre, au-delà de la froideur statistique, est révélateur d’un problème plus profond. « La mortalité infantile est un indicateur clé de la santé d’un pays. Lorsqu’elle augmente, cela signifie que quelque chose ne fonctionne plus dans le système de soins », alertent les journalistes Anthony Cortes et Sébastien Leurquin, auteurs du livre 4,1 : le scandale des accouchements en France*. Leur enquête met en lumière les conséquences directes des fermetures de maternités sur l’accès aux soins et la sécurité des accouchements.

Un désert obstétrical grandissant

Depuis les années 1970, la France a perdu 75 % de ses maternités. On en comptait 1 300 en 1975, contre seulement 457 aujourd’hui. Les petites structures, jugées non rentables ou ne répondant pas aux nouvelles normes, ont été progressivement supprimées. Au départ, ces fermetures respectaient un objectif d’exigence de sécurité et d’amélioration des soins. Mais cette logique s’est inversée : désormais, de nombreuses femmes enceintes se retrouvent contraintes de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour accoucher, mettant parfois leur vie et celles de leur nouveau-né en danger.

Evolution du nombre de maternités en France (cliquez pour agrandir).
Evolution du nombre de maternités en France (cliquez pour agrandir). DDM – Ph. R.

Ainsi dans le Lot, comme dans certains autres départements ruraux, un quart des femmes en âge de procréer vivent désormais à plus de 45 minutes d’une maternité. Or, des études montrent qu’un trajet supérieur à cette durée double le taux de mortalité infantile, avec le véritable risque de voir certaines patientes accoucher sur le bord de la route, faute d’avoir pu atteindre l’hôpital à temps.

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Le problème ne se limite pas à l’éloignement géographique. La fermeture des petites maternités a entraîné une surcharge des grandes structures, transformées en véritables « usines à bébés ». Dans les CHU, les équipes médicales sont sous pression, les séjours post-accouchement raccourcis et la prise en charge individualisée devient de plus en plus difficile. « Quand une sage-femme doit gérer quatre patientes à la fois, comment garantir un suivi optimal ? », s’interroge Sébastien Leurquin.

Un manque criant de données

Un autre problème majeur entrave toute tentative d’amélioration : le manque de données fiables. Contrairement à d’autres pays européens, la France ne dispose pas d’un registre détaillant les causes précises des décès infantiles. « Sans ces informations, il est impossible d’identifier précisément les failles du système », déplore Sébastien Leurquin. Plusieurs parlementaires réclament la mise en place d’un tel registre, estimé à un coût dérisoire de 3 millions d’euros. Mais pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été prise.

Face à cette crise, des pistes existent. « Il faut réinvestir dans les maternités de proximité et donner aux soignants les moyens d’exercer leur métier dans de bonnes conditions », plaide Anthony Cortes. Certains pays, comme l’Italie, ont su renverser la tendance en adaptant leurs pratiques. Alors qu’elle affichait un taux de mortalité infantile supérieur à la France il y a vingt ans, l’Italie est aujourd’hui dans le trio de tête des meilleurs systèmes européens.

A lire aussi : Surmortalité infantile et maternelle en France : quelle est l’ampleur du phénomène ?

Autre exemple, la Suède, où les distances qui séparent des maternités sont grandes, mais où les axes routiers sont en bien meilleur état et le personnel plus important. « En France, on ferme des maternités sans renforcer assez les dispositifs alternatifs. Les femmes sont donc susceptibles d’accoucher dans des conditions plus précaires, mettant en péril la santé des nouveau-nés », conclut Sébastien Leurquin.

Si rien n’est fait, le déclin pourrait s’accélérer. La France risque de voir son taux de mortalité infantile dépasser les 5, voire les 6 bébés pour 1 000 naissances dans les prochaines années. Un chiffre alarmant qui, selon les journalistes, devrait inciter à un sursaut politique et sociétal. Mais encore faut-il que la question soit enfin prise au sérieux.

