L’UFC-Que choisir appelle à la création d’une « Grande Sécu » et dénonce la part croissante prise par les complémentaires santé.

Inégalités d’accès aux soins essentiels – Exigeons une prise en charge publique à 100 % !

Inégalités d’accès aux soins essentiels Exigeons une prise en charge publique à 100 % !

Publié le 28 janvier 2025

https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-inegalites-d-acces-aux-soins-essentiels-exigeons-une-prise-en-charge-publique-a-100-n148924/?dl=143872

https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-inegalites-d-acces-aux-soins-essentiels-exigeons-une-prise-en-charge-publique-a-100-n148924/?dl=143876

Face à un modèle de financement de notre système de santé à bout de souffle, l’UFC-Que Choisir dénonce des inégalités criantes qui pénalisent avant tout les populations les plus fragiles : retraités, étudiants et foyers précaires. Aujourd’hui, 4 % de la population, soit, 2,6 millions de Français, n’ont pas de complémentaire santé. Ce modèle obsolète aggrave les fractures sociales.

Pourtant, des solutions existent. L’UFC-Que Choisir appelle à une réforme ambitieuse mais réaliste de ce financement pour garantir à toutes et tous un accès universel et équitable aux soins.

Un système de santé à la charge des usagers

Complexe, opaque et coûteux, le financement du système de santé est de plus en plus à la charge des usagers. En vingt ans, l’État s’est désengagé de manière alarmante, transférant les dépenses sur les ménages et les complémentaires santé privées. Résultat ? Une explosion des coûts. En 2025, les cotisations des complémentaires augmentent de 6 % en moyenne selon les acteurs du secteur. Ce chiffre ne dit rien des variations en fonction de l’âge, principale donnée prise en compte dans le calcul des cotisations. De plus, il cache mal de fortes disparités d’un consommateur à l’autre, avec des pics allant jusqu’à 30 % pour certains foyers selon nos relevés (1). Ces augmentations étouffent des millions de Français et accentuent les inégalités sociales.

Pire, les complémentaires santé génèrent des frais de gestion élevés, entre 10 % et 27 %, selon leurs propres chiffres, qui pourraient être évités.

Une réforme pour une société plus juste

Pour remédier à ces dérives, l’UFC-Que Choisir exige une transformation radicale du modèle de santé qui peut se rapprocher de ce qui est parfois décrit comme une « grande Sécu » :

  1. Un système redistributif : Garantir l’accès aux soins tout en réduisant les inégalités sociales ;
  2. Une prise en charge à 100 % des soins essentiels par l’Assurance maladie, afin de sortir des logiques marchandes et protéger tous les citoyens ;
  3. Une gouvernance transparente et participative : Impliquer toutes les parties prenantes, sans oublier les usagers, dans la définition des soins essentiels et les décisions stratégiques.

« Laisser les plus vulnérables choisir entre se soigner et payer leurs factures, c’est indigne d’un pays comme le nôtre » dénonce, Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir. « L’État doit cesser de détourner le regard et prendre ses responsabilités. L’accès aux soins n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental. »

Les bénéfices d’une prise en charge à 100 % des soins essentiels

Pour les foyers français, les dépenses allouées aux complémentaires santé via les cotisations seraient réorientées vers l’Assurance maladie, sur un principe plus redistributif. La réforme serait collectivement neutre pour les usagers, et pourrait même permettre des économies pour les ménages les plus modestes.

Les paramètres de cette réforme, telle que proposée par l’UFC-Que Choisir, offriraient des bénéfices significatifs pour toutes et tous :

  • Un accès renforcé aux soins pour les plus fragiles ;
  • Une réduction des inégalités sociales de santé ;
  • Une simplification des démarches administratives, tant pour les patients que pour les professionnels de santé.

