Le grand théâtre covido-sceptique de Pierre Chaillot

Sortie d’un deuxième livre de Pierre Chaillot statisticien a propos de la pandémie de Covid-19 « Victimes des vaccins Covid-19, ce que révèlent les chiffres officiels »

Interview part Hervé Bercoff de Pierre Chaillot sur Sud Radio

« Victimes des vaccins Covid-19, ce que révèlent les chiffres officiels »

3 Février 2025

https://youtu.be/29Lqyglwrhk

Victimes des vaccins Covid: ce que révèlent les chiffres officiels”

Pierre Chaillot, le statisticien traqueur de données sort un ouvrage pour aider les victimes et ouvrir un débat tabou.

https://essentiel.news/victimes-des-vaccins-covid-ce-que-revelent-les-chiffres-officiels/

25 janvier 2025

https://www.youtube-nocookie.com/embed/0cduQaojpew?autoplay=1&rel=0&showinfo=0&modestbranding=1

Statisticien de métier, Pierre Chaillot s’est attaché à suivre les chiffres publiés par différents organismes officiels dès le début de la pandémie. Il a glané et compilé toutes les données disponibles en France, mais aussi les statistiques européennes.

Après “Covid 19, ce que révèlent les chiffres officiels“, un best-seller en peu de temps qui a démontré comment la surmortalité attribuée au Covid a été largement exagérée, il revient à la charge avec un pavé accusatoire contre les vaccins Covid.

En faisant parler les chiffres, il fait la lumière sur la réalité des dommages vaccinaux et la propagande qui étouffe la voix de tous ceux qui dénoncent les dégâts d’une des pires campagnes de vaccination de l’histoire.

Parmi les sujets abordés dans cet entretien avec la journaliste Senta Depuydt:

  • Qu’est-ce que ce livre apporte de plus que d’autres ouvrages sur les vaccins Covid?
  • Le combat pour obtenir des données
  • Les failles et les fraudes de la pharmacovigilance dans les bases de données françaises et européennes.
  • La réalité des chiffres: comment on manipule les dates ou on invente de nouveaux diagnostics pour dissimuler l’effet de la vaccination sur la mortalité.
  • L’exemple de la vaccination polio
  • La qualité des lots
  • La baisse de fécondité, mortalité des nouveaux-nés.
  • Changements de codification des maladies par l’OMS
  • Quelles seraient les actions prioritaires à prendre?
  • Peut-on espérer des changements avec la situation aux États-Unis?

Mentionnés durant l’interview:

Christine Cotton: Tous vaccinés, tous protégés

Suzanne Humphries “Vaccination la grande désillusion”

Voir aussi la vidéo “De la variole au Covid, l’histoire peu glorieuse des vaccins”

Dossier de Senta Depuydt “Vaccins polio, histoire d’un désastre médical“, Magazine Nexus n°112.

Senta Depuydt: Trump signe un ordre de sortie de l’OMS

Commentaire de Senta Depuydt à propos du livre

Ce livre est très didactique, il a beaucoup de références : des textes de lois, des rapports, des analyses des données, mais aussi des témoignages très touchants. Il y a tout l’essentiel pour montrer que ces vaccins sont dangereux et même mortels et que l’ensemble des responsables sont « hors la loi ».

Enfin, pour ceux qui auraient peur des chiffres, c’est très accessible, c’est bien écrit, il y a de l’humour et beaucoup de cœur. 

Les bénéfices de la vente vont aux victimes des vaccins Covid via 2 associations: 

Le REVAV : une association qui s’occupe des victimes de tous types de vaccins

Verity France : une association dédiée à la défense des victimes des vaccins Covid

Rencontres citoyennes internationales sur les effets indésirables des vaccins Covid et la réalité du Covid long

à Vierzon samedi 1 février

Autres associations:

Ou est mon cycle?

Ligue pour la liberté des vaccinations

AAVIC TEAM

Signaler un effet indésirable sur internet

Solidekla

SOS EFFETS INDESIRABLES 0 972 129 808. Plateforme téléphonique lancée par des bénévoles, active du lundi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 22h. Mail : sos.ecouteei@proton.me

Sortie du livre de Pierre Chaillot “Victimes des vaccins Covid” le 29 janvier 2025

Chaîne Youtube de Pierre Chaillot “Décoder l’éco”

La directrice de l’EMA avoue que les victimes d’effets secondaires servent a construire un modèle.

https://youtu.be/welamDPICBA?si=zWou7D-Wcm6ZxWUW

Après avoir rappelé à l’EMA qu’elle est a eu un rôle trop favorable pour les laboratoires, je lui lis le témoignage d’une jeune fille qui a dû se faire vacciner pour être infirmière et victime d’effets secondaires. Énième victime classée dans un fichier Excel et dont l’EMA se fiche.

Voir aussi:

Articles de Libération a près la sortie du premier livre de Pierre Chaillot en Mars 2023

Pas de surmortalité ni de saturation hospitalière : le grand théâtre covido-sceptique de Pierre Chaillot en librairies (1/2)

La pandémie de Covid-19 en Francedossier

Le statisticien avait fait grand bruit avec des vidéos remettant en cause la réalité de la pandémie. Malmenant les chiffres et les concepts scientifiques, il y revient cette fois-ci dans un ouvrage, «Covid-19 : ce que révèlent les chiffres officiels», truffé de théories toujours aussi douteuses.

