Les représentants du personnel CGT du Centre Hospitalier de Bigorre à Tarbes prennent la parole pour réagir aux déclarations récentes des élus locaux.

Tarbes – Centre hospitalier de Bigorre : la CGT interpelle élus et autorités

20 janvier 2025 https://www.lasemainedespyrenees.fr/tarbes-centre-hospitalier-de-bigorre-la-cgt-interpelle-elus-et-autorites/?fbclid=IwY2xjawH7pPNleHRuA2FlbQIxMQABHYWGVaOWmc2UngrKAHoxSIg-NxNqaiuMC_K4femlQPI0PJ7II11BxCOUMA_aem_6iRLsrhSQ4J0IzWi4xWJmA

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Pascale Dhugues, Franck Peyregne, Jean-Marc Michaud, Sylvie Minvielle

Dans un communiqué, les représentants du personnel CGT du Centre Hospitalier de Bigorre à Tarbes prennent la parole pour réagir aux déclarations récentes des élus locaux.

Les représentants du personnel CGT du Centre Hospitalier de Bigorre à Tarbes soulignent les lacunes persistantes dans l’offre de soins et dénoncent des projets jugés insuffisants ou inadaptés aux besoins des usagers. Voici les points clés de leur prise de position.

Un TEP Scan attendu de longue date

Enfin une bonne nouvelle ? L’annonce récente de l’arrivée d’un TEP Scan (Tomographie par Émission de Positons) pour l’hôpital a été saluée par la CGT, mais non sans un rappel des nombreuses années de carences en matière d’investissement technologique.

Le syndicat déplore que, jusqu’ici, les patients des Hautes-Pyrénées aient dû se rendre dans des départements voisins pour des examens cruciaux. Selon eux, cette absence d’équipement local a mis en lumière des inégalités d’accès aux soins, particulièrement pour les populations les plus fragiles. La CGT rappelle avoir proposé dès 2021 une solution mobile, que l’administration de l’époque n’avait pas retenue.

Une coopération inter-hospitalière déséquilibrée ?

La CGT s’interroge également sur les propos du député Benoît Mournet, évoquant un « hôpital commun » intégré au CHU des Pays de l’Adour. Les représentants syndicaux y voient un risque de marginalisation pour Lanne, perçue comme une simple succursale de Pau. Ils dénoncent notamment des conventions comme celle de la Fédération Médicale Inter-Hospitalière (FMIH), qui, selon eux, favorisent largement l’activité médicale paloise au détriment des Hautes-Pyrénées.

Par exemple, Pau réalise désormais près de 2 000 scintigraphies cardiaques par an contre 640 auparavant, un accroissement spectaculaire permis par le manque d’équipements sur le territoire bigourdan.

Des infrastructures hospitalières sous-dimensionnées

Le syndicat revient également sur le projet de futur centre hospitalier de Lanne. Initialement doté d’une enveloppe budgétaire de 270 millions d’euros, ce projet est désormais estimé à 400 millions. Si cette augmentation semble répondre à des critiques initiales sur le caractère minimaliste des plans, la CGT reste sceptique. Elle pointe notamment des lacunes dans la prise en compte des besoins à long terme : absence de plan d’entretien, terrains supplémentaires encore à acquérir, et une capacité jugée insuffisante.

Le syndicat dénonce une vision trop limitée de la modernité, craignant que Lanne ne finisse dans un état comparable à celui de la Gespe dans 40 ans.

Une alternative négligée ?

Les représentants estiment que la rénovation des hôpitaux de Tarbes et Lourdes aurait été une solution plus efficiente. Avec 400 millions d’euros, affirment-ils, il aurait été possible de moderniser ces deux structures tout en garantissant un meilleur accès aux soins et en préservant le nombre de lits disponibles.

Face aux défis croissants de la santé publique, la CGT appelle à une prise de conscience collective. « Les paroles n’engagent que ceux qui y croient », conclut le communiqué, exhortant les décideurs à aligner leurs promesses sur des actions concrètes et ambitieuses.

Ce cri d’alarme vise à remettre l’usager au cœur des priorités et à garantir une véritable égalité d’accès aux soins, aujourd’hui mise à mal par des choix jugés insuffisants ou mal orientés.

Le communiqué

En réponse aux diverses prises de paroles de nos élus par voie de presse, les représentants du personnel CGT de l’hôpital prennent la parole.

TEP Scan : enfin une bonne nouvelle ? 

Il se fait rare que nos élu.e.s soient annonciateurs de bonnes nouvelles, surtout dans le domaine de la Santé Publique. Enfin, il semblerait que tout le monde converge y compris le Président du Conseil de Surveillance. 