*Éditions Buchet Chastel

Surmortalité infantile et maternelle en France : quelle est l’ampleur du phénomène ?

Grossesse / Bébé,  Santé,  Famille

Publié le 08/03/2025 à 06:29 https://www.ladepeche.fr/2025/03/08/surmortalite-infantile-et-maternelle-en-france-quelle-est-lampleur-du-phenomene-12551015.php

00:00 / 02:31

l’essentielLa mortalité infantile est un fait de société trop peu abordé dans le débat public, malgré une hausse inquiétante depuis 2020. La mortalité maternelle souffre du même effet, bien qu’une étude réalisée à partir de chiffres datant de 2016 à 2018 montre que le suicide en est la principale cause.

Historiquement, la France a toujours été bonne élève sur les questions qui relevaient de la maternité. Pourtant, entre 2010 et 2020, le taux de mortalité infantile a cessé de baisser et à commencer à se stabiliser. En constante augmentation depuis 2020, il atteint aujourd’hui 4,1 décès pour 1 000 naissances, d’après des chiffres de l’Insee. Un taux supérieur à la moyenne européenne, ce qui suscite des inquiétudes quant à la qualité des soins périnataux.

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Une surmortalité infantile marquée en Ile-de-France

Le taux de mortalité infantile désigne le rapport entre le nombre d’enfants décédés avant leur premier anniversaire et l’ensemble des nouveau-nés vivants. Cette hausse concerne principalement la mortalité néonatale, notamment celle qui intervient dans la première semaine de vie, ce qui établit un lien assez évident entre les conditions de grossesse et la naissance.

En octobre 2024, l’ARS Ile-de-France signalait une surmortalité francilienne, plus particulièrement marquée en Seine-Saint-Denis. Le programme RéMI (Réduction de la Mortalité Infantile et périnatale) a identifié des causes liées à des défauts dans l’accès et/ou réalisation des soins (retard ou inadaptation de la prise en charge) mais aussi en se focalisant sur les caractéristiques des femmes enceintes. La mortalité infantile a plus de risques d’intervenir lorsque les mères sont atteintes de diabète, d’infections et de pathologies vasculaires, d’hypertension ou encore de surpoids.

Le suicide, première cause de mortalité maternelle

Ainsi, la mortalité infantile peut s’expliquer à travers celle de la mortalité maternelle. Définie comme le décès d’une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison, ce phénomène souffre lui aussi d’un manque d’attention des pouvoirs publics.

Entre 2016 et 2018, 272 morts maternelles ont été enregistrées en France, selon une rare étude parue en 2024 par l’Inserm et Santé Publique France. Un chiffre qui n’augmente pas, mais qui ne diminue pas non plus.

Les chercheurs ont pointé le suicide (17 %) et les maladies cardiovasculaires (14 %) comme étant les premières causes de mortalité liées à la grossesse. Comme pour la mortalité infantile, de fortes inégalités territoriales et sociodémographiques persistent, notamment en Outremer ou auprès des femmes migrantes, dont la mortalité est en moyenne deux fois supérieures à celle des natives en France.

Baisse des naissances, désertification médicale… Il ne reste que deux maternités dans les Hautes-Pyrénées

Plus de précarité, « plus de grossesses compliquées »

Santé,  Occitanie,  Hautes-Pyrénées

Publié le 07/03/2025 à 19:09

Pierre Challier

00:00 / 04:56 https://www.ladepeche.fr/2025/03/07/baisse-des-naissances-desertification-medicale-il-ne-reste-que-deux-maternites-dans-les-hautes-pyrenees-12555136.php

l’essentiel

Dans les Hautes-Pyrénées, le sujet des maternités est très sensible. 2022, 2023… « C’est vrai qu’il y a eu la crainte de nouvelles fermetures », se souvient-on à Tarbes, tant au Centre Hospitalier qu’à la polyclinique de l’Ormeau, les deux derniers établissements à pratiquer des accouchements dans ce département. Le point sur la situation aujourd’hui.