Ni malades, ni morts en plus, ni saturation : les théories défendues par Pierre Chaillot dans son livre sont toutes démenties par les chiffres, (Capture d’écran Youtube)

par Luc Peillon

publié le 6 avril 2023 à 17h24 https://www.liberation.fr/checknews/pas-de-surmortalite-ni-de-saturation-hospitaliere-le-grand-theatre-covido-sceptique-de-pierre-chaillot-en-librairie-12-20230406_DYCFILG2ABESNFGGOLKTIV2SIA/

Enfin «la vérité émerge». Dans un livre lourd de 471 pages, publié aux Editions l’Artilleur, Pierre Chaillot, alias «Décoder l’éco» sur YouTube, alias Pierre Lécot sur Francesoir, revient sur la pandémie qui a paralysé la planète en 2020 et 2021. Titré Covid-19 : ce que révèlent les chiffres officiels, l’ouvrage, préfacé par le sociologue Laurent Mucchielli et postfacé par l’épidémiologiste Laurent Toubiana, entend démonter l’«hypothèse gouvernementale» d’une surmortalité causée par le virus, et d’une limitation de celle-ci par les mesures de distanciation sociale. Pour Chaillot, ce sont au contraire les confinements qui ont tué, mais aussi les vaccins, pour lutter contre des microbes dont la responsabilité dans les maladies, selon l’auteur, est loin d’être démontrée. Tout comme le principe même de la propagation épidémique. Ses théories, aussi bancales dans cet ouvrage que dans ses vidéos, font pourtant un tabac en librairie, l’ouvrage ayant passé plusieurs semaines dans le haut du classement des ventes en France.

Retour, dans ce premier article, sur son affirmation selon laquelle il n’y a pas eu de surmortalité en 2020 ni de saturation hospitalière. Dans un second texte, nous analysons ses affirmations sur l’absence présumée d’épidémie et la létalité supposée des vaccins.

Pas de surmortalité

La question du bilan humain du Covid-19 est un vrai sujet. D’abord parce que la mesure de la surmortalité implique de choisir une période de référence (qui fait toujours débat), ensuite parce que le bilan auquel on aboutit peut être apprécié diversement, relativement à d’autres épisodes de mortalité. CheckNews s’était déjà penché sur ces controverses de chiffres, nourries notamment par Hervé Le Bras, directeur d’études à l’EHESS, qui avait produit des calculs «nuançant», selon lui, «la gravité de l’épidémie». Mais dans ce débat, Chaillot va (beaucoup) plus loin. Et avec des méthodes plus que contestables.

Selon le youtubeur, non seulement il n’y a pas eu d’hécatombe en France du fait du Covid-19, mais l’année 2020 aurait connu une mortalité équivalente à celle de 2015 et serait «la septième année la moins mortelle de toute l’histoire de France». Comment en arrive-t-il à cette conclusion ? L’auteur explique en préalable que pour confronter les différentes mortalités selon les années, il est nécessaire de «standardiser les décès pour pouvoir comparer les chiffres sur la base de populations identiques en taille et en structure par âge». C’est ainsi qu’en «appliquant la population par âge de 2020 à toutes les années du passé», il ressort que cette année-là «n’est pas du tout une année de record de mortalité».

Si l’on prend cet indicateur pour base, 2020 est en effet une des années de plus basse mortalité depuis 60 ans. Et sans doute même depuis toute l’histoire de France. Et pour cause : ce qu’oublie de préciser Chaillot à ce stade, c’est qu’en raison du progrès social et scientifique, le risque de décès à chaque âge ne cesse – historiquement – de diminuer.

C’est pour cette raison que l’Insee raisonne en termes de «mortalité attendue», qui permet d’intégrer tous les paramètres. Pour mesurer l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur le nombre de décès, l’institut compare ainsi les décès observés toutes causes confondues «à ceux attendus en l’absence d’épidémie, en prenant en compte l’augmentation et le vieillissement de la population, ainsi que la tendance à la baisse des risques de décès à chaque âge, quasi continue depuis plusieurs décennies». Cet écart entre décès observés et attendus «mesure à la fois les effets directs et indirects de l’épidémie de Covid-19, mais aussi les effets de moindre ampleur d’autres phénomènes propres à l’année 2020 et 2021 et indépendants de l’épidémie, comme une canicule plus ou moins forte, un virus de la grippe plus ou moins dangereux».

Ainsi, selon une étude de l’Insee de mai 2022, «si les quotients de mortalité par sexe et âge avaient baissé en 2020 au même rythme qu’au cours de la dernière décennie, 622 300 décès auraient eu lieu en 2020 en l’absence d’épidémie de Covid-19, soit 9 000 de plus qu’en 2019». Cette hausse aurait été le «résultat combiné de trois facteurs : + 14 000 décès en raison de l’augmentation et du vieillissement de la population qui accroissent mécaniquement le nombre de décès, à probabilité de décéder à chaque âge identique en 2020 à celle de 2019 ; + 1 900 décès du fait que l’année 2020 est bissextile et compte donc un jour de plus que 2019 ; – 6 900 décès à la suite de la baisse tendancielle des quotients de mortalité».

Avec 668 900 décès survenus sur l’ensemble de 2020, il y a donc eu 46 700 décès de plus qu’attendu, note l’Insee. Dans le détail, il y a eu 8 900 décès de moins qu’attendu en janvier et février 2020, notamment du fait d’une grippe peu meurtrière, alors que de mars à décembre 2020, «période où l’épidémie de Covid-19 a occasionné de nombreux morts en France, le nombre de décès a au contraire dépassé de 55 600 le nombre attendu».

En 2021, «si les quotients de mortalité par sexe et âge avaient baissé au même rythme qu’au cours de la dernière décennie, ajoute l’Insee, 622 500 décès auraient eu lieu : + 23 100 décès par rapport à 2019 en raison de l’augmentation et du vieillissement de la population et -13 800 décès à la suite de la baisse attendue des quotients de mortalité». Or 661 600 décès se sont produits, «soit 39 100 décès de plus qu’attendu». Au total, sur cette première période de l’épidémie, de mars 2020 à décembre 2021, «l’écart entre le nombre de décès observés et attendus est donc de 95 000 décès».

