Au vu de la forte augmentation de son activité, il faudra dorénavant appeler le 15 ou le 116 117 avant de se rendre au service des urgences du centre hospitalier de Castres-Mazamet (CHIC)

On ne veut pas prendre le risque qu’un patient qui a un besoin urgent passe à l’as » : les Urgences de l’hôpital de Castres régulent son accès à partir de ce lundi 3 mars

   

Santé,  Tarn,  Castres

Publié le 03/03/2025 à 16:03

Brian Mendibure

00:00 / 03:21 https://www.ladepeche.fr/2025/03/03/on-ne-veut-pas-prendre-le-risque-quun-patient-qui-a-un-besoin-urgent-passe-a-las-les-urgences-de-lhopital-de-castres-regulent-son-acces-a-partir-de-ce-12546633.php

Au vu de la forte augmentation de son activité, il faudra dorénavant appeler le 15 ou le 116 117 avant de se rendre au service des urgences du centre hospitalier de Castres-Mazamet. L’objectif est de restreindre ses accès aux patients qui en ont vraiment besoin.

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À compter de ce lundi 3 mars, le service des Urgences du centre hospitalier intercommunal de Castres-Mazamet (Chic) va réguler son accès. L’appel au 15, le numéro du Samu, le service d’aide médicale d’urgence, ou au 116 117, le numéro unique pour joindre un médecin généraliste de garde, devient obligatoire avant de se rendre aux Urgences tous les jours de 18 h 30 à 8 h 30.

Le Chic adopte ainsi ce dispositif déjà mis en place dans de nombreux établissements hospitaliers de la région (Albi, Rodez, Montauban, Perpignan…) et se développe sur une bonne partie du territoire français afin de « rendre aux urgences sa vocation », précise Philippe Péridont, le directeur du centre hospitalier confronté à une forte augmentation de l’activité des Urgences.

L’objectif est de réduire le temps d’attente

En 2024, les Urgences de Castres ont enregistré 44 200 passages, dont plus de 5 000 patients « qui ne sont pas de notre bassin de santé », venant de l’Aude, de la Haute-Garonne ou de l’Hérault où l’accès aux Urgences est déjà régulé de cette manière. Celles de Castres représentant donc un « appel d’air ». Et le début de cette année 2025 avec notamment l’épidémie de grippe part sur des bases encore plus élevées. « C’est surtout le temps d’attente qui nous a fait réagir. Il est entre 6 et 8 heures tous les jours, constate le docteur Josiane Boularan, la cheffe du service des Urgences. On ne veut pas prendre le risque qu’un patient qui a vraiment besoin d’une prise en charge urgente soit englouti au milieu de tous les autres et passe à l’as« .

A lire aussi : Hôpital de Castres-Mazamet : des chiffres records en 2024, mais un déficit inquiétant pour 2025

L’objectif de cette régulation de l’accès aux Urgences est de réorienter les personnes ne relevant pas de l’urgence en proposant une alternative adaptée pour garantir les bonnes conditions d’accueil et de prise en charge des patients nécessitant une prise en charge hospitalière. « On voit des gens venir à 3 h du matin nous demander une prolongation de leur arrêt de travail », donne en exemple le Dr Boularan.

Donc dorénavant, les patients doivent appeler l’un de ses deux numéros avant d’aller aux Urgences. Et seul, le médecin régulateur pourra donner son aval en prévenant les Urgences de leur venue. Et si vous vous rendez directement aux urgences sans ce passage obligatoire, vous devrez sonner et une infirmière d’accueil fera le tri. Une décision validée par l’Agence régionale de santé (ARS) et communiqué largement aux acteurs de santé du territoire ainsi que l’association des usagers de l’hôpital castrais.

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« Il y aura toujours une réponse médicale »

Ne sont évidemment pas concernés par cette mesure, les patients acheminés par le Service mobile d’urgence réanimation (Smur), par les pompiers ou par les ambulances. Leur prise en charge est garantie et priorisée. Comme les patients de moins de 15 ans, les malades souffrant d’un trouble psychiatrique ou encore les personnes présentant des douleurs thoraciques ou encore de plaies et des hémorragies. Et l’accueil des patientes enceintes aux urgences maternité reste assuré 24 heures sur 24.

Et si c’est ce créneau de fin de journée et de nuit qui a été choisi par le Chic c’est qu’il est le plus chargé. « C’est la plus forte occupation du service où s’ajoutent des personnes qui n’arrivent pas à joindre leur médecin traitant, alors que la réponse médicale peut être différée, perturbant la bonne prise en charge de ceux qui ont vraiment un besoin urgent », confirme Philippe Péridont qui rappelle qu’en appelant le 15 ou le 116 117, « il y aura toujours une réponse médicale ».

Voir aussi :

Hôpital de Castres-Mazamet : des chiffres records en 2024, mais un déficit inquiétant pour 2025

Le CHIC, à l’image de nombreux établissements hospitaliers, se retrouve donc au cœur d’un paradoxe.

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  • Le CHIC, à l’image de nombreux établissements hospitaliers, se retrouve donc au cœur d’un paradoxe. DDM illustration – JEAN MARIE LAMBOLEY

   

Santé,  Hôpital,  Société

Publié le 17/01/2025 à 15:02 , mis à jour à 16:10 https://www.ladepeche.fr/2025/01/17/hopital-de-castres-mazamet-des-chiffres-record-en-2024-mais-un-deficit-inquietant-pour-2025-12452067.php

Pauline Brassart

Ce mercredi 15 janvier, le Centre hospitalier intercommunal de Castres-Mazamet (CHIC) a tenu sa traditionnelle cérémonie des vœux dans un contexte de tension sanitaire marqué par une épidémie de grippe particulièrement virulente. Une occasion pour le directeur Philippe Péridont de dresser le bilan de l’année écoulée et d’évoquer les défis à venir pour 2025.

