L’espérance de vie en bonne santé progresse en France

Quentin Haroche| 31 Décembre 2024 https://www.jim.fr/viewarticle/lespérance-vie-bonne-santé-progresse-france-2024a1000pgg?ecd=wnl_all_241231_jim_daily-doctor_etid7133937&uac=368069PV&impID=7133937&sso=true

PARIS – Selon la Drees, une femme de 65 ans peut espérer vivre 12 ans sans incapacité et un homme du même âge 10 ans et demi.

C’est un indicateur qui a fait beaucoup parler de lui au moment de la réforme des retraites l’an dernier et qui pourrait de nouveau ressurgir si la réforme venait à être de nouveau mise en débat : l’espérance de vie en bonne santé.

En effet, alors que les partisans du report de l’âge de départ à la retraite plaidaient que l’espérance de vie avait fortement augmentée en France ces dernières années, ce qui justifierait que les Français travaillent plus longtemps, les opposants à la réforme leur répondait que l’espérance de vie sans incapacité (EVSI), aussi connue sous le nom d’espérance de vie en bonne santé, avait stagné voir diminué ces dernières années. 

Malheureusement pour les opposants à la réforme (et heureusement pour les Français), l’EVSI serait en augmentation en 2023 selon les dernières chiffres publiés par la Drees, le service des statistiques du ministère de la Santé, ce mardi. 

Un indicateur très subjectif

Rappelons tout d’abord que l’EVSI repose sur la réponse à la question, posée à un échantillon représentatif de personnes, « êtes-vous limité, depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités que les gens font habituellement ? ». Il s’agit donc d’une donnée bien plus subjective que l’espérance de vie classique (qui repose sur des données de mortalité). On distingue par ailleurs incapacité forte (correspondant à un réel handicap) ou non.

Selon la Drees, en 2023, une femme de 65 ans peut espérer vivre 12 ans sans incapacité et 18,5 ans sans incapacité forte, contre 10,5 ans sans incapacité pour un homme du même âge et 15,8 ans sans incapacité forte. Entre 2008 et 2023, l’EVSI a ainsi augmenté de 1 an et 11 mois pour les femmes et de 1 et 10 mois pour les hommes, soit en moyenne 1,6 mois et 1,4 mois par an respectivement.

« Ces évolutions traduisent le recul de l’âge à partir duquel apparaissent les maladies chroniques liées au vieillissement » mais « peuvent aussi indiquer que lorsque ces problèmes de santé surviennent, ils peuvent n’affecter les personnes que temporairement, ou pour des périodes de temps plus courtes, grâce à l’amélioration de leur prise en charge » analyse la Drees.

L’évolution de l’EVSI avait connu de fortes perturbations durant la pandémie de Covid-19. Elle a en effet fortement baissé en 2020, de nouveau fortement augmenté en 2021 (revenant à son niveau de 2019) avant de baisser à nouveau en 2022, une baisse qui avait été abondamment commentée durant les débats sur la réforme des retraites.

En 2023, l’EVSI a de nouveau augmenté par rapport à 2022 et se trouve à un niveau légèrement supérieur à celui de 2019. Selon la Drees, c’est sans doute le signe que, après les perturbations de la crise sanitaire, cet indicateur reprend sa tendance à une lente évolution à la hausse.

La France bonne élève en la matière

La Drees note également que l’EVSI augmente plus rapidement que l’espérance de vie classique. Ainsi, en 2008, un homme de 65 ans pouvait espérer vivre 47,7 % de ses dernières années de vie sans incapacité : en 2023, ce sont désormais 52,9 % de ses dernières années qu’il vivra sans incapacité. Pour les femmes, ce ratio est passé de 44,7 % en 2008 à 50,8 % en 2023. 

La Drees s’est également penchée sur l’EVSI à la naissance. Pour celle-ci, les progrès sont bien moins spectaculaires. Chez les hommes, l’EVSI à la naissance est ainsi de 63,6 ans (73,8 ans sans incapacité forte), en augmentation de 10 mois depuis 2008. Chez les femmes, elle est de 64,2 ans (77,5 ans sans incapacité forte) et elle a diminué de 4 mois depuis 2008.

La Drees note que l’EVSI à la naissance progresse à peu près au même rythme que l’espérance de vie classique et la part des années vécues sans incapacité a donc tendance à stagner voir à diminuer depuis 2021 (peut être les opposants à la réforme des retraites pourront se reporter sur cet indicateur dans leur argumentaire…).

Comme pour l’espérance de vie classique, la France fait plutôt figure de bonne élève en matière d’EVSI. Notre pays se situe ainsi en 5eplace dans l’Union Européenne concernant l’EVSI à 65 ans chez les femmes et en 7eposition chez les hommes. L’EVSI à 65 ans en France est ainsi supérieure d’un an et 4 mois à la moyenne européenne chez les hommes et de 2 ans et 6 mois chez les femmes. La Drees nous permet donc de terminer l’année 2024 sur une note réjouissante.