Cette étude n’a pas échappé à Pierre Chaillot. Mais dans un chapitre modestement titré «Cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire», l’auteur estime que cette méthodologie revient à ne «pas relever le nez de sa copie». Principal reproche : avoir choisi la période 2010-2019 pour calculer la baisse attendue du quotient de mortalité en 2020 et 2021, alors que la baisse de la mortalité avait fortement ralenti à partir de 2014.

L’Insee, dans sa note, le reconnaît : «La tendance de la décennie 2010-2019 est retenue ici, car elle inclut le ralentissement de la hausse de l’espérance de vie depuis 2014, mais aussi des gains d’espérance de vie antérieurs un peu plus importants.» Et donne le détail, qui montre que le choix d’une autre période de référence pour le calcul du quotient de mortalité n’aurait pas changé grand chose : «La baisse des quotients de mortalité, combinée à l’augmentation du nombre de personnes âgées, aurait conduit en 2020 à une hausse de 4 100 décès s’ils avaient baissé à chaque âge au même rythme qu’entre 2000 et 2014, à une hausse de 11 000 décès au rythme de 2014-2019, et à une hausse de 9 000 au rythme de 2010-2019».

Autrement dit, la différence n’est que de 2 000 décès si la période retenue avait été 2014-2019, comme préconisé par Chaillot, au lieu de 2010-2019. Résultat : le nombre de décès supplémentaires constatés par rapport à ceux attendus n’aurait pas été de 46 700 mais de 44 700… Soit à peine 4 % de différence.

Souhaitant cependant prouver qu’il n’y a pas eu de surmortalité avec le Covid-19, l’auteur va alors comparer avec l’année de plus forte mortalité de ces dernières années : 2015. Or l’année précédente, 2014, avait été marquée par baisse de la mortalité – ce qui n’était pas le cas de 2019 – et cumulait une forte grippe et des périodes de canicule. Difficile d’en faire une référence.

A noter, par ailleurs, que l’auteur fait une erreur dans son exercice de prolongation des quotients de mortalité. Souhaitant se moquer de l’Insee et de la façon dont l’institut projette l’évolution de la baisse de la mortalité, il explique ainsi : «Pour enfoncer le clou, si nous prolongeons la tendance linéaire, nous découvrons qu’en 2068, le taux de mortalité devient nul. Cela signifie qu’à cette date, les personnes de plus de 80 ans ne mourront plus du tout. Encore mieux, au-delà de 2068, les personnes de plus de 80 ans vont ressusciter. La seule conclusion qui s’impose est que cette tendance à la baisse va nécessairement s’arrêter.»

Sauf que l’institut ne procède pas ainsi. «Nous appliquons une tendance linéaire sur le logarithme des quotients de mortalité, et non pas sur les quotients, explique à CheckNewsSylvie Le Minez, cheffe de l’unité «Etudes démographiques et sociales» de l’institut. Si les quotients de mortalité ont baissé en moyenne, par exemple, de 1 % par an à un âge donné entre 2010 et 2019, il est supposé qu’ils vont à nouveau baisser de 1 % par an à cet âge de 2020 à 2022. Les quotients ainsi projetés ne peuvent pas être nuls en 2068, ni négatifs après 2068.»

Enfin, s’il n’y a pas eu plus de morts, c’est aussi en raison de la mise en place sur cette période de plusieurs mesures de distanciation sociale (confinement et couvre-feux), qui ont permis d’enrayer l’épidémie, et donc le nombre de décès.

Pas de saturation hospitalière

Pas «d’hécatombe», donc, selon l’auteur, et pas de saturation hospitalière non plus, si ce n’est dans la presse. «Comme nous l’avons vu, les médias jouent leur rôle très tôt autour de la Covid, diffusant la peur parmi la population,avance-t-il. Le nombre de morts fait son effet, la saturation hospitalière également. Des hôpitaux qui débordent assurent de l’audience. Dès les premiers malades déclarés dans l’Est, les médias nous abreuvent d’articles sur les hôpitaux saturés qui doivent évacuer des malades, ou même sur les hôpitaux parisiens qui s’attendent” à être saturés.»

Là encore, la question de la mesure de la saturation hospitalière a été un sujet complexe. Certains indicateurs mis en place par les autorités avaient pu exagérer cette pression sur l’institution. Citons notamment le (très mal nommé) taux d’occupation des lits en réanimation, qui obéissait à une méthodologie peu claire, l’amenant à afficher lors des pics des taux d’occupation des lits par les patients Covid supérieurs à 100 %. Un indicateur trompeur sur lequel CheckNews s’était plusieurs fois penché. Mais Chaillot pêche à nouveau par l’excès inverse, quitte à mésinterpréter les données disponibles.

Ainsi, la preuve de l’absence de saturation hospitalière serait fournie, selon lui, par un rapport de l’agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), qui «a notamment révélé que les hospitalisations pour cause de Covid-19 n’ont finalement représenté que 2 % du nombre d’hospitalisations en 2020». Une activité «presque insignifiante au regard des 11 millions de séjours d’hospitalisation [l’auteur ici se trompe, il s’agit du nombre de patients, le nombre de séjours étant, lui, de 16,5 millions, ndlr]».

Or comme nous l’avions expliqué à l’époque dans un précédent article, ces chiffres globaux, que l’on peut effectivement trouver faibles a priori, ne permettent pas de mesurer (ou de nier) l’impact du Covid sur l’activité hospitalière. Lequel est d’ailleurs évoqué très explicitement dès le préambule du rapport : «En 2020, la crise sanitaire induite par la pandémie de Covid-19 a fortement impacté l’activité des établissements de santé.»