Petit retour en arrière. Mars 2023. Chef du service d’obstétrique de l’hôpital Necker, à Paris, le Pr Yves Ville présente à l’Académie de médecine un rapport qui fait l’effet d’une provocation dans les territoires souffrant déjà de désertification médicale. Selon lui, faute d’effectifs, il est « illusoire de soutenir » les maternités qui font moins de 1 000 accouchements par an. En Occitanie, 21 sont alors dans ce cas dont les deux dernières des Hautes-Pyrénées, à Tarbes, celles de l’hôpital (948 naissances) et de la clinique de l’Ormeau (777).

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Sage femme et cadre supérieure du pôle « Femme, mère, enfant » du Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes (CHTL), Sylviane Harambot préfère aujourd’hui laisser l’épisode au rayon des mauvais souvenirs. Certes, « il y a eu des années difficiles ». Mais désormais… « Trois gynécologues obstétriciens, une équipe de médecins remplaçants, deux gynécologues médicales, 25 sages-femmes et 20 auxiliaires de puériculture nous permettent d’assurer une permanence 24 h/24, sept jours sur sept avec un anesthésiste, un pédiatre et des lits de soins intensifs en néonatologie pour les bébés prématurés », détaille-t-elle, évoquant une « équipe avec une belle dynamique ».

Fermetures et sécurité

Concrètement, la sécurité de la mère et de l’enfant est donc assurée alors qu’avec 902 naissances en 2024, le nombre des naissances s’est ici stabilisé quand ailleurs en région, il continue à chuter dans un paysage social, sanitaire et médical bouleversé depuis les années 90.

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Gynécologue obstétricien et fondateur des Journées Infogyn, il y a près de 40 ans, le Dr Michel Dagues-Bié se souvient de son installation à Tarbes, en 1978. « Public, privé, il y avait cinq maternités et, dans le département, Bagnères, Lourdes, Maubourguet ou Lannemezan avaient la leur, aussi », résume l’ancien PDG de l’Ormeau.

Moins de naissances ne justifient pas tout

Volontarisme de la République d’après guerre, la construction de centaines de maternités a ainsi permis de réduire de 120 à 8 pour 100 000 la mortalité maternelle entre 1945 et 1990. En 1995, la France en compte encore 816. Elles restent 464 en 2022 tandis que les naissances ont, elles, baissé de 832 000 en 2010 à 678 000 en 2023.

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Moins de maternités pour plus de sécurité et faire mieux avec moins parce qu’il y a moins de bébés ? Le Dr Dagues Bié réfute ce credo strictement comptable. Déjà, en 2001, il faisait grève avec ses collègues pour dénoncer des journées sans fin et la désertion des jeunes face à un métier devenu « sacerdoce ». « Manque d’anticipation politique sur la formation des spécialistes » d’où pénurie, « disparition de la génération des médecins qui ne comptaient pas leurs heures » : « à Tarbes, il ne reste que quelques gynécologues médicales privées pour suivre les grossesses et orienter les femmes vers les bons soins », constate-t-il à présent. Tandis qu’est régulièrement évoquée, tant côté syndical que médical, une fuite des femmes enceintes vers Pau, Auch, Saint-Gaudens face à la carence…

« Cela dépend de là où habitent les patientes, sur le plateau de Ger, Pau est plus proche, comme Auch dans le Magnoac ou Saint-Gaudens à l’est de Lannemezan. C’est la proximité du suivi et de la maternité qui détermine le choix », estime pour sa part Sylviane Harambot, soulignant en contrepoint les progrès qui ont été faits pour assurer la sécurité de la naissance, depuis qu’elle a commencé, il y a 30 ans, « grâce à des équipes pluridisciplinaires, prêtes et efficaces dans des structures bien équipées ».

