Reportage au centre renforcé d’urgences psychiatriques (Crup) de l’hôpital de Ville-Évrard, en Seine-Saint-Denis

« Aux urgences psy, traiter « vite et fort pour ne pas laisser la crise s’aggraver » »

Date de publication : 24 février 2025 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=4011ad23a6e3f8e991d53732220ff328&id_newsletter=21638&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=21638&from=newsletter

Le Figaro

Elisa Doré livre un reportage au sein du centre renforcé d’urgences psychiatriques (Crup) de l’hôpital de Ville-Évrard, en Seine-Saint-Denis, qui depuis 2023 « permet de désengorger les urgences générales en prenant en charge les patients en crise aiguë ».
La journaliste relève ainsi qu’« ici, les patients déambulent librement. Pourtant, la veille encore, ils étaient en pleine crise aiguë lorsqu’ils ont été admis : bouffée délirante, épisode maniaque, confusion, agitation incontrôlable sont le lot de cette unité. Certains sont anxieux, d’autres plus calmes ».
Elisa Doré explique que « l’unité est née d’un constat : quand ils sont pris en charge dans des urgences classiques, les patients en crise aiguë, attachés sur un brancard pendant des heures, voire des jours, sombrent dans un état de plus en plus critique faute d’être pris en charge rapidement ».
« Convaincu de la nécessité d’une solution plus rapide et humaine, le Dr Fayçal Mouaffak [chef d’un pôle de psychiatrie de l’hôpital de Ville-Évrard et créateur du Crup] s’est battu pendant 10 ans avant que le Crup ne voie le jour », 
observe la journaliste.
La Dr Nadia Cheffi, psychiatre, responsable du Crup, en précise « le principe » : « Taper vite et fort, pour ne pas laisser la crise s’aggraver ».
Elisa Doré indique que « 15 lits sont destinés à ces patients « psy » : 12 pour les séjours de 24 à 72 heures, 2 lits d’isolement et un dernier pour les patients qui doivent recevoir des traitements normalement délivrés à l’hôpital. La moitié des malades souffrent de schizophrénie, 30% présentent un trouble de l’humeur (bipolarité, dépression), 20% un trouble anxieux ».
« La durée moyenne de séjour est de 44 heures. Le temps de les stabiliser, en évitant la contention et la sédation excessive, et de commencer à les traiter »,
 continue la journaliste.
Le Dr Mouaffak déclare que « l’idée est de les sortir au plus vite des urgences générales, de trouver des alternatives à l’hospitalisation pour les réintégrer dans un parcours de soins adapté, à domicile, en clinique, et à défaut dans un hôpital relevant de leur secteur ».
Elisa Doré ajoute que « même si la contention est utilisée en dernier recours, comme dans tous les services d’hospitalisation psychiatrique, les accès de violence ne sont parfois pas évitables. […] 60% des malades sont hospitalisés sous le régime de la contrainte, à la demande d’un tiers ou d’un représentant de l’État ».
« Toutefois, insiste le Dr Nadia Cheffi, depuis l’ouverture de l’unité, en septembre 2023, il y a eu peu de violences sur les membres du personnel, essentiellement des bousculades », 
poursuit la journaliste. La psychiatre précise : « Notre approche rapide réduit le risque de passages à l’acte hétéro-agressif ou auto-agressif, qui est augmenté par l’attente aux urgences ».
Elisa Doré indique enfin que « sur les quelque 1700 patients accueillis depuis son ouverture, un quart a pu regagner son domicile avec un suivi ambulatoire. Cela a permis de diviser par trois la durée d’attente dans les urgences de l’hôpital Delafontaine, passant de 19 heures à 7 heures en moyenne. À la fin de leur séjour, les malades partent avec leurs ordonnances, les explications sur la prise du traitement, et des dates de rendez-vous médicaux préalablement fixées pour eux ».
La journaliste précise que « malgré ce travail éreintant, calibré pour chaque patient, l’équipe croule aussi sous la charge de travail. Le manque de personnel et la saturation des services d’urgences y sont pour beaucoup ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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