Premier point : les pourcentages de 2 % (et de 5 % pour les soins critiques) concernent le nombre de patients Covid hospitalisés, mais ne tiennent pas compte de la durée des hospitalisations, qui a été plus longue pour les patients Covid-19 que pour les patients non Covid, que ce soit pour l’hospitalisation standard ou les soins critiques (1). En regardant non plus le nombre d’admissions, mais le nombre de journées d’hospitalisation, les pourcentages doublent quasiment. Ainsi, les patients Covid ont représenté 2 % du total des admissions, mais 4 % du total de journées d’hospitalisation en 2020. En soins critiques, les patients Covid ont représenté 5 % des admissions, mais 8 % des journées d’hospitalisation. Pour les seuls services de réanimation, les plus en tension à l’époque, les patients Covid ont représenté 11 % du nombre de patients admis en 2020, mais 19 % des journées d’hospitalisation sur l’année.

Surtout, cette pression hospitalière liée au Covid n’a pas été constante sur 2020. Elle a très fortement varié au gré des deux vagues épidémiques de l’année. Ainsi, pendant près d’un mois, à compter de la fin du mois de mars, le nombre quotidien de patients en cours d’hospitalisation pour Covid dépassait 30 000, indique le rapport de l’Atih. Un pic également atteint mi-novembre. A l’inverse, pendant près de trois mois entre mi-juin et mi-septembre, ce nombre de patients hospitalisés était inférieur à 5 000, soit plus de six fois moindre. Pendant un mois, entre juillet et août, le nombre de patients Covid hospitalisés est même descendu à 2 500, selon le rapport. Soit 14 fois moins que le pic de 35 000 hospitalisations pour Covid atteint en avril. Le calcul de la part des patients Covid sur la totalité des patients sur toute l’année aboutit à ainsi «lisser» ces fortes variations, et ne rend donc pas compte des phases de saturation hospitalière lors les pics épidémiques.

La saturation, par ailleurs, concernait essentiellement les soins critiques, qui regroupent les réas à proprement parler, les soins intensifs et les soins continus, avec une hausse de 10,5 % du nombre de jours d’utilisation de lits de réanimation en 2020. Certes, admet Chaillot, mais cette hausse s’est aussi faite dans le cadre d’une forte hausse du nombre de lits en réa, notamment par la transformation des lits de soins continus, explique-t-il. Et de rappeler, en citant la Cour des comptes, qu’«à compter de la mi-mars 2020, […] la création ex nihilo d’unités de réanimation éphémères a fait passer le nombre de lits installés de 5 080 en mars à 10 133 le 15 mai, avant de redescendre à 8 320 lits le 15 juin 2020». Conséquence, selon lui : «il est tout à fait normal d’observer une chute de l’utilisation des lits de soins continus et une augmentation de celle des lits de réanimation, puisqu’il y a eu un transfert entre les deux. Ainsi, le nombre de jours d’utilisation de lits de réanimation a augmenté de 10,5 % en 2020, par rapport à 2019, mais cette hausse est plus que compensée par la moindre utilisation des lits des services de soins continus».

Là encore, Chaillot raisonne en moyenne sur l’année, faisant mine d’oublier que la crise sanitaire a connu en 2020 deux vagues bien définies. Or, lors du pic de la première vague, si le nombre de lits a doublé à la fin du printemps, le nombre de journées en réa a augmenté de 17,9 % entre février et mars 2020, puis de 40,5 % entre mars et avril, selon la Drees. Soit près de 66 % en seulement deux mois. En novembre, la hausse s’élève à 50 % par rapport à 2019, mais est sous-estimée, la Drees ne retenant que les séjours terminés dans l’année.

Par ailleurs, si les autorités sanitaires ont communiqué tardivement sur le taux réel d’occupation des services de réas, les fois où elles l’ont fait, le chiffre témoignait bien d’une quasi-saturation. En avril 2021, on apprenait que même si les réas étaient passées à 7 906 lits «installés», soit 2 800 de plus qu’au début de la crise, 7 100 étaient occupés : 3 800 par des patients Covid (55 %) et 3 300 par des patients non-Covid (45 %). Soit un taux d’occupation de 90 %, selon la direction générale de l’offre de soins (DGOS). Et s’il était encore possible d’augmenter le volume de lits, c’était en allant puiser un peu plus encore dans les plateaux techniques en chirurgie, en orthopédie ou en cardiologie. C’est-à-dire en continuant de déprogrammer des opérations, un phénomène dénoncé par Chaillot lui-même. En janvier 2022, alors que le nombre de lits en réanimation s’établissait à 6 700, ils étaient toujours occupés à 93 % (57 % par des patients non Covid ou venus pour d’autres raisons que le Covid et à 43 % par des patients Covid-19). Des chiffres connus bien avant la rédaction de son livre par Chaillot, et au cœur de son sujet, mais que l’auteur a visiblement choisi d’ignorer.

Enfin, si l’on regarde la part des décès en lien avec le Covid survenus à l’hôpital, elle apparaît en proportion bien supérieure à la part des patients Covid admis. Sur l’année 2020, les décès pour Covid ont représenté 12 % du total des décès hospitaliers (pour seulement 2 % des patients admis), 13 % des décès en soins critiques (pour 5 % des patients admis), et 16 % des décès en réanimation (pour 11 % des patients admis).

Pas de malades

Après l’absence de morts et de saturation hospitalière, l’auteur chercher à montrer qu’il n’y a pas eu de malades, et très peu de cas. Dans ce chapitre, Chaillot recycle une veille rengaine des «rassuristes», défendue notamment par l’épidémiologiste controversé Laurent Toubiana, qui consiste à se focaliser sur la – faible – remontée des cas de contamination par le réseau de généralistes Sentinelles. «Le nombre de malades diagnostiqués Covid-19 par [ce] réseau en France métropolitaine en une semaine n’a jamais atteint 150 pour 100 000 habitants. Par comparaison, pendant l’hiver 2014-2015, le nombre de malades de la grippe a atteint plus de 830 pour 100 000 habitants, près de six fois plus», écrit l’auteur.

