(Re)cadrages et débordements contemporains


par Frédéric Pierru

https://sensdessous.wordpress.com/2024/11/19/recadrages-et-debordements-contemporains/

« Être libre pour la liberté signifie avant tout être délivré,
non seulement de la peur, mais aussi du besoin. »
Hannah Arendt


Pour un passionné de rugby, comme je le suis, le « cadrage – débordement » est une figure opérée par un joueur pour éliminer un adversaire direct, l’empêchant de le plaquer ; c’est une sorte de graal : le joueur fait mine de partir d’un côté en portant le ballon, puis, brusquement, à la vitesse de l’éclair, il change de jambe d’appui pour passer de l’autre côté, laissant le défenseur tel un piquet ne sachant plus où il se situe dans l’espace. Par contre, il ne peut y avoir de recadrage, c’est-à-dire un nouveau changement de pied sauf à être un virtuose à la « Toto » Dupont qui peut ainsi mystifier deux fois son vis-à-vis qui anticipait le débordement…

Le lecteur se demandera : certes, mais quel rapport hormis le terme de « débordement », thématique de ce dossier. Il faut imaginer en fait la situation symétrique : ce sont nous les citoyens qui sommes « recadrés » et débordés nous laissant comme des piquets impuissants. Recadrage est le bon terme : nous sommes en permanence recadrés, et, j’insiste sur ce point, par le haut et par le bas. En effet, comme l’a dit fort justement l’ex-magistrat et académicien François Sureau, « nous nous sommes habitués à vivre sans la liberté ». Un piquet ne bouge pas. Il reste là, sur place, impuissant, parfois étonné de son impuissance. Il est débordé de toutes parts. Il regarde le jeu se dérouler, mais il n’a plus de prise sur lui. La beauté du rugby, c’est qu’il s’agit d’un sport de combat certes, mais aussi d’un jeu de mouvement collectif : tout un collectif de joueurs (i.e. de citoyens) se met en mouvement, prend des espaces créatifs, fait des points de fixation pour justement « piquétiser » la défense adverse et ainsi crée des brèches dans cette dernière. L’analogie avec la manifestation prend ici tout son sens.

Las, nous sommes de moins en moins un collectif, mais un amas de piquets qui regardent, médusés, passer le ballon. Nous sommes sans cesse recadrés et… débordés du point de vue de nos libertés individuelles et publiques. « La balle à l’aile, la vie est belle » criait le regretté Pierre Albaladejo dont les commentaires faisaient la joie de mon amour naissant pour ce sport. Force est de constater que la vie est moins belle car la balle nous l’avons de moins en moins.

Prenons quelques exemples, en commençant par le haut, les « sommets », que dis-je, les cimes de l’État, particulièrement macroniste.

Les piliers de l’État répressif

Manifester, voilà un mouvement collectif qui veut déborder le pouvoir en place. Las, depuis au moins les gilets jaunes, manifester – sans parler du Covid-19 –, en passant par la contre-réforme des retraites, est devenu une activité où la défense d’une police militarisée fait ressembler la défense de l’ordre républicain au hachoir de la défense du XV sud-Africain qui, elle, ne fait pas dans le détail : elle passe en force à la faveur de ses gabarits hors normes. Son objectif est de faire peur à son adversaire : défiez-nous et il va vous en coûter physiquement. Nous avons atteint un summum avec la criminalisation des mobilisations en faveur du peuple palestinien. Rendez-vous compte, la police française est désormais dotée de blindés avec tourelles et mitrailleuses. Des tourelles et des mitrailleuses ! Le militant des droits des Palestiniens est apeuré, immobilisé, sous le choc à tel point que dans notre pays, manifester pour la Palestine est devenu quasiment un crime qui vous vaut possiblement le commissariat. Les manifestants sont débordés, nassés, pris dans l’étau de la défense de l’ordre. Ils sont recadrés sans possibilité de déborder. Ils ne peuvent plus bouger. Fini le jeu de mouvement démocratique, avec ses défis de rue à l’égard du Pouvoir. Maintenant on hésite à entrer sur le terrain face aux Golgoths surarmés qui vous cernent. « Rentrez-leur dans la gueule ! » a crié un haut gradé de la police, sous la houlette du Préfet Lallement, en parlant des Gilets jaunes qui manifestaient.

On pourrait aussi évoquer l’attrition des libertés publiques avec l’empilement des lois en faveur de la sécurité comme ils disent, soit 14 en 20 ans. La dernière s’appelle ironiquement : « loi sur la sécurité globale et les libertés ». Typiquement une expression que l’amoureux de la liberté de gauche, George Orwell, appelait dans 1984 le « Doublethink », la double pensée. On vous dit une chose et le contraire en même temps (ça ne vous rappelle rien ?). La Ligue des droits de l’homme a dénoncé cette dérive liberticide, et que croyez-vous qu’il se passât ? Le ministre de l’Intérieur a envisagé sérieusement la dissolution de cette institution, dont les constats sont d’ailleurs confortés par les rapports de la défenseure des droits et du contrôleur général des lieux de privation de Liberté. Même l’ONU s’en est inquiétée ! L’insécurité juridique va croissant. Or, le joueur de rugby, pour être libre de déborder, doit pouvoir compter sur ses partenaires, notamment les « gros » de devant qui lui libèrent des espaces en fixant la défense adverse. Aujourd’hui tout est fait pour sérialiser les citoyens, les isoler, les rendre ainsi plus vulnérables et impuissants. C’est que l’on ne plaisante pas avec le rétablissement de l’Autorité, avec un A majuscule s’il vous plaît. Il faut remettre de l’ordre partout : dans les rues, à l’école, dans les services publics régaliens, et même à l’hôpital qu’on a pourtant salement désorganisé. Ce désordre-là gêne moins, même s’il débouche sur le fait qu’un jeune de 20 ans, avec des dreadlocks, donc forcément fumeur de joint, meurt victime de septicémie sur un brancard des urgences dans le Sud de la France, dans l’indifférence générale (sauf celle de son voisin d’infortune qui n’a cessé d’appeler à l’aide). Un joueur est blessé : on n’appelle même plus les soignants ! Pour le coup, les personnels étaient vraiment débordés. Et on les a recadrés. « C’est inadmissible ! » a tonné le directeur. « Réorganisez-moi, recadrez-moi tout ça et fissa ! », sans voir que c’est lui qui produit le chaos. Il n’y a pas de beau jeu, ni de bon soin dans le chaos.

« L’ordre ! L’ordre ! L’ordre ! » s’écriait notre Président de la République quand il pensait encore avoir du pouvoir et de la légitimité. Les Français voudraient avant toute chose du recadrage et en auraient assez des débordements incivils. Ce n’est pourtant pas ce qui apparaît en tête de gondole des cahiers de doléances rédigés à la suite du mouvement des gilets jaunes et qui furent fissa mis sous le boisseau. Nous conseillons au lecteur de regarder le magnifique documentaire d’Hélène Desplanques intitulé justement « Les Doléances » : non, les Français veulent se soigner, manger, se déplacer, accéder à des services publics. Ils ne veulent pas un Léviathan mais un État social solide qui, comme l’ont montré les fondateurs de la sociologie, Émile Durkheim en tête, rend libre les individus de déborder des petites communautés étouffantes, avec leurs cancans, leurs ostracisations, leurs ragots, leur surveillance mutuelle permanente. Telle est la leçon de la sociologie : la société en son état démocratique n’opprime pas, ne plaque pas, elle rend les individus-joueurs libres, et même libres de se sacrifier pour les autres, par exemple en payant des impôts. Cette doctrine qui a fondé tout le droit français depuis le début du xxe siècle se nomme le solidarisme 1, avec ses assurances sociales et ses services publics. Une des plus belles inventions de l’histoire humaine : comme dans une équipe de rugby, chaque joueur est à la fois libre et interdépendant ; il est cadré et peut déborder, il peut déborder parce qu’il est cadré et encadré par ses partenaires.

