Hôpital de Saint-Ouen : certains patients pourront dormir dans un hôtel 4 étoiles
Le promoteur Linkcity a démarré en septembre la construction d’un hôtel 4 étoiles, à 300 mètres du futur CHU. Exploité dès 2026 sous licence Hampton by Hilton, il devrait signer une convention de partenariat avec l’hôpital pour héberger certains soignants et patients, notamment dans l’attente d’une opération.

Par Leo Da Veiga
Publié le 21 nov. 2024 à 10:24Mis à jour le 25 nov. 2024 à 17:47 https://www.lesechos.fr/pme-regions/ile-de-france/hopital-de-saint-ouen-certains-patients-pourront-dormir-dans-un-hotel-4-etoiles-2132960
C’est un projet évoqué de longue date par l’AP-HP, pour la bonne gestion des patients du futur campus hospitalo-universitaire (CHU) de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Prévu pour remplacer, dès 2028, les deux hôpitaux Beaujon et Bichat, l’établissement ne comportera que 941 lits contre 1.100 actuellement dans les deux établissements cumulés. Un déficit qui doit être en partie compensé par une meilleure organisation et un service ambulatoire renforcé, mais aussi par un partenariat public privé, avec un hôtel .
Celui-ci vient d’être enfin dévoilé par Linkcity , la filiale de développement immobilier de Bouygues Construction qui en a démarré les travaux en septembre. Situé à 300 mètres du futur hôpital, il comportera sur 7 étages 137 chambres qui pourront, dans le cadre d’une convention avec l’hôpital, accueillir du personnel médical en déplacement ou des patients ne nécessitant pas de soins en chambre, dans l’attente par exemple d’une opération.
Centré sur le tourisme d’affaires
Cette activité sera toutefois minoritaire pour le futur hôtel. Vendu en l’état futur d’achèvement au groupe hôtelier Central 1928, il sera exploité sous la franchise Hampton by Hilton, l’une des marques du célèbre hôtelier américain, pour un positionnement 4 étoiles. « L’idée de l’hôtelier n’est pas d’être assimilé à un hôtel d’hôpital. L’essentiel de sa cible de clients restera le tourisme d’affaires, grâce à la proximité de ligne de métro 14 et du RER C qui permettent de rejoindre le coeur de Paris ou la gare Saint-Lazare très rapidement », explique David Marquet, directeur général adjoint Ile-de-France de Linkcity.
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Alors que les places dans les hôtels parisiens viennent à manquer, la première couronne est devenue un territoire de choix pour cette clientèle. Preuve en est : la tour Pleyel de Saint-Denis, non loin, qui propose depuis cet été une offre similaire, et deviendra le coeur de réacteur d’un quartier essentiellement consacré à l’hôtellerie. Dans cette idée, le nouvel établissement de Linkcity proposera d’ailleurs, en plus d’un restaurant, des services dédiés à l’hébergement d’affaires, comme une salle de réunion, des bureaux ou encore une salle de sport.
Complément de chiffre d’affaires
« Sa future convention d’hôtel hospitalier sera pour lui un complément de chiffre d’affaires, attendu qu’il est impossible de remplir l’ensemble des chambres en permanence », note David Marquet. D’ailleurs, la loi impose un forfait fixe de 80 euros par nuit (incluant le repas) pour ces chambres, remboursées par l’assurance maladie car prises dans le cadre d’une ordonnance. Un tarif bien inférieur à ce qui se pratique classiquement pour cette gamme d’hôtel.
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« Mais cela reste intéressant, comme nous avons pu le démontrer avec une autre expérimentation de ce type pour un de nos clients à Amiens », assure le directeur général adjoint, qui précise que des dispositions adaptées seront tout de même prévues pour les patients. « Cela dépendra des demandes de l’hôpital, mais nous pouvons par exemple envisager la mise à disposition de boutons d’appel d’urgence, permettant d’établir un lien immédiat avec le personnel hospitalier. »
Selon les prévisions du promoteur, l’établissement devrait être livré début 2026, deux
Commentaire
Geneviève Hénault psychiatre
Certain·es pourraient être amené·es à penser que cela ressemble à un indice significatif de privatisation progressive de la santé en France.
Le futur Campus Hospitalo-Universitaire (CHU) de Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis devrait remplacer dès 2028, les deux hôpitaux Beaujon et Bichat. On en profite comme d’habitude pour fermer deux-trois trucs, et là c’est plus de 150 lits : l’établissement ne comportera que 941 lits contre 1.100 actuellement dans les deux établissements cumulés.
Mais que personne ne s’inquiète, une convention viendra lier un joli partenariat public-privé, avec un hôtel 4 étoiles pensé pour compenser la disparition de ces lits.
Mais que personne ne s’inquiète, ces nuitées fort étoilées seront remboursées par l’assurance maladie au forfait fixe de 80 euros par nuit (incluant le repas).
Car tout cela se fera sur prescription médicale. Oui, nous allons prescrire des nuitées d’hôtel privé pour une prise en charge à l’hôpital public.