Or comme nous l’avions déjà expliqué à l’époque, les chiffres du réseau Sentinelles ne concernent que les patients symptomatiques repérés en médecine générale (nombre de patients positifs passés par les médecins du réseau, extrapolé ensuite au nombre de patients en médecine générale en France). «Nous ne recensons que les cas venus en consultation chez les médecins généralistes, et qui présentent une forme d’infection respiratoire aiguë, confirmés ensuite par un test positif, nous expliquait à l’époque Thierry Blanchon, vice-président du réseau Sentinelles. Il ne s’agit donc que d’une fraction des cas de Covid-19 en France.»

De nombreuses personnes atteintes par le Sars-CoV-2, en effet, n’ont pas fait pas l’objet d’une consultation en ville. Soit parce qu’elles sont passées par les urgences ou le Samu, soit parce qu’elles ne présentaient pas – ou peu – de symptômes et se sont contentées de s’isoler chez elles.

Les chiffres communiqués par Santé publique France, en revanche, regroupent tous les tests positifs réalisés en France, de personnes symptomatiques comme asymptomatiques, à l’hôpital comme en laboratoire de ville, et sous forme PCR comme antigénique (remontés par le dispositif Si-Dep). D’où leur valeur beaucoup plus importante que ceux du réseau Sentinelles.

(1) Les services de soins critiques regroupent les services de soins continus, les services de soins intensifs ainsi que les services de réanimation.

Pas d’épidémie et un vaccin mortel : le grand théâtre covido-sceptique de Pierre Chaillot en librairie (2/2)

La pandémie de Covid-19 en Francedossier

Dans ce second volet, «CheckNews» poursuit l’analyse du livre «Covid-19 : ce que révèlent les chiffres officiels», truffé de théories bancales.

Pierre Chaillot, ici sur CNews, juge, dans une négation de plusieurs siècles de science, que «rien ne montre que les virus soient les causes des hausses de mortalité». (Capture d’écran Youtube)

par Luc Peillon

publié le 6 avril 2023 à 17h24 https://www.liberation.fr/checknews/pas-depidemie-et-un-vaccin-mortel-le-grand-theatre-covido-sceptique-de-pierre-chaillot-en-librairie-22-20230406_RWNX2R6GNFDHRNHER6K3WFY7YA/

Enfin «la vérité émerge». Dans un livre lourd de 471 pages, publié aux Editions l’Artilleur, Pierre Chaillot, alias «Décoder l’éco» sur YouTube, alias Pierre Lécot sur Francesoir, revient sur la pandémie qui a paralysé la planète en 2020 et 2021. Titré Covid-19 : ce que révèlent les chiffres officiels, l’ouvrage, préfacé par le sociologue Laurent Mucchielli et postfacé par l’épidémiologiste Laurent Toubiana, entend démonter l’«hypothèse gouvernementale» d’une surmortalité causée par le virus, et d’une limitation de celle-ci par les mesures de distanciation sociale. Pour Chaillot, ce sont au contraire les confinements qui ont tué, mais aussi les vaccins, pour lutter contre des microbes dont la responsabilité dans les maladies, selon l’auteur, est loin d’être démontrée. Tout comme le principe même de la propagation épidémique. Ses théories, aussi bancales dans cet ouvrage que dans ses vidéos, font pourtant un tabac en librairie, l’ouvrage ayant passé plusieurs semaines dans le haut du classement des ventes en France.

Après une analyse de la première partie de son ouvrage sur l’absence supposée de surmortalité, nous revenons, dans ce second article, sur la deuxième partie : la négation du principe épidémique et sa mise en cause du vaccin, inefficace et même dangereux, selon l’auteur.

Pas de propagation épidémique

Chaillot, dans ce chapitre, considère qu’il n’y a pas eu d’épidémie. Ni de Covid en 2020, ni de quoi que ce soit dans l’histoire de l’humanité. Son postulat : «Il n’y a pas, chaque hiver, de “vague” épidémique qui se propage, ni à l’échelle du continent, ni dans un pays. Il n’y a pas de trace de propagation, mais d’une apparition de malades et une hausse des décès simultanées.» Comprendre, donc, qu’il n’y a d’épidémie que si les pays se contaminent de manière décalée dans le temps, au lieu d’afficher, comme il le montre, des pics de décès au même moment, l’hiver, et l’été pour la canicule.

Or si cette «théorie», pour les trois pays choisis (France, Portugal, Suède), se vérifie effectivement pour toutes les années jusqu’en 2019 (les virus aéroportés sont cependant bien présents l’été mais moins circulant), le graph publié, même de mauvaise qualité, montre précisément le contraire pour l’année 2020, avec des pics désordonnés entre les trois pays, et éloignés de la période hivernale.

Ce décalage entre pays était d’ailleurs connu dès les premières semaines de la pandémie, comme on peut l’observer sur le graph ci-dessous, avec un premier départ, sur le continent européen, en Italie :

Il n’y a pas eu d’épidémie non plus, selon Chaillot, parce qu’il n’y a pas eu de hausse exponentielle, qu’il définit comme un doublement régulier du nombre de cas ou de morts. Mais l’auteur ici s’appuie sur l’ensemble des décès, toutes causes confondues, et non pas sur les seuls décès Covid. Ce qui n’a évidemment pas grand sens.

Or concernant les décès Covid de la première vague, et comme les épidémiologistes l’avaient prévu, il y a bien eu, en France en tout cas, un doublement du nombre de morts tous les 3 à 4 jours. Côté décès hospitaliers, mesurés en moyenne sur sept jours, il y avait ainsi 10 morts enregistrés le 10 mars, 20 morts le 14 mars, 67 morts le 18 mars, 152 le 22 mars, et 276 le 26 mars. La hausse va s’enrayer quelques jours plus tard, puisque le doublement du nombre de morts, avec 496 décès, n’aura lieu «que» le 3 avril au lieu du 30 mars.