Plus de pathologies préoccupantes

« Aujourd’hui, la dotation en personnel est équilibrée mais la situation reste fragile vu les pressions sur les Hautes-Pyrénées », pondère néanmoins Sylvie Minvielle pour la CGT du Centre Hospitalier. Une préoccupation légitime, notent les professionnels, alors que les besoins de soins augmentent pour beaucoup de futures mères. Ici, pas de hausse connue de la mortalité périnatale ou maternelle… Mais ce qui a changé depuis 30 ans… C’est la patientèle hospitalière.

« On voit beaucoup plus de femmes en situation de précarité ou issues de milieux défavorisés dans lesquels l’alimentation est souvent déséquilibrée. Chez elles, on constate alors une réelle hausse de pathologies préoccupantes comme l’hypertension ou le diabète gestationnels avec des grossesses plus compliquées », souligne la sage-femme. Quelle médecine pour soigner une société qui accouche de toujours plus de pauvreté ? C’est aussi la question.

Fermeture de la maternité, fusion avec le CHIVA, investissement sur la psychiatrie… Quel avenir pour le centre hospitalier Ariège Couserans ?

Selon le rapport de la chambre régionale des comptes, le CHAC était le premier employeur du territoire couseranais en 2022, avec plus de 900 équivalents temps plein.

Selon le rapport de la chambre régionale des comptes, le CHAC était le premier employeur du territoire couseranais en 2022, avec plus de 900 équivalents temps plein.

BONNÉS

Santé,  Hôpital,  Saint-Girons

Publié le 16/10/2024 à 19:02 https://www.ladepeche.fr/2024/10/16/fermeture-de-la-maternite-fusion-avec-le-chiva-investissement-sur-la-psychiatrie-quel-avenir-pour-le-centre-hospitalier-ariege-couserans-12262524.php

Roman Bouquet Littre

l’essentielÉpinglé par un rapport accablant de la chambre régionale des comptes, le centre hospitalier Ariège Couserans (CHAC) est en situation critique. Plusieurs pistes doivent être explorées.

Dans une note publiée vendredi dernier, la chambre régionale des comptes épingle le centre hospitalier Ariège Couserans (CHAC). L’établissement, au « patrimoine vétuste » et à la tête duquel six directeurs se sont succédé depuis 2022, serait en grande difficulté financière avec un déficit apparent « de plus de 20 millions d’euros » dû notamment à une sous-activité. « L’offre de soins apparaît aujourd’hui surdimensionnée en termes de personnels et d’équipements mobilisés. Les taux d’occupation des lits sont modestes, nettement inférieurs aux standards nationaux », détaille le rapport, qui passe au crible l’activité de la structure depuis 2017.

Cette faible activité serait la conséquence d’une fuite « importante » des patients vers d’autres établissements, notamment le CHU de Toulouse, le CH de Saint-Gaudens et des cliniques privées. Le centre hospitalier du Couserans prendrait ainsi en charge « moins du tiers de l’activité hospitalière » de son territoire en médecine, chirurgie et obstétrique alors même qu’il n’a pas de concurrence directe. Un manque criant d’attractivité qui impacte notamment la maternité. Selon la juridiction financière, en 2022, le nombre d’accouchements au CHAC (160) représentait seulement 13 % des naissances domiciliées en Ariège, elles-mêmes en baisse. La même année, le taux d’occupation des lits en obstétrique était, lui, de 41,2 %.

« Deux évènements indésirables graves ayant conduit au décès des nouveau-nés »

Le secteur de l’obstétrique souffrirait également de graves manquements au sein de ses équipes. « Depuis 2003, le CHAC déroge à la condition de présence de pédiatres. Effectivement, un pédiatre n’est pas présent dans l’établissement de santé ou disponible tous les jours de l’année, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, avec un délai d’arrivée compatible avec l’impératif de sécurité. […] Ainsi, le suivi des nouveau-nés n’est pas totalement assuré », pointe la chambre régionale des comptes, qui précise qu’une première inspection de la maternité avait été réalisée en novembre 2020 à la demande de l’ARS suite « à deux évènements indésirables graves ayant conduit au décès des nouveau-nés ».

