« Ça serait la mort du territoire » : la fermeture du collège d’un village suspendue après la mobilisation d’acteurs locaux

Écrit par Rémi Surrans
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D’abord annoncée par le département, la fermeture du collège de Cazaubon (Gers) est finalement suspendue par le président de la collectivité, Philippe Dupouy. Ce renoncement temporaire est un soulagement pour la maire de la commune et les familles, qui craignent pour l’avenir de la vie locale en cas de fermeture.
La fermeture attendra, pour l’instant. 48 heures après l’annonce de la fermeture du collège de Cazaubon (Gers), le département rétropédale et suspend cette décision.
« Mon rêve, c’est de finir mon cycle ici »
Un retour en arrière après la réaction de parents et d’autres élus locaux, qui n’imaginent pas la disparition de cet établissement vieux de plusieurs dizaines d’années. « Les professeurs ne seraient plus les mêmes, on sera complètement désorienté. Mon rêve c’est de finir mon cycle ici« , revendique une collégienne. « Nos parents y étaient, on a l’habitude, on n’est pas beaucoup, on se connaît tous. Et là, on va se retrouver avec des gens que l’on ne connaît pas ?« , s’interroge une autre.
Autre inquiétude : le temps de transport en cas de changement de collège, qui « fatiguerait si on doit aller plus loin« , estime un autre jeune. Dans les années 80, l’établissement a compté jusqu’à 250 élèves, contre 93 aujourd’hui.
« La perte serait dramatique » selon la maire de la commune
Le désaccord des élèves est complètement partagé par la maire Divers Droite de Cazaubon, village d’un peu plus de 1 500 habitants. Elle n’explique pas les arguments avancés par le département. « Ce qui est annoncé, c’est un problème de budget, donc faire des économies. Ça serait 102 000 € par an, mais je ne crois pas du tout à cette explication« , s’agace Isabelle Tintané. « Ça me fait doucement rire : ça ne représente rien sur le budget du département. Il faut qu’il se reconcentre sur ses compétences obligatoires.«
En cas de fermeture, « la perte serait dramatique« , selon elle, avec des conséquences en cascade pour les familles. « Certaines quitteraient le territoire, des enfants seraient réaffectés sur d’autres communes, il y aurait des déménagements« , juge l’édile, qui craint également pour la vie locale. « Ça viderait les commerces, les associations sportives et de musique. Ce serait la mort du territoire. »
L’État « doit prendre conscience » des difficultés financières du département
Finalement, le président du Conseil départemental du Gers, Philippe Dupouy, décide donc de « surseoir à cette décision« , arguant notamment « des consultations » avec sa majorité et les « réactions des voix » du territoire. « Le département a des contraintes budgétaires fortes imposées par le gouvernement, qui nous amène à prendre des décisions difficiles« , se justifie-t-il, appelant donc l’État à « prendre conscience » de ces difficultés financières.
Philippe Dupouy avance également des arguments démographiques à propos de ce collège, qui souffre selon lui de « difficultés au niveau des effectifs » depuis de nombreuses années. « Il faut essayer d’annihiler ce déclin démographique scolaire qui pourrait pénaliser les établissements.«
L’établissement ne devrait pas fermer ses portes dans l’immédiat, et la rentrée scolaire 2025-2026 aura bien lieu.
(Avec Julien Lanchas)