Pourquoi la courbe s’est-elle enrayée autour du 30 mars, avant de s’inverser quelques jours plus tard ? Là aussi, l’explication est assez simple. Pour comprendre, il faut se souvenir qu’à l’époque, il s’écoulait – en moyenne – deux semaines entre une contamination et une éventuelle hospitalisation, et encore une semaine avant un éventuel décès. Autrement dit, pour les cas les plus graves, trois semaines entre une contamination et un potentiel décès. Or si l’on remonte trois semaines avant le 30 mars, on tombe sur le 9 mars. A ce moment-là, la crainte commence à réellement s’installer en France. De premières mesures sont prises, comme l’interdiction des rassemblements de plus de 5 000 personnes, et les plus fragiles sont invités à rester chez eux. Surtout, la décision de l’Italie, le 10 mars, de se confiner, provoque la stupeur en Europe. D’où, sans doute, la période plus longue que 3 à 4 jours pour atteindre un doublement du nombre de cas autour du 30 mars. Les gens ayant commencé, trois semaines plus tôt, à limiter leurs rapports sociaux, notamment les plus âgés. Quand au pic atteint le 5 avril avec 514 morts, et l’inversement de la courbe qui s’ensuit, il intervient trois semaines après l’entrée en vigueur du confinement strict, le 17 mars.

Un non-sens pour Chaillot, qui considère au contraire, comme nous allons le voir plus tard, que les mesures de confinement ont précisément conduit à des décès. L’auteur poursuit sur le lien entre températures et mortalité, qu’il conclut en expliquant que «la mortalité des plus âgés est presque parfaitement corrélée à la température extérieure». Car «l’hiver, il fait froid et on risque de tomber malade». Une corrélation qui l’amène à décréter une absence de lien de causalité clairement établi, d’une manière générale, entre virus et maladie. «Rien ne montre que les virus soient les causes des hausses de mortalité. Ils sont, tout au plus, le résultat d’une dégradation de la santé liée aux conditions extérieures. Ces conditions rendent malades les gens avec de multiples pathologies», affirme ainsi Chaillot, qui n’hésite pas à égratigner Louis Pasteur (inventeur du vaccin contre la rage) et Robert Koch (médecin allemand découvreur de la bactérie responsable de la tuberculose). En réalité, «vouloir attribuer les hausses de décès à des virus particuliers, comme les grippes, arrange surtout les producteurs de vaccins antigrippaux, et les gouvernements qui les achètent, pour faire croire qu’ils s’occupent de notre santé, avec notre argent». Avec, en bout de course, «big pharma», dont «l’hégémonie sur la “recherche”, les moyens des laboratoires et les publications, bloque tous les travaux n’allant pas dans le sens du profit».

Une négation de plusieurs siècles de science, que même celui qu’il a choisi pour préfacer son ouvrage – et pourtant très covidosceptique –, Laurent Mucchielli, n’arrive plus à «suivre». «La propagation ne serait qu’un “épiphénomène” comparé à l’effet structurel du climat. Or, d’une part la propagation virale inter-individuelle me semble depuis très longtemps bien établie sur le double plan microbiologique et épidémiologique, d’autre part je ne vois pas pourquoi les deux explications seraient exclusives l’une de l’autre, se sent obligé de préciser le sociologue. Il est facile de trouver des exemples concrets, tels ceux des îles qui, bien qu’entrant dans la période hivernale effectivement propice au développement de certaines maladies virales, ne voient surgir une épidémie qu’à partir du moment où des personnes porteuses du virus concerné y débarquent.» Et de regretter, dans l’introduction même du bouquin de Chaillot, ce retour «aux antiques théories de la génération spontanée».

Les confinements responsables de la surmortalité

Chaillot, à ce stade, reconnaît quand même que 2020 a connu deux périodes de hausse de mortalité, que sa théorie sur les températures ne suffit pas à expliquer. Et pour cause : le printemps cette année-là a été le deuxième printemps le plus chaud depuis 120 ans, selon Météo France. Avec en d’avril – qui a connu le pic des décès liés au Covid-19 – une température moyenne de 14,1 degrés. Quand au mois de novembre, où a lieu le deuxième pic de mortalité, Météo France le qualifie «d’extrêmement doux, sec et ensoleillé».

L’auteur considère tout de même qu’en mars et avril, elles sont «en petite partie» responsables de la surmortalité, en raison «d’une chute des températures». Météo France a certes relevé «deux refroidissements assez marqués du 24 mars au 3 avril et du 11 au 16 mai», mais ces périodes cumulées n’ont concerné que quinze jours sur les quasiment trois mois de surmortalité. Pour la période du 11 au 16 mai, la mortalité liée au Covid était même déjà redescendue à un niveau assez bas.

Peu importe pour Chaillot, pour lui la hausse de mortalité à cette période est «surtout» due aux «mesures prises», et «uniquement aux endroits où celles-ci sont appliquées». Avec comme postulat que les confinements auraient empêché les Français de se soigner. L’auteur relève ainsi que «pendant la dernière semaine de confinement, les hôpitaux ont compté 300 personnes de moins aux urgences AVC et 300 personnes de moins aux urgences cardiaques, relativement à la même époque en 2019». Sur huit semaines, explique-t-il «cela fait 2 400 personnes non soignées pour chacune de ces deux pathologies». Et de poursuivre. «Deux hypothèses sont alors possibles : les Français n’ont pas fait d’AVC ni de crises cardiaques pour laisser toute la place aux malades identifiés Covid-19», ou alors «les Français n’ont pas été pris en charge du fait de l’ordre de ne pas consulter et de rester chez soi. Ce ratio étalé sur huit semaines représente au moins 4 800 personnes non soignées».