Cette dernière avait confirmé les « difficultés organisationnelles régulières liées à des déficits de personnels notamment en anesthésie » au sein de la structure. Selon le rapport d’inspection, cette situation pouvait « mettre en péril la prise en charge des parturientes [femme en train d’accoucher] et des enfants à naître si l’intervention avait lieu en urgence et notamment de nuit » ou en cas de menace vitale pour la mère et le fœtus (trois cas en moyenne par an depuis 2018).

Une « impérieuse nécessité de faire évoluer le modèle stratégique de la structure »

Pour tenter de stopper l’hémorragie, la chambre régionale des comptes préconise à l’Agence régionale de santé (ARS) de transformer la maternité du CHAC – l’une des plus petites identifiées en France par la Cour des comptes et qui bénéficiait d’une dérogation d’exercer de l’ARS depuis 2010, non renouvelée en 2022 – en centre périnatal de proximité. Les femmes enceintes ne pourraient donc plus accoucher dans l’établissement de Saint-Girons, mais y suivre seulement les consultations pré et postnatales, les cours de préparation à la naissance, l’enseignement des soins aux nouveau-nés et les consultations de planification familiale.

En parallèle, la juridiction financière incite fortement l’hôpital à « redonner à la psychiatrie la juste place qui lui revient et pour laquelle il est reconnu au niveau du département », soulignant le faible intérêt donné à cette discipline ces dernières années. « La consultation des notes prises lors des conseils de surveillance entre 2018 et 2023 a démontré le faible nombre d’échanges consacrés à la psychiatrie dans l’établissement. […] Il faut attendre l’année 2022 pour trouver une présentation sommaire de l’activité liée à la psychiatrie. […] De plus, aucun représentant de la discipline, pourtant activité principale, n’a été élu président de la commission médicale d’établissement depuis plus de 20 ans. »

À moyen terme, la chambre régionale des comptes recommande une fusion du CHAC et du centre hospitalier intercommunal des vallées d’Ariège (CHIVA), qui appartiennent déjà au groupement hospitalier de territoire des Pyrénées Ariégeoises avec la résidence de Tarascon-sur-Ariège et le centre hospitalier d’Ax-les-Thermes. « L’ensemble de ces constats conduisent à l’impérieuse nécessité de faire évoluer le modèle stratégique de la structure. […] Le rapprochement des deux organigrammes permettrait de couvrir plus favorablement les fonctions incontournables à assurer au sein d’un établissement alors même que le recrutement est en tension pour tout le département. »

Suite à la publication du rapport de la chambre régionale des comptes, le directeur du CHAC Olivier Pontiès tiendra une conférence de presse ce lundi 21 octobre.

Faute de médecins, une maternité qui n’assure plus aucun accouchement depuis juillet ne reprendra pas son activité avant octobre

  • Depuis le début de l’année, la maternité a connu 180 jours de suspensionDepuis le début de l’année, la maternité a connu 180 jours de suspension Image d’illustration – Freepik

Hôpital,  Santé,  Faits divers

Publié le 29/08/2024 à 16:01 https://www.ladepeche.fr/2024/08/29/faute-de-medecins-une-maternite-qui-nassure-plus-aucun-accouchement-depuis-juillet-ne-reprendra-pas-son-activite-avant-octobre-12165831.php

La rédaction

l’essentielLe service obstétrique de l’hôpital de Sarlat, qui a suspendu les accouchements depuis le 25 juillet, vient d’annoncer qu’il ne reprendra pas son activité avant le 21 octobre, « faute d’équipe médicale complète ». Ses patientes devront donc accoucher dans d’autres hôpitaux à proximité. La maternité continuera néanmoins les consultations.

