L’association UFC-Que Choisir affirme que 100 % des fleurs coupées, achetées et analysées par ses soins, renferment des résidus de pesticides.

Pesticides : l’UFC-Que Choisir constate leur omniprésence dans les fleurs vendues en France

MAJ le 14/02/2025

Risques  |  14.02.2025  |  F. Gouty

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Pesticides : l'UFC-Que Choisir constate leur omniprésence dans les fleurs vendues en France

© detailblick-foto

Ce vendredi 14 février, comme tous les ans à la Saint-Valentin, plusieurs dizaines de millions de fleurs seront offertes en bouquet en France. Pourtant, la grande majorité proviendra d’Afrique ou d’Amérique du Sud et comportera certainement des résidus de pesticides particulièrement toxiques. Dans une nouvelle enquête (1) , l’association UFC-Que Choisir affirme que 100 % des fleurs coupées, achetées et analysées par ses soins, renferment des résidus de pesticides.

Parmi les quinze bouquets (de gerbéras, de roses ou de chrysanthèmes) achetés durant le mois de janvier en boutique ou en ligne, certains comportaient jusqu’à 46 résidus de pesticides différents, dont des substances interdites en Europe et classées en tant que cancérogènes avérés ou perturbateurs endocriniens. L’association invite ainsi les consommateurs à « privilégier des fleurs biologiques » ou à « opter pour des fleurs françaises et de saison », afin de « limiter l’exposition aux substances les plus toxiques [issues de l’importation hors Union européenne, ndlr] et de réduire leur impact environnemental ».

De son côté, l’association Robin des bois – à l’origine d’une saisine de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) à ce sujet, en décembre dernier – atteste qu’au moins « soixante études scientifiques ont alerté sur les dangers de l’exposition aux insecticides, aux fongicides et aux herbicides dont la filière horticole industrielle abuse », certaines relatant une exposition multipliée par mille (2) par rapport aux fruits et légumes. Pour rappel, contrairement aux produits alimentaires, la réglementation européenne ne fixe aucune limite maximale résiduelle (LMR) et donc aucune contrainte sur la présence de pesticides dans les fleurs, arbres, arbustes et autres plantes ornementales, hormis les fleurs tisanières destinées à la consommation. Un seul texte européen, datant de 1968 (3) , fixe des normes d’étiquetage facultative.

Une profession à risque

L’UFC-Que Choisir comme Robin des bois demandent à l’État français et à l’Union européenne de garantir la protection des quelque 50 000 grossistes, fleuristes et jardiniers de France, par exemple en leur fournissant obligatoirement des gants et des équipements de protection individuelle (EPI). Elles exigent également de fixer des LMR, d’étiqueter les fleurs traitées aux pesticides autorisés et d’interdire l’importation de fleurs cultivées avec des pesticides interdits en Europe.

De son côté, Valhor, l’association interprofessionnelle des fleuristes et paysagistes français, maintient que s’agissant des fleurs importées en dehors du Vieux-Continent « les acteurs de la filière mettent (déjà) en place de l’affichage du pays d’origine des fleurs sur les factures ainsi que des solutions d’affichage en boutique pour les fleuristes ». En outre, elle appelle les professionnels à porter des gants adaptés et des tabliers, qui apportent déjà selon elle « une réelle protection ». Pour finir, Valhor ajoute qu’elle mène, depuis l’automne dernier, une étude parallèle à celle de l’Anses pour « adapter éventuellement les usages ».

1. Consulter l’enquête d’UFC-Que Choisir
https://www.quechoisir.org/enquete-roses-gerberas-chrysanthemes-petales-toxiques-n149144/

2. Lire l’étude de l’université de Liège de 2017
https://www.mdpi.com/1660-4601/14/5/526

3. Consulter le règlement de 1968
https://op.europa.eu/fr/publication-detail/-/publication/d044e08c-ca48-457a-abaa-0d63d89cc99a/language-fr

Félix Gouty, journaliste
Rédacteur spécialisé

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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