Pourquoi les responsables des verts et Sandrine Rousseau sont incapables de prononcer le mot innocent a propos de Julien Bayou?

Julien Bayou : « Je subis un harcèlement que je ne souhaite à personne »

Publié le mercredi 26 février 2025 OUVRIR DANS L’APPLICATION

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L'invité du 7/10

Provenant du podcastL’invité du 7/10

L’ancien leader d’EELV, écarté du mouvement suite à une procédure judiciaire pour harcèlement moral et abus de faiblesse, finalement classée sans suite, et son avocate Marie Dosé sont les invités de la matinale.

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Blanchi par la justice dans une affaire de harcèlement moral et abus de faiblesse contre son ex-compagne, Julien Bayou raconte au micro de France Inter avoir, « depuis cette plainte, et même depuis six ans, un harcèlement, puisque au sein de mon propre parti, j’ai été mis sous surveillance. Je subis un harcèlement que je ne souhaite à personne, un déballage complet de ma vie privée. » Il évoque, non pas des accusations, mais « des rumeurs de violences sexistes et sexuelles » : « J’ai tout entendu : du proxénétisme, des agressions, des soumissions chimiques et autres. »

« Ce sont mes proches qui en ont le plus souffert »

« J’ai subi trois enquêtes. Je me suis plié à tout. J’ai peu parlé, pour ne pas nuire à la cause supérieure qu’est le féminisme. J’ai subi l’enquête interne qui ne débouche sur rien, faute de témoignages. Et certains, certaines, refusaient de me dire innocent. J’ai subi l’enquête externalisée, confiée à un cabinet d’avocats, une justice privée, on va dire, justice politique. Et ce cabinet n’a pas réussi à me reconnaître coupable ou accusé de quoi que ce soit, ni la loi, ni les textes réglementaires. Et enfin, ce classement sans suite, non pas pour infraction insuffisamment caractérisée, mais pour absence d’infraction, y compris toutes les autres rumeurs qui ont été jointes à ces auditions. » Julien Bayou évoque une conférence de presse « vendredi » pour « revenir sur tout précisément, et pour peut-être justement tourner la page ».

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L’ancien chef des Verts reproche à son ancien parti d’être « incapable de prononcer le mot ‘innocent' ». Marine Tondelier dit néanmoins sur franceinfo avoir des « regrets » et reconnaît que Julien Bayou « n’est pas coupable ». « Il n’y a pas de problème avec cela, c’est la justice qui le dit. » Pas suffisant, pour son prédécesseur : « C’est Marine Tondelier qui a décidé d’envoyer à 12 000 personnes un appel à témoignage, ou un appel à délation. C’est toute ma vie privée, pas que la vie professionnelle ou politique, qui a été exposée et piétinée. Et ce sont mes proches qui en ont le plus souffert. »

« Quand la réalité contredit Sandrine Rousseau, c’est la réalité qui a tort »

« Moi ce qui me chagrine c’est de voir ce parti les écologistes sous l’emprise de Sandrine Rousseau », accuse Julien Bayou. « Quand la justice dit ‘il est blanchi’, elle dit ‘ça ne me va pas’. J’aspire à pouvoir tourner la page, mais je pense qu’il y a un précédent à refuser : c’est tout simplement dangereux. Quand la réalité contredit Sandrine Rousseau, c’est la réalité qui a tort. »

La députée écologiste estime de son côté sur France Inter que « ce qu’il a manqué dans l’affaire Bayou, depuis le début, c’est une analyse politique de la situation »« La justice a ses critères, maintenant il reste la question politique. Il faut une lecture politique et féministe de ce qu’il s’est passé », explique-t-elle. « Comment on fait en sorte qu’un parti politique soit un lieu ‘safe’, sécurisé, pour les personnes qui subissent des discriminations ? Certainement pas en confortant ceux qui ont des comportements qui les fragilisent. »

Julien Bayou ne nie d’ailleurs pas la dimension politique de l’affaire : « Moi vraiment, si je dois faire passer un message, c’est que ce qui m’est arrivé ne peut pas être instrumentalisé contre MeToo ou le féminisme. C’est peut-être ma plus grande crainte, c’est qu’on puisse dire : ‘Voyez ce qui est arrivé à Bayou, à bas MeToo’. Hors de question. C’est un mouvement révolutionnaire inachevé. Tout le monde, et moi en particulier, se remet en cause avec ce mouvement. »

Affaire Julien Bayou : la députée écologiste Sandrine Rousseau n’a « pas de regrets » et déplore le manque d' »analyse politique de la situation »

La procédure pour harcèlement moral et abus de faiblesse visant l’ex-secrétaire national des Écologistes, Julien Bayou, ouverte après une plainte de son ex-compagne, a été classée sans suite pour « absence d’infraction ».

Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 26/02/2025 08:16 https://www.francetvinfo.fr/politique/julien-bayou/affaire-julien-bayou-la-deputee-ecologiste-sandrine-rousseau-n-a-pas-de-regrets-et-deplore-le-manque-d-analyse-politique-de-la-situation_7096329.html

Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, invitée de France Inter, le 26 septembre 2024. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, invitée de France Inter, le 26 septembre 2024. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

Sandrine Rousseau ne veut pas en rester là. « Ce qui a manqué dans l’affaire Bayou, depuis le début, c’est une analyse politique de la situation », déplore mercredi 26 février sur France Inter Sandrine Rousseau, députée Les Écologistes de Paris. Jeudi dernier, Julien Bayou, ex-secrétaire national du parti, a été innocenté par la justice, les plaintes pour harcèlement moral et abus de faiblesse ont été classées sans suite. « La justice a ses critères, maintenant, il reste la question politique », lance-t-elle, invitant à avoir « une lecture politique et féministe de ce qu’il s’est passé ».

:à lire aussiAffaire Julien Bayou : Marine Tondelier reconnaît avoir « des regrets »

« Ce qui apparaît assez nettement, c’est qu’il [Julien Bayou] a utilisé son militantisme pour rencontrer plusieurs personnes qui venaient intervenir lors d’événements des écologistes, détaille-t-elle. Est-ce qu’on accepte, est-ce que c’est dans nos valeurs, qu’on puisse utiliser ses fonctions, pour entrer en relation avec certaines femmes qui se sont plaintes de son comportement ? », s’interroge la députée.

Des comportements de séduction qui peuvent s’apparenter à des comportements de prédation

« On ne peut pas se plaindre qu’il y ait 36% de femmes à l’Assemblée et au Sénat et ne pas décrypter ce qu’il se passe à l’intérieur des partis pour les fragiliser et les comportements de séduction qui peuvent s’apparenter à des comportements de prédation », observe l’écologiste. « L’histoire de Julien Bayou nous dit qu’il y a sans doute une analyse à faire pour savoir comment on protège les jeunes militantes qui arrivent dans les partis, […] mais il n’y a pas que les femmes, il y a aussi les personnes en situation de handicap, les personnes LGBT, les personnes racisées », énumère Sandrine Rousseau.

Cette affaire pose donc la question de « comment on fait en sorte qu’un parti politique soit un lieu ‘safe’, sécurisé, pour les personnes qui subissent des discriminations ? », pose Sandrine Rousseau. « Certainement pas en confortant ceux qui ont des comportements qui les fragilisent, tacle-t-elle. Le problème de la direction, c’est qu’elle a refusé cette question de manière assez systémique, systématique », selon la députée parisienne.

« [La direction du parti] n’a pas voulu poser la question de l’emprise du pouvoir, des conséquences du pouvoir sur les femmes, sur les personnes fragilisées. »Sandrine Rousseau, députée Les Écologistes de Paris

à France Inter

Le parti a « très mal géré au départ » l’affaire, juge l’élue écologiste. Elle estime que les personnes qui ont témoigné contre Julien Bayou n’ont pas été suffisamment prises en compte. « Il n’y a jamais eu de mots pour les victimes. Je pense que le parti aurait dû s’excuser très rapidement de n’avoir pas vu, de n’avoir pas su, et du coup, de ne pas les avoir protégées », souligne-t-elle, rappelant que « plusieurs militantes ont quitté le parti » à la suite de cette affaire, et qu’elle ne concerne « pas que l’ex-compagne » de Julien Bayou.

« Des réseaux de loyauté » mis en cause

Sandrine Rousseau pointe également les « réseaux de loyauté » qui compliquent la gestion de l’affaire au sein des Écologistes. « Parce que Julien Bayou a été très haut placé dans le parti, il y a des gens qui lui sont fidèles et qui ont été placés par lui », rappelle-t-elle. Elle lit donc certaines « réactions outrées », non pas comme des réactions en « rapport avec les valeurs que nous portons », mais comme des « réactions de loyauté », vis-à-vis de l’ex-numéro un.

Sandrine Rousseau affirme qu’il « n’y a pas de regrets sur la manière dont ça s’est passé pour Julien Bayou », et juge « normale » la « suspension à titre conservatoire » qu’il a subie à l’époque. Elle espère cependant que le parti mettra rapidement à disposition les « conclusions de l’enquête interne dont on ne connaît absolument rien ».  En octobre dernier, l’enquête interne qui avait été confiée à « un tiers indépendant » s’était conclue « sans preuve de délit » de la part de son ex-leader, avait annoncé un communiqué des Écologistes.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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