Les arrières s’y mettent aussi

Nous pourrions multiplier les exemples de recadrage par le haut. Mais hélas, le tableau est encore plus sombre. Car comme l’a démontré Béatrice Hibou, la bureaucratisation du monde ne vient pas seulement par le haut, du « néolibéralisme », ou plutôt du capitalisme néolibéral, mais aussi du bas, de la société elle-même 2. C’est que la société est travaillée par le « principe sécurité » décrit par Frédéric Gros. La sécurité plutôt que la liberté : quoi de plus normal dans des sociétés vieillissantes, que l’on gouverne par la peur ? Le risque est devenu un régime de légitimation de l’action publique 3. On observe dans tous les pays, et pas seulement développés, une tendance à être « fier de punir » : l’État n’est pas assez répressif, la justice est trop lente ? Faisons justice nous-mêmes. On voit ainsi se multiplier des sortes de milices privées, de vendettas, dans les médias ou sur les réseaux sociaux, qui viennent redoubler le recadrage d’État, les uns nourrissant les autres. Pour Pierre Bourdieu, « le justicier est un “prophète juridique auto-mandaté” […] qui oppose une justice personnelle et privée au sens commun juridique ». Gayer et Favaret-Garrigues ajoutent qu’« il assure l’ensemble de la chaîne pénale : il est à la fois détective, policier, interpellateur, procureur, juge et bourreau » 4 (p. 14). Magnifique confusion des rôles qui défie la séparation des pouvoirs. Il y a un film formidable qui illustre cette tendance, intitulé Three Billboards ou les panneaux de la vengeance (2017) : une mère, campée par la formidable Frances McDormond, décide de louer trois panneaux publicitaires pour dénoncer l’inaction supposée de la police face au meurtre de sa fille, mettant dans l’embarras un shériff compatissant et plein de bonne volonté – Woody Harrelson – et déclenchant l’ire d’un flic raciste, antipathique en Diable, joué par Sam Rockwell. La vengeance par la honte.

C’est ici que le lecteur risque de moins suivre l’amateur de rugby qui écrit ces lignes. Car l’amateur de rugby est aussi un juriste de formation. Il est particulièrement inquiet de la multiplication des formes de recadrage spontanées issues d’une société qui a perdu la boussole de l’État de droit, notion sur laquelle nous allons revenir. D’abord quelques exemples :

Est-il normal qu’un trompettiste talentueux relaxé et donc innocent soit banni à vie par des tribunaux populaires dont on se demande d’où ils tirent leur légitimité ? Que l’on vienne refaire un procès médiatique quatre années après alors même que la jeune fille a avoué qu’elle avait menti ? Non.

Est-il normal que des noms soient traînés sur la place publique sans qu’aucune plainte n’ait été déposée ni a fortiori de condamnation prononcée, ou lorsqu’il y a procès, ils sont relaxés mais leur carrière, de footballeur par exemple, soit ruinée ? Non.

Plus généralement, que sont ces OVNIS juridiques, que sont les cellules de lutte contre les VSS dans des partis politiques bouffés par les rivalités et les coups tordus ? Réponse : des simulacres de justice. À cette heure, nombre de cloués au pilori n’ont pas été condamnés et sont donc innocents. Que cela plaise ou non. S’ils sont condamnés, ils paieront légitimement. Mais certains ne le seront jamais, car aucune plainte n’a été déposée, aucune enquête ouverte. Par contre, la peine de mort sociale est, quant à elle, sans appel.

Qu’est-ce que cette presse de caniveau, guidée par des motivations purement économiques, commerciales (par exemple fourguer de l’abonnement), et qui sort « affaires » sur « scandales » qui se déballonnent aussi vite qu’elles ont gonflé ? Avec des débordements tragiques comme celui de l’Affaire d’Outreau ou l’Affaire Baudis ?

Enquête, tribunal médiatique, condamnation, exécution. Sans garde-fous. Sans droit à se défendre sauf à nourrir la bulle médiatique, le voyeurisme, l’audience, le « fait-diversion » de l’actualité comme disait Bourdieu. Et maintenant, à qui le tour ?