Faute d’équipe médicale complète, la maternité de Sarlat (Dordogne) va devoir fermer ses portes pendant un long moment. Les accouchements ont été suspendus le 25 juillet. Ils étaient censés reprendre le 10 septembre, rapporte France Bleu. Mais dans un communiqué publié ce jeudi 29 août, le Centre hospitalier de Sarlat, en lien avec l’ARS Nouvelle-Aquitaine, annonce être contraint de reconduire la suspension des accouchements jusqu’à 21 octobre.

« Faute d’équipe médicale complète et malgré des recherches actives, le centre hospitalier de Sarlat n’est pas en mesure de reprendre l’activité de son plateau obstétrical dans les conditions de sécurité requises », précise celui-ci. Le communiqué ajoute que « les femmes enceintes susceptibles d’accoucher, ont été informées individuellement du dispositif mis en place. La réorientation vers les autres maternités de proximité (des CH de Périgueux, CH Bergerac, CH Brive et CH de Cahors) est organisée, dans le respect de leur libre choix. Les maternités qui les accueilleront ont été informées en amont et disposent d’ores et déjà de leurs dossiers médicaux. » Les patientes pourront, par ailleurs, « bénéficier d’un hébergement à proximité de la maternité de leur choix ».

180 jours de suspension depuis le début de l’année

Il s’agit de la septième suspension des accouchements pour la maternité de Sarlat depuis le début de l’année, portant à 180 jours le nombre de jours où ce service aura été à l’arrêt, qui fonctionne malgré tout pendant ce temps-là « en mode de centre périnatal de proximité et continue d’assurer les consultations programmées ». Une sage-femme doit également être présente de 8 h à 20 h. « En dehors de ces horaires, la régulation SAMU assurera la prise en charge », précise le communiqué.

« J’ai vraiment eu beaucoup de chance » : faute de personnel dans sa maternité, elle accouche dans son salon

La devanture d’une maternité.La devanture d’une maternité. AFP – LOIC VENANCE

Santé,  Enfance – Jeunesse,  Société

Publié le 17/09/2024 à 16:00 https://www.ladepeche.fr/2024/09/17/jai-vraiment-eu-beaucoup-de-chance-faute-de-personnel-dans-sa-maternite-elle-accouche-dans-son-salon-12203342.php

Y.L.

l’essentiel

Le 26 août dernier, une femme a dû accoucher dans son salon car la maternité de Sarlat (Dordogne) était fermée faute de personnel. Une situation qui dure depuis de nombreuses semaines.

Lisa Rousseau est une jeune maman comblée. Le 26 août dernier, son deuxième enfant est venu au monde sans difficulté. Pourtant, cette dernière a accouché chez elle, dans son salon, rapporte France 3. Elle n’a tout simplement pas eu le temps de se rendre à la maternité de Brive (Corrèze) située à plus d’une heure de son domicile. La raison ? La maternité de Sarlat (Dordogne), située à quelques kilomètres de sa maison, était fermée.

Pourtant, nos confrères racontent que Lisa Rousseau avait tout prévu. En effet, la maternité de Sarlat est fermée depuis le 25 juillet dernier. L’établissement devait rouvrir le 10 septembre, mais la date a été décalée au 21 octobre, « faute d’équipe médicale complète et malgré des recherches actives », ont indiqué l’ARS et la direction de l’hôpital.

« Mon fils était déjà en train de naître… »

Ne sachant pas si elle pourrait accoucher à Sarlat, la jeune femme avait réservé des nuits d’hôtels dans la préfecture de la Corrèze, Brive. Mais le nouveau-né a décidé de naître avec un petit peu d’avance. Lisa n’a donc pas eu le temps de se rendre à la maternité située à une heure de chez elle et a accouché dans le salon. « Le temps que les secours arrivent, mon fils était déjà en train de naître », raconte-t-elle à nos confrères.

