Exercer pendant cinq ans dans le public à la fin de leurs études médicales au Québec.

Le Québec veut obliger les médecins à exercer cinq ans dans le public à la fin de leurs études

Le ministre de la Santé québécois a déposé, début décembre, un projet de loi visant à contraindre les jeunes médecins formés dans la province canadienne à exercer pendant cinq ans dans le public à la fin de leurs études. Cette obligation concernerait les généralistes comme les spécialistes, sous peine de lourdes amendes. 

10/12/2024 https://www.egora.fr/actus-pro/acces-aux-soins/le-quebec-veut-obliger-les-medecins-exercer-cinq-ans-dans-le-public-la?utm_source=ownpage&utm_medium=email&utm_campaign=20241215&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

Par Chloé Subileau

fleche

Travailler cinq ans dans le public à la sortie de leurs études ? C’est ce qui semble attendre les médecins formés au Québec, quelle que soit leur spécialité. Un projet de loi a, en effet, été déposé par le ministre de la Santé de la province canadienne le 3 décembre. L’objectif est de « favoriser l’exercice de la médecine au sein du réseau public de la santé et des services sociaux », en obligeant « tout nouveau médecin à participer pendant cinq ans au régime public […] avant de pouvoir devenir un professionnel non participant exerçant sa profession en dehors des cadres du régime », peut-on lire, en préambule de ce texte.

Le projet de loi prévoit que les étudiants et résidents en médecine devront signer, avant le début de leur formation, « un engagement à exercer la médecine au Québec » à la fin de leur cursus. En l’absence de respect de cette obligation, des pénalités financières s’appliqueront ; elles pourront varier de 20 000 à 100 000 dollars canadiens (soit entre près de 13 400 et 67 000 euros) « par jour et par acte ». En cas de récidive, cette amende pourra atteindre les 200 000 dollars canadiens (soit près de 134 000 euros), précise le projet de loi.

Lire aussi : Le Québec recherche des milliers de soignants français d’ici 2026

Déposé mardi 3 décembre, ce texte doit être étudié en 2025, indique le média Radio Canada.

Ce souhait de restreindre l’accès au privé aux jeunes médecins n’est pas une nouveauté au Québec. Le Premier ministre de la province, François Legault, s’y était déjà montré favorable au début des années 2000, alors qu’il était ministre de l’Education, rappellent nos confrères de Radio Canada. Actuellement, 775 des 22 479 médecins du Québec travaillent exclusivement dans le privé. Il s’agit d’une hausse de 70 % depuis 2020, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Après le dépôt de ce projet de loi, la Fédération des médecins résidents et résidentes du Québec (FMRQ) s’est dit « inquiète des nouvelles contraintes que le Gouvernement du Québec » souhaite « imposer aux médecins en début de pratique ». « Nous allons analyser le projet de loi et, notamment, la légalité de toute disposition potentiellement discriminatoire qui viserait particulièrement les jeunes médecins« , a déclaré son président, le Dr Ghassen Soufi, dans un communiqué. « 100% de nos membres pratiquent dans le système public québécois, a-t-il ajouté. Si une infime minorité d’entre eux ne peuvent poursuivre leur carrière au sein de ce système, il vaudrait mieux chercher à en comprendre les raisons plutôt que de pénaliser deux fois des personnes qui n’auraient pas réussi à y trouver un poste. »

De son côté, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) a indiqué vouloir analyser « en profondeur » ce projet de loi, « avant de le commenter publiquement ». Si elle souhaite un « système de santé public fort, accessible et universel », l’organisation remet en question « l’ajout de contraintes supplémentaires » dans un contexte de pénurie, a-t-elle insisté, dans un communiqué.

[avec Radio CanadaLe Journal de Québec et Le Devoir]

Auteur de l’article Chloé Subileau

Journaliste Etudiants

Commentaire Dr Jean SCHEFFER: pour un « Clinicat-Assistanat pour tous » de 2 à 3 ans obligatoire en fin d’internat pour tous les futurs généralistes et spécialistes

Pour notre pays, l’urgence dépasse le seul secteur public, il s’agit de pourvoir les postes vacants en tous lieux et en toutes spécialités

Les déserts médicaux ne sont pas exclusivement des les zones rurales et dans les quartiers. Il sont aussi dans les Hôpitaux avec 30 % des postes vacants (40% dans les hôpitaux généraux), dans les hôpitaux psychiatriques, les CMP, les PMI, la médecins scolaire, médecins du travail, santé publique, médecine pénitentiaire…

Le manque des médecins est partout, dans toutes les disciplines, dans toutes les formes d’activité, salariées et libérales. Il s’agit donc à mon sens de voir l’ensemble des problèmes et de les solutionner en même temps, ce qui est possible.

La solution c’est un Clinicat-Assistanat pour tous, en fin d’internat, obligatoire pour tous les futurs généralistes et les futurs spécialistes, d’une durée de 3 ans.  L’activité serait partagée entre divers établissements à l’image des assistants partagés actuels entre CHG et CHU: entre CHU et CHG pour les futurs spécialistes; entre CHG-CHU et PMI, CMP, santé publique, santé scolaire, médecine pénitentiaire, médecine du travail… ; entre CHG et centres de santé et maisons de santé… Il  s’agit donc par un seul et même dispositif de solutionner en quelques années l’ensemble des manques criants et urgents de médecins dans tous les domaines, dans toutes spécialités, sans pénaliser une catégorie, les futurs  généralistes par exemple, ou les étudiants en médecine peu fortunés, obligés de s’installer dans un désert pour se payer ses études. Cela évitera de plus le dumping entre villes, entre départements pour recruter ou débaucher, les jeunes en fin d’internat, ou ceux déjà installés et répondant à une offre plus alléchante. Il faudra définir par région, département et territoire, les manques les plus urgents en généralistes et spécialistes, et en tirer les conséquences sur la répartition par spécialité pour la première année d’internat.

La motivation de ma proposition est sur le lien: « Vision Globale -Solution globale »: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire