Le risque cardiovasculaire du traitement hormonal de la ménopause étudié en Suède

Traitement hormonal de la ménopause : clarification sur les liens avec le risque cardiovasculaire

Par Mme Aude Rambaud (Saint-Germain-en-Laye) [Déclaration de liens d’intérêts]  – Date de publication : 8 janvier 2025

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Quels liens entre les traitements hormonaux de la ménopause et le risque cardiovasculaire ? Une étude parue dans le BMJ décrit l’effet des traitements actuels selon les voies d’administration et les combinaisons d’hormones. Les résultats mettent en évidence divers effets selon les produits sur le risque de maladie cardiovasculaire.

Pour étudier l’effet des traitements hormonaux de la ménopause sur le risque de maladie cardiovasculaire, une équipe suédoise a effectué une étude incluant 919.614 participantes, âgées de 50 à 58 ans entre 2007 et 2020, ne prenant pas d’hormonothérapie au cours des deux années précédentes. A partir de là, 138 essais imbriqués ont été conçus, commençant chaque mois de juillet 2007 à décembre 2018.
À l’aide des données du registre de prescription pour ce mois spécifique, les femmes qui n’avaient pas utilisé d’hormonothérapie au cours des deux années précédentes ont été assignées dans l’un des huit groupes de traitement : traitement oral continu ou séquentiel, œstrogène oral seul ou avec progestatif, tibolone, œstrogène transdermique seul ou avec progestatif, ou enfin non initiation d’un traitement hormonal.
Dans les analyses en intention de traiter, la tibolone était associée à un risque accru de maladie cardiovasculaire (RR 1,52, 1,11 à 2,08) par rapport au fait de ne pas débuter de traitement hormonal.

Un traitement par tibolone ou par œstroprogestatif oral présentait un risque plus élevé de cardiopathie ischémique (respectivement RR 1,46 (1,00 à 2,14) et 1,21 (1,00 à 1,46)).


Un risque plus élevé de thromboembolie veineuse a été observé avec le traitement oral continu par oestroprogestatif (1,61, 1,35 à 1,92), le traitement séquentiel (2,00, 1,61 à 2,49) et le traitement par œstrogènes seuls (1,57, 1,02 à 2,44).
Des résultats supplémentaires dans les analyses per protocole ont montré que l’utilisation de tibolone était associée à un risque plus élevé d’AVC (1,97, 1,02 à 3,78) et d’infarctus du myocarde (1,94, 1,01 à 3,73).

Référence :
Therese Johansson et al.
Contemporary menopausal hormone therapy and risk of cardiovascular disease: Swedish nationwide register based emulated target trial
BMJ 2024;387:e078784
Retrouvez l’abstract en ligne

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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