Le déficit des hôpitaux publics pourrait atteindre 3,5Md€ en 2024

La FHF rappelle l’urgence d’aboutir au vote d’une LFSS et veut poser le cadre d’une loi de programmation pour sortir les politiques de santé du pilotage court-termiste

(Communiqué de la FHF)

21/01/2025 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/228712/la-fhf-rappelle-lurgence-daboutir-au-vote-dune-lfss-et-veut-poser-le-cadre-dune-loi-de-programmation-pour-sortir-les-politiques-de-sante-du-pilotage-court-termiste/

Émis par : FHF

Les établissements publics de santé et du médico-social abordent l’année 2025 avec des finances historiquement dégradées, tout en faisant face à l’épidémie de grippe qui frappe durement et crée des tensions sur l’hôpital du fait de déséquilibres systémiques qui fragilisent l’ensemble du système de santé.

Alors que le déficit des hôpitaux publics pourrait atteindre 3,5Md€ en 2024, il est urgent de les doter de financements adéquats pour leur permettre de surmonter leurs déficits et de maintenir leurs investissements. A ce titre, la FHF salue l’annonce du milliard supplémentaire dans l’ONDAM établissements de santé et demande qu’il soit dédié aux activités en dette de santé publique et/ou sous-financées (médecine avec nuitées, psychiatrie publique, chirurgie de recours, pédiatrie, obstétrique, soins critiques – réanimation notamment).

La situation actuelle démontre une fois de plus l’inadaptation du mode de pilotage des politiques de santé : en conséquence, la FHF veut poser le cadre d’une loi de programmation en santé.

RÉPONDRE À L’URGENCE ÉPIDÉMIQUE
Face à l’épidémie de grippe, de nombreux établissements ont déclenché leur plan blanc1. Ces tensions mettent à nouveau l’accent sur les déséquilibres structurels qui fragilisent l’ensemble de notre système de santé. Il devient urgent de faire de la prévention un réflexe national pour réduire la pression sur nos hôpitaux. La FHF rappelle la nécessité d’une obligation vaccinale renforcée pour les soignants.
Pour alléger durablement la pression sur les urgences, il est également essentiel
d’agir sur trois axes prioritaires quant à l’organisation de l’offre :

  1. Renforcer l’accès aux soins de premiers recours ;
  2. Développer les dispositifs pour éviter le recours aux urgences, particulièrement pour
    les personnes âgées en grandes fragilités ;

1 Au 17 janvier : 89 établissements publics de santé avaient déclenché leurs plans blancs et 181 dispositifs
hôpital en tension recensés.

Commentaires:

Frédéric Bizard, économiste de la santé :

FÉDÉRATIONS HOSPITALIÈRES : LE MOT « RÉFORME »
ABSENT DU LOGICIEL !

Cet article met en lumière une situation effrayante, tant par la gravité de la crise financière que traversent les établissements hospitaliers que par les constats dressés par la Fédération Hospitalière de France (#FHF).

Le déficit des #hôpitaux atteint des records historiques : on parle d’un déficit de 3,5 milliards d’euros en 2024, dont 2,2 milliards d’euros pour les fleurons du système hospitalier, les CHU. Du jamais vu !

Rappelons que les dépenses consacrées aux #hôpitauxpublics sont passées de 75 milliards d’euros en 2019 à 94 milliards d’euros en 2023, soit une augmentation de 25 % en seulement quatre ans (+6,4 % par an). Malgré ces 20 milliards d’euros supplémentaires, un effort sans précédent, la Fédération explique que le seul problème serait un manque de financement (public à 94%).

Il convient de rappeler que cette situation financière désastreuse survient après que des milliards d’euros, gérés par les #ARS et initialement destinés à l’innovation, aux missions de service public, à des restructurations, à des services de santé en ville, sont en réalité utilisés pour éponger les déficits des hôpitaux publics.

Pas un mot sur la crise de l’attractivité de l’hôpital public qui fait exploser les coûts des RH avec l’intérim, pas un mot sur la crise de la gouvernance bureaucratique qui ne répond pas aux besoins des patients mais à la vision techno des directions, pas un mot sur le retard technologique…

Plus d’argent, que le système n’a plu, sans réforme, à périmètre constant, revient à arroser le sable mais la fédération ignore les racines du mal et l’environnement économique du moment.

Il y a plus grave encore !

 Ce constat n’est pas le monopole du public. Les représentants du privé ont la même attitude. Vous n’entendrez jamais la #FHP prononcer publiquement le mot réforme, s’intéresser à repenser le système.

FHP et #FHF : même combat face aux gouvernements. Toujours la même revendication : « l’argent, l’argent, l’argent ».

Les établissements publics et privés les plus performants, certains d’entre eux jouissant d’une reconnaissance internationale, tournent à plein régime. Et pourtant, plus leur activité augmente, plus leurs pertes s’aggravent. Les déficits sont structurels, aussi bien à l’échelle macro que micro. Même l’optimisation des flux ne suffit pas à inverser la tendance.

L’urgence d’une réforme structurelle

Ce qui est stupéfiant dans cet article, c’est que les analyses de la crise n’ont pas évolué depuis dix ans.

Sans une #réforme structurelle rapide, ces établissements d’exception risquent de se paupériser, de se dégrader, et l’ensemble du parc hospitalier sera durablement affecté.
Si le manque de prise de conscience est généralisé dans le secteur hospitalier, cela dépasse le cadre des individus ou des dirigeants. La prise de conscience doit être collective.

En premier lieu, c’est à l’exécutif de prendre la tête du changement. Il y a urgence !

https://www.linkedin.com/posts/frederic-bizard-4440436_fhf-haekpitaux-haekpitauxpublics-activity-7287745769841782784-aVNf?utm_source=share&utm_medium=member_ios

Romain Martinez urgentiste

augmentation en 10 ans de 40% du personnel hospitalier non médical bien sur (surtout éviter une mesure qui pourrait marcher) , fermeture de 50 000 lits, majoration des budgets santé en 10 ans de 40% ou plus sans AUCUN impact sur l’espérance de vie à la naissance ou l’espérance de vie en bonne santé ( ce qui définit une politique qui ne sert à RIEN, c’est factuel quand on a pas d’efficacité). Alors pour résoudre des problèmes complexes il ne faut pas que de l’argent mais surtout des cerveaux, et c’est là que ça pèche dans la gouvernance, en France, actuellement il n’y a AUCUN grand intellectuel dans ce secteur, qui pourrait déjà dire où passe l’argent ? 95% des protocoles hospitaliers génériqués, les soins dépendent de l’INDE; des années pour monter un PHRC (programme hospitalier de recherche clinique) donc les chercheurs se cassent, il faudra bientôt les importer, et exporter des fonctionnaires

Marc Gombeaud Journaliste :

Il est vrai qu’une véritable #loideprogrammation sanitaire s’impose… Mais il est encore plus vrai que sans une réforme fondamentale du management hospitalier (je ne parle pas que de gestion) rien ne changera. Une véritable réalisation des ressources et des circuits décisionnel est indispensable! Merci @Frédéric Bizard de porter le message mais…qui pour porter le fer?

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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