Mais cela va plus loin : Elsa Deck Marsault a récemment publié un ouvrage où elle montre comment ce type de justice privée brise des vies et des psychologies dans des milieux qui se disent et se veulent « progressistes ». Elle écrit : « Les répercussions sont multiples et délétères : l’exclusion d’une communauté ou l’enfermement dans des territoires restreints avec l’interdiction de rentrer dans certains espaces ; la suppression de ressources sociales, financières, matérielles ; les retombées sur la santé mentale ou physique, etc. En prenant tout cela en compte, comment mesurer la proportionnalité entre l’acte commis et les effets de la sanction prise ? » 5. La proportionnalité, voilà une autre notion clé de l’État de droit : on ne condamne pas à mort quelqu’un qui a volé une pomme ou sur de simples accusations parole contre parole. Cette militante « gouine et queer » – car c’est ainsi qu’elle se définit quand vous échangez avec elle – a donc fondé une association pour aider les victimes de ces pratiques punitives privées délétères. Preuve si besoin il en était que la question de la justice et des libertés traverse aussi la gauche dite « progressiste ».

On passera sur les pratiques de « cancelisation » d’individus sur la base de diffamations par des individus arrivistes et pressés de prendre leur place.

Cadrer, recadrer peut donc aussi entraîner des débordements fort regrettables, à moins de nier le discours de Badinter lors de l’abolition de la peine de mort – qu’un seul innocent puisse être exécuté justifie l’abolition – pour embrasser les propos de notre cher ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau affirmant qu’il est temps de faire bouger « les curseurs de l’État de droit ». Pour ma part, je préférerai toujours Badinter à Retailleau. D’ailleurs, les journalistes n’ont pas soulevé l’oxymore : par construction un État de droit est stable, c’est l’arbitre du jeu, il n’a pas de « curseurs » sinon c’est tout le match qui est faussé. Trivialement, ça s’appelle la justice au faciès.

Il est donc trop rassurant et plaisant de penser que la menace de recadrage ne vient que d’en haut. C’est toute la société qui y participe. Si l’on continue à filer la métaphore rugbystique, le cadrage, dans un collectif solidaire, peut permettre le débordement libre et victorieux, le recadrage, sauf exception, amène les joueurs à être des plots qui n’osent plus bouger de peur d’être accusés de débordements. Il n’y a littéralement plus de jeu, comme on dit d’une charnière (tiens encore une notion rugbystique). Tout se bloque : la liberté bien sûr, la créativité, l’audace, la prise de risque. Vous êtes supporters, vous criez « remboursez ! On est venu voir le beau jeu des Blacks et on se retrouve avec le rouleau compresseur des Springboks ! ».

Ne pas botter en touche

Entendons-nous bien : je ne jette pas le bébé avec l’eau du bain. Il y a des exactions masculines (mais aussi féminines) qui doivent être condamnées et punies. L’auteur de ces lignes est féministe, antiraciste et déteste toutes les discriminations. Pire : il est un humaniste universaliste dont Orwell et Camus 6 sont les deux références hors sociologie. Mais comme souvent, le balancier va trop loin dans l’autre sens, et on ne peut pas balancer des vies par-dessus bord parce que, comme je l’ai trop souvent entendu, « on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs » ou « la fin justifie les moyens ». C’est inacceptable. Les pires injustices et même les pires atrocités ont été commises avec ce type de « raisonnement ». L’omelette c’est bel et bon quand vous la mangez, pas quand vous êtes l’œuf qui est tombé par terre. Surtout cela prépare un backslash car la violence physique ou symbolique est un engrenage. On le voit en ce moment en Palestine.

Romain Gary, l’auteur de Chien Blanc, disait : « Quand vous avez été victime de racisme, votre premier devoir c’est de ne pas être raciste ». Cela vaut aussi pour le sexisme.

L’arbitre : l’État de droit (sans curseurs)

Nous avons évoqué à plusieurs reprises la notion d’État de droit. Il est temps de faire une anamnèse 7. L’État de droit est une invention des Lumières contre l’absolutisme et l’arbitraire royaux. Il est en son cœur libéral en tant qu’il vise l’État, l’empêchant de devenir oppressif pour la société. Le premier garde-fou est bien entendu celui des Droits de l’homme. Il assure la primauté de l’individu sur l’État et la société. L’État de droit implique aussi la démocratisation des institutions, à rebours des tribunaux populaires opaques actuels qui rappellent davantage le maoïsme ou le polpotisme que la démocratie libérale. Il repose enfin sur la distinction, capitale, entre l’État et la société civile visant à fixer des bornes à l’emprise étatique.