M. Dublé a fait sortir l’hôpital de l’immobilisme, mais nous pensons toujours que le virage technologique doit être pris d’ores et déjà pour une réelle prise en charge des patients. 

Depuis plusieurs années, nous dénonçons régulièrement, y compris publiquement, nos craintes sur le manque d’entretien, d’investissement, et le surcroît de carences technologiques à l’hôpital. 

Les seules réponses proposées étaient prévues pour Lanne, exclusivement pour Lanne… 

Pour cette raison inacceptable, alors que M. Dublé n’avait que 2 mois d’ancienneté au Centre Hospitalier de Bigorre, nous l’avons rencontré pour lui soumettre et lui proposer une solution qui nous paraissait la plus viable possible pour l’hôpital et surtout les usagers : un TEP Scan mobile. 

Comment peut-on accepter que les patients des Hautes-Pyrénées n’aient pas accès aux examens, sans devoir se déplacer dans les départements voisins ? 

Coopération inter hospitalière ?

Doit-on en déduire, à la lecture des propos du Député B. Mournet « le projet de l’hôpital commun pourrait s’intégrer dans le CHU des Pays de l’Adour » ? Lanne serait la succursale de Pau ? On comprend mieux les différents accords et conventions avec l’hôpital de Pau, à commencer par la FMIH (Fédération Médicale Inter Hospitalière) qui justement concerne l’activité de Médecine Nucléaire laissée à la main des médecins palois. Cet accord permet à Pau (à titre d’exemple) de faire près de 2000 scintigraphies cardiaques alors qu’il n’en comptait que 640 ! En tout et pour tout, l’activité de Pau augmente de 120 % de recette globale …

Forcément, l’absence d’un équipement TEP Scan touche à l’égalité d’accès aux soins pour celles et ceux qui n’ont pas ou plus de moyens de transport, les personnes isolées, nos ainé.e.s… d’autant que le remboursement du parcours patient est très long et très complexe d’une région à l’autre.

Doit-on supposer que les Hautes-Pyrénées soient désormais rattachées à la Région Aquitaine ?

Ce n’est pas plus acceptable, que les propos tenus par M. Lages, qui prétend que « nous serons les premiers, si l’on nous demande de faire un examen complexe, à prendre l’avion pour aller à Paris ». Depuis quand un TEP Scan est un examen complexe ? Pour sa gouverne, des pays sous-développés comme l’Inde et plus particulièrement des quartiers de Calcutta possèdent une imagerie médicale de pointe avec radio, scanner et TEP Scan… Ça nous laisse sans voix.

Offre de soins ?

Nous sommes rassurés d’apprendre par M. le Préfet, que pour garantir une meilleure offre de soins, une augmentation majeure du budget dédié à la future structure atteint aujourd’hui 400 M d’€.

Souvenez-vous !

La CGT dénonce depuis le début, que l’enveloppe est insuffisante pour ce projet minimaliste.

Les plans présentaient une infrastructure inadaptée, trop petite et pas à la hauteur des attentes pour la bonne prise en charge des patients… Sans compter que l’assainissement « un peu omis » et la voirie restaient à la charge des contribuables du département.

Aujourd’hui, pour rendre cette infrastructure plus adaptée, de nouveaux terrains sont en cours d’acquisition et l’architecture est revue quasi intégralement !

Suite aux propos de M. le Préfet, nous relevons malgré tout quelques points qui nécessitent un autre regard. Actuellement les urgences pédiatriques sont assurées et garanties par une équipe dédiée, les radiographies et le scanner sont effectuées dans l’enceinte du service des urgences.

Nous regrettons malgré tout une vision de la modernité du futur Centre Hospitalier sur 40 ans, sans plan d’entretien financé pour le maintien en état du futur site, il y a fort à parier que Lanne ressemblera à la Gespe dans 40 ans. Dans ce cas, doit-on imaginer une obsolescence programmée ?

Nous nous associons aux propos de M. le préfet sur le maillage de l’offre de soins avec l’installation du scanner à Bagnères de Bigorre et la capacité de moderniser à l’intérieur des enceintes des structures anciennes et pour éviter un engorgement ou une fuite des patients vers Pau ou par avion vers Paris…

Avec 400 M d’€ (au lieu de 270 M d’€ initialement), la rénovation des établissements de Tarbes et de Lourdes aurait été largement faisable pour une couverture d’accès aux soins optimale, tout en préservant le nombre de lits. Les paroles n’engagent que ceux qui y croient !

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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