À Sarlat, les accouchements ont déjà été suspendus 180 jours depuis le début de l’année affirme France 3. Heureusement pour elle, tout s’est bien passé malgré un passage à l’hôpital de Périgueux pour une anesthésie générale afin de lui enlever un placenta. « J’ai vraiment eu beaucoup de chance. Mais il aurait été bien que je sois à Sarlat », regrettait la jeune maman. Nos confrères indiquent que 260 bébés auraient pu voir le voir à Sarlat si la maternité avait été ouverte. En réalité, il n’y a eu que 60 nouveau-nés sarladais en 2024.

Accouchements suspendus pendant cinq jours : la maternité de Saint-Gaudens est-elle menacée ?

ABONNÉS

  • La maternité du Centre hospitalier Comminges Pyrénées, si elle connaît des difficultés, ne ferme cependant pas.La maternité du Centre hospitalier Comminges Pyrénées, si elle connaît des difficultés, ne ferme cependant pas. DDM archives – Jean-Alexandre Lahocsinszky

La Gazette du Comminges,  Saint-Gaudens,  Haute-Garonne

Publié le 03/01/2024 à 18:01 https://www.ladepeche.fr/2024/01/03/accouchements-suspendus-pendant-cinq-jours-la-maternite-de-saint-gaudens-est-elle-menacee-11675428.php

Vincent Dulong

l’essentielDu 28 décembre au 2 janvier, les accouchements ont été suspendus à la maternité du Centre hospitalier Comminges Pyrénées de Saint-Gaudens. Comment l’hôpital en est arrivé là ? Explications.

Fin décembre, l’annonce tombe : les accouchements sont suspendus pour cinq jours autour du Nouvel An à la maternité de Saint-Gaudens. En effet, du 28 décembre au 2 janvier inclus, la maternité, si elle n’a pas fermé, n’a pas pu accueillir de parturientes en raison de l’absence d’un pédiatre.

Une situation qui ne semble pas isolée. « On n’est pas le seul établissement à avoir des trous dans la raquette », reconnaît Manon Sirop, directrice adjointe des affaires générales du Centre hospitalier Comminges Pyrénées.

Les patientes transférées

Malgré tout, l’hôpital dit avoir tout prévu afin d’éviter les déconvenues. « Chacune des parturientes arrivant à terme sur cette période a été personnellement contactée par les équipes de l’établissement, assure le Centre hospitalier Comminges Pyrénées. L’organisation des prises en charge de fin de grossesse sur une autre maternité du territoire de la Haute-Garonne ou d’un département limitrophe a été clairement explicitée afin d’assurer une continuité de prise en charge dans le respect du choix de la parturiente. » Dans le détail, deux transferts ont été organisés vers Tarbes, et un vers la clinique Paule-de-Viguier à Toulouse. Le Chac de Saint-Girons a également été mis à contribution.

À noter que pendant toute cette période dégradée, l’hôpital restait prêt à accueillir toute personne devant accoucher qui n’aurait pas eu l’information au préalable. Une situation crainte par les équipes, puisque si une parturiente poussait les portes de la maternité, elle aurait certes pu accoucher mais le suivi pédiatrique du nouveau né n’aurait pas pu être assuré, ce qui aurait contraint la mère et son enfant à subir un transfert vers un autre établissement de santé. Fort heureusement, ce cas particulier ne s’est pas produit durant les cinq jours de suspension.

« La maternité ne va pas fermer »

Même si la maternité rencontre des difficultés relatives au manque de personnel, elle ne fermera pas pour autant. Certes, l’annonce de la suspension des accouchements est intervenue dans un contexte de fêtes de fin d’année, ce qui a inquiété les Saint-Gaudinois.

Nonobstant, le Centre hospitalier Comminges Pyrénées rassure la population sur ce point : « la suspension des accouchements n’est que temporaire, la maternité ne va pas fermer », poursuit Manon Sirop.