Si nous devions résumer les propos précédents, nous dirions que non seulement l’État de droit recule dangereusement, mais que la société civile, du moins ses composantes les plus actives, tend à se prendre pour un État absolutiste, dans une confusion des genres très inquiétante. La presse à scandales de caniveau, soi-disant respectable, et je ne citerai pas de nom par charité, est une incarnation de cette confusion. Je suis tombé par hasard sur une émission de cette presse où un jeune Youtubeur manifestement atteint d’hypersexualité était mis en accusation, en son absence, par quatre jeunes femmes qui ont découvert qu’il les avait trompées les unes avec les autres. J’en suis resté coi. Jusqu’à preuve du contraire, être un « queutard » n’est pas un délit. S’il fallait mettre au tribunal médiatique tous les hommes et femmes qui trompent leur conjoint, nous ne sortirions pas de l’auberge comme l’on dit trivialement. Toutefois, c’est le côté Procès de Moscou qui était le plus effrayant. Du voyeurisme déguisé en néoféminisme en l’absence de l’accusé dont la carrière a été brisée (je précise que je ne connais aucun Youtubeur).

Une autre tendance est à la juridicisation des rapports sociaux. Comme si en rugby, on empilait règles sur règles, qu’on les changeait arbitrairement – et c’est un peu ce qu’il se passe – et que l’on espérait à la fin voir du beau jeu.

Retrouver les bases du plaisir du jeu social

Le lecteur pourra se dire : ce Pierru, quel pessimiste, sinon quel réac’ ! C’est vrai, comme Orwell, mon cher Orwell, je suis très sensible à ce type de dérives qu’elles viennent du haut ou du bas, de l’État ou de la société. Orwell avait vu, lors de son engagement dans la guerre d’Espagne, où mènent ce type de comportements, en l’occurrence celui des milices staliniennes 8. Des procès factices, des exécutions sommaires d’anarchistes de gauche montés au front contre les franquistes. Camus, que la gauche a tant méprisé et qu’elle méprise encore, n’était pas en reste. L’homme révolté dit « non, ça suffit ! ». Cette exploitation, cette domination, cet arbitraire ont assez duré !

À ces dérives, et pour être positif, on ne peut opposer que trois principes : le respect de l’État de droit, la confiance entre partenaires-citoyens, la solidarité dans ce grand jeu de rugby qu’est la société (l’État social). La passion de punir est un affect triste aurait dit Spinoza. Elle nous appauvrit dans nos corps et dans nos têtes, étant donné que les deux sont indissociables 9.

« La balle à l’aile, la vie est belle ! », comme la démocratie est un beau jeu politique quand elle multiplie le mouvement et les cadrages débordements !

Frédéric Pierru

1. Le solidarisme est une philosophie sociale, née à la fin du xixe siècle, fortement influencée par la sociologie naissante, qui refuse d’opposer individu et collectif/société. Il part du principe que l’Homme est un animal social et ne peut que s’épanouir en interdépendance avec ses congénères, s’il s’oppose à la philosophie libérale qui fait de l’individu une monade isolée et autarcique. Voir Bernard Lahire, Les structures fondamentales des sociétés humaines, Paris, Seuil, 2024.

2. Béatrice Hibou, La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale, Paris, La Découverte, 2012.

3. Marc Millet, Sociologie politique de la menace et du risque, Paris, Armand Colin, 2022, p. 161.

4. Gilles Favaret-Garrigues, Laurent Gayer, Fiers de punir. Le monde des justiciers hors la loi, Paris, Seuil, 2021.

5. Elsa Deck-Marsault, Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes, Paris, La Fabrique, 2023, p. 62.

6. Comme un symptôme, les deux sont raillés par la « gauche pseudo-radicale » comme étant gnangnans.

7. Jacques Chevallier, L’État de droit, Paris, Montchrestien, LGDJ, 7e édition.

8. George Orwell, Hommage à la Catalogne, Paris, La Pléiade.

9. Frédéric Lordon, Les affects de la politique, Paris, Seuil, 2013.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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