
« « La mise au rebut de la psychiatrie » : à l’hôpital Cochin de Paris, le déménagement forcé du service inquiète »
Date de publication : 10 décembre 2024 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=dfb6c36db9722029d242662e12a5db61&id_newsletter=21256&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=21256&from=newsletter

Marion Kremp note en effet dans Le Parisien : « Long couloir, murs décrépits et lumière blafarde conduisent à la salle d’attente les patients de l’hôpital de jour. Installée à l’étroit dans une aile du pavillon Tarnier, […] depuis 2006, l’unité de psychiatrie et d’addictologie de l’hôpital Cochin s’est habituée à l’exiguïté de ces locaux isolés et vétustes. Et surtout éloignés des besoins de l’hôpital. À l’époque, déjà, il ne devait s’agir que d’une situation provisoire ».
La journaliste indique que « le service est à nouveau prié de déménager, une nouvelle expatriation que dénonce le directeur de l’unité. Le Pr Bernard Granger vient d’adresser un courrier à la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, pour l’alerter de la situation qu’il considère comme une nouvelle preuve de «la mise au rebut de la psychiatrie», alors même que la santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2025 ».
Marion Kremp explique que « l’ancienne clinique d’accouchement, ouverte en 1881, accueillera bientôt l’Institut Tarnier pour la santé des femmes. Une structure pluridisciplinaire pilotée par l’université Paris-Cité et la Ville de Paris, propriétaire des murs, dont l’ouverture est annoncée pour 2029 ».
La journaliste remarque qu’« inquiet pour l’avenir de son service, le Pr Bernard Granger dénonce un déménagement forcé dans l’hôpital gériatrique de la Collégiale, à l’abandon depuis 2022 du fait de sa vétusté ».
Le psychiatre observe : « C’est sinistre et désaffecté ! Accueillir des malades là-bas est une aberration médicale ! Nous avons besoin d’être au cœur du réacteur, là où sont les malades, pour travailler en liaison avec tous les autres services, ce que l’AP-HP refuse d’entendre en prenant une décision arbitraire qui conduira au blocage de notre part ! ».
Marion Kremp précise qu’il « propose, depuis de longs mois, le regroupement de son service dans l’ancienne crèche de l’hôpital Cochin qui accueillait des enfants jusqu’en 2020. Une proposition soutenue par les syndicats CGT et FO ainsi que par de nombreux médecins chefs de service de l’hôpital Cochin ».
Le Pr Granger déclare ainsi : « On pourrait y réunir tout le service, et être en lien direct avec le reste de l’hôpital. Nous aurions la place qu’il nous faut pour la prise en charge des patients en hôpital de jour et en consultation, et nous serions en lien direct avec le reste de l’unité de psychiatrie de liaison. Les besoins de psychiatrie sont considérables, un patient hospitalisé sur cinq aurait besoin du suivi d’un psychiatre ou d’un psychologue ».
Marion Kremp note que de son côté, « l’AP-HP invoque «un coût de réhabilitation démesuré» de l’ancienne crèche de Cochin et une «durée de travaux incompatible avec le calendrier de libération attendue du pavillon Tarnier l’été prochain». D’autant qu’il est prévu de rassembler les activités de jour de psychiatrie et d’addictologie dans le nouvel hôpital de l’Hôtel-Dieu, qui doit lui aussi faire l’objet d’une vaste réhabilitation pour le moment bloquée par la révision du PLU. Là encore, le Pr Granger pointe le manque de locaux adaptés prévus par le projet ».
La journaliste conclut que « l’AP-HP a missionné Édouard Couty, président du conseil hospitalier de territoire du groupe hospitalo-universitaire, sur le sujet. Ses conclusions […] «devront permettre de vérifier que l’organisation prévue à court et à long terme consolide et renforce l’offre de soins en psychiatrie» ».