L’urgence d’agir

En continuité de ses combats en faveur de l’accès à la santé, notamment sur la lutte contre les dépassements d’honoraires ou la fracture sanitaire, et alors que de plus en plus de Français renoncent aux soins pour des raisons financières, l’UFC-Que Choisir appelle les pouvoirs publics à prendre leurs responsabilités pour bâtir un système de santé juste, réellement accessible, universel et pérenne, à la hauteur des défis sanitaires et sociaux de notre époque.

Carte vitale

L’UFC-Que choisir plaide pour une «Grande Sécu» face aux dérives des complémentaires santé

L’association de consommateurs pointe, dans une étude publiée ce mardi 28 janvier, les disparités entre assurés et propose une «Grande Sécu» capable de «prendre en charge à 100 % les soins essentiels».

https://www.liberation.fr/societe/sante/lufc-que-choisir-plaide-pour-une-grande-secu-face-aux-derives-des-complementaires-sante-20250128_YWKQ5MWAYBBGHB5CAP7PESWI4Q/

L’UFC-Que choisir pointe qu’«aujourd’hui, 4 % de la population, soit 2,6 millions de personnes, n’ont pas de complémentaire santé». (Photo/Voisin.Phanie)

par LIBERATION et AFP

publié le 28 janvier 2025 à 8h16

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Les besoins de santé essentiels pris en charge à 100 % par le public. C’est ce que demande l’association de consommateurs UFC-Que choisir, qui pointe, dans une étude publiée ce mardi 28 janvier, la hausse des complémentaires santé et les disparités entre assurés. De quoi lui faire plaider pour une «Grande Sécu», capable de «prendre en charge à 100 % les soins essentiels», et reléguant les complémentaires santé aux «soins supplémentaires et non essentiels».

Les complémentaires santé affichent une hausse tarifaire de 6 % en moyenne en 2025, mais ce chiffre «ne dit rien des variations en fonction de l’âge» et des «fortes disparités» d’un consommateur à l’autre, avec des pics «allant jusqu’à 30 % pour certains foyers selon nos relevés», estime l’association. D’après les relevés de l’UFC-Que choisir, la cotisation à une complémentaire santé a même enregistré une hausse médiane de 40 % entre 2018 et 2024.

Interview

«La grande Sécu permettrait une meilleure couverture pour un coût sans doute inférieur»

Le modèle français qui rembourse les soins par l’assurance maladie et par les complémentaires «est à bout de souffle», avec des «inégalités criantes qui pénalisent avant tout les populations les plus fragiles, retraités, étudiants et foyers précaires», estime l’association dans un communiqué de presse. «Aujourd’hui, 4 % de la population, soit 2,6 millions de personnes, n’ont pas de complémentaire santé. Ce modèle obsolète aggrave les fractures sociales», souligne l’UFC-Que choisir.

«Des frais de gestion élevés qui pourraient être évités»

«Pire, les complémentaires santé génèrent des frais de gestion élevés, entre 10 et 27 % [des cotisations reçues, ndlr], selon leurs propres chiffres, qui pourrait être évités», ajoute-t-elle.

Dans la proposition de «Grande Sécu» défendue par l’UFC-Que choisir, les soins «supplémentaires et non essentiels» qui resteraient du ressort des complémentaires santé seraient ceux «relevant du confort (médecine esthétique), ou faisant défaut d’une preuve scientifique solide de la valeur thérapeutique (homéopathie, médecines alternatives, cures thermales, etc.)».

Les actuelles cotisations aux complémentaires santé seraient remplacées par des hausses de taux de CSG ou d’imposition, contribuant à un système «plus redistributif et plus solidaire entre générations».

Le gouvernement un temps séduit

L’idée d’une grande Sécu avait un temps semblé séduire l’exécutif sous Emmanuel Macron, et notamment le ministre de la Santé Olivier Véran. En novembre 2022, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) avait détaillé, à la demande du ministre, un scénario de passage à une telle organisation.

Interview

«Le secteur privé contribue à faire dysfonctionner les services publics»

Mais le gouvernement n’avait pas poursuivi ses réflexions sur le sujet, refroidi notamment par la facture salée de cette réforme qui aurait gonflé de près de 20 milliards les dépenses de la Sécu, selon les estimations de l’époque.