Ainsi, les pathologies non prises en charge et «la peur panique engendrée par la pression médiatique quotidienne peuvent expliquer la surmortalité à domicile en France sur cette période, mise en évidence par le site de l’Insee». Selon lui, «ces décès ne sont pas considérés comme ayant un quelconque rapport avec la Covid-19 (puisque seuls les décès hospitaliers ou des Ehpad peuvent être catalogués comme tels). Ils apparaissent pourtant aux mêmes périodes que ceux attribués à cette maladie, et surtout, pendant le confinement». Et de conclure : «Sur mars-avril 2020, en France, le surplus de mortalité par rapport à la moyenne est de 5 200 décès. Ce nombre est très proche de l’estimation des 4 800 personnes victimes d’AVC ou de crise cardiaque et non soignées. Nous avons un indice fort sur la cause réelle de décès d’une grande partie des personnes mortes pendant le confinement : l’abandon de soin.»

Cette thèse d’une surmortalité à domicile faute de soins n’est pas nouvelle sous la plume de Chaillot. En mai 2021, il développait déjà cet argument, sur lequel nous nous sommes penchés.

Certes, il y a ainsi bien eu, entre le 18 mars et le 18 avril 2020, 6 520 morts de plus à domicile qu’à la même période en 2019. Rien n’indique pourtant que son intuition soit la bonne. Premier point, et contrairement à ce qu’affirme Chaillot, les décès «catalogués»Covid-19 ne concernent pas que les décès hospitaliers ou des Ehpad. Le CépiDC, département de l’Inserm analysant les causes de décès via le certificat de décès, recense également les décès Covid à domicile. A l’époque, l’Inserm en relevait ainsi 1 466 en mars et avril. Un chiffre qui n’explique cependant qu’un quart de la surmortalité à domicile durant cette période.

Peut-on en conclure que les 5 000 personnes restantes sont mortes à domicile faute d’avoir été prises en charge à l’hôpital à cause du Covid-19 ? Rappelons au préalable que le nombre de décès à domicile est sûrement surestimé, les officiers d’Etat civil inscrivant parfois d’autorité l’adresse personnelle du défunt comme lieu de la mort sur les certificats de décès, ainsi que l’avait révélé Mediapart.

Mais ces erreurs n’expliquent pas tout. Comme nous l’annonçait à l’époque Grégoire Rey, ex-directeur du CépiDc, il y a bien eu un «report» de décès hors Covid-19 de l’hôpital vers le domicile, mais sans que cela signifie forcément que les personnes sont mortes faute d’avoir été soignées. «Il y a eu, à un moment donné, des choix qui ont été faits de ne pas hospitaliser des gens sur le point de mourir et de les laisser mourir chez eux ou dans leur maison de retraite.» Mais il s’agit, selon lui, «de personnes en fin de vie qui auraient été orientées, en temps normal, vers une réanimation souvent inutile, et qui ne l’ont pas été cette fois-ci». Un phénomène qui a conduit, en 2020, à un transfert de décès de l’hôpital vers le domicile, et qui a minoré d’autant la surmortalité hospitalière, toutes causes confondues. Expliquant alors en partie pourquoi la surmortalité hospitalière n’était pas aussi élevée que le nombre de décès fléchés Covid-19.

Surtout, depuis cette époque, on connaît de manière plus précise le nombre de décès liés aux pathologies cardiaques mises en avant par Chaillot. Or comme le pressentait déjà Grégoire Rey à l’époque, les décès en lien avec ces maladies n’ont pas augmenté en 2020 : selon le CépiDC, en taux standardisé de mortalité, indicateur défendu par l’auteur lui-même au début de son ouvrage, le nombre de décès liés à des maladies neurovasculaires a continué de baisser en 2020, s’établissant à 175 pour 100 000 habitants, contre 182 en 2019, 192 en 2018, ou encore 198 en 2017.

Pendant l’année 2020, les maladies cardio-neurovasculaires ont assez peu évolué, accusant même une légère baisse au cours du premier confinement.

Pour le reste de la surmortalité, Chaillot l’attribue aux habitats insalubres où sont logés les «pauvres», davantage décédés que les autres à l’époque du confinement, oubliant de rappeler que ce public connaît une forte propension de travailleurs exerçant des métiers dits «essentiels» et donc plus en contact avec le virus (caissières, routiers, livreurs, aides-soignants…). Mais aussi, de manière assez contradictoire, à la baisse des prescriptions d’antibiotiques… Au chapitre précédent, le même considérait pourtant :«De nombreux scientifiques se sont posé la question du lien causal entre le microbe et la maladie. Ce qui est présenté aujourd’hui comme un lien évident est pourtant loin de faire l’unanimité.»

Des vaccins inefficaces et mortels

A noter, en préalable à ce chapitre, que l’auteur, qui niait jusqu’ici le fait que les gens soient décédés du Covid-19, considérant qu’ils étaient morts d’autres causes (maladies cardio-vasculaires, logements insalubres, baisse des prescriptions d’antibiotiques), va soudainement manier les statistiques de décès Covid sans autre forme de procès.

Pour tenter de démontrer l’inefficacité des vaccins anti-Covid, Chaillot s’attaque, entre autres, à la méthodologie des études. Et notamment celles de la Direction de la Recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui apparie trois fichiers : celui des personnes hospitalisées ou décédés à l’hôpital en lien avec le Covid-19 (Si-Vic, renseigné par les établissements de santé), celui des personnes vaccinées (Vac-Si) et celui des personnes ayant réalisé un test de dépistage (Si-Dep). Elle sait ainsi, parmi les personnes entrées et /ou décédées à l’hôpital avec le Covid-19, lesquelles étaient vaccinées et lesquelles avaient un test positif.