Après 65 ans, il vous reste entre dix et douze années en bonne santé en moyenne, selon la Drees

L’organisme public de statistiques a publié mardi une étude sur l’espérance de vie sans incapacité. Cette dernière a progressé depuis 2008 d’un an et onze mois pour les femmes et d’un an et dix mois pour les hommes. 

Le Monde avec AFPPublié le 31 décembre 2024 à 11h24, modifié le 31 décembre 2024 à 12h11 https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/12/31/apres-65-ans-il-vous-reste-entre-dix-et-douze-annees-en-bonne-en-sante-en-moyenne-selon-la-drees_6475172_3224.html

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Photo d’illustration.
Photo d’illustration.  SILVIAJANSEN / GETTY IMAGES

A 65 ans, les femmes peuvent espérer vivre encore douze ans sans incapacité, c’est-à-dire sans être limitées dans les activités de la vie quotidienne, et les hommes dix ans et demi, selon une étude du ministère de la santé publiée mardi 31 décembre. Cet indicateur correspond au nombre d’années qu’une personne peut espérer vivre sans être limitée par un problème de santé. « L’espérance de vie s’allonge régulièrement, mais ces années supplémentaires de vie ne sont pas toutes nécessairement vécues “en bonne santé” », souligne la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), service des ministères dans les domaines de la santé et du social.

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L’espérance de vie sans incapacité à 65 ans a progressé depuis 2008 d’un an et onze mois pour les femmes, et d’un an et dix mois pour les hommes, détaille la Drees. Sur cette période, l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans a crû plus vite que l’espérance de vie. Parmi les années restant à vivre à 65 ans, la part de celles qui seront vécues sans incapacité est passée, entre 2008 et 2023, de 44,7 % à 50,8 % pour les femmes, et de 47,7 % à 52,9 % pour les hommes, affirme la Drees.

Durant la pandémie liée au Covid-19, les espérances de vie sans incapacité à 65 ans ont connu des évolutions heurtées et importantes : elles sont restées stables en 2020 mais elles ont crû fortement en 2021 avant de baisser tout aussi fortement en 2022, pour retrouver un niveau proche de celui de 2020, note le rapport.

En 2022, la France était le cinquième pays de l’Union européenne (UE) pour l’espérance de vie sans incapacité des femmes à 65 ans, supérieure de deux ans et six mois à la moyenne européenne. Pour les hommes, la France se situe au septième rang de l’UE, au-dessus de la moyenne européenne, mais avec un écart moindre.

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Le Monde avec AFP

Commentaire Pr Bizard:

Santé Publique : c’est Noël, mais quand même !

Depuis ce matin, on entend sur les ondes que le Ministère de la Santé a de bonnes nouvelles pour ce dernier jour de l’année : notre espérance de vie en bonne santé aurait augmenté en 2023 !

En réalité, l’étude de la DREES fait état d’une nouvelle baisse de l’espérance de vie en bonne santé à la naissance chez les hommes en 2023 (63,6 ans au lieu de 63,8 ans en 2022) et chez les femmes (64,2 ans contre 65,2 ans en 2022).

Cette baisse d’un an est spectaculaire et inédite chez les femmes, hors période de crise sanitaire.

Depuis 2005, l’espérance de vie en bonne santé a diminué d’une demi-année chez les femmes, passant de 64,7 ans à 64,2 ans. La tendance à long terme est donc défavorable.

Chez les hommes, elle a augmenté de 1,2 an depuis 2005, mais elle est en baisse depuis 2019 et revient au même niveau qu’en 2014.

Les bonnes nouvelles sur lesquelles le département d’études du Ministère se concentre concernent l’espérance de vie en bonne santé à 65 ans, qui augmente en 2023.

La France a toujours obtenu de bons résultats sur l’espérance de vie en bonne santé à cet âge.

Cependant, ce qui compte avant tout, c’est l’espérance de vie en bonne santé à la naissance.

Rappelons que l’espérance de vie représente la durée de vie moyenne d’une génération fictive soumise aux conditions de mortalité d’aujourd’hui.
On constate que, chez les hommes comme chez les femmes, une majorité des personnes sont en mauvaise santé à 65 ans.

La leçon de cette étude est claire : notre système de soins, dépourvu d’un axe préventif et géré de manière purement comptable, produit de mauvais résultats en matière d’espérance de vie en bonne santé, qui ne cesse de baisser.

L’explosion des pathologies chroniques et le déficit financier structurel en sont des illustrations criantes.

Pour ceux qui ont la chance d’être en bonne santé à 65 ans, la perspective reste positive.

Est-ce une présentation volontairement biaisée du Ministère ou une lecture rapide et biaisée des médias ?

Le titre de l’étude, « L’espérance de vie sans incapacité à 65 ans est de 12 ans pour les femmes et de 10,5 ans pour les hommes en 2023 », penche en faveur de la première option. Mais comme c’est la fin de l’année, on dira… les deux.
Bon réveillon et à l’année prochaine !

Franceinfo #RTL #BFM #Franceinter #LCI #Cnews #LeMonde

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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