L’année 2024 s’est distinguée par une activité sans précédent au CHIC, marquée par des records historiques dans plusieurs services. Avec 41 200 passages aux urgences (+ 5 % par rapport à 2023) et 29 700 séjours hospitaliers, l’établissement a accueilli plus de patients que jamais. Le bloc opératoire n’a pas été en reste, enregistrant 9 600 interventions, notamment grâce à une forte hausse des chirurgies orthopédiques (+ 11 %), vasculaires (+ 9 %), et digestives (+ 8 %). Ces chiffres, salués par le directeur, témoignent de la confiance renouvelée des patients envers les équipes du CHIC et la qualité de son organisation.

En parallèle, les services de soins médicaux de réadaptation (SSR) ont comptabilisé 915 admissions, tandis que les unités dédiées aux personnes âgées, Ehpad et USLD, ont accueilli 230 résidents. 2024 a aussi été marquée par des avancées en matière d’offre de soins, notamment avec le développement de l’ambulatoire dans des spécialités telles que la gynécologie, la pédiatrie, la cardiologie et la médecine vasculaire.

Un déficit budgétaire conséquent

Malgré cette effervescence, le CHIC fait face à une situation budgétaire préoccupante. Le déficit, estimé à plus de 6 millions d’euros en 2024 contre 3 millions en 2023, contraste avec une tradition d’équilibre financier pour un budget annuel de 200 millions d’euros. Cette situation inédite, expliquée par Philippe Péridont, trouve ses origines dans deux phénomènes majeurs. Le premier, l’impact de l’inflation. Malgré une baisse des coûts énergétiques par rapport à 2023, les dépenses liées au gaz, à l’électricité et à l’alimentation restent deux fois supérieures à celles de 2021, représentant un surcoût de 4 millions d’euros.


Le Dr Marie-Noëlle Cufi, présidente de la Commission médicale d’établissement (CME) et Philippe Péridont, directeur du CHIC. DDM – P.B.

Le deuxième, l’augmentation des effectifs et des revalorisations salariales. Ces mesures, bien que nécessaires, n’ont pas été entièrement compensées par les financements. Ce déficit entrave directement la capacité d’autofinancement de l’hôpital, réduisant ses marges de manœuvre pour de futurs investissements.

Projets 2025 : cap sur l’innovation et l’extension des services

Malgré ces contraintes, le CHIC regarde résolument vers l’avenir avec des projets ambitieux pour 2025. Parmi eux, le démarrage des travaux d’extension de l’Unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), qui portera sa capacité de 6 à 9 lits, et le déploiement d’une solution de télésurveillance à domicile en oncologie. Ce dernier projet s’appuiera sur les nouvelles technologies et les compétences des infirmiers en pratique avancée (IPA) et des IDE de coordination.

Deux inaugurations majeures marqueront également l’année : celle des nouveaux locaux de l’Institut de Formation au printemps et celle de l’internat rénové à l’automne, qui accueillera désormais des étudiants de second cycle en plus des 40 internes actuels. Enfin, Philippe Péridont a exprimé son souhait de voir émerger une Maison Médicale de Garde pour la population du bassin mazamétain, soulignant « l’importance d’adapter l’offre de soins à la hausse des besoins ».

Un appel à des choix stratégiques

« Alors que la santé et l’accès aux soins sont la première priorité des Français, on pourrait attendre un financement adéquat de nos missions », a plaidé le directeur, rappelant que le modèle d’excellence et de proximité incarné par le CHIC doit être soutenu. Formant le vœu d’une année 2025 marquée par des « choix responsables », il a conclu : « Rêvons d’un hôpital avec plus de docteurs, plus d’infirmières, et plus de moyens. »

Le CHIC, à l’image de nombreux établissements hospitaliers, se retrouve donc au cœur d’un paradoxe : une activité historique au service des patients, mais une fragilité financière qui menace ses ambitions. 2025 devra être l’année des réponses.

Commentaire Dr Jean Scheffer:

La cheffe de service des urgences de Castres-Mazamet affirme: « On ne veut pas prendre le risque qu’un patient qui a vraiment besoin d’une prise en charge urgente soit englouti au milieu de tous les autres et passe à l’as ».

On peut renverser l’affirmation en disant: « on ne peut pas prendre le risque de passer a côté d’une vrai urgence en réorientant les patients vers un généraliste suite a une mauvaise régulation pas le 15 ou le 116-117 »

Rien ne vaut un bon interrogatoire et un examen clinique pas un médecin bien formé ou n interne avant un minimum d’expérience.

Il s’agit de donner les moyens a nos services d’urgences de bien fonctionner. Le fait d’être obligé en temps normal d’appeler la régulation avant de de de rendre aux urgences signifie que l’établissement manque de personnel médical et non médical.

On peut admettre cette nécessité mais qu’au moment des poussées de grippe ou lors d’une pandémie.

Les urgences ont été fermées il y a longtemps sans les hôpitaux de Mazamet et de Saint-Pons, la mesure prise sert a camoufler le manque criant de moyen d’un hôpital qui dessert près de 200 000 habitants.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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