Depuis le 3 janvier, l’hôpital reprend normalement ses fonctions d’accueil à la maternité, pour permettre d’accoucher à Saint-Gaudens dans les meilleures conditions. Une mission « essentielle pour le territoire ».

« Nos compteurs d’heures explosent », les sages-femmes de la maternité du CHU de Toulouse se mettent en grève

  • Les sages-femmes de la maternité de l’hôpital Paule de Viguier (CHU de Toulouse) entament un mouvement de grève ce lundi 23 septembre.Les sages-femmes de la maternité de l’hôpital Paule de Viguier (CHU de Toulouse) entament un mouvement de grève ce lundi 23 septembre. DDM archives – XAVIER DE FENOYL

Santé,  Grossesse / Bébé,  Hôpital

Publié le 22/09/2024 à 09:16 https://www.ladepeche.fr/2024/09/22/nos-compteurs-dheures-explosent-les-sages-femmes-de-la-maternite-du-chu-de-toulouse-se-mettent-en-greve-12210343.php

Emmanuelle Rey

l’essentielLes sages-femmes de l’hôpital Paule de Viguier (CHU de Toulouse) entrent en grève illimitée à partir de lundi 23 septembre. Elles réclament des effectifs.

Les sages-femmes de l’hôpital Paule de Viguier (CHU de Toulouse, site de Purpan) seront en grève illimitée à partir de ce lundi 23 septembre. Une première grève de 24 heures, le 9 septembre dernier, avait déjà donné le ton. « Les réponses de la direction sont insatisfaisantes », énonce Johanne Reynaud, sage-femme, représentante syndicale UNSA-Santé Sociaux qui donne rendez-vous à 13h30, lundi, devant la maternité.

« Nous manquons d’effectifs, nos compteurs d’heures explosent, il manque des équivalents temps plein pour compléter les tableaux de service de la fin de l’année », résume la sage-femme qui pointe du doigt les contrats à durée déterminée (CDD) non renouvelés de sages-femmes venues en renfort. « Nous avons besoin de ces sages-femmes pour respecter les temps partiels de certaines d’entre nous et pour ne pas faire déborder nos comptes épargne-temps (CET) payés une misère notamment pour les plus anciennes. Ce sont des sages-femmes que nous formons, qui ont envie de rester, c’est précieux, il faut les embaucher alors qu’une pénurie de professionnelles s’annonce », explique encore la représentante. Elle estime les besoins à trois équivalents temps plein pour pouvoir assurer le tableau de service des mois de novembre et décembre.

« Nous avions déjà alerté au mois de juin. Les sages-femmes sont à bout de souffle et leur épuisement n’est pas entendu alors qu’elles aiment leur métier et qu’elles sont toujours là auprès de leurs patientes », conclut Johanne Reynaud.

Des renforts annoncés par la direction du CHU

Interrogée, la direction du CHU de Toulouse indique « avoir mis en place depuis plusieurs années des mesures significatives pour renforcer les effectifs du grand secteur naissance », cite la création de 6 postes de sages-femmes en 2023 et le déploiement de recrutements supplémentaires durant la période estivale pour que les agents puissent prendre leurs congés.

La direction annonce que « des renforts sont prévus pour septembre et octobre avec l’arrivée de trois professionnelles, permettant aux agents de prendre leurs congés et de poser leurs récupérations ». Elle mène également une réflexion sur la création d’un pool de remplacement.

Actuellement, selon les chiffres de la direction du CHU de Toulouse, sur un total de 155 sages-femmes, 144 sont titulaires en CDI et 11 sont en CDD. Parmi les CDD, deux se verront prochainement proposer un CDI.

Après deux rencontres, un troisième échange entre la direction et les sages-femmes est prévu. Durant la grève, la prise en charge des patientes reste assurée dans tous les services.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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