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Ainsi, lors du premier exercice de ce genre, diffusé le 31 juillet, la Drees s’était penchée sur la période du 31 mai au 11 juillet 2021. Sur ces 42 jours, elle relevait, selon les données hospitalières (Si-Vic), 6 758 personnes avec le Covid-19 accueillies en hospitalisation conventionnelle, 1 696 en soins critiques et 926 décès. Dans un premier temps, la Drees s’intéresse à toutes les personnes censées avoir le Covid-19, soit en raison d’un test positif, soit suite à un scanner thoracique évocateur du Covid-19. Et donc pas uniquement à celles qui ont fait un test, comme recensées dans Vac-Si.

Elle en conclut que les non-vaccinés représentaient, sur cette période, 84% des admissions en hospitalisation conventionnelle pour Covid-19, 85% des entrées en soins critiques, et 78% des décès. A l’inverse, les complètement vaccinés, qui concernaient 35% de la population à l’époque, ne pesaient que pour 7% des hospitalisations conventionnelles, 7% des entrées en soins critiques, et 11% des décès en lien avec le Covid-19.

Pour différentes raisons méthodologiques, il y avait cependant un écart, pour le début de la période étudiée, entre le nombre de morts relevés dans Si-Vic et ceux retenus par la Drees. Une différence qui avait conduit Pierre Chaillot à réaliser une vidéo où l’homme, non seulement commettait une erreur, mais inventait aussi de toutes pièces de fausses explications, comme nous l’avions longuement expliqué à l’époque.

Dans son ouvrage, Chaillot revient sur cette étude, continuant de considérer que la Drees, malgré ses explications que lui-même finit par relater, a fait preuve d’une «erreur grossière de calcul»… Mais sans être capable d’expliquer laquelle. Quant à nous, «la presse nationale, et plus particulièrement les fact-checkers», nous n’assurons ici qu’«un rôle de chiens de garde». L’argumentation, à ce stade de l’ouvrage, devient de plus en plus faible.

S’ensuit le reproche fait à la Drees, dans ses études suivantes, de ne pas présenter ses données par tranches d’âges. Ce qui est bien sûr erroné, l’ensemble des données par âges étant disponibles, comme nous l’avons montré dans ce papier sur la baisse apparente de l’efficacité vaccinale, suivant les âges, sur les risques d’hospitalisation, ou encore sur les décès par âge et statut vaccinal avec le variant omicron.

Ces études de la Drees sur l’efficacité vaccinale seraient de toutes façons caduques, selon Chaillot, la Drees, dans un document d’octobre 2022 ayant reconnu, selon lui, que la part des non-vaccinés en France ne serait pas de 11% mais de 42%… Or si la Drees reconnaît des différences d’évaluation suivant les sources, elle considère in fine que parmi les plus de 20 ans, la part des non-vaccinés en France se situerait entre 8% et 12%. La Drees, cependant, admet des «imperfections» sur cet indicateur, qu’elle estime avoir documenté «de façon systématique et transparente».

Reste que pour cette direction en statistiques sociales, «l’incertitude sur la taille de la population non-vaccinée au moment du déploiement de la campagne de vaccination n’est pas de nature à remettre en cause les résultats publiés par la Drees montrant l’existence d’une protection importante conférée par la vaccination sur les risques d’hospitalisation et de décès».

D’autres études, surtout, basées sur d’autres méthodologies (non sensibles à la mesure de la part des personnes non vaccinées dans la population), concluent elles aussi à une forte protection de la vaccination, ou d’une infection antérieure, contre les formes graves de Covid. Même si celle-ci est moins importante avec le variant omicron que delta.

Chaillot, de son côté, porte désormais, avec Laurent Toubiana, un nouveau combat : obtenir des données sur les décès toutes causes confondues, et non pas uniquement pour Covid-19. Son but ? «Savoir si ces injections ont un réel intérêt pour la santé publique : les vaccinés sont-ils réellement moins malades et meurent-ils moins que les non-vaccinés ? L’analyse des décès toutes causes permet d’éviter le problème lié à l’attribution délicate de l’étiquette “Covid-19” à la cause du décès et prend en compte les potentiels effets indésirables graves des vaccins, très largement niés jusqu’ici.» CheckNews s’était penché, là encore, sur les raisons (n’ayant rien à voir avec une volonté de dissimulation) pour lesquelles on ne disposait pas de ces données… et sur le fait que nombreux scientifiques les jugeaient peu pertinentes.

Mais Chaillot en est persuadé : le vaccin tue, et pas qu’un peu. «En Europe, plus de 300 000 effets post-vaccinaux ont été rapportés depuis le début de la campagne vaccinale jusqu’au 17 juin 2022, dont 28 000 cas de décès.»

Or comme nous l’avions déjà expliqué en juillet 2021, ces chiffres de l’Agence européenne du médicament (EMA) n’indiquent pas du tout qu’il y a eu des milliers de morts à cause du vaccin. Ainsi, comme l’indique la page d’accueil française du site de l’EMA, «les informations [qui y sont publiées, ndlr] concernent des effets indésirables suspectés [qui] ne sont pas obligatoirement liés ou dus au médicament».Autrement dit, «les informations sur les effets indésirables déclarés ne doivent pas être interprétées comme signifiant que le médicament ou la substance active provoque l’effet observé ou que son utilisation présente un risque. Seules une analyse détaillée et une évaluation scientifique de toutes les données disponibles permettent de tirer des conclusions robustes sur les bénéfices et les risques d’un médicament.» Par ailleurs, la plateforme «ne fournit pas le nombre total de cas signalés associés à un décès», insiste l’AEM. La seule information disponible sur ce site est le nombre de cas rapportés comme mortels pour chaque symptôme (par exemple décès signalés chez des personnes ayant présenté des troubles cardiaques, décès signalés chez les personnes ayant fait un infarctus du myocarde). «Comme un cas individuel peut contenir plus d’un effet secondaire suspecté, la somme du nombre de cas mortels [liés à chaque évènement suspect] sera toujours supérieure au nombre total de cas mortels», précise Eudravigilance.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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