Les complémentaires santé font valoir de leur côté que leurs hausses de cotisation s’expliquent avant tout par la hausse générale des dépenses de santé. Elles soulignent aussi que leur part dans le financement des dépenses de santé est restée globalement stable ces dernières années (12,4 % en 2023).

Complémentaires santé : l’UFC-Que choisir appelle à la création d’une « Grande Sécu »

L’association de défense des consommateurs appelle, dans une étude publiée mardi, à revoir de fond en comble le système de santé actuel et à étendre l’assurance maladie obligatoire jugée plus équitable et redistributive.

Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 28/01/2025 06:00Mis à jour le 28/01/2025 07:38 https://www.francetvinfo.fr/sante/l-ufc-que-choisir-appelle-a-la-creation-d-une-grande-secu-et-denonce-la-part-croissante-prise-par-les-complementaires-sante_7040066.html

Une personne tend sa carte de complémentaire santé à un pharmacien, le 29 novembre 2019. Image d'illustration. (FRANCOIS DESTOC / MAXPPP)

Une personne tend sa carte de complémentaire santé à un pharmacien, le 29 novembre 2019. Image d’illustration. (FRANCOIS DESTOC / MAXPPP)

Dans une étude publiée mardi 28 janvier et dont franceinfo révèle les résultats, l’UFC-Que choisir appelle à la création d’une « Grande Sécu ». L’association de consommateurs fustige le fonctionnement du système de santé et la part croissante prise par les complémentaires santé privées, avec des augmentations de tarifs des cotisations de l’ordre de 40% en moyenne depuis 2018, qui pèsent sur les ménages les plus modestes.

:à lire aussiComment expliquer la hausse des tarifs des mutuelles en 2025 ?

Il y a seulement 4% des Français qui ne souscrivent pas à une complémentaire santé, selon les calculs de l’UFC-Que choisir, mais ce chiffre est multiplié par trois au sein des ménages les plus modestes, qui n’ont pas les moyens d’y souscrire. Pour l’association il y a évidemment un lien entre ces statistiques et les tarifs des cotisations en hausse de 40% en moyenne entre 2018 et 2024, alors que la part des dépenses prises en charge a baissé dans le même temps. L’UFC-Que choisir pointe des frais de gestion particulièrement élevés, de l’ordre de 20 euros pour 100 euros de cotisations quand ils atteignent à peine 4 euros pour la sécurité sociale.

L’association appelle à revoir de fond en comble le système de santé actuel et à étendre l’assurance maladie obligatoire jugée plus équitable et redistributive. « Le système qu’on propose on l’appelle parfois la Grande sécu, c’est un modèle où l’ensemble des soins essentiels serait pris en charge à 100% par la sécurité sociale », explique mardi à France Inter(Nouvelle fenêtre) le chargé de mission étude économique santé à l’UFC-Que Choisir, Théau Brigand.

Financer via un « déplacement des cotisations » des mutuelles vers la Sécu

« On supprime l’intermédiaire des complémentaires santé, on supprime tout ce qui est à la charge des patients à l’image des franchises médicales. On prend à 100% les soins dentaires, l’audition, la vue. On crée un modèle véritablement accessible à tous et qui ne peut pas mettre en place de barrières financières à l’accès aux soins, puisque tout est pris en charge par l’assurance maladie », précise-t-il. UFC-Que Choisir est également favorable à la suppression des dépassements d’honoraires de la part des médecins, des tickets modérateurs et des franchises.

Le Côté financement, Théau Brigand, explique qu’il se ferait par « un déplacement des cotisations qu’on donne aujourd’hui aux complémentaires, donc des cotisations privées à des cotisations publiques à l’assurance maladie. C’est juste un déplacement de charges et à la fin pour les ménages français, l’opération serait relativement neutre ».

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2025/01/16/mutuelles-vers-une-reforme-pour-endiguer-la-